Publié le 9 Février 2026
LeMonde.fr avec AFP nous montre que le socialiste modéré Antonio José Seguro a obtenu 66,8 % des suffrages lors du second tour de l’élection présidentielle au Portugal, selon des résultats portant sur 99,2 % des circonscriptions, contre 33,2 % pour le candidat d’extrême droite André Ventura et président de la formation Chega («assez»), qui promettait une «rupture» avec les formations qui dirigent le Portugal depuis cinquante ans. Cet ancien député et ex-ministre, ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014), s’est posé en candidat rassembleur et a mis en garde contre «le cauchemar» dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l’emportait, il avait remporté le premier tour avec 31,1 % des suffrages et s’était assuré le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l’extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du premier ministre, Luis Montenegro. Dimanche soir, le premier ministre a promis de travailler avec le prochain président dans un «esprit de convergence», afin de «garantir la stabilité politique».
Il succédera ainsi, le 9 mars prochain, au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans. «La réponse donnée par le peuple portugais, son attachement aux valeurs de la liberté et de la démocratie (…) me rendent ému et fier», a réagi le futur chef de l’État. « Les vainqueurs, ce soir, ce sont les Portugais et la démocratie », a-t-il ajouté plus tard dans la soirée, en affichant la volonté d’être « le président de tous les Portugais». «Il n’y a pas d’excuses : le Portugal a une occasion unique pour les partis politiques, le Parlement et le Gouvernement de trouver des solutions durables aux graves problèmes auxquels nous sommes confrontés en matière de santé, d’accès au logement, de création d’opportunités pour les jeunes, de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, de réduction de la pauvreté, de création de richesse et d’amélioration des conditions de vie de tous les Portugais», a-t-il averti. «Avec moi, rien ne sera plus comme avant», a-t-il promis. «Nous le devons au peuple portugais. Je serai vigilant. Je poserai les questions qui dérangent et j’exigerai les réponses dont le pays a besoin. Et à Belém [le Palais présidentiel], les intérêts particuliers resteront à la porte. La transparence et l’éthique sont non négociables.» (https://www.rtp.pt/noticias/politica/nao-serei-oposicao-serei-exigencia-seguro-e-o-presidente-eleito-e-o-mais-votado-de-sempre_n1717436).
Le vainqueur du second tour des élections s'est adressé à son adversaire, André Ventura : «En tant que démocrate, tous ceux qui m'ont affronté lors de ce processus électoral méritent mon respect.» «En tant que futur président de la République, j'ajoute qu'à partir de ce soir, nous ne sommes plus adversaires et partageons désormais le devoir d'œuvrer pour un Portugal plus développé et plus juste», a-t-il assuré. «La majorité qui m'a élu prend fin ce soir.» (https://www.rtp.pt/noticias/politica/nao-serei-oposicao-serei-exigencia-seguro-e-o-presidente-eleito-e-o-mais-votado-de-sempre_n1717436). M. Ventura avait, quant à lui, déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti, devenu la première force d’opposition à l’issue des législatives de mai 2025. Il a reconnu sa défaite dimanche soir, tout en se félicitant d’avoir offert à sa formation «le meilleur résultat de son histoire». «Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays», a lancé André Ventura devant ses partisans, mettant en avant le fait d’avoir obtenu un meilleur score que celui du camp gouvernemental lors des législatives de mai 2025. En se lançant dans la course à la présidentielle, cet autoproclamé «candidat du peuple» cherchait surtout à «consolider sa base électorale», mais aussi à «s’affirmer comme le vrai leader de la droite portugaise», avait expliqué avant le vote à l’Agence France-Presse (AFP) José Santana Pereira, professeur de sciences politiques à l’institut universitaire de Lisbonne.
Une initiative loin d’être anodine a vu le jour, car la hiérarchie catholique a seulement souligné en janvier l’importance de la participation active à la vie publique, rappelant que la démocratie ne se construit pas indépendamment des citoyens, mais avec l’implication consciente de tous, des plus jeunes aux plus âgés, sans pour autant donner de consigne de vote (https://cancaonova.pt/bispos-portugueses-apelam-a-participacao-do-povo-nas-eleicoes-presidenciais/). Le manifeste «Catholiques pour Seguro», lancé il y a une semaine par Margarida Silveira Rodrigues et envoyé à 1300 paroisses, appelle à voter pour l’indépendant Antonio José Seguro, au second tour de l’élection présidentielle ce dimanche 8 février. Ce candidat, soutenu par le Parti socialiste, s’est retrouvé face à André Ventura, leader du parti d’extrême droite Chega, et s’avère le choix logique de ce manifeste, car il est le choix d’«un président attaché au bien commun, à la justice et à la paix; quelqu'un qui respecte les institutions et les valeurs humanistes qui protègent la dignité de tous». Peu nombreux au départ, les signataires se comptent au nombre de 677 et ont sans doute joué un rôle important dans la victoire du candidat socialiste (https://catolicosporseguro.pt/, et https://www.la-croix.com/international/presidentielle-au-portugal-les-catholiques-se-mobilisent-contre-l-extreme-droite-20260208).
Mercredi 28 janvier, la Commission nationale de justice et de paix (CNJP) de l’Église catholique a publié une note dans laquelle elle critique la promotion des discours de haine et rejette l’«instrumentalisation» des valeurs chrétiennes à des fins politiques. «Cette instrumentalisation n’est pas sans précédent», dit la Commission. «Ces derniers temps, il y a eu le collage des partis et des mouvements aux valeurs des communautés chrétiennes, à travers l’utilisation de causes telles que la défense du droit à la vie intra-utérine ou la défense de l’exposition de la crèche dans les espaces publics, tout en favorisant la discrimination et les discours de haine.» Mais cette stratégie vise à «capturer les électeurs» qui donnent la priorité à «ces thèmes et qui, pour cette raison, ont tendance à relativiser d’autres positions politiques, même lorsqu’ils contredisent les vérités de l’Évangile». Par conséquent, le CNJP insiste sur le fait que l’identité chrétienne ne peut «se passer des vérités de l’Évangile», ni ne pas affirmer les idéaux de solidarité, de vérité, de justice et de paix, afin de ne pas «être corrompu». Par conséquent, les fidèles chrétiens doivent «prendre conscience de leur rôle important dans une dénonciation courageuse et un écart clair de tout ce qui pervertit la valeur fondamentale de l’amour pour son prochain». Présidé par le juge Pedro Vaz Patto, le CNJP, un organe plus autonome dépendant de la Conférence épiscopale portugaise, déclare en outre dans la note, envoyé à 7MARGENS : «La politique, en tant que forme supérieure de charité et en vue de construire le bien commun, ne devrait pas promouvoir la haine ou la division. Un engagement sérieux et un engagement en faveur des valeurs démocratiques, de la défense sans compromis des droits de l'homme, de la protection des plus pauvres, de la cohésion sociale, de la coopération entre les peuples et des politiques orientées vers le développement intégral de tous sont nécessaires. C’est là que doit se fonder la véritable radicalité de ceux qui sont attachés à l’Évangile.» (https://setemargens.com/catolicos-publicam-manifesto-votamos-e-apelamos-ao-voto-em-antonio-jose-seguro/).
Merci !
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