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Publié le 5 Octobre 2021

francetvinfo.fr avec l’AFP nous montre que c'est un choc sans précédent dans l'Église catholique. La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), présidée par l'ancien vice-président du Conseil d'État, Jean-Marc Sauvé, a présenté publiquement son rapport de 485 pages et 2000 d'annexes, mardi 5 octobre à Paris. Elle révèle notamment l'ampleur du nombre de victimes de violences sexuelles depuis 1950, évaluée à 330 000. Son "estimation minimale" fait aussi état de 2900 à 3200 prédateurs sexuels masculins depuis 1970, parmi les prêtres et les religieux.

 

Le rapport évalue à 216 000 (avec une marge de plus ou moins 50 000) le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l'objet de violences ou d'agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020. Le nombre de victimes grimpe à "330 000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l’Église catholique" (aumôneries, écoles catholiques, mouvements de jeunesse), ajoute Jean-Marc Sauvé. "Ces nombres sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite", commente-t-il. "Ces violences sur mineurs représentent 4% des violences sexuelles en France, si on prend uniquement celle des clercs et des religieux, et 6% si on prend en compte les laïcs." Ces estimations reposent sur une étude en population générale menée auprès de 30 000 personnes, dirigée par l'Inserm et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

 

Les abus commis par des clercs et des religieux concernent "massivement des enfants de sexe masculin, des garçons, qui représentent près de 80% des victimes, avec une concentration entre 10 et 13 ans", précise Jean-Marc Sauvé. "Il est probable que, dans le cas des prêtres, étant davantage au contact de garçons, un effet d'opportunité ait joué. Mais il ne saurait expliquer à lui seul des disparités aussi fortes [entre les filles et les garçons] et une particularité aussi nette de l’Église catholique." Le nombre de prédateurs depuis 1950 est évalué entre "2900 à 3200" hommes, prêtres ou religieux, affirme le rapport. Mais il s'agit d'une "estimation minimale", réalisée à partir d'un appel à témoignages ouvert durant dix-sept mois – qui a permis de recueillir 6500 appels et contacts de victimes ou proches – et un travail de recherche dans les archives des diocèses et institutions religieuses. Ces chiffres "peuvent et doivent se comparer aux chiffres étrangers", notamment d'Allemagne, d'États-Unis, d'Australie et d'Irlande. "Si une incertitude existe, elle existe plus au niveau du nombre évalué des auteurs de violences qu'au niveau du nombre des victimes", a commenté Jean-Marc Sauvé, compte tenu des difficultés pour collecter les témoignages oraux et écrits.

 

Plus de la moitié (56%) de ces violences identifiées ont été commises dans les années 1950 à 1969. Leur nombre a diminué dans les années 1970 à 1990, avant de se maintenir à leur niveau, analyse le rapport de la Ciase. "Cette baisse doit être aussi mise en relation avec la baisse des effectifs des prêtres et des religieux", complète Jean-Marc Sauvé, "et aussi la baisse de la fréquentation des institutions de l’Église catholique dont l'empreinte sociale s'est réduite au fil des décennies". Le taux de prévalence donne une évolution similaire. "Nous sommes sur un plateau. Il faut se départir de l'idée que les violences sexuelles dans l'Église catholique ont été complètement éradiquées, que le problème est derrière nous. Le problème subsiste."

 

Le rapport émet 45 recommandations, dont la reconnaissance de la responsabilité de l'Église "dans ce qui s'est passé, à tout le moins pour les personnes vivant dans notre pays et ayant subi des agressions sexuelles." Mais Jean-Marc Sauvé évoque surtout l'indemnisation des victimes. "Il faut réparer, dans toute la mesure du possible, le mal qui a été fait. Cela implique a minima la reconnaissance de la qualité de victime des personnes, par une institution indépendante mise en place par l’Église." La commission juge cette option préférable à un allongement des délais de prescription, "qui ne peut engendrer que des douleurs pour les victimes". Nombre d'entre elles sont tombées sous la prescription, fixée à trente années après la majorité de la victime, soit jusqu'à ses 48 ans. La commission estime que la procédure pénale canonique doit être ouverte aux victimes, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Par ailleurs, le secret de la confession "ne peut être opposé à l'obligation de dénoncer des atteintes graves sur mineurs ou personnes vulnérables", recommande Jean-Marc Sauvé. Il prône également des entretiens annuels dans l'Église catholique, "avec des traces écrites", et une meilleure formation des religieux. "Il faut d'abord réformer le droit de l'Église, qui n'a pas contribué au traitement approprié des violences et agressions sexuelles", poursuit Jean-Marc Sauvé. La commission dit avoir "pris acte" de la réforme du droit canonique qui doit entrer en vigueur le 8 décembre prochain. Les agressions sexuelles passeront notamment de "la catégorie des offenses à la chasteté à la catégorie des atteintes à la vie et à la dignité des personnes. C’est un premier pas".

 

"Nous n’avons pas cessé d’interagir avec les structures publiques qui interviennent dans le domaine de la maltraitance", plaide Jean-Marc Sauvé. "Bien entendu, à chaque fois qu’ont été portés à notre connaissance des agissements susceptibles de tomber sous le coup de l'article 434.1 ou 434.3 du Code pénal, nous avons fait des signalements au parquet." Le président de la Ciase évoquait ainsi le nombre de 22 saisines pour des faits non prescrits, dimanche, dans un entretien au JDD (article abonnés). Il expliquait également avoir saisi "des évêques ou des supérieurs majeurs de congrégation" dans plus de 40 dossiers, "pour les informer d'infractions prescrites dont l'auteur est toujours vivant".

