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Publié le 24 Octobre 2021

Libération.fr avec l’AFP nous montrent qu’à l’occasion de la prière de l’Angelus, le pape François a exprimé son soutien aux migrants et exhorté la communauté internationale à résoudre la situation dramatique entre le nord de l’Afrique et les côtes européennes ce dimanche 24 octobre 2021.

 

Une prière aux accents politiques. Le pape François a appelé ce dimanche la communauté internationale à résoudre la crise des migrants en Libye, alors que la situation en Méditerranée est particulièrement préoccupante depuis plusieurs jours. «J’exprime ma proximité aux milliers de migrants, de réfugiés et aussi d’autres qui nécessitent une protection en Libye», a déclaré le pape après la traditionnelle prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre, au Vatican. «Je ne vous oublie jamais, j’entends vos cris et je prie pour vous.»

 

«Tant de ces hommes, femmes et enfants sont soumis à des violences inhumaines», a-t-il ensuite poursuivi avant une demande solennelle : «J’appelle à nouveau la communauté internationale à tenir ses promesses de recherche de solutions communes, concrètes et durables pour la gestion des flux migratoires en Libye et dans toute la Méditerranée.» Pour l’Argentin de 84 ans, «les gouvernements doivent mettre fin au renvoi des migrants vers des pays peu sûrs», comme la Libye.

 

Surtout, le pape François demande aux gouvernements de donner parallèlement «la priorité au sauvetage de vies en mer» avec des dispositifs de débarquement sûrs dans les ports en garantissant aux migrants et «des conditions de vie décentes, des alternatives à la détention, des routes migratoires régulières et l’accès aux procédures d’asile». Depuis plusieurs jours, la situation en mer Méditerranée est particulièrement alarmante. Ce dimanche, l’ONG Alarm Phone a annoncé que deux bateaux gonflables transportant respectivement 60 et 68 personnes avaient besoin d’urgence d’une intervention.

 

Un cas loin d’être isolé. Le navire de sauvetage Aita Mari de l’organisation espagnole Salvamento Marítimo transportant plus d’une centaine de migrants est aussi à la recherche d’un port sûr où pouvoir débarquer, a rapporté l’agence de presse italienne AGI. Parallèlement, Médecins sans frontières a indiqué que son navire de sauvetage Geo Barents avait secouru 95 nouvelles personnes samedi soir, portant à 296 le nombre total de rescapés à bord.

 

L’appel du pape François intervient deux jours après un sommet européen où la question des migrants a été discutée. Mais loin d’apporter une réponse commune, la rencontre entre les Vingt-Sept a surtout souligné les divergences persistantes sur la question, alors que douze pays, dont la Pologne et la Lituanie, ont appelé l’Union à financer des barrières anti-migrants. Une demande rejetée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen : «J’ai été très claire sur le fait qu’il y a une position commune de longue date de la Commission et du Parlement européen, qu’il n’y aura pas de financement de barbelés et de murs», a-t-elle martelé.

 

Ces derniers temps, l’attention des dirigeants de l’UE s’est détournée de la Méditerranée pour se porter vers la frontière entre le Belarus et ses voisins européens (Lettonie, Lituanie, Pologne) que des milliers de migrants cherchent à traverser ces derniers mois. L’Italie reste pourtant confrontée à l’arrivée quasi quotidienne de centaines de migrants sur ses côtes. Samedi, 406 personnes récupérées par l’organisation allemande Sea-Watch ont commencé à débarquer au port sicilien de Pozzallo, après avoir été autorisés à le faire par les autorités italiennes.

 

L’Europe touche le fond, des milliers de personnes se retrouvent bloquées dans la région de Podlachie, en tentant de rejoindre l'UE depuis Minsk, mais elles ne peuvent plus rebrousser chemin et sont régulièrement reconduites en forêt par les forces polonaises dans des conditions extrêmes, et ont renvoi des migrants vers des pays peu sûrs comme la Libye. Pendant ce temps, des États 12 pays (Autriche, Bulgarie, Chypre, Danemark, Estonie, Grèce, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) veulent que l’UE finance des "barbelés et des murs" aux frontières, oubliant leur traditions chrétiennes d’accueil et de défense des faibles et des opprimés. Tout simplement abject.

 

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Publié le 23 Octobre 2021

Ouest-France.fr avec l’AFP nous montre que le pape avait annoncé début septembre qu’il se rendrait prochainement en Grèce et à Chypre, mais sans en préciser la date. C’est chose faite depuis le vendredi 22 octobre 2021. Le pape François a confirmé à l’agence de presse argentine Telam que ce voyage aurait lieu «le premier week-end de décembre». Il a également ajouté qu’il effectuerait son premier déplacement en Océanie en 2022, sans préciser dans quel(s) pays. Le pape François, qui aura 85 ans en décembre et a subi une opération du côlon en juillet, avait réduit drastiquement ses voyages l’an dernier en raison de la pandémie de Covid-19. Cette année, il a fait un voyage historique en Irak et s’est rendu en Slovaquie en septembre. Au total, il a effectué une trentaine de déplacements à l’étranger depuis son élection en 2013.

 

«Pour le moment, j’ai en tête deux voyages que je n’ai pas encore planifiés, au Congo et en Hongrie», a par ailleurs déclaré le pape à Telam lors de cet entretien réalisé à résidence Sainte-Marthe, où il réside. Il avait déjà fait une visite éclair à Budapest en septembre pour présider la messe de clôture du Congrès eucharistique international. Il ne s’agissait pas d’une visite d’État proprement dite, mais d’une participation à un événement spirituel, avec en marge du programme une rencontre commune avec le président Janos Ader et le Premier ministre Viktor Orban. Dans cet entretien à Telam, le pape a aussi évoqué des déplacements en Papouasie Nouvelle-Guinée et au Timor oriental, prévus initialement pour 2020 qui avaient dû être reportés.

