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Publié le 21 Janvier 2026

Jesús Bastante nous montre dans son article du mardi 20 janvier 2026 sur religiondigital.org que l’ancien président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis et archevêque militaire, Timothy Broglio, a affirmé que «Le Groenland est un territoire danois; il paraît déraisonnable que les États-Unis attaquent et occupent une nation amie.», et qu’il pourrait être «moralement acceptable de désobéir» à Donald Trump si, comme cela pourrait arriver, ils recevaient l’ordre d’envahir l’île. «Cela ternit l’image des États-Unis dans le monde», a-t-il insisté. Dans des déclarations à la BBC rapportées par The Tablet, Broglio a exprimé sa «vive inquiétude» pour les soldats américains, «car ils pourraient se retrouver dans une situation où on leur ordonnerait d'accomplir un acte moralement répréhensible». Le prélat se joint ainsi aux préoccupations exprimées dans une lettre commune des cardinaux Cupich, McElroy et Tobin.

 

«Il serait très difficile pour un soldat, un marin ou un fusilier marin de désobéir seul à un ordre, mais à proprement parler, il serait moralement acceptable de le désobéir en suivant sa propre conscience», a fait remarquer le prélat, exprimant sa «préoccupation» quant au fait que «l'individu puisse se retrouver dans une situation intenable». «Des hommes et des femmes placés sous ma responsabilité étaient contraints de participer à des situations inutiles», a averti l’archevêque militaire, faisant référence aux attaques contre des bateaux de trafiquants de drogue au Venezuela et dans les Caraïbes. Toute action contre le Groenland, a-t-il conclu, «ne paraît ni nécessaire, ni acceptable».

 

katholisch.de (https://katholisch.de/artikel/66849-vatikanexperte-rom-zu-woke-halte-maga-kirche-fuer-moeglich) nous montre aussi ce mercredi que l'agence américaine de l'immigration et des douanes (ICE) est soumise à une pression immense depuis des semaines, notamment après la mort d'une femme de 37 ans, abattue par un agent de l'ICE à Minneapolis. Cet événement a relancé le débat sur les violences policières, le recours aux agents fédéraux et l'application de la politique d'immigration. Le témoignage des évêques, du clergé et de nombreux laïcs, qui ont de fait contredit les agents de l'ICE et exigé leur départ des églises, a été tout aussi puissant. Les évêques américains ont également critiqué la politique d'immigration de l'administration Trump lors de leur conférence d'automne en novembre, tout comme le pape Léon XIV.

 

Parallèlement, la distinction honorifique que devait décerner le directeur de l'ICE, Tom Homan, à l'organisation catholique «Catholiques pour les catholiques», proche de Trump, une organisation écran du mouvement MAGA qui critique violemment la papauté et se réunit chez Trump en Floride, suscite de vives critiques au sein de l'Église. La «bénédiction spéciale» annoncée par l'ancien évêque du Texas, Joseph Strickland, en particulier, soulève des questions quant à l'instrumentalisation politique de la foi et à l'unité de l'Église catholique aux États-Unis. Et Austen Ivereigh qui est un expert du Vatican, journaliste et était considéré comme un proche confident du pape François, imagine «bien une «Église MAGA» émerger à l'avenir : un groupe de catholiques qui rompent avec Rome et affirment que Rome est «woke» et que Trump – et non le pape – est leur véritable leader. Ils auraient même leur propre clergé, comme celui soutenu par la «Coalition pour les prêtres annulés»

 

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Publié le 20 Janvier 2026

Jesús Bastante nous montre ce lundi 19 janvier 2026 sur religiondigital.org que les cardinaux Cupich, McElroy et Tobin ont lancé une offensive diplomatique contre la politique belliciste de l’administration Trump, l’exhortant à revenir à une politique étrangère traditionnelle en déclarant qu’«En tant que pasteurs et citoyens, nous renonçons à la guerre comme instrument au service d’intérêts nationaux étroits et nous proclamons que l’action militaire ne doit être envisagée qu’en dernier recours, dans des situations extrêmes, et non comme un instrument normal de politique nationale.»