 

"Il ne peut y avoir d'avenir commun sans un travail de vérité, de pardon et de réconciliation", a conclu Jean-Marc Sauvé, avant de remettre le rapport aux mains d'Éric de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France. Celui-ci a exprimé "sa honte", "son effroi" et a demandé "pardon" aux victimes de pédocriminalité. "Il a invité les catholiques à lire ce rapport, à le lire avec nous." "Mon désir en ce jour est de vous demander pardon, pardon à chacune et chacun", a déclaré Eric de Moulins-Beaufort. Il assure que les évêques vont "consacrer du temps" à sa lecture. "Que dire, sinon éprouver (...) une honte charnelle, une honte absolue", a commenté Véronique Margron, la présidente de la Corref (instituts et ordres religieux). Face à cette enfance qui a été "violentée", face à une "telle tragédie" et face à ces "crimes massifs commis dans (son) église", elle a exprimé son "chagrin".

 

"Nous passons le témoin aujourd'hui à l'Église et à la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civiise)", a déclaré Jean-Marc Sauvé, annonçant la fin des travaux de sa commission. Les premières réponses de la Conférence des évêques de France et de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) seront annoncées en novembre, date à laquelle les deux institutions se réuniront en assemblées plénières. L'épiscopat a pris des mesures au printemps, promettant non pas des réparations mais un dispositif de "contributions" financières, versées aux victimes à partir de 2022, qui ne fait pas l'unanimité chez ces dernières ni chez les fidèles, lesquels sont appelés à contribuer aux dons.

 

"Je connais les chiffres depuis vendredi, je suis rentré dans un état de deuil. Je suis sous le choc", a réagi mardi 5 octobre sur franceinfo (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/pedocriminalite-dans-l-eglise-je-suis-sous-le-choc-mon-coeur-pleure-en-moi-declare-un-pretre-lanceur-d-alerte_4795689.html) le père Pierre Vignon, prêtre au diocèse de Valence, le premier homme d'Église à avoir demandé la démission du cardinal Barbarin dans le cadre de l'affaire Preynat. "J'ai reçu un coup de gourdin sur la tête parce que j'ai beau accompagner des victimes depuis une vingtaine d'années, je ne pouvais pas imaginer de tels chiffres. On reste sans voix, on pense aux victimes. Mon cœur pleure en moi", assure-t-il. "Cela va être très dur pour les évêques, confie le père Vignon. C'est à eux d'assumer en premier. Cela implique d'abord la réforme de l'épiscopat." "C'est maintenant le moment pour les fidèles de s'exprimer fortement, poursuit le père Vignon. Parce que s'il n'y a pas cette forte demande des fidèles, cela ne va pas marcher. Ce qui est important, c'est qu'il y ait un comité de suivi. Un comité de suivi des victimes mais aussi des fidèles."

 

Dans un communiqué signé par les collectifs Comme une mère aimante, Collectif 85, Foi et Résilience, Sentinelle, Victimes-Aumônerie du lycée d’Enghien-Les-Bains, ainsi que par François Deveaux, l’un des fondateurs de La Parole libérée, ils «saluent ce travail immense» qui «a permis d’établir avec certitude, précision et rigueur la réalité des faits». «Ces crimes, qui ont touché des mineurs et des majeurs, écrivent-ils, ne pourront désormais plus être ni contestés ni minimisés.» Ils demandent maintenant, ensemble, à l’Eglise catholique, de «mettre en œuvre des réformes structurelles». «Nous attendons que les évêques et responsables religieux de tous niveaux respectent et appliquent chacune des préconisations de la Ciase, commission d’enquête qu’ils ont eux-mêmes suscitée, écrivent-ils. Le temps n’est plus aux paroles qui n’engagent que ceux qui les écoutent et qui dispenseraient l’Église et ses représentants de les traduire en actes !» (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/05/violences-sexuelles-dans-l-eglise-des-associations-de-victimes-reclament-l-application-des-preconisations-de-la-ciase_6097199_3224.html).

 

Parallèlement, un collectif d’associations de victimes avait déjà lancé, samedi, une pétition – «Abus sexuels : l’Église catholique doit prendre ses responsabilités» – en français et anglais qui en est actuellement à 13 844 signatures : il s’agit de créer une «mobilisation qui franchisse les frontières», selon François Devaux. Ce dernier, figure de la libération de la parole des victimes de violences sexuelles de la part de prêtres et de religieux, a appelé les évêques de France à «payer pour tous ces crimes», mardi, ne mâchant pas ses mots en introduction de la Ciase : «Je sais que c’est de l’enfer que vous revenez», a-t-il lancé, évoquant «ce qui ressemble à s’y tromper à une fosse commune des âmes déchiquetées de l’Église» (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/05/pedocriminalite-dans-l-eglise-330-000-victimes-estimees-depuis-1950-selon-les-travaux-de-la-commission-sauve_6097191_3224.html). Face à ce bilan, “le mieux que vous auriez à faire : vous taire et commencer à vous exécuter avec ardeur et célérité”, a-t-il déclaré, assurant aux responsables ecclésiastiques qu’il faut à présent “refonder le système dans une dimension considérable”. “La tâche est abyssale”, a-t-il prévenu, appelant à un concile “Vatican III”, qui ne serait pour autant qu’un “point d’étape”. “Peut-on raisonnablement penser que l’Église en est seulement capable ?”, s’est-il interrogé face à un auditoire silencieux. Évoquant le rapport de la commission Sauvé, il a déclaré : “Vous apportez enfin aux victimes une reconnaissance institutionnelle de toute la responsabilité de l’Église, ce dont les évêques et le pape n’ont pas été capables à ce jour” (https://www.huffingtonpost.fr/entry/rapport-sauve-francois-devaux-appelle-les-eveques-a-payer-pour-tous-ces-crimes_fr_615c25ade4b075408bdb9ddb).