 

Lors de sa visite en Grèce, il retournera sur l’île grecque de Lesbos, emblématique de la crise de l’accueil des réfugiés, où il s’était déjà rendu en 2016, avait-on appris mi-octobre auprès de l’archevêque local et du ministère grec des Migrations. Une délégation du Vatican a d’ailleurs visité le camp de migrants de Mavrovouni à Lesbos pour planifier ce voyage Prônant l’accueil sans distinguer la religion, ni le statut de réfugié ou d’exilé économique, le pape François avait marqué les esprits en avril 2016 à Lesbos, alors principale porte d’accès à l’Europe et où s’entassaient plus de 3000 migrants dans le camp insalubre et surpeuplé de Moria. «Nous sommes tous des migrants !» avait-il lancé, avant de ramener à bord de son avion trois familles musulmanes syriennes dont les maisons avaient été bombardées.

 

Au cours de cet entretien avec l’agence argentine, le pape François est également interrogé sur les enjeux du sommet du G20, qui doit se dérouler les 30 et 31 octobre à Rome. «Le sommet du G20 à Rome doit se pencher sérieusement sur les relations entre pays sous-développés et pays développés», estime le pape François, qui fustige une forme d’« asymétrie» dans les relations internationales. Il souhaite également que ce sommet contribue à «faire baisser les tensions dans le monde» pour contrer «l’escalade de violences» auquel le monde est selon lui confronté. «La voie de la violence est toujours une défaite pour tout le monde», prévient-il. Il invite les participants au G20 à se tourner vers les pays les plus pauvres ou marginaux : «On ne peut pas sortir de cette crise dans laquelle nous sommes entrés sans se tourner vers les périphéries.» Un message que le pape François aura l’occasion de rappeler vendredi 29 octobre, lors de ses rencontres avec le président américain Joe Biden et son homologue coréen Moon Jae-in (https://africa.la-croix.com/en-2022-le-pape-francois-veut-se-rendre-en-oceanie-en-afrique-et-europe/).

 

Évoquant une autre dirigeante, la chancelière Angela Merkel, qui s’apprête à quitter le pouvoir après 16 ans, le pape salue «l’une des grandes dirigeantes qui entrera dans l’histoire». Elle fut «un exemple de bon sens», salue le pape François. «Les femmes ont une sensibilité particulière pour mieux gérer les moments de conflit, poursuit le pape. Elles sont réalistes et ont la capacité d’imaginer des solutions et de les mettre en œuvre», ajoute-t-il, alors qu’il entretient depuis plusieurs années d’excellentes relations avec la chancelière. Il voit dans la figure d’Angela Merkel un «appel aux femmes qui ont une vocation politique» (https://africa.la-croix.com/en-2022-le-pape-francois-veut-se-rendre-en-oceanie-en-afrique-et-europe/).

 

Enfin, ce samedi 23 octobre 2021, le pape François a salué l'enseignement social catholique comme toujours à jour. C'est un «trésor de la tradition ecclésiastique» et en même temps une incitation à lutter ensemble contre les inégalités et pour les préoccupations des plus faibles. C'est ce qu'a dit le pape François devant les participants à une conférence de la Fondation Centesimus Annus au Vatican. Il a admis que cette approche - compte tenu d'un système économique souvent exploiteur - ressemblait souvent à une nage à contre-courant. "Mais rappelons-nous, nous ne sommes pas seuls. Dieu est proche de nous", a déclaré le chef de l'Église. Tous les chrétiens sont appelés à un amour illimité, à travailler ensemble pour le bien de tous, sans préjugés. De cette façon, les «murs de l'égoïsme et des intérêts» pourront être surmontés (https://www.domradio.de/themen/soziales/2021-10-23/schwimmen-gegen-den-strom-papst-franziskus-wuerdigt-katholische-soziallehre).

 

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Publié le 21 Octobre 2021

M.F dans 20minutes.fr avec l’AFP nous montre dans cet article du mercredi 20 octobre 2021, que Jean-Marc Sauvé était auditionné par la commission des lois de l’Assemblée nationale deux semaines après la remise de son rapport qui a révélé un nombre important d’abus sexuels sur des mineurs au sein de l’Église depuis les années 1950. Le président de la Commission sur la pédocriminalité dans l’Église catholique a affirmé que les pouvoirs publics ne pouvaient pas «rester sans rien faire». Il a à ce propos rappelé l’existence de la Commission inceste (Ciivise), mise en place par les pouvoirs publics en début d’année et qui recueille des témoignages depuis septembre.

 

Comme pour les féminicides, Jean-Marc Sauvé a souligné qu’il fallait avoir «la même exigence» sur les violences sexuelles sur enfants. «Nous n’appelons de nos vœux aucune modification de la législation», a-t-il cependant souligné, rappelant la position de sa Commission de ne pas toucher au délai (actuel) de prescription. Il a par ailleurs précisé que lui et sa commission devaient rencontrer le pape en «décembre».

 

«Les chiffres que nous avons trouvés sont tout sauf rassurants», a-t-il déclaré. Le rapport a estimé à 330 000 le nombre de victimes dans l’Église catholique ces soixante-dix dernières années. Il a aussi estimé que 5,5 millions de personnes de plus de 18 ans ont été sexuellement agressées pendant leur minorité dans toute la population française. «Chaque jour, 450 nouveaux mineurs sont agressés dans notre société», a ajouté Jean-Marc Sauvé, parlant de « désastre social et sanitaire».

 

Il a également réaffirmé l’obligation selon lui de dénoncer les agressions, y compris «dans le cadre de la confession». Sur le délit de non-dénonciation, la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, interrogée par l’association des journalistes parlementaires mercredi, a laissé ouverte l’hypothèse que le législateur s’empare du sujet. «Je ne crois pas que ça soit si clair dans l’opinion publique ou dans l’opinion de certains. On préférerait regarder si effectivement, il y a des besoins pour le législateur de clarifier les choses pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté», a-t-elle déclaré.

 

Jean-Marc Sauvé a par ailleurs été interrogé sur le financement par l’Église du dispositif permettant de verser une forme de réparation financière aux victimes. Mais «les situations financières et patrimoniales des diocèses en France sont radicalement différentes, selon qu’on est à Paris, Lyon, Lille. Il en va de même pour les congrégations», a-t-il souligné.