 

Dans une déclaration commune, les archevêques de Chicago, de Washington et de Newark ont ​​exigé que Trump rétablisse «une politique étrangère véritablement morale pour notre nation», reprenant les termes du pape Léon XIV dans son discours au corps diplomatique. Leur objectif n'est autre que «construire une paix juste et durable, la paix que Jésus a proclamée dans l'Évangile». Pour Cupich, McElroy et Tobin, les récentes interventions du président Trump au Groenland et au Venezuela ont remis en cause «les fondements moraux de l’action américaine dans le monde depuis la fin de la Guerre froide». «Les événements au Venezuela, en Ukraine et au Groenland ont soulevé des questions fondamentales quant au recours à la force militaire et au sens de la paix», ont-ils souligné, dénonçant le fait que le président américain ait «jeté le discrédit» sur la primauté morale des États-Unis «dans la lutte contre le mal à travers le monde, la défense du droit à la vie et à la dignité humaine, et le soutien à la liberté religieuse».

 

De l’avis des cardinaux, «la construction d’une paix juste et durable… se réduit à des catégories partisanes qui favorisent la polarisation et une politique destructrice». «En tant que pasteurs chargés de l’éducation de notre peuple, nous ne pouvons rester les bras croisés face à des décisions qui condamnent des millions de personnes à vivre perpétuellement au bord du gouffre», a souligné le cardinal Cupich. De son côté, McElroy a insisté sur le fait qu’en niant «l’impératif moral de la solidarité entre les nations», «d’immenses souffrances sont infligées au monde et une attaque catastrophique est lancée contre la paix juste qui profite à toutes les nations et qui est la volonté de Dieu». Enfin, Tobin a averti que «l’escalade des menaces et des conflits armés risque de détruire les relations internationales et de plonger le monde dans des souffrances indicibles».

 

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Publié le 18 Janvier 2026

Jesús Bastante nous montre ce dimanche dans religiondigital.org que le pape Léon XIV dénonce les “substituts du bonheur” reposant pas sur des «illusions passagères de succès et de gloire», invitant les fidèles à ne pas «gaspiller leur temps et leur énergie à courir après ce qui n'est qu'apparence»,  et oppose la figure du Baptiste aux «modes de vie et aux relations éphémères, décevants et oppressifs» lors de la prière de l'Angélus devant plusieurs milliers de fidèles, par une journée nuageuse, sous les drapeaux vénézuéliens et américains, et demande à ces derniers d’apprendre de Jean-Baptiste à garder l'esprit alerte, à «aimer les choses simples et les paroles sincères, à vivre avec sobriété et profondeur d'esprit et de cœur, à nous contenter de l'essentiel.»

 

Après la récitation de l'Angélus, le pape a rappelé le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, instaurée il y a deux siècles à l'initiative du pape Léon XIII. «Il y a cent ans, des propositions pour les huit jours de prière ont été publiées», a-t-il souligné, insistant sur le thème de cette semaine et appelant à «l'unique espérance à laquelle nous sommes appelés», celle de l'unité. «J’invite toutes les communautés catholiques à intensifier leur prière pour l’unité pleine et visible de tous les chrétiens. Cet engagement doit s’accompagner d’un engagement pour la paix et la justice dans le monde», a souligné Prévost, qui a rappelé «les grandes difficultés rencontrées par la population de la province orientale de la République démocratique du Congo, en raison des violences», confrontée à «une grave crise humanitaire». Le pape Léon XIV a également prié pour les victimes des inondations qui ont frappé l’Asie du Sud ces derniers jours.

 

Jesús Bastante nous montre aussi sur religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/el_baron_rampante/groenlandia-iran-mundo-sigue-quebrando_132_1439936.html) que cette semaine ont a eu le droit aux diatribes l' archevêque d'Oviedo, Jesús Sanz contre les victimes en dénonçant l'accord entre le gouvernement et l'Église concernant l'indemnisation des victimes, ce qui lui a valu une vive réprimande et des appels à sa démission, la nouvelle carte politique dessinée par Trump attisant de nouveaux conflits au Groenland et en Iran, sans pour autant apaiser ceux du Venezuela, et une Église attachée au multilatéralisme face à cette dérive, les premières indications concernant le voyage du pape en Espagne, qui  aura lieu en juin, à Madrid, Barcelone et aux îles Canaries, au grand dam de certains, toujours mécontents, et au Vatican, les échos d'un consistoire qui, à l'instar de la synodalité et du dialogue interreligieux, est là pour durer, comme le montre la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, célébrée ces jours-ci, au gram dam de ceux qui veulent la polarisation.