 

Enfin, le pape François a exprimé ce mardi son “immense chagrin” après la publication d’un rapport accablant sur la pédocriminalité au sein de l’Église de France, qui a “pris conscience de cette effroyable réalité”. “Ses pensées se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer. Elles se tournent aussi vers l’Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité (...) elle puisse entreprendre la voie de la rédemption”, a déclaré le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, évoquant devant des journalistes la réaction du pape (https://www.huffingtonpost.fr/entry/pedocriminalite-en-france-le-pape-dit-son-immense-chagrin-face-a-cet-effroyable-realite_fr_615c42a5e4b050254237d2fd).

 

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Publié le 4 Octobre 2021

Ouest-France.fr avec l’AFP nous montre que le pape François a appelé lundi 4 octobre 2021 la COP26 sur le climat à agir «avec urgence pour offrir des réponses efficaces à la crise écologique sans précédent». «La COP26 de Glasgow est appelée avec urgence à offrir des réponses efficaces à la crise écologique sans précédent et à la crise des valeurs que nous vivons et à offrir ainsi un espoir concret aux générations futures», a-t-il dit.

 

Le pape a prononcé son discours au cours d’une rencontre organisée au Vatican sur le thème «La foi et la science : vers la COP26», à laquelle participaient des scientifiques et religieux du monde entier et qui s’achèvera par la signature d’un appel adressé aux participants à la 26e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), qui se déroulera à Glasgow, en Écosse du 31 octobre au 12 novembre.  À moins d’un mois de cette conférence, les dirigeants de la planète sont pressés de toutes parts d’agir vite et fort pour brider un réchauffement «catastrophique», mais entre crise du Covid-19 et colère des plus vulnérables, les négociations s’annoncent houleuses.

 

Le pape François dénonce régulièrement les comportements néfastes pour l’environnement, «les racines des conflits : l’avidité, l’indifférence, l’ignorance, la peur, l’injustice, l’insécurité et la violence». «Ce sont ces mêmes racines des conflits qui provoquent les graves blessures que nous infligeons à l’environnement comme les changements climatiques, la désertification, la pollution, la perte de biodiversité», a assuré le pape. «Au cours des 100 dernières années nous avons déclaré la guerre à la Création», a déploré pour sa part l’archevêque de Canterbury (Royaume-Uni) Justin Welby, chef spirituel des anglicans. «Nos abus, notre guerre contre le climat, affectent les plus pauvres d’entre nous», a-t-il poursuivi, appelant à «un pèlerinage vers une économie propre», décarbonée et utilisant bien plus les énergies renouvelables. Il y a un mois déjà, le pape François, Mgr Welby et le chef de l’Église orthodoxe, le patriarche Bartholomée, avaient lancé un «appel urgent» dans lequel ils «exhortent chacun, quelles que soient ses croyances ou vision du monde, à s’efforcer d’écouter le cri de la Terre».

 

Plus qu'un mois avant la COP26, la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui doit se tenir début novembre à Glasgow en Écosse. La pression monte, entretenue notamment par la mobilisation des jeunes. Ils ont organisé des manifestations ces derniers jours dans les rues de Milan en Italie, où se tenait une conférence préparatoire en vue de la COP26. L’accord de Paris en 2015 visait à limiter le réchauffement si possible à + 1,5 °C. Mais ces dernières années, un certain nombre de pays signataires de l'accord se sont montrés réticents à reconnaître cet objectif de 1,5 °C. Le secrétaire général de l'ONU a appelé les pays à prendre des engagements fermes lors de cette prochaine COP26 qui sera, selon lui, la conférence climat la plus importante depuis celle de Paris il y a 6 ans (https://fr.news.yahoo.com/encore-beaucoup-travail-pression-monte-072910719.html).

 

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Publié le 3 Octobre 2021

LeMonde.fr avec l’AFP nous montre ce dimanche 3 octobre 2021 qu’il y a eu «entre 2 900 et 3 200 pédocriminels», hommes – prêtres ou religieux – au sein de l’Église catholique en France depuis 1950, a déclaré à l’AFP Jean-Marc Sauvé, le président de la commission qui enquête sur la pédocriminalité dans l’Église. «Il s’agit d’une estimation minimale», fondée sur le recensement et le dépouillement des archives (Église, justice, police judiciaire et presse) et sur les témoignages reçus par cette instance, a-t-il ajouté. C’est un chiffre à rapporter à une population générale de 115 000 prêtres ou religieux au total sur cette période de soixante-dix ans. «Les deux tiers sont des prêtres diocésains. Nous avons demandé aux évêques et supérieurs de relayer notre désir d’entendre les abuseurs. Finalement, onze auteurs ont accepté d’être auditionnés», a-t-il ajouté dans les colonnes du JDD; trente-cinq profils ont aussi été analysés à partir des expertises psychiatriques réalisées par la justice. S’il ne se prononce pas sur le chiffre avancé de 10 000 victimes potentielles, Jean-Marc Sauvé assure que son rapport fournira «une nouvelle évaluation».

 

M. Sauvé a précisé que le parquet avait été saisi vingt-deux fois pour des faits non prescrits mis à jour par les travaux de la commission, et que des évêques et hauts responsables avaient été saisis sur plus de quarante dossiers dans lesquels l’auteur des faits est toujours vivant. Pour ses travaux, la Ciase a fait de la parole des victimes «la matrice de son travail», selon M. Sauvé. D’abord avec un appel à témoignages ouvert dix-sept mois, qui a recueilli 6500 appels ou contacts de victimes ou proches. Puis en procédant à 250 auditions longues ou entretiens de recherche. Elle a aussi approfondi ses recherches avec une plongée dans de nombreuses archives (Église, ministères de la justice, et de l’intérieur, presse).