 

«Il faut qu’il y ait une solidarité interne à l’Église catholique, pour cette affaire (…) qui va coûter de l’argent», a-t-il recommandé. Il s’agit de «mettre en œuvre une mutualisation, une solidarité au travers d’un ou de deux fonds de dotation (…) celui des diocèses d’une part et celui des congrégations de l’autre», a-t-il préconisé. Jean-Marc Sauvé doit être auditionné par la commission des lois du Sénat le 28 octobre.

 

Enfin, selon l'hebdomadaire Famille Chrétienne, la rencontre entre le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) et le souverain pontife pourrait se tenir le 9 décembre. L'ancien vice-président du Conseil d'État, désormais vice-président honoraire de la haute juridiction administrative, sera accompagné de tous les membres de la Ciase (https://www.bfmtv.com/societe/abus-sexuels-dans-l-eglise-jean-marc-sauve-rencontrera-le-pape-francois-en-decembre_AN-202110200329.html).

 

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Publié le 19 Octobre 2021

L'Obs avec l’AFP  nous montre dans son article du 17 octobre 2021 que l’image à part donné par le célibat imposé aux prêtres à partir du Moyen Âge a contribué à en faire une figure d’autorité, ce dont ont profité des agresseurs sexuels.

 

Le rapport Sauvé a réveillé le débat sur le célibat des prêtres : s’il n’est pas responsable des violences sexuelles, cet engagement a contribué au fil des siècles à donner au prêtre l’image d’un «homme à part», favorisant ainsi les abus de pouvoir, expliquent plusieurs chercheurs. Une semaine après le séisme provoqué par la publication du rapport, qui a jeté une lumière crue sur la pédocriminalité dans l’Église catholique de France depuis 70 ans, les questions se multiplient sur le rôle de l’institution et de ses représentants. L’une porte sur le célibat.

 

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, l’a assuré d’emblée : «Il n’y a clairement pas de lien de causalité entre le célibat et les abus sexuels.» Elle a notamment démontré qu’un tiers des violences sexuelles commises depuis 1950 l’ont été par des laïcs, donc non soumis au célibat sacerdotal. En revanche, selon la commission, «l’exigence de célibat contribue à (...) faire» des prêtres «des hommes ’à part’, voire des ’surhommes’», peut-on lire dans l’une des annexes du rapport. Avec à la clé le «risque» d’une «survalorisation de la personne du prêtre».

 

«Les pédophiles vrais, essentiellement attirés par des enfants prépubères, représentent 10-15% des agresseurs» dans l’Église, relève auprès de l’AFP Marie-Jo Thiel, médecin et professeure d’éthique et de théologie. Dans les autres profils d’agresseurs, de nombreux facteurs entrent en jeu, dont la question, centrale, de la domination, ajoute Marie-Jo Thiel, dont les publications ont aiguillé les travaux de la Ciase. Or, «il y a un lien historique entre célibat (ecclésiastique) et pouvoir», souligne-t-elle.

 

L’Église catholique commence à imposer le célibat à ses prêtres au Moyen Âge avec la réforme grégorienne afin notamment de «rehausser le statut des prêtres», affirme à l’AFP Josselin Tricou, auteur du livre «Des soutanes et des hommes», une enquête sur la masculinité des prêtres catholiques. L’objectif de l’institution est alors de placer les prêtres «en dehors de la domination masculine» de l’époque, en leur interdisant également le port d’arme, poursuit le chercheur, qui a participé aux travaux de la Ciase. Dans le regard des fidèles, ils deviennent ainsi «des personnes ressources, en dehors de la domination masculine. Mais dans la réalité, ce sont bien des hommes et ils sont, à ce titre, positionnés comme les autres comme dominants dans les rapports sociaux», dit-il.

 

Au cours des siècles, leur rôle se renforce. Le prêtre devient avec «son sacrifice» une figure d’autorité et incarne personnellement l’Église. Une position privilégiée qui sera utilisée par des agresseurs pour passer à l’acte, rapportent de nombreuses victimes. Le célibat, en plaçant théoriquement la personne au-dessus de tout soupçon, devient une cage dorée pour des agresseurs, mais aussi pour d’autres hommes ne se reconnaissant pas dans la sexualité hétérosexuelle. Mais «pour certains prêtres, cette prohibition (de toute sexualité) génère un clivage interne car ils se rendent bien compte que c’est difficile pour eux de respecter cette chasteté», observe Josselin Tricou.

 

Un clivage à l’origine de souffrances personnelles et d’un silence roi, renforcé par le fait que «pour l’Église, toute pratique sexuelle de la part des prêtres est déviante». Et ce tabou, «ce silence autour de la sexualité des prêtres, a un effet indirect sur l’absence de dénonciation» des penchants pédophiles ou des crimes sexuels, ajoute le chercheur. «Dans notre société il est déjà très difficile de se rendre compte qu’on a une attirance pour des enfants et d’en parler pour demander de l’aide. Alors pour les prêtres pour qui la sexualité est taboue, c’est encore plus difficile», dit aussi Walter Albardier, psychiatre responsable du Centre de ressources pour intervenants auprès d’auteurs de violences sexuelles (CRIAVS) d’Île-de-France. Interpellée sur ces difficultés, l’Église a revu ces dernières années sa position et initié un accompagnement à la sexualité dans les séminaires. Mais ce dernier reste encore inégal, observe Marie-Jo Thiel.

 

Enfin, le pape François a reçu le témoignage courageux d'une survivante et a souhaité que le cardinal O'Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le partage avec tous les prêtres et séminaristes. Dans les pages de la lettre imprégnées d'amertume et de souffrance, cette femme qui raconte ce qu'elle a vécu «également au nom des autres victimes», et dont son stress post-traumatique est particulièrement vif dans le cadre de l’Église, à tel point qu'elle a toujours peur de voir un prêtre et ne peut même pas aller à la messe, exprime sa douleur de ne plus pouvoir se sentir en sécurité dans l'Église, et elle supplie les séminaristes «de protéger l'Église» et de devenir de «bons prêtres» (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2021-10/lettre-victime-abus-sexuels-cardinal-o-malley.html).

