Dominique Agasso pour lastampa.it nous montre que le pape François, dans la "Salle de la Bénédiction", a reçut en audience les membres du corps diplomatique accrédités auprès du Saint-Siège pour la présentation des vœux pour la nouvelle année ce lundi 9 janvier 2023, le rendez-vous traditionnel au cours duquel le pontife prononce un discours sur des thèmes et des enjeux géopolitiques réaffirmant que la troisième guerre mondiale d'un monde globalisé est en cours.
S’appuyant appuyé en filigrane sur Pacem in Terris, dernière encyclique du pape Jean XXIII (avril 1963) parue après la crise des missiles de Cuba d’octobre 1962, le pape François dénonce le fait que la possession d'armes atomiques est immorale, préoccupé par l’impasse dans les négociations de l'accord sur le nucléaire iranien. Il appelle à la fin immédiate du conflit "insensé" en Ukraine, où "les attaques contre les civils sont un crime contre Dieu et l'humanité". Il appelle au désarmement complet, ce n'est qu'ainsi que la paix est "possible". Tout en renouvelant son «appel à la fin immédiate de ce conflit insensé dont les effets touchent des régions entières, même en dehors de l'Europe en raison de ses répercussions en matière d’énergie et dans le domaine de la production alimentaire, notamment en Afrique et au Moyen-Orient». Et en tournant son regard vers d'autres théâtres de tensions et de conflits, comme «la Syrie martyrisée», dont la renaissance du pays «doit passer par les réformes nécessaires, y compris constitutionnelles». Il suit également avec inquiétude l’aggravation de la violence entre Palestiniens et Israéliens. Jérusalem, ville sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, est particulièrement touchée, tout en espérant que les autorités israéliennes et palestiniennes dialoguent directement pour mettre en œuvre «la solution des deux États dans tous ses aspects» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2023-01/pape-francois-diplomatie-ambassadeurs-vatican-voeux-guerre-paix.html).
Le pape a évoqué son prochain voyage en RDC dans trois semaines, espérant que cesse la violence dans l'Est du pays, et que le pèlerinage de paix du pape se poursuivra au Soudan du Sud, aux côtés de l’archevêque de Canterbury et du Modérateur général de l'Église presbytérienne d'Écosse, pour «contribuer à la réconciliation nationale». Le pape a énuméré une autre série de guerres: dans «le Caucase du Sud», où il exhorte «les parties à respecter le cessez-le-feu», appelant à la libération des prisonniers militaires et civils; au Yémen, où le cessez-le-feu conclu en octobre dernier tient bon mais où de nombreux civils continuent de mourir à cause des mines, et à l'Éthiopie où il espère que le processus de pacification se poursuive et que l’aide humanitaire se renforce. Le pape François a partagé son appréhension de la situation en Afrique de l'Ouest, affligée par les violences du terrorisme: le drame du Burkina Faso, du Mali et du Nigeria. Il a affirmé souhaiter que les processus de transition en cours au Soudan, au Mali, au Tchad, en Guinée et au Burkina Faso se déroulent «dans le respect des aspirations légitimes des populations concernées». Sur le continent asiatique, le pape jésuite est attentif à «la Birmanie bien-aimée» et à la péninsule coréenne (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2023-01/pape-francois-diplomatie-ambassadeurs-vatican-voeux-guerre-paix.html).