 

Après deux ans et demi de travaux, la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) rendra publiquement son rapport à la Conférence des évêques de France (CEF) et à la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui l’avaient commandé, dans un rapport qui, annexes comprises, montera finalement à «2500 pages», a-t-il précisé. Cela se déroulera lors d’une conférence de presse à laquelle ont été invités des représentants d’associations de victimes. «Cela va être une déflagration», assure à l’AFP un membre de la Ciase, sous couvert d’anonymat. «Cela va faire l’effet d’une bombe», renchérit Olivier Savignac, du collectif Parler et revivre. «Il ne va pas être complaisant», assure le sociologue Philippe Portier, autre membre de la commission. Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le président de la CEF, a dit craindre que le rapport «ne rende des chiffres considérables, effrayants», lors d’une réunion avec des paroissiens de son diocèse. Sa publication «va être une épreuve de vérité et un moment rude et grave», peut-on aussi lire sur le message diffusé par l’épiscopat en direction des prêtres et des paroisses pour les messes du week-end. Un message qui appelle «à une attitude de vérité et de compassion».

 

Le rapport donnera un état des lieux quantitatif du phénomène, et notamment du nombre de victimes. Il comparera la prévalence des violences sexuelles dans l’Eglise à celle identifiée dans d’autres institutions (associations sportives, école…) et dans le cercle familial. La commission évaluera également les «mécanismes, notamment institutionnels et culturels» qui ont pu favoriser la pédocriminalité et listera quarante-cinq propositions. Le diagnostic fait, la commission doit énumérer 45 propositions qui toucheront à plusieurs domaines : écoute des victimes, prévention, formation des prêtres et religieux, droit canonique, transformation de la gouvernance de l’Église… Il préconisera aussi une politique de reconnaissance et de réparation. La Ciase a été créée en 2018, après que de nombreuses révélations ont été faites, et en réponse à la prise de parole de nombreuses victimes défendues par plusieurs associations.

 

La principale d’entre eux, La Parole libérée, apparaît au grand jour en janvier 2016 en soutenant deux victimes du père Preynat et en reprochant au cardinal Philippe Barbarin, à l’époque son supérieur en tant qu’archevêque de Lyon, de ne pas avoir informé la justice des agissements passés de ce religieux. «En France, La Parole libérée (…) a été pionnière dans l’interpellation de la hiérarchie catholique», souligne la sociologue Céline Béraud dans son livre Le catholicisme français à l’épreuve des scandales sexuels. Le combat de l’association a «permis de faire bouger les lignes», affirme à l’AFP l’un de ses membres, Pierre-Emmanuel Germain-Thill. D’autres collectifs se créent. Plusieurs victimes témoignent à visage découvert dans un documentaire, «Pédophilie, un silence de cathédrale», diffusé au printemps 2018.

 

Le pape François publie, le 20 août 2018, une «lettre au peuple de Dieu» dans laquelle il reconnaît la «douleur des victimes» et appelle à la «solidarité» et à l’«engagement» en faveur «d’une culture de la protection et du “jamais plus” à tout type et forme d’abus». La Conférence des évêques de France accueille la lettre du souverain pontife en se disant «triste et honteuse» de ces «actes atroces» et appelle à poursuivre «sans relâche (…) tout abus». Finalement, en novembre 2018, les cent vingt évêques réunis à Lourdes en présence de sept victimes votent la création d’une commission indépendante, une décision à laquelle adhèrent également les instituts et congrégations religieuses.

 

«Nous avons ouvert des pistes. Mais notre travail devra être prolongé et complété», souligne M. Sauvé. Qui va «passer le témoin» à la Civiise, la Commission sur les violences sexuelles et l’inceste lancée en mars par le gouvernement (https://www.sudouest.fr/france/qui-est-jean-marc-sauve-celui-qui-veut-faire-expier-ses-maux-a-l-eglise-6343524.php).

 

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Publié le 1 Octobre 2021

vaticannews.va nous montre ce vendredi 1er octobre 2021 qu’à quatre jours de la publication du rapport de la Commission Sauvé, les abus sexuels sur mineurs ont été au cœur de la conférence de presse conclusive de la visite ad limina des évêques de France. «Le rapport sera sévère» et provoquera un «choc» pour les catholiques : Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, l’a d’emblée reconnu. Le contenu précis du rapport de la CIASE (Commission Indépendante sur les Abus dans l'Église, présidée par Jean-Marc Sauvé) n’est pas encore connu des évêques eux-mêmes, mais Mgr de Moulins-Beaufort a tout de même pris l’initiative de remettre au Pape une note sur le sujet. Il espère que le Saint-Père pourra adresser un mot de réconfort pour les victimes, peut-être dès mercredi lors de l’audience générale.

 

Le pape François a reçu vendredi 1er octobre le quatrième et dernier groupe d'évêques, venus des diocèses du nord et du nord-est de la France. Évoquant le sujet vendredi matin avec les évêques, le pape leur a dit : «C’est votre croix». Le président de la CEF reconnaît être «horrifié par les chiffres» mais il interprète aussi ce temps comme un moment de «lumière» : la lumière doit se faire en effet sur ce phénomène dramatique et massif qui touche l’ensemble de la société. «C’est un problème humain, qui n’est pas seulement une conséquence de Mai-68 ou du cléricalisme, mais c’est un problème que l’on retrouve dans toutes les relations d’éducation avec les enfants. Toute relation d’autorité ou d’éducation peut être pervertie», a expliqué Mgr de Moulins-Beaufort, qui attend la publication du rapport de la Commission Sauvé «avec impatience» et reconnaît la qualité du travail amorcé il y a bientôt trois ans, en novembre 2018.