 

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Publié le 18 Octobre 2021

francetvinfo.fr avec l’AFP nous montre que le Premier ministre Jean Castex a été reçu lundi 18 octobre 2021 dans la matinée au Vatican par le pape François. Ils ont tous deux évoqué l'épineuse articulation entre la dénonciation de faits criminels et le "secret de la confession" après les révélations retentissantes sur les violences sexuelles dans l'Église catholique en France. À l'issue de cette rencontre, le chef du gouvernement a réaffirmé en conférence de presse que "la séparation de l'Église et de l'État, ce n'est en aucun cas la séparation de l'Église et de la loi".

 

"On a évoqué évidemment la situation de l'Église en France, le rapport Sauvé", a déclaré Jean Castex à l'issue de l'audience, au cours de laquelle les deux hommes ont échangé en espagnol. "Son discours consiste à dire que c'est courageux de la part de l'Église de France d'avoir fait son travail. Il fait confiance à l'Église de France pour tirer les conclusions. Il se réjouit qu'il n'y ait pas de déni." "Ce n'est pas un scoop : l'Église ne reviendra pas sur le dogme du secret de la confession. Mais il faut à tout prix trouver les voies et moyens pour concilier cela avec le droit pénal, le droit des victimes, a ajouté le chef du gouvernement. [Le pape] en a tout a fait conscience. C'est un travail au long cours."

 

La visite de Jean Castex était prévue de longue date. Elle a pour but de célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Mais ce rendez-vous a été bousculé par l'actualité après la publication le 5 octobre des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), qui évalue à 216 000 le nombre d'adultes ayant fait l'objet de violences ou d'agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020.

 

En France, le débat s’est aussi noué autour du secret de la confession, que le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Emmanuel de Moulins-Beaufort, avait jugé «supérieur aux lois de la République», avant de rétropédaler et d’évoquer une «formulation maladroite».  Le Vatican lui-même marche sur des œufs : d’un côté, un formulaire de signalement de délit a été mis à disposition de tout ecclésiastique en juillet 2020 ; de l’autre, le Saint-Siège a confirmé la primauté du secret de la confession, le confesseur étant simplement encouragé à «tenter de convaincre le pénitent» d’alerter des personnes en mesure, elles, de saisir la justice (https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/10/18/jean-castex-a-rome-pour-rencontrer-le-pape-francois_6098784_823448.html).

 

Mais le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) a fait bouger les lignes comme le montre Jordi Pacheco sur religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/mundo/Nicolas-Betticher-Papa-Falta-cambiando_0_2387161269.html). Sur le site de la paroisse de Bruder Klaus, à Berne, on peut lire la lettre ouverte que son curé, l'abbé Nicolas Betticher, a adressée au pape François après le scandaleux rapport Sauvé sur les abus sur mineurs dans l'Église française. Comme l'explique le portail cath.ch, la lettre a une approche pleinement participative, c'est pourquoi elle sera également présentée aux fidèles à l'issue des messes dans le but de les faire commenter le texte. Pour la souscrire ou la réfuter. Lorsqu'un certain nombre de signatures sera atteint, elles seront envoyées au pape.

 

Interrogé sur le débat sur les abus en France, Betticher s'étonne qu'il y ait au moins 330 000 cas d'abus et qu'il ne se passe rien. «Les évêques et les catholiques acceptent simplement le scandale. Comment est-il possible que des catholiques descendent dans la rue contre le «mariage pour tous», mais restent silencieux face au fait que tant d'enfants et de jeunes ont été blessés ? Ce qui manque, c'est un signal fort qui dit 'ça suffit !'», souligne le prêtre de 60 ans. "Et il n'est pas possible - ajoute-t-il - que le président de la Conférence épiscopale française puisse dire : ‘S'il vous plaît, donnez-nous de l'argent pour indemniser les victimes des fautes commises par les évêques, dont certains sont encore en fonction.’ Ceci est absurde. Pour les victimes, c'est une gifle». Malgré la récente inauguration du Synode 2021-2023 et l'engagement du pape François envers ce ver des bois qui plane sur l'Église, Betticher est convaincu qu'«il manque un signe que quelque chose est vraiment en train de changer». «J'ai annoncé dans mon homélie que j'écrirais une lettre au Pape. Cela ne peut pas continuer».

 

De l'avis de Betticher, la crise des abus est si profonde que même le processus synodal lui-même est éclipsé. «Nous ne pouvons pas parler de foi, d'Évangile et d'écoute de l'Esprit Saint de manière crédible si nous n'abordons pas d'emblée la question du pouvoir. Pour cela, cependant, nous avons besoin d'un signal du Pape qu'il veut non seulement écouter, mais qu'il veut vraiment introduire une séparation des pouvoirs dans l'Église. Un évêque ne peut pas être le juge suprême, le chef d'état-major suprême, le chef stratège, et surtout, un bon pasteur et père spirituel. C'est une erreur systémique qui blesse les évêques eux-mêmes. La situation juridique doit être revue d'urgence», conclut avec force le prêtre.

 

La crise des abus n’est plus à prendre à la légère, elle demande une véritable réforme structurelle et non plus des promesses, le pape doit agir pour répondre à la souffrance des victimes.

 

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Publié le 17 Octobre 2021

Comme le montre cath.ch le pape François a incité les chrétiens , lors de la prière de l’Angélus le 17 octobre 2021 Place Saint-Pierre devant une importante foule, à passer de la mentalité de prestige, une «maladie de l’esprit», a mis en garde le pontife, et ce même si elle se dissimule derrière de bonnes intentions, à celle de service rappelé à cette occasion que «l’épiscopat est le nom d’un service, non d’un honneur», car «le Christ invite à descendre de son «piédestal» pour servir les autres», et «Ils sont nombreux ceux qui ont besoin d’être aidés en cette période de pandémie», a indiqué le pape François, réclamant de la compassion.