Le pape a déploré que les femmes soient considérées comme des citoyens de seconde classe dans de nombreux pays, victimes de violences et d'abus, sans possibilité d'étudier, de travailler, d’accéder à la santé ou à la nourriture, tout en déclarant qu'il n'y a pas de "droit" à se faire avorter, ce qui n’est pas de l’avis la Cour suprême de Caroline du Sud qui a invalidé jeudi 5 janvier une loi interdisant aux habitantes de l'État d'avorter après six semaines de grossesse (https://www.lepoint.fr/monde/etats-unis-la-cour-supreme-de-caroline-du-sud-garantit-le-droit-a-l-ivg-05-01-2023-2503874_24.php), et la restriction mise sur l’avortement depuis 2021 en Pologne a un impact désastreux sur la santé mentale de nombreuses femmes, mais surtout, certaines femmes se voient refuser des IVG thérapeutiques, pourtant officiellement encore légales, ce qui fait que depuis janvier 2021, au moins trois femmes qui auraient dû bénéficier d'une IVG thérapeutique sont décédées (https://www.lepoint.fr/monde/pologne-au-moins-trois-femmes-decedees-apres-un-refus-d-ivg-08-01-2023-2504087_24.php). Et il a réaffirmé combien la paix exige avant tout que la vie soit défendue (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2023-01/pape-francois-diplomatie-ambassadeurs-vatican-voeux-guerre-paix.html).
Il a ensuite parlé de l'Iran, où le respect de la dignité des femmes est exigé, et il a mit en avant que droit à la vie est également menacé là où la peine de mort qui continue d'être pratiquée dans ce pays. Il appuie pour qu’on œuvre «à la protection des droits des plus faibles et à l'éradication de la culture du rejet, qui touche malheureusement aussi les malades, les handicapés et les personnes âgées». Il a poursuivi aussi problème de la baisse des taux de natalité en Italie vilipendant vilipendé l'émergence «d'une peur de la vie» qui se traduit, dans de nombreux endroits, par la peur de l'avenir et par la difficulté de fonder une famille et de mettre des enfants au monde. Cela ne vient pas de la peu, mais c’est lié à un déclin général de l'économie italienne au cours des 20 dernières années, à la difficulté de trouver du travail, la difficulté d'obtenir une situation stable, des conditions indispensables pour décider de fonder une famille (https://www.lepoint.fr/monde/italie-le-pays-en-manque-d-enfants-se-depeuple-14-05-2021-2426428_24.php). Tout en considérant que l'exclusion des femmes de l'éducation en Afghanistan est inacceptable, car l’éducation est l’antidote à l'ignorance et aux préjugés qui dégénèrent facilement en conflits (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2023-01/pape-francois-diplomatie-ambassadeurs-vatican-voeux-guerre-paix.html). Depuis l'arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, les femmes ont de moins en moins de droits dans le pays. La burqa est devenue obligatoire dans l'espace public. Le collège, le lycée et l'université sont proscrits aux femmes (https://www.francetvinfo.fr/monde/afghanistan/afghanistan-les-femmes-de-plus-en-plus-recluses_5584563.html).
Il demande que la liberté de foi soit garantie, déclarant qu'il y a beaucoup de chrétiens persécutés, et n’apprécie guère «les tentatives déplorables d'instrumentaliser la religion à des fins purement politiques» qui sont contraire à la perspective chrétienne. Pour lui, la paix exige aussi que la justice soit poursuivie et le pape François, vise aussi les colonisations idéologiques. Un sujet qu’il a pu toucher du doigt lors de son voyage apostolique au Canada. «Là où l’on cherche à imposer à d’autres cultures des formes de pensées qui ne sont pas les leurs, on ouvre la voie à de violentes oppositions et parfois même à la violence». Il rappelle aussi que les morts en Méditerranée sont le «naufrage de la civilisation»; mais "l'aide ne pèse pas seulement sur les pays d'arrivée des migrants". Il met enfin en garde contre l'affaiblissement de la démocratie et de la liberté dans le monde pense aux crises politiques dans plusieurs pays du continent américain, avec leur lot de tensions et de formes de violence qui exacerbent les conflits sociaux, en particulier au Pérou et à Haïti, mais aussi au Liban, s’inquiétant s'inquiète de ce qui se passe au Brésil surtout après l’invasion, dimanche à Brasília, des principaux lieux de pouvoirs – le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel du Planalto – par des centaines de partisans de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro : «Les polarisations politiques n'aident pas à résoudre les problèmes» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2023-01/pape-francois-diplomatie-ambassadeurs-vatican-voeux-guerre-paix.html).
Merci !