 

L’archevêque de Dijon, Mgr Roland Minnerath, a rappelé que le rapport recouvre une période très vaste, sur sept décennies. Pour de nombreux cas exhumés dans les archives diocésaines, «les agresseurs sont morts», et aucune poursuite judiciaire n'est donc possible à l'encontre de ces prêtres. Ce sont donc des situations délicates qui méritent d’être analysées avec gravité et recul, une fois passé le «moment passionnel» de la semaine à venir. Mais l’abus sur mineurs n’est pas une «maladie inhérente au clergé catholique», a répété Mgr Minnerath. «Mon espoir est que cette crise permette de sortir» de ce phénomène des abus sur mineurs, qui touche tous les milieux sociaux, a redit Mgr de Moulins-Beaufort.

 

Concernant les réparations financières, elles ne peuvent pas être du ressort direct des diocèses, car leur statut d’associations "Loi 1901" ne leur permet pas d’affecter des fonds à des indemnisations pour abus. Mais tous les fidèles catholiques, à commencer par les évêques eux-mêmes à titre personnel, sont invités à contribuer à un fonds dédié à des indemnisations. Outre l'aide directe aux victimes et à leurs proches, cette participation permet de prendre conscience collectivement de la gravité du phénomène, même si «on ne peut pas réparer l’irréparable», a reconnu l’archevêque de Reims.

 

Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, a expliqué que le recours à une commission indépendante a été salué par les responsables du Saint-Siège avec lesquels le sujet a été abordé. Le recours à des évaluations extérieures est une pratique nécessaire pour avancer, car «on ne peut pas être à la fois juge et partie», a reconnu Mgr Jean-Luc Bouilleret, l’archevêque de Besançon. «À partir de mardi, nous devrons prendre le temps de lire ces nouvelles affreuses, mais aussi tenir compte des recommandations», a expliqué Mgr Ulrich.

 

Sur le plan juridique, concernant les prêtres accusés d’abus sexuels sur mineurs, l’engorgement des dossiers au niveau de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pose de réelles difficultés, avec des délais très longs. Lui-même membre de ce dicastère, Mgr Minnerath a précisé que «la CDF a centralisé les dossiers pour pallier aux défaillances de certains pays», mais aujourd’hui le projet est de décentraliser les procédures, pour que les conférences épiscopales qui disposent des ressources humaines et juridiques suffisantes puissent statuer plus rapidement. Dans cette optique, Mgr de Moulins-Beaufort a précisé que les évêques de France envisagent de créer un «tribunal pénal national», dont les contours doivent encore être définis précisément.

 

Tous les évêques font aussi un travail d’écoute sur le terrain, auprès des personnes victimes d’abus, et aussi auprès des prêtres, souvent bouleversés de découvrir l’ampleur de ces scandales. «Le rapport sera douloureux pour eux aussi, et nous devons pas les laisser tout seuls. Nous devons leur dire merci pour leur fidélité», a insisté Mgr Bouilleret, qui a récemment organisé une rencontre avec les prêtres de son diocèse, essentiellement rural. Il sait que les archives diocésaines de Besançon ont permis à la Commission Sauvé d’identifier «plusieurs dizaines de cas d’agressions». Même si chacun peut ressentir «une forme de saturation», il continuera à ouvrir des espaces de dialogue, avec les délégués pastoraux, et tous les diocésains qui le souhaitent, et il se tient disponible pour répondre à toutes les questions des médias locaux.

 

Il faut dire que le rapport Sauvé met en lumière à travers l’audition de nombreuses victimes d’abus et d’experts un phénomène systémique et une difficulté d’écoute. Jusqu’à présent un diocèse faisait état de trois, quatre ou cinq cas. La Ciase va nous apprendre que l’on en a plus de 10 000. C’est un effet tsunami et l’Église est obligée de prendre en considération le fait que lorsque l’on cherche sérieusement, voilà ce que l’on trouve. Et comme le signale Marie-Jo Thiel, médecin, professeure de théologie à l’Université de Strasbourg et membre de l’Académie pontificale pour la vie : «Suite au Motu proprio “Vos estis lux mundi” (Vous êtes la lumière du monde) et aux derniers textes du Pape François, on a commencé à mettre en place des structures de prévention mais il faut repenser l’Église que nous voulons, les ministères baptismaux. Il ne faudrait pas que l’évêque soit seul à vouloir examiner (la question des abus). Il faut qu’il s’adjoigne des laïcs, des hommes et des femmes afin de faire un travail interdisciplinaire» (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-09/abus-mineurs-eglise-france-eveques.html).

 

Et Véronique Margron qui a une parole rare parce que franche sur la pédophilie dans l'Église. Alors que la commission Sauvé rend ses conclusions le 5 octobre au terme de deux ans et demi d'enquête, du recueil de nombreux témoignages et d'un travail approfondi dans les archives, elle met en garde contre la tentation de mettre le couvercle sur les crimes passés, car «Il y aura sans doute des gens qui vont écarter les conclusions du rapport Sauvé». Elle est aussi l'une des rares à appeler l'Église à assumer une "responsabilité collégiale" en faisant la lumière avec le rapport Sauvé est donc une étape déterminante, puis en manifestant «notre honte, notre indignation, pour de vrai», ensuite en prenant «les décisions et les orientations afin de pouvoir assurer que de tels méfaits, souvent couverts ou déniés par nos institutions, ne pourront se reproduire et que la parole des victimes, les conséquences des abus subis, tout cela ne pourra plus être minimisé», et Enfin, «la dernière étape portera sur la réparation individualisée à apporter aux victimes». Un propos d'autant plus fort qu'en tant que présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France (Corref), elle est commanditaire du rapport de la Commission sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase) au même titre que les évêques (https://www.lexpress.fr/actualite/societe/rapport-sur-la-pedophilie-dans-l-eglise-je-pressens-qu-il-sera-pire-que-ce-qu-on-sait-deja_2159529.html).