 

Tout le monde ne semble pas investi sur la recherche du service comme le montre cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/liechtenstein-mgr-haas-refuse-de-participer-au-processus-synodal/). Alors que le pape François a lancé officiellement le Synode sur la synodalité lors d’une messe solennelle célébrée en la basilique Saint-Pierre le 10 octobre 2021, en Suisse comme dans le monde entier, le processus synodal est entamé dès le 17 octobre. Mais Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz, ne veut pas y participer et déclare : «Je suis d’avis que dans notre petit archidiocèse, nous pouvons nous abstenir pour de bonnes raisons de mener à bien une procédure aussi complexe et parfois même compliquée, qui sous nos latitudes, court le risque de devenir idéologique». Et Mgr Haas estime que les discussions et les débats ne sont pas nécessaires dans son archidiocèse. Il considère que les relations étroites dans les paroisses permettent un contact mutuel rapide et simple entre pasteurs et laïcs, «de sorte qu’un échange intellectuel et spirituel a été et est toujours possible».

 

Cette décision a suscité de vives critiques au Liechtenstein. L’Association pour une Église ouverte, qui demande des réformes, voit les conditions de l’Église de la Principauté sous un jour moins rose. «Que le dialogue ecclésial fonctionne quoi qu’il en soit dans notre petit pays est un pur mensonge», écrit le théologien critique Günther Boss dans un message à kath.ch. «Les gens vivent le clergé ici comme peu disposé à discuter, et l’archevêque et le vicaire général refusent également le dialogue alors qu’il serait nécessaire…», affirme le conseiller théologique de l’Association pour une Église ouverte au Liechtenstein. La base n’était pas non plus incluse dans les autres synodes, souligne-t-il. Ainsi, les fidèles de l’archidiocèse n’avaient déjà pas été inclus dans le Synode sur la famille et le Synode sur l’Amazonie. Pour lui, c’est un pas de plus qui est franchi : Mgr Haas «rejette ainsi publiquement le processus synodal, s’opposant ainsi ouvertement au pape François».

 

Enfin, vaticannew.va (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2021-10/appel-attentats-norvege-afghanistan-angleterre-angelus.html) nous montre qu’au terme de l’Angélus, l’évêque de Rome a évoqué les trois attentats qui ont eu lieu cette semaine en Norvège, où mercredi 5 octobre, cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans le centre-ville de Kongsberg par Andersen Bråthen, un Danois de 37 ans armé d'un arc placé vendredi en détention provisoire pour quatre semaines (https://www.rtl.fr/actu/international/attaque-a-l-arc-en-norvege-l-auteur-presume-s-etait-il-vraiment-converti-a-l-islam-7900086445), en Afghanistan, où un attentat suicide à Kandahar (Sud) revendiqué par le groupe État islamique-Khorasan (EI-K) a fait 60 morts et fragilisé la promesse des talibans d’assurer un retour à la sécurité dans le pays (https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/afghanistan-la-communaute-chiite-enterre-ses-morts-apres-l-attentat-2da67b60-2e84-11ec-951e-9408c65002e6), et en Angleterre où le député conservateur britannique David Amess, mortellement poignardé vendredi dans un acte terroriste qui, selon la police, pourrait être inspiré par l’islamisme, était un catholique fervent, Brexiter convaincu et grand défenseur de la cause animale (https://www.sudouest.fr/faits-divers/qui-etait-david-amess-le-depute-britannique-poignarde-a-mort-6584412.php), tenant à assurer les familles des victimes de sa sympathie, avant de s’adresser solennellement aux terroristes : «Je vous supplie, s'il vous plaît, d'abandonner la voie de la violence, qui est toujours perdante, qui est une défaite pour tous. N'oublions pas que la violence engendre la violence», a lancé le Saint-Père.

 

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Publié le 16 Octobre 2021

Le pape François s'est prononcé - plus clairement que jamais - en faveur de l'introduction d'un revenu de base universel. Par ailleurs, il s'est exprimé dans un message vidéo pour la quatrième «Rencontre mondiale des mouvements populaires»  en faveur de la réduction des horaires de travail ce samedi 16 octobre 2021 comme le montre katholisch.de. "Je crois que ces mesures sont nécessaires", a déclaré le chef de l'Église. «Un revenu de base donne à chacun accès aux choses les plus élémentaires. En outre, il faut examiner «d'urgence» les possibilités de créer plus d'emplois grâce à des journées de travail plus courtes.» "Il ne se peut pas que tant de personnes soient surchargées de travail tandis que d'autres souffrent d'un manque de travail", a souligné le pape. Comme les trois précédentes rencontres mondiales de ce genre, celle-ci aussi avait pour devise "Terre, abri, travail". Dans le contexte de la crise actuelle du Covid-19, la conférence actuelle, comme sa première partie en été, s'est déroulée sous forme numérique. Des représentants des cinq continents y ont participé.

 

Dans l'adresse vidéo, le pape François a repris plusieurs de ses demandes de la période de pandémie qu’il voit comme une opportunité de changement.. Il a appelé les sociétés pharmaceutiques "au nom de Dieu" à libérer leurs brevets sur les vaccins afin de permettre aux vaccins de bénéficier à tous. Il a appelé à un allégement de la dette des pays pauvres, à une plus grande redistribution des impôts, à une action plus décisive dans la lutte contre la faim dans le monde, à la fin de la destruction de l'environnement et de la production d'armes. L'humanité doit comprendre la pandémie comme une opportunité de changement, a déclaré l'homme de 84 ans. «Il est temps de vous libérer de "l'égoïsme paralysant". Au lieu de cela, la solidarité et l'accent sur le bien commun sont nécessaires.»

 

Il constate avec inquiétude que toutes sortes de projets tentent de restaurer les structures socio-économiques de la période d'avant-crise. Il considère cela comme un chemin fatidique. "Faisons mieux", a déclaré le pape. Il a exhorté les dirigeants politiques du monde entier à écouter non seulement l'élite des affaires, mais aussi le peuple, car «La poursuite constante du profit est devenue incontrôlable. Des alternatives à la mondialisation capitaliste devraient être développées - au-delà d'une "culture du jetable" à orientation technocratique.»

 

Les entreprises technologiques et médiatiques ont demandé au pape François d'arrêter la haine, les "fake news", les théories du complot et la manipulation politique dans les réseaux sociaux. Comme exemple louable d'engagement social, il a toutefois évoqué les militants de Black Lives Matters qui ont protesté contre le racisme et les violences policières après la mort de l'Afro-américain George Floyd. Il était conscient que de telles réactions pouvaient être exploitées politiquement. Néanmoins, le bon samaritain "collectif" s'est montré dans le mouvement de protestation et il n'était "pas dupe".

 

Enfin, l'ancien professeur de théologie Hermann Häring a critiqué le langage utilisé dans l'Église catholique. Il n'y a "pas de discussion concrète", ce qui entraîne une "confusion du contenu", a déclaré Häring samedi à Ludwigshafen lors d'un événement pour le 25e anniversaire du groupe "Nous Sommes l’Église". Le résultat est une perte de force de persuasion. Häring dit littéralement : «Le renouveau de la langue précède tout renouveau de l'Église». Il a recommandé de demander plus souvent lorsqu'on s'adressait aux évêques : «Que voulez-vous dire exactement ?» Le doyen de la ville de Francfort, Johannes zu Eltz, a exprimé son respect et ses remerciements aux près de 100 participants à l'événement. Selon Eltz, le projet de réforme catholique Chemin synodal n'existerait pas sans «Nous sommes l'Église». Il a appelé les gens à ne pas devenir amers malgré le manque de succès (https://www.katholisch.de/artikel/31647-nicht-konkret-theologe-haering-kritisiert-kirchensprache).

 

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Publié le 15 Octobre 2021

catt.ch nous montre ce vendredi 15 octobre 2021 que dans ces heures, une collecte de signatures a commencé sur change.org visant à demander à la Conférence épiscopale italienne de poursuivre dans la voie suivie par d'autres épiscopats dans le monde sur la pédophilie. En effet, ces derniers jours, un rapport sur l'Église en France a été publié, commandé par l'épiscopat français qui a mis en évidence une estimation très élevée des cas d'abus au cours des 70 dernières années. D'autres épiscopats ont été confrontés à des analyses similaires (États-Unis, Australie, Irlande, Allemagne, Autriche, Belgique) et bientôt aussi la Suisse comme le souhaite Mgr. Bonnemain, l’évêque de Coire et membre de la commission sur les abus sexuels dans le contexte ecclésial de la conférence épiscopale suisse, car elle est prête vu qu’elle «déjà les contrats à signer» avec une institution académique appropriée et des chercheurs prêts à faire ce travail (https://www.catt.ch/newsi/il-vescovo-di-coira-spero-che-unindagine-sugli-abusi-come-quella-francese-inizi-in-svizzera-entro-la-fine-del-2021/).

 

Le cardinal président de la Conférence épiscopale italienne, Gualtiero Bassetti, a répondu à l'initiative, déclarant que cette proposition de la collecte de signatures n'est pas la voie à suivre. "Il est dangereux d'affronter le fléau de la pédophilie sur la base de statistiques", "la connaissance du phénomène, à mon avis, doit se faire scientifiquement, pas pour des enquêtes". «Nous - explique l'archevêque de Pérouse - avons fait la chose la plus importante pour le moment : s'il y a une rivière qui sort, des remblais sont mis en place. Et nous faisons, en accord avec le Saint-Siège, un travail très important de prévention, de surveillance dans les diocèses, d'experts qui évaluent immédiatement les cas». Bref, l'Église en Italie essaie de prendre une autre voie. De leur côté, ceux qui ont lancé la pétition en ligne demandent une enquête indépendante, à l'image de celle qui a eu lieu dans d'autres pays.

 

Les initiateurs de la pétition soulignent qu'il y a eu plus de 200 000 victimes en Italie en 70 ans en se fondant sur les résultats des travaux de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église catholique, mandatée par la Conférence épiscopale de France et demandent «donc à la présidence de la Conférence épiscopale italienne de faire procéder dans les plus brefs délais à une enquête similaire à celle de la France auprès d'un organisme tout aussi réputé et indépendant. Notre confiance dans notre Église, qui a été secouée par des scandales, a besoin de cette démarche», disent-ils (https://www.rainews.it/tgr/tagesschau/articoli/2021/10/tag-erzbischof-gualtiero-bassetti-italienische-Bischofskonferenz-petition-change-org-sexueller-missbrauch-in-der-kirche-in-italien-aufklaeren-1b90e9e2-38ff-408d-9451-f81e867d2e66.html).

 

Enfin, suite à la publication d'un rapport sur les abus ecclésiastiques en France, un assouplissement du secret confessionnel est actuellement en discussion. Le cardinal de la curie Mauro Piacenza explique "Le sacrement de réconciliation, puisqu'il s'agit d'un acte de pratique religieuse", ne doit "pas être confondu avec une séance psychologique ou une sorte de conseil", tout en ajoutant la confession doit être «protégée en tant que sacrement au nom de la liberté religieuse», et toute ingérence «doit être considérée comme illégale et une violation de la liberté de conscience», puisque le secret confessionnel n'est «pas une obligation imposée de l'extérieur», mais «une exigence intrinsèque du sacrement». En tant que tel, il ne peut même pas être résolu par le confesseur lui-même, selon Piacenza. Selon Piacenza, cependant, cela ne signifie pas qu'un aumônier confessionnel "ne prévient pas d'urgence un mineur de signaler lui-même l'abus à ses parents, aux éducateurs et à la police" (https://www.katholisch.de/artikel/31633-kurienkardinal-beichtgeheimnis-ist-mehr-als-schweigepflicht).

 

Mgr Mauro Piacenza n’est pas à une contradiction près, car il signale qu’on ne peut pas briser le secret de la confession, mais il peut pousser la victime à signaler de tels crimes, même s'il en prend connaissance lors de la confession. Le sacrement voulu par Dieu a le droit à quelques exceptions.

 

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Publié le 13 Octobre 2021

LeMonde.fr avec l’AFP nous montre qu’ne nouvelle fois l’immunité du Vatican est invoquée. Mardi 12 octobre 2021, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a débouté 24 plaignants qui dénonçaient des actes de pédocriminalité commis par des prêtres catholiques. Pour expliquer sa décision, la CEDH a invoqué «l’immunité» du Saint-Siège, reconnue par les «principes de droit international» dans un communiqué. Les requérants, de nationalité belge, française et néerlandaise, avaient déjà été déboutés par les tribunaux belges pour cette même raison.

 

Devant la CEDH, ils poursuivaient donc la Belgique, estimant que le rejet de leur action au civil les avaient empêchés de faire valoir leurs griefs contre le Vatican. Pays non membre du Conseil de l’Europe, donc hors du champ de la Cour européenne, le Saint-Siège n’était pas directement visé par la procédure devant la CEDH, bras juridique du Conseil. La Conférence épiscopale de Belgique et le Vatican avaient toutefois été autorisés à intervenir dans la procédure écrite en tant que tiers intervenants.

 

Dans un arrêt assez technique, la juridiction qui siège à Strasbourg a donné raison à la justice belge, concluant à la non-violation des dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme sur le «droit d’accès à un tribunal» invoquées par les requérants, lesquels soutenaient avoir été empêchés de faire valoir au civil leurs griefs à l’encontre du Vatican. «Au regard de la jurisprudence (…) et du droit international », cette décision «est tout sauf surprenante», a considéré dans un tweet Nicolas Hervieu, spécialiste du droit européen. «Mais c’est la première fois que la Cour européenne avait à apprécier la question de l’immunité du Saint-Siège», notamment sur «des faits d’abus sexuels sur enfants», a-t-il relevé.

 

Ils avaient introduit en 2011 en Belgique une action collective civile en indemnisation contre le Vatican, des dirigeants de l’Église catholique de Belgique et des associations catholiques, après le scandale provoqué par les révélations de l’évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui avait avoué en 2010 des actes pédocriminels et démissionné. Ils demandaient réparation en raison «des dommages causés par la manière structurellement déficiente avec laquelle l’Église aurait fait face à la problématique d’abus sexuels en son sein», rappelle la CEDH.

 

Le Vatican «a des caractéristiques comparables à celles d’un État», relèvent encore les juges européens. Ils estiment que la justice belge était donc en droit de «déduire de ces caractéristiques que le Saint-Siège était un souverain étranger, avec les mêmes droits et obligations qu’un État».  «L’échec total de l’action des requérants résulte en réalité» de mauvais «choix procéduraux» qu’ils «n’ont pas fait évoluer» durant la procédure «pour préciser et individualiser les faits à l’appui de leurs actions», conclut la cour.

 

Cette décision survient quelques jours après la publication des travaux de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) en France, qui a estimé à 216 000 le nombre de personnes victimes d’un prêtre ou d’un religieux depuis les années 1950, voire 330 000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l’Église. Le pape François a exprimé «sa honte» après la publication de ce rapport.

 

Le Vatican a refusé de commenter la décision, affirmant qu'elle parle d'elle-même. Mais, l’étonnement n’est pas de mise puisque Le Saint-Siège a soutenu avec succès devant les tribunaux américains que le pape n'était pas le patron de ses évêques, bloquant les tentatives de victimes qui ont également tenté de tenir le Saint-Siège et le pape responsables de leurs abus. Anne Barrett Doyle, co-fondatrice de la ressource en ligne BishopAccountability.org, a déclaré que la décision était un "rappel exaspérant" de l'impunité du Vatican en raison de son statut d'État souverain. "La double identité de l'Église en tant que religion et État lui permet de changer de forme en fonction de la menace à laquelle elle est confrontée devant les tribunaux", a-t-elle déclaré dans un communiqué. "Aucune autre institution religieuse ne bénéficie du même buffet de protections juridiques. Le résultat est que l'Église échappe à plusieurs reprises à la justice et ses millions de victimes doivent souffrir" (https://abcnews.go.com/International/wireStory/europe-court-rejects-case-seeking-blame-vatican-abuse-80532265).

 

Le Vatican devrait avoir honte, à travers le pape il proclame se soucier des victimes et invoque son immunité pour éviter de leur rendre justice. On ne peut pas faire plus hypocrite.

 

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Publié le 6 Octobre 2021

"Le secret de la confession s'impose à nous et en cela, il est plus fort que les lois de la République", a déclaré Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, mercredi 6 octobre 2021 sur francetvinfo.fr. "Il ouvre un espace de parole libre qui se fait devant Dieu", a-t-il ajouté, au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus dans l'Église (Ciase). L'article 434-3 du code pénal indique que "le fait, pour quiconque ayant connaissance d'agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n'ont pas cessé est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende". Il indique également que "lorsque le défaut d'information concerne une infraction commise sur un mineur de 15 ans, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende".

 

Pour Éric de Moulins-Beaufort, "il y a deux cas". D'abord celui "du pédophile qui viendrait se confesser". "Comme c'est secret, on ne sait pas s'il y en a qui le font" et "il est vraisemblable qu'il n'y en a pas beaucoup qui le font", ou bien "de manière euphémisée". Pour lui, "c'est un vrai souci". "Il faut certainement que nous soyons plus précis, plus fermes, sur le fait que les violences sexuelles ne sont pas un problème de chasteté" mais "un problème d'atteinte à la vie, de crime, de meurtre, symboliquement au moins. Il est très important de le voir, donc il faut que les confesseurs soient bien conscients de cela". "D'autre part, il peut y avoir le cas d'un enfant qui dit quelque chose, qui laisse entendre, qui fait comprendre qu'il est lui-même victime", a poursuivi le président de la Conférence des évêques de France. "Il faut que nous trouvions le moyen de permettre à cet enfant de parler autrement, mais beaucoup d'enfants ne parlent en confession que parce qu'ils savent que c'est secret", a-t-il affirmé, estimant que "s'ils découvrent que nous utilisons ce qu'ils disent pour aller faire du mal à leurs parents, c'est un problème, parce que les enfants ne veulent pas, souvent, que l'on touche à leurs parents". Selon Mgr Éric de Moulins-Beaufort, "c'est déjà un premier pas, pour les enfants, de pouvoir parler en confession". "Il faut que nous nous formions pour apprendre, à partir de cette parole, à rendre possible une autre parole", a-t-il encore déclaré. Cela lui "paraît beaucoup plus important et porteur de meilleurs fruits".

 

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort devrait plutôt faire des gestes face à ce «séisme» pour la direction de l’Église catholique française, et ne pas dire que le secret de la confession est plus fort que les lois de la République, alors que pour l’archevêque de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, réagissant mardi au rapport Sauvé dans reforme.net avec l’AFP (https://www.reforme.net/gratuit/2021/10/05/leglise-risque-de-devenir-une-secte-moralisatrice-avertit-larcheveque-de-strasbourg/) , l’Église catholique court le risque de n’être plus qu'“une petite secte moralisatrice” si elle ne prend pas la mesure des violences sexuelles commises en son sein. “L’avenir de l’Église en France se joue aujourd’hui”, a-t-il prévenu lors d’une conférence de presse après avoir tenté, depuis qu’il a pris la tête du diocèse de Strasbourg en 2017, d’y intensifier la lutte contre les abus sexuels. “Si nous minimisons ce rapport de la Ciase (Commission indépendante sur les abus dans l’Église), alors l’Église du Christ en France n’a plus d’avenir, sinon sous la forme d’une petite secte moralisatrice”, a-t-il poursuivi. L’archevêque a exprimé son “ahurissement” devant les chiffres révélés par la Ciase, sa “honte” sur “la manière dont l’Église a géré la chose” jusqu’à aujourd’hui et son “sentiment de petitesse devant le chemin à accomplir”. Lui-même a nommé une “déléguée épiscopale à la lutte contre les abus sexuels”, mis un place un “code des relations pastorales” ou encore signé un “protocole” avec les procureurs d’Alsace dans lequel il s’engageait “à signaler systématiquement les infractions sexuelles”. Avec ce travail, “je pensais que nous étions, au moins en Alsace, à la moitié du chemin, nous en sommes à peine au tout début”, a-t-il reconnu.

 

Mais comme le signale ce mercredi sur franceinfo (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/pedocriminalite-dans-l-eglise-une-conjonction-de-facteurs-favorise-la-survenue-des-violences-sexuelles-explique-une-sociologue-qui-a-enquete-pour-la-ciase_4797161.html), Nathalie Bajos, sociologue mandatée par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), pour enquêter sur ces violences sexuelles, "Ce n'est pas un facteur, ce n'est pas la domination masculine toute seule, ce n'est pas l'autorité sacrale seule", qui en est la cause. Selon les résultats de l'enquête sociologique menée par l'Inserm, "l'autorité entre l'adulte et l'enfant est redoublée dans le cas de l'Église, poursuit Nathalie Bajos, et c'est sans doute le facteur le plus important, par le caractère sacral de l'autorité du prêtre". "Le prêtre est le représentant du Christ sur Terre, rappelle la sociologue, On ne remet pas en cause l'autorité du représentant du Christ sur la Terre, et ce que le prêtre demande on le fait." Nathalie Bajos souligne également qu'il n'existe, au sein de l'Église catholique, aucun "contre-pouvoir qu'on peut trouver dans d'autres sphères sociales". "Cette autorité extrême du prêtre, développe la sociologue, rend compte qu'on ait plus de violences dans la sphère de l'Église que dans d'autres sphères sociales, et ce phénomène là est encore accentué par le fait que l'Église catholique est une institution qui intègre dans ses structures et dans sa culture la différence fondamentale entre les femmes et les hommes, et la domination masculine."

 

Comme le montre LeMonde.fr (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/06/pedocriminalite-le-pape-francois-exprime-sa-honte-pour-la-longue-absence-de-reaction-de-l-eglise_6097334_3224.html), le pape François est revenu sur le sujet, ce mercredi, lors d’une audience générale. «Je désire exprimer aux victimes ma tristesse, ma douleur pour les traumatismes subis, et aussi ma honte, notre honte, ma honte pour une trop longue incapacité de l’Église à les mettre au centre de ses préoccupations. Je prie, et prions tous ensemble, à toi Seigneur, la gloire, à nous, la honte. C’est le moment de la honte.» Avant le début de l’audience générale, quatre évêques français présents au Vatican ont prié en silence avec le pape François : Mgr Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, et Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence. Ces derniers, qui étaient à Rome dans le cadre d’un pèlerinage, avaient prévu de longue date d’assister à cette audience. Averti de leur présence, le souverain pontife leur a proposé de l’accompagner dans une prière juste avant qu’il n’entre dans la grande salle Paul VI. «Le pape, l’air grave, nous a invités à prier ensemble en silence pour les victimes. Compassion et silence, tels étaient les deux seuls mots du pape», a confié après coup Mgr Gobilliard, cité par l’agence de presse i.media. Au cours de l’audience, le pape François s’est tourné vers les quatre évêques français au moment d’appeler tous les responsables religieux «à poursuivre tous leurs efforts pour que de tels drames ne se reproduisent pas». Il a invité les catholiques français à prendre leurs responsabilités afin de faire en sorte que l’Église devienne une «maison sûre pour tous».

 

Enfin comme le montre francetvinfo.fr (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/religion-laicite/pedocriminalite-emmanuel-macron-salue-l-esprit-de-responsabilite-de-l-eglise_4797173.html), le président de la République a réagit au rapport de la commission Sauvé. Emmanuel Macron a salué, mercredi 6 octobre, en marge d'un déplacement en Slovénie, "l'esprit de responsabilité" de l'Église de France qui a "décidé de regarder en face" le scandale des victimes d'abus sexuels en son sein, au lendemain de la publication du rapport accablant de la commission Sauvé. "Je souhaite que ce travail puisse se poursuivre dans la lucidité et l'apaisement. Notre société en a besoin. Il y a un besoin de vérité et de réparation", a ajouté le chef de l'État face à des journalistes à la fin d'un sommet européen au château de Brdo, en Slovénie. Après avoir félicité le travail effectué par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise catholique (Ciase) menée par Jean-Marc Sauvé, Emmanuel Macron a ajouté que "derrière des chiffres, il y a des femmes et des hommes dont les vies ont été bousculées, parfois brisées. C'est d'abord pour eux que j'ai une pensée."

 

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