 

Enfin, s’écouter les uns les autres et agir dans un esprit interculturel : telle est la recommandation du cardinal Timothy Radcliffe concernant les questions clés au sein de l’Église. L’Église est façonnée par des cultures très différentes à travers le monde, comme le démontre notamment le débat sur l’ordination des femmes, car un consensus mondial au sein de l'Église est nécessaire, a déclaré le frère dominicain, car  il est «encore loin d'être atteint», a-t-il ajouté, car en dehors de l'Europe et de l'Amérique latine, seules de petites avancées dans ce sens sont actuellement possibles, et concernant les débats sur la réforme interne de l'Église comme le montre les assemblées synodale de 2023 et 2024, au fil des délibérations, il est apparu clairement que l'enjeu était moins une question de votes que d'attitudes, et notamment de volonté d'écouter par-delà les barrières culturelles. Radcliffe a également abordé la question des couples de même sexe et de la sexualité. Il a affirmé qu'il n'était pas un militant des droits des homosexuels. «Je ne veux pas me battre pour des droits, mais plutôt accueillir les gens et leur dire : "Vous êtes les bienvenus ici."» (https://katholisch.de/artikel/66835-radcliffe-frauenpriestertum-von-weltkirchlichem-konsens-weit-entfernt).

 

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Publié le 17 Janvier 2026

ktotv.com nous montre dans son article du vendredi 16 janvier 2026 qu’alors que le Sénat va examiner la proposition de loi sur un «droit à l’aide à mourir», le cardinal Jean-Marc Aveline et les évêques de France publient une tribune : «On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort», défendant les soins palliatifs comme seule réponse aux fins de vie éprouvantes.

 

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié ce mercredi 14 janvier une tribune sur la fin de vie, à quelques jours de l’examen par le Sénat d’un projet de loi instaurant un «droit à l’aide à mourir», qui sera discuté en séance publique à partir du 20 janvier 2026. Dans ce texte, les évêques appellent à une «réflexion profonde sur le sens du soin, de la solidarité et de la dignité humaine.» En rappelant leur respect pour les personnes confrontées à la fin de vie, à la maladie grave ou incurable, ainsi qu’à la souffrance et à la dépendance, les évêques de France mettent en avant l’expérience de l’Église dans l’accompagnement des malades, des personnes en situation de handicap, des aidants et des soignants, et soulignent que la peur de la douleur, de la solitude ou de la perte d’autonomie demeure très présente. Selon eux, ces situations nécessitent «des réponses humaines, fraternelles, médicales et sociales à la hauteur.»

 

Ils insistent sur le rôle des soins palliatifs, qu’ils considèrent comme «l’unique bonne réponse aux situations éprouvantes de la fin de vie». Depuis plus de vingt-cinq ans, la loi française cherche à éviter l’acharnement thérapeutique tout en garantissant le droit de ne pas souffrir et le devoir d’accompagner la vie jusqu’au bout. Les évêques saluent les élus qui soutiennent aujourd'hui l'actuelle proposition de loi pour l'égal accès de tous à l'accompagnement aux soins palliatifs et affirment que l’attention portée aux patients dans toutes leurs dimensions réduit souvent les demandes de mise en fin de vie. L’Église se dit également prête à renforcer son engagement pour développer la culture palliative et accompagner tous les patients.

 

Ainsi, la tribune met en garde contre les risques éthiques et sociaux que représente la proposition de loi de l’aide à mourir, notamment sur la dignité des personnes, la liberté réelle des patients et la relation de confiance entre soignants et familles. Les évêques estiment que la fraternité et la responsabilité collective impliquent de soutenir et accompagner les personnes vulnérables plutôt que de proposer la mort comme solution. Selon les évêques de France, la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté modifierait en profondeur la nature du pacte social. Ils appellent donc les responsables politiques à mesurer «la portée anthropologique, sociale et éthique» de leurs débats et de leurs votes et à concentrer leurs efforts sur un accès équitable aux soins palliatifs, la formation des soignants et le soutien aux aidants, afin de garantir un accompagnement humain, digne et solidaire pour tous.

 

La proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir vise à créer un droit à l'aide à mourir accessible aux personnes souffrant d'une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital.  Elle a été adoptée par l’Assemblée nationale le 27 mai, modifiée et adoptée par la commission des affaires sociales du Sénat le 7 janvier entérinant le principe d’un geste létal en fin de vie, moyennant des restrictions du texte voté par les députés en 2025, poussant l’Élysée a agiter le 9 janvier  2025 la menace d’un référendum si la proposition de loi n’est pas adoptée (https://www.lavie.fr/actualite/societe/fin-de-vie-au-senat-la-droite-amende-et-accepte-laide-a-mourir-pour-eviter-le-pire-102588.php), et sera discutée par les sénateurs en séance publique à partir du 20 janvier 2026. Une proposition de loi sur les soins palliatifs est examinée concomitamment (https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/textes-legislatifs/la-loi-en-clair/proposition-de-loi-relative-au-droit-a-laide-a-mourir.html).

 

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Publié le 16 Janvier 2026

La Croix (avec l’AFP) nous montre qu’une vingtaine de proches des victimes de l’incendie meurtrier de Crans-Montana ont été reçues en audience privée par le pape Léon XIV au Vatican, jeudi 15 janvier 2026. Le pape leur a adressé des mots de consolation et d’encouragement.

 

Deux semaines après le tragique accident dans le bar d’une station de ski suisse qui a fait 40 morts et 116 blessés, principalement des adolescents et jeunes adultes, le pape américain s’est dit «très touché» de rencontrer leurs proches endeuillés. Le Vatican n’a pas précisé si le pape a reçu les familles des six Italiens décédés ou également les proches de victimes d’autres nationalités. «L’affection et les paroles de compassion que je vous adresse aujourd’hui semblent bien limitées et impuissantes», mais «votre espérance n’est pas vaine», leur a-t-il déclaré lors d’une audience privée, selon son discours publié par le Vatican. «La foi qui nous habite illumine les moments les plus sombres et les plus douloureux de notre vie d’une lumière irremplaçable, nous aidant à poursuivre courageusement notre chemin vers notre but.» «Vous retrouverez la joie», leur a-t-il encore assuré.

 

Dans un geste de profonde tendresse pastorale, le pape Léon XIV a confié ces familles à la Vierge Marie, «dont le cœur fut transpercé», au pied de la Croix, en voyant son Fils. Comme elle, «votre cœur aujourd'hui est transpercé», a-t-il déclaré. «Marie des Douleurs est proche de vous en ces jours… Tournez-vous vers elle sans réserve avec vos larmes et cherchez en elle le réconfort maternel que peut-être seule Marie saura donner et qu'elle pourra certainement vous donner. Comme Marie, vous saurez attendre avec patience, dans la nuit de la souffrance mais avec la certitude de la foi, qu'un jour, un nouveau jour se lève; et vous retrouverez la joie.» Le pontife a conclu cette rencontre en priant le Notre Père avec les familles et en leur assurant de sa prière personnelle et de celle de toute l'Église «pour le repos de vos défunts, pour le soulagement de ceux que vous aimez et qui souffrent, et pour vous-mêmes qui les accompagnez de votre tendresse et de votre amour» (https://www.parismatch.com/actu/international/je-suis-tres-emu-le-discours-poignant-du-pape-devant-les-familles-des-victimes-de-crans-montana-263017).

 

Le groupe a ensuite été reçu au siège du gouvernement italien à Rome par le bras droit de la première ministre Giorgia Meloni, Alfredo Mantovano, et le ministre de la justice Carlo Nordio. Alfredo Mantovano, et Carlo Nordio ont annoncé après la rencontre que l’Italie allait se constituer partie civile dans l’enquête ouverte en Suisse et qu’elle souhaitait également demander à la Commission européenne de faire de même (https://www.lesoir.be/722577/article/2026-01-15/crans-montana-litalie-se-portera-partie-civile-dans-le-proces-en-suisse). Dans l'incendie du bar Le Constellation, lors du Nouvel An à Crans-Montana, six Italiens ont perdu la vie, dix autres ont été blessés. La pression médiatique et politique reste vive en Italie, deux semaines après la tragédie; notamment à l'encontre des autorités valaisannes et fédérales. Dans les médias, l'image de sécurité et d'ordre de la Suisse est largement écornée. L'émotion et la colère ont aussi été largement récupérées par les partis politiques, selon le sociologue Sandro Cattacin, de l'université de Genève, interrogé par «Le Temps» (https://www.20min.ch/fr/story/tragedie-de-crans-montana-colere-en-italie-soirees-suisses-annulees-aux-jeux-olympiques-103486852).

 

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Publié le 15 Janvier 2026

Libération.fr avec l’AFP nous montrent ce jeudi qu’une sordide affaire derrière l’un des monuments les plus connus de Paris. Un rapport publié mercredi 14 janvier détaille un système d’«emprise» frôlant la dérive sectaire qui a régné pendant quarante ans au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, chargées de l’animation spirituelle de la basilique. En cause : des faits de chantage, des abus financiers et d’autorité, et des violences physiques et psychologiques.

 

Les sœurs avaient déjà reconnu en 2023 qu’un «système d’emprise, aux conséquences graves et durables», s’était installé dans leur communauté pendant plusieurs décennies. Une commission, mandatée l’année suivante par la congrégation et présidée par l’ancien haut fonctionnaire Hervé Giaume, a recueilli le témoignage de 114 sœurs, dont la plupart sont encore en activité. Elles font état de 1489 faits d’abus sur une période allant «de 1969 à 2012». Sur un document de 142 pages, la commission décrit le système mis en place par l’ancienne supérieure, mère Marie Agnès, à l’«autorité excessive et inappropriée» avec «une dérive manifeste dans tous les domaines». Morte en 2016, la religieuse, aidée de deux acolytes, repérait les zones de vulnérabilité des sœurs qu’elle surveillait, harcelait et manipulait dans «une structure de type pervers narcissique», évoque la commission.

 

S’il n’y a pas eu de violences sexuelles, les Bénédictines ont pu être maltraitées physiquement, comme lors de «repas forcés et déséquilibrés» et des «gavages allant jusqu’aux vomissements». Le rapport détaille également une «suractivité» imposée aux sœurs pour «empêcher toute prise de recul», et même une «soumission médicamenteuse pour les plus récalcitrantes». Recrutées très jeunes, coupées de leur famille, les sœurs devaient accepter que leurs parloirs soient écoutés et leur courrier lu. «L’espionnage, l’incitation à la délation et le chantage sont présents dans tous les prieurés et sanctuaires», ajoute le rapport qui parle de «contexte clairement marqué par une dérive sectaire». Sur le plan financier la congrégation «prenait en main les biens des sœurs dès le postulat [première étape de la vie d’une religieuse]», avec parfois des «comptes bancaires et livrets vidés, héritages captés» par le trio dirigeant, au «train de vie fastueux» rythmé par des vacances sur la Côte d’Azur ou des investissements immobiliers autour de Vernon (Normandie).

 

La commission, qui émet 58 préconisations, appelle à plusieurs mesures de réparation, comme des indemnisations et des remboursements, ainsi qu’à une reconnaissance officielle par l’Église, alors que le diocèse de Paris dont Jean-Marie Lustiger était archevêque pendant une partie des faits «n’a pas exercé pleinement son rôle de vigilance». Elle souligne par ailleurs que, grâce à des «changements importants» engagés depuis 2014, la congrégation «a retrouvé aujourd’hui un fonctionnement normal mais encore fragile». Car il est «essentiel de restaurer la confiance», ajoute le texte (https://www.sudouest.fr/ile-de-france/paris/comptes-bancaires-vides-derives-sectaires-un-rapport-accable-les-benedictines-du-sacre-coeur-de-montmartre-27429055.php).

 

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Publié le 13 Janvier 2026

Piotr Smolar (Washington, correspondant) nous montre dans lemonde.fr ce mardi qu’une simple ligne à l’agenda de Donald Trump, lundi 12 janvier, annonçait un rendez-vous important. Il a eu lieu à huis clos. Discrètement, le président a reçu dans le bureau Ovale l’archevêque Paul Coakley, d’Oklahoma City. Élu en novembre à la tête de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, celui-ci est venu confirmer, en termes diplomatiques, les critiques adressées à l’administration depuis un an par les prélats américains (20 % des Américains se déclarent catholiques). Alors que la droite trumpiste voit croître en son sein l’influence d’un courant catholique identitaire, dans le sillage du vice-président, J. D. Vance, la hiérarchie de l’Église est devenue, sur certains sujets, l’une des forces de résistance à l’intérieur du pays, avec une partie des juges fédéraux. Les évêques appellent la Maison Blanche à la morale élémentaire, tandis que les magistrats défendent le droit.

 

«Domaines de préoccupation commune et sujets à poursuivre le dialogue.» Ces questions vagues ont été abordées lors de la réunion à huis clos qui s’est tenue hier à la Maison Blanche entre le président Donald Trump et le nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), l’archevêque Paul S. Coakley d’Oklahoma City. «L’archevêque Coakley a eu l’occasion de tenir des réunions préliminaires avec le président Trump, le vice-président Vance et d’autres responsables de l’administration, au cours desquelles ils ont discuté de sujets d’intérêt commun, ainsi que de domaines nécessitant un dialogue plus approfondi», a déclaré un porte-parole des évêques, ajoutant que «Mgr Coakley est reconnaissant de cet engagement et se réjouit de poursuivre les discussions.» Mais bien que ces «domaines de préoccupation commune» n’aient pas été rendus publics, il semble très clair que la question des déportations massives – que le pape a condamnées pour leur traitement inhumain – en fera sans aucun doute partie (https://www.religiondigital.org/america/eeuu-primer-encuentro-trump-nuevo_1_1439422.html).

 

Cette rencontre, à la veille du premier anniversaire de la seconde investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis, est également précédée d' un changement significatif (quoique quelque peu réticent) dans la position de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) sur la question de l'immigration , qui n'était jusqu'à présent pas une priorité et qui a connu un tournant il y a quelques semaines, lorsque le pape Léon XIV a reçu l'évêque d'El Paso, qui lui a remis des messages écrits et vidéo d'immigrants craignant l'expulsion ou celle de leurs proches. «L’Église ne peut rester silencieuse face à l’injustice. Vous me soutenez, et je vous soutiens», leur a déclaré le pape, visiblement ému par les témoignages qu’il avait entendus. Quelques semaines plus tard, lors de la session plénière de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le 12 novembre, les évêques ont approuvé à la majorité un message pastoral spécial exprimant leur préoccupation pour la situation des migrants et s’opposant à leur expulsion massive et indiscriminée (https://www.religiondigital.org/america/eeuu-primer-encuentro-trump-nuevo_1_1439422.html).

 

Le 9 janvier, lors d’un discours devant le corps diplomatique au Vatican, le pape américain Léon XIV avait aussi appelé «à respecter la volonté du peuple vénézuélien», après l’enlèvement du président Nicolas Maduro par l’armée américaine. Il avait aussi mis en cause, sans citer Washington, l’avènement de la «diplomatie de la force» et d’une «ferveur guerrière», regrettant l’effacement du droit international et du multilatéralisme.

 

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Publié le 12 Janvier 2026

José Lorenzo nous montre ce lundi12 janvier 2026 sur religiondigital.org que finalement, lors du consistoire extraordinaire des 7 et 8 janvier, le premier du pontificat du pape Léon XIV, qu'il entend institutionnaliser, il y avait plus qu'il n'y paraissait, et cela a certainement été révélé par les trois cardinaux qui se sont présentés devant la presse une fois le consistoire clos par le pape.

 

«Ce fut une belle expérience de collégialité, de fraternité et de proximité avec le Saint-Père, qui nous fortifie dans la mission de l'Église et en tant que Collège des cardinaux ; une expérience d'espérance pour l'Église, pour la mission et pour l'évangélisation», a souligné le cardinal José Rueda Aparicio, archevêque de Bogotá, tandis que le cardinal Pablo Virgilio «Ambo» David, évêque de Kalookan et président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, l'a décrite comme «très familiale et synodale». Dans les petits cercles de travail au sein desquels ce consistoire s'est développé selon le modèle synodal, le cardinal Rueda a reconnu qu'il existait des positions différentes, «mais une harmonie se dessine qui n'est pas l'uniformité». Certains cardinaux ont clairement exprimé leur opinion lors de leur allocution aux 169 autres cardinaux (sur 245) présents à l'invitation de Robert F. Prevost. Ils ont fait savoir que le style synodal qui imprégnait les débats, notamment la disposition des sièges, calquée sur le modèle mis en œuvre par le pape François pour le Synode sur la synodalité, ne les avait pas entièrement convaincus.

 

Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, fut le plus prompt à faire part de son mécontentement et de son malaise. Dans un discours de trois minutes, il critiqua vivement le Synode, dont le processus lui apparut comme une «manipulation féroce» et dont l'invocation continue du Saint-Esprit était «ridicule» et frôlait le «blasphème», selon le rapport du Collège des cardinaux, lié aux milieux les plus traditionalistes, publié quelques heures plus tard. Leurs critiques ne semblaient pas inopportunes, étant donné que la synodalité, l'évangélisation (à la lumière d'Evangelii Gaudium), la mise en œuvre de Praedicate Evangelium et la liturgie figuraient parmi les quatre thèmes proposés par le pape. Prévost leur ayant demandé de ne voter que sur deux points, faute de temps, les deux derniers furent écartés du débat. Ce fut la première déception du groupe. En effet, dans son discours de clôture au consistoire, le pape a également clairement exprimé ses préférences : «On ne saurait trop insister sur l’importance de poursuivre le chemin entamé par le Concile. Je vous y encourage. (…) Evangelii Gaudium et la synodalité sont des éléments importants de ce cheminement» Et bien qu'il ait ajouté : «Je tiens également à préciser que, parallèlement, les deux autres sujets proposés, bien que n'étant pas nécessairement au cœur de ces deux journées de travail, sont étroitement liés aux autres sujets et au Conseil. Ils n'ont pas été oubliés et ne le seront pas.»

 

En ce sens, le pape avait au moins l'accord de ceux qui, par exemple, ont plaidé pour le rétablissement de la messe en latin à la place qui lui revient, une question centrale de la liturgie qui a finalement été reléguée au second plan : «Je crois que le pape Léon trouvera une bonne solution pour tout le monde », a déclaré le cardinal Müller sur EWTN au sujet des divisions concernant la messe. Bien que la question n'ait pas fait l'objet d'un débat, selon le Catholic Herald – devenu la tribune des mécontents de ce consistoire –, une lettre du cardinal Arthur Roche, préfet de la Congrégation pour la liturgie, a été distribuée aux participants. Cette lettre exprimait une opinion négative sur la «messe traditionnelle», interprétée, d'après le site web Katholisch, comme un «déclin de l'attitude du Saint-Siège envers la messe traditionnelle en latin». Le Catholic Herald a également rapporté d'autres critiques de cardinaux qui, à l'instar du cardinal Zen, ont formulé de nombreux commentaires négatifs sur la synodalité, allant jusqu'à critiquer la disposition des tables : «Il y avait beaucoup de confusion. En observant la disposition des tables, j'ai eu l'impression que tout était prédéterminé», a noté l'un d'eux; «Ce style synodal ne me convient tout simplement pas. Je ne comprends pas ces hommes intelligents qui écrivent sans cesse à ce sujet», a remarqué un autre.

 

Pour l'instant, aucun commentaire n'a été formulé concernant les remarques finales du pape. Et cela a certainement été blessant, car il a choisi d'aborder un sujet qui ne figurait pas à l'ordre du jour : les abus sexuels au sein de l'Église. «Ici – même si ce n’était pas un sujet précis abordé lors de notre rencontre – je tiens à évoquer un problème qui, encore aujourd’hui, constitue une véritable plaie dans la vie de l’Église en de nombreux endroits : la crise des abus sexuels. Nous ne pouvons fermer les yeux ni le cœur. Je voudrais le dire, et je vous encourage à le partager avec les évêques : bien souvent, la souffrance des victimes a été d’autant plus grande qu’elles n’ont pas été accueillies ni écoutées», a souligné le pape. Quelques instants auparavant, lorsqu'il a abordé la question de la formation nécessaire à une spiritualité de l'écoute dans les séminaires, il a souligné : «Mais aussi pour les évêques !»

 

Enfin, le pape Léon XIV a reçu lundi au Vatican la dirigeante de l'opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, selon le Bureau de presse du Saint-Siège. La chef de l'opposition vénézuélienne a demandé au pape Léon XIV, au Vatican, d'intercéder pour les prisonniers politiques et pour «l'accélération immédiate» de la transition démocratique au Venezuela. De même, Machado a défendu la «légitimité du président  Edmundo González Urrutia» après «l’exploit civique» des élections du 28 juillet 2024. À la suite de sa rencontre avec le pape, la dirigeante de l'opposition a également rencontré le secrétaire d'État du Vatican,  le cardinal Pietro Parolin, qui fut nonce apostolique au Venezuela entre 2009 et 2013 (https://www.religiondigital.org/leon-xiv/papa-recibe-audiencia-vaticano-marina_1_1439341.html).

 

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Publié le 11 Janvier 2026

Elise Ann Allen nous montre que le pape Léon XIV a rétabli ce dimanche la tradition du baptême des nourrissons dans la chapelle Sixtine, à l’occasion de la fête du Baptême du Seigneur, en baptisant 20 enfants d'employés du Vatican, qui marque la fin officielle du temps liturgique de Noël, et affirmant aux parents que le don de la foi donne un sens à la vie.

 

Dans son homélie, réfléchissant à la valeur de la foi, il a déclaré que lorsqu'une chose est essentielle, on la donne automatiquement à ses proches, prenant pour exemple la nourriture et les vêtements. Après la messe, le pape a récité l'allocution de l'Angélus, affirmant que le baptême de Jésus nous rappelle que Dieu n'est ni distant ni indifférent à l'humanité, à ses problèmes et à ses attentes. Le pape Léon XIV a conclu son allocution de l'Angélus en exprimant l'espoir que les chrétiens célébreraient la fête du baptême de Jésus en se souvenant du leur et en «s'engageant à en témoigner avec joie et authenticité».

 

Il a également exprimé son inquiétude face à la reprise des violences au Moyen-Orient, mentionnant notamment les nouvelles violences en Syrie et en Iran, où des manifestations sans précédent se déroulent à l'échelle nationale depuis décembre, faisant environ 190 morts. Il a également plaidé pour la paix en Ukraine et prié pour les personnes souffrant des conséquences des attaques russes contre les infrastructures ukrainiennes, qui ont laissé de nombreuses personnes sans électricité ni chauffage par des températures hivernales glaciales.

 

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Publié le 10 Janvier 2026

Eléonore Pointeau dans LePoint.fr nous montre que le pape a appelé, ce samedi, à écouter la parole des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres, car «Nous ne pouvons pas fermer les yeux, fermer notre cœur». «L’écoute est d’une importance capitale», a-t-il déclaré après une semaine de consistoire avec les cardinaux du monde entier au Vatican. Le pape a tenu à évoquer ce sujet dans son allocution de clôture, affirmant que ces abus sont «toujours aujourd’hui une véritable blessure» pour l’Église catholique «dans de nombreux endroits».

 

«Dans de nombreux cas, la douleur des victimes a été aggravée par le fait qu’elles n’ont pas été accueillies ni écoutées», a poursuivi le pape, demandant aux quelque 170 cardinaux présents de partager ses remarques avec les évêques. Selon lui, «le scandale dans l’Église s’explique – bien souvent – par une porte restée fermée et des victimes laissées sans accueil». Le souverain pontife a avoué avoir recueilli le témoignage d’une croyante accablant l’Église catholique de son inaction : «Une victime m’a confié récemment que le plus douloureux pour elle a été qu’aucun évêque n’a voulu l’écouter». «L’abus lui-même laisse une blessure profonde qui peut durer toute une vie», a-t-il conclu. Un nouveau consistoire aura lieu fin juin. Ce rendez-vous devrait être organisé annuellement selon les informations du Vatican.

 

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