 

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Publié le 29 Septembre 2021

Ouest-France avec l’AFP nous montre que  dans un message adressé à 400 jeunes engagés pour le climat, le pape François a indiqué que l’heure était venue de faire les choix judicieux en matière climatique et «pour favoriser une production durable, l’économie circulaire et le partage des technologies appropriées». «Il est temps de faire les choix judicieux» pour la planète, a déclaré ce mercredi 29 septembre le pape François, dans un message d’encouragement aux jeunes générations engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

«À travers des idées et des projets communs, des solutions peuvent être trouvées pour surmonter la pauvreté énergétique et placer le souci du bien commun au centre des politiques nationales et internationales, pour favoriser une production durable, l’économie circulaire et le partage des technologies appropriées», a-t-il déclaré dans ce message vidéo diffusé à 400 jeunes du monde entier réunis à Milan pendant trois jours pour élaborer leurs propositions pour le climat. «Il est temps de faire les choix judicieux pour profiter des expériences acquises ces dernières années, pour rendre possible une culture de la solidarité, une culture du partage responsable», a-t-il ajouté.

 

S’adressant directement à ces jeunes générations, le souverain pontife les a encouragées à poursuivre «leur travail pour le bien de l’humanité» : «On dit que vous êtes l’avenir, mais sur ces sujets, vous êtes le présent. Vous êtes ceux qui façonnez l’avenir aujourd’hui, dans le présent». «Je voudrais vous remercier pour vos rêves et vos projets, pour vous préoccuper autant des relations humaines que de l’environnement. […] Cette vision est capable de défier le monde des adultes, parce qu’elle révèle que vous êtes préparés non seulement pour l’action, mais aussi pour une écoute patiente, un dialogue constructif et une compréhension mutuelle», a-t-il encore déclaré.

 

«L’harmonie doit exister entre les peuples, les hommes et les femmes, et l’environnement. Nous ne sommes pas ennemis, nous ne sommes pas indifférents. Nous faisons partie de la même harmonie cosmique», a ajouté le pape François, les appelant à «combiner leurs efforts» pour créer une «humanité plus fraternelle» et pour répondre aux «changements historiques subis par l’humanité, encore plus évidents en raison de la pandémie».

 

Greta Thunberg a pris les devant hier en déplacement à Milan (Italie), où l'ONU, l’Italie et la présidence britannique de la COP26 ont invité pendant trois jours 400 jeunes de près de 200 pays, âgés de 15 à 29 ans, pour élaborer une déclaration commune qui sera soumise aux ministres lors d’une réunion qui aura lieu dans la foulée en fin de semaine, elle a une nouvelle fois reprochés aux dirigeants du monde les "30 années de bla bla", les accusant d’avoir "noyé" les espoirs des jeunes dans leurs "promesses creuses". "Il n’y a pas de planète B, il n’y a pas de planète bla bla, bla bla bla, bla bla bla, économie verte bla bla, neutralité carbone en 2050 bla bla". "Ils invitent des jeunes triés sur le volet à des réunions comme celle-ci et ils prétendent nous écouter, mais ce n’est pas le cas, ils ne nous écoutent pas, ils ne l’ont jamais fait", a estimé Greta Thunberg à la tribune devant les organisateurs de l’événement. "Mais on peut changer les choses", a-t-elle plaidé. "Nous ne pouvons plus laisser les gens au pouvoir décider ce qui est politiquement possible ou non, nous ne pouvons plus laisser les gens au pouvoir décider ce qu’est l’espoir. L’espoir ce n’est pas du bla bla, l’espoir c’est dire la vérité, l’espoir c’est agir, l’espoir vient toujours du peuple", a lancé la jeune fille (https://www.ouest-france.fr/environnement/climat/greta-thunberg/a-un-mois-de-la-cop26-greta-thunberg-denonce-30-ans-de-bla-bla-sur-le-climat-c8933c3a-204c-11ec-b3f5-0fe7f5d92989).

 

Alors que les catastrophes climatiques se multiplient, les engagements des États ne sont toujours pas à la hauteur pour respecter les objectifs de l’accord de Paris de limiter le réchauffement de la planète bien en deçà de +2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, si possible +1,5 °C. Selon la dernière évaluation de l'ONU publié mi-septembre, le monde se dirige ainsi vers un réchauffement "catastrophique" de +2,7 °C (https://www.ouest-france.fr/environnement/climat/greta-thunberg/a-un-mois-de-la-cop26-greta-thunberg-denonce-30-ans-de-bla-bla-sur-le-climat-c8933c3a-204c-11ec-b3f5-0fe7f5d92989).

 

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Publié le 27 Septembre 2021

Jesús Bastante nous montre que le pape François a appelé à la création d'une «gouvernance mondiale pour la santé» de tous les habitants de la planète, contenant «un ensemble de normes claires et convenues au niveau international qui respectent la dignité humaine» et il a déploré les «grandes inégalités» autour de l'espérance de vie, lors de son discours devant la plénière de l'Académie de la vie ce lundi 27 septembre 2021, à qui il a demandé "d'être à l'écoute de la situation, de pouvoir favoriser une vraie et juste conversion, et de prendre des décisions concrètes pour mieux sortir de la crise".

 

«En fait, le risque de nouvelles pandémies continuera d'être une menace à l'avenir», a noté le pape, tout en invitant à «l'engagement pour une distribution juste et universelle des vaccins», mais aussi «à une portée plus large dans lesquels ils sont requis, avec les mêmes critères de justice pour les besoins de promotion de la santé et de la vie». Parallèlement, il a défendu le droit "primaire" à la vie "de la conception à la fin", et mis en garde contre "la culture du gaspillage" contre "les plus vulnérables, comme les personnes âgées, les handicapés et les jeunes".

 

Mais pas sût que les propos du pape François soient porteurs puisque nous voyons un tournant historique pour le micro-État européen à forte tradition catholique qu’est Saint-Marin. À l’issue d’un référendum organisé à l’initiative de l’Union des femmes saint-marinaises (UDS), ce dimanche, la république de Saint-Marin, minuscule enclave montagneuse dans le centre du territoire italien, a légalisé l’avortement avec 77,3 % des votants. Cet État était l’un des derniers d’Europe, avec Malte, l’Andorre et le Vatican, à entièrement interdire l’interruption volontaire de grossesse (IVG), même en cas de viol, d’inceste, de maladie du fœtus ou de danger pour la mère. Ce sujet de société transcenderait les traditionnels clivages politiques, car de nombreux croyants étaient en faveur du libre choix.

 

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Publié le 27 Septembre 2021

cath.ch nous montre que devant une foule nombreuse rassemblée place Saint-Pierre, le pape François a mis en garde les chrétiens à l’occasion de l’Angélus, le 26 septembre 2021, contre «la tentation de la fermeture». En commentant un épisode de l’Évangile dans lequel les disciples de Jésus veulent empêcher une bonne œuvre sous prétexte que la personne qui la réalise n’appartient pas à leur groupe, le successeur de Pierre a fustigé cet esprit partisan qui considère que seuls les initiés sont «autorisés à travailler pour le Royaume de Dieu», car «Parfois, nous aussi, au lieu d’être des communautés humbles et ouvertes, nous pouvons donner l’impression d’être les ‘premiers de la classe’ et tenir les autres à distance», a développé le pape. «Nous pouvons afficher notre ›permis de croyant’ pour juger et exclure», a-t-il encore dénoncé, en faisant mine de montrer un permis avec sa main. «C’est un péché», a-t-il insisté, sortant de ses notes.

 

Il a alors supplié Dieu de préserver les catholiques de la «mentalité du ‘nid’, celle qui consiste à se garder jalousement dans le petit groupe de ceux qui se considèrent bons: le prêtre avec ses fidèles, les agents pastoraux fermés entre eux pour que personne ne puisse s’infiltrer, les mouvements et les associations dans leur charisme particulier, etc.» Il a enfin insisté sur la radicalité et l’exigence de Jésus envers ses disciples, leur demandant «d’arracher» les tentations qui les poussent à juger ou à s’accommoder du mal. Cette radicalité du Christ est «pour notre bien, comme un bon médecin». Car le risque qui pèse sur le croyant est de devenir «inflexible envers les autres et indulgent envers soi-même». Cela serait comme passer à côté du message de l’Évangile. Le pape François a alors conclu sa catéchèse par un conseil : «Demandons-nous donc : qu’y a-t-il en moi qui soit contraire à l’Évangile?»

 

cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/ne-fermons-pas-les-portes-a-lesperance-des-migrants-lance-le-pape/) nous montre aussi qu’alors que l’Église catholique célèbre la 107e Journée mondiale du migrant et du réfugié, en marge de l’Angélus, depuis la fenêtre du Palais apostolique du Vatican, le pape François a plaidé pour un monde «de plus en plus inclusif qui n’exclut personne», le 26 septembre 2021. Il a demandé aux pèlerins de s’attarder sur «le regard» de ces personnes déplacées et à y saisir «l’espérance que chaque migrant a aujourd’hui de recommencer à vivre». «Allez-y, voyez ce monument. Ne fermons pas les portes à leur espérance», a-t-il alors lancé. Dans son message sur la célébration de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, l’évêque de Rome a souligné qu’il était «nécessaire de marcher ensemble, sans préjugés et sans peur, en nous plaçant aux côtés des personnes les plus vulnérables: les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées, les victimes de la traite et les personnes abandonnées». Pour lui, «nous sommes appelés à construire un monde de plus en plus inclusif qui n’exclut personne». L’Église célèbre la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié depuis 1914. C’est toujours une occasion pour elle d’exprimer sa préoccupation à l’égard de différentes personnes vulnérables, qui doivent se déplacer pour une raison ou une autre; l’occasion aussi de prier pour eux alors qu’ils font face à de nombreux défis; et de faire prendre conscience des opportunités qu’elles offrent.

 

Dans ses autres appels prononcés à l’issue de la prière mariale, le pape François a exprimé sa proximité et sa solidarité avec les personnes touchées par l’éruption du volcan de l’île espagnole de La Palma, dans les îles Canaries. Depuis le 19 septembre, le volcan Cumbre Vieja est en éruption et a détruit de nombreuses habitations. «Je pense en particulier à ceux qui ont été contraints de quitter leur foyer», a confié le pape, invitant à prier Notre Dame des Neiges – particulièrement vénérée sur cette île -, à l’intention des personnes si éprouvées et pour les sauveteurs. Enfin le pape François a salué la béatification aujourd’hui à Bologne (Italie) du père Giovanni Fornasini, prêtre et martyr tué à l’âge de 29 ans par les nazis-fascistes en 1944. «Curé zélé dans la charité, il n’a pas abandonné son troupeau pendant la période tragique de la Seconde Guerre mondiale, mais l’a défendu jusqu’au sang», a souligné le pontife qui l’a fait applaudir par la foule.

 

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Publié le 25 Septembre 2021

Libération.fr et l’AFP nous montre ce samedi 25 septembre 2021 que l’Église catholique du Canada a présenté des excuses officielles le vendredi soir aux peuples autochtones alors que la découverte ces derniers mois de plus d’un millier de tombes près d’anciens pensionnats.

 

«De nombreuses communautés religieuses et des diocèses catholiques ont servi dans ce système qui a conduit à la suppression des langues, de la culture et de la spiritualité autochtones, sans respecter la richesse de l’histoire, des traditions et de la sagesse des peuples autochtones», ont-ils affirmé. «Nous, les évêques catholiques du Canada, nous exprimons notre profond remords et nous présentons des excuses sans équivoque», ont-ils déclaré. Ils ont aussi reconnu «la souffrance vécue dans les pensionnats» et les «graves abus qui ont été commis par certains membres» de la communauté catholique. Cette déclaration admet aussi le «traumatisme historique et continu, de même que l’héritage de souffrances et de défis qui perdure encore aujourd’hui pour les peuples autochtones».

 

Au total, plus d’un millier de tombes anonymes près d’anciens pensionnats catholiques pour autochtones ont été retrouvées cet été, remettant en lumière une page sombre de l’histoire canadienne et sa politique d’assimilation forcée des Premières Nations. Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats semblables à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. Nombre d’entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon une commission d’enquête qui avait conclu à un véritable «génocide culturel». Au cours des derniers mois, les découvertes macabres ont suscité effroi et colère dans le pays. Symboliquement, le drapeau canadien de la tour de la Paix à Ottawa reste en berne pour rendre hommage aux enfants autochtones, depuis la fin mai et la découverte des restes de 215 enfants à Kamloops, en Colombie-Britannique (ouest).

 

La fête nationale, le 1er juillet, a été marquée par des rassemblements d’un bout à l’autre du Canada, qui ont mené des milliers de personnes dans les rues, la plupart vêtues d’un t-shirt orange, couleur associée à l’hommage aux anciens pensionnaires autochtones. Au même moment, plusieurs églises catholiques ont été incendiées ou vandalisées. Dans un geste d’apaisement, Ottawa a nommé une femme inuite gouverneure générale du Canada, la première autochtone à occuper le poste de représentante de la reine Elizabeth II.

 

Mais de nombreux groupes autochtones attendent un autre geste hautement symbolique, cette fois de la part du pape : ils ont à de multiples reprises appelé à des excuses du souverain pontife, et à ce qu’il vienne les présenter au Canada. Une délégation autochtone doit être reçue par «Nous voulons des excuses», avait souligné début juin Rosanne Casimir, cheffe de la Première nation Tk’emlups te Secwépemc, après avoir annoncé la découverte des 215 restes d’enfants à Kamloops. «Ce sera plus fort venant du chef de l’Église catholique et de notre point de vue, je pense qu’il doit cela au peuple autochtone», avait jugé David Chartrand, vice-président et porte-parole du Ralliement national des métis, début juillet. Selon ce leader autochtone, cet acte de contrition est essentiel pour entamer un processus de guérison et de réconciliation, mais elles ne seront vraiment efficaces que si le pape François vient les présenter sur le sol canadien et en particulier dans l’ouest du pays où les pensionnats autochtones étaient les plus nombreux.

 

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a dit faire de la réconciliation avec les peuples autochtones l’une de ses priorités, avait lui-même déploré le refus du pape et de l’Église catholique de reconnaître leur «responsabilité» et leur «part de culpabilité» dans la gestion des pensionnats autochtones. Les excuses des évêques surviennent à moins d’une semaine de la première journée nationale de la vérité et de la réconciliation, en hommage aux enfants disparus et aux survivants des pensionnats, prévue le 30 septembre.

 

Les évêques canadiens redisent leur engagement à poursuivre un processus de réconciliation,, notamment à travers des initiatives pastorales en cours dans plusieurs diocèses et une collecte de fonds. Les évêques canadiens parlent ensuite de leurs engagements à venir pour cheminer avec les peuples autochtones «dans une nouvelle ère de réconciliation». Il s’agit de «prioriser les initiatives de guérison, écouter l’expérience des peuples autochtones, spécialement les survivants et survivantes des pensionnats indiens, et éduquer les membres de notre clergé, les hommes et femmes consacrés, de même que les fidèles laïcs, sur les cultures et la spiritualité autochtones. Nous nous engageons à poursuivre le travail visant à fournir les documents ou les archives qui aideront à commémorer les personnes qui sont enterrées dans des sépultures anonymes», expliquent-ils. Et L’épiscopat réaffirme qu’une délégation autochtone, «composée de survivants et survivantes, d’aînés, de gardiens et gardiennes du savoir, et de jeunes, rencontrera le Saint-Père à Rome en décembre 2021». Une rencontre déjà annoncée fin juin par la Conférence épiscopale canadienne. «Le pape François recevra et écoutera les participants et participantes autochtones, afin de discerner comment il peut appuyer notre désir commun de renouveler les relations et de marcher ensemble sur le chemin de l’espérance dans les années à venir. Nous nous engageons à travailler avec le Saint-Siège et nos partenaires autochtones sur la possibilité d’une visite pastorale du Pape au Canada dans le cadre de ce cheminement de guérison», annoncent aussi les évêques (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-09/pensionnats-autochtones-canada-excuses-eveques-eglise.html).

 

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Publié le 23 Septembre 2021

katolisch.de nous montre que le primat de l'Église catholique de Pologne, l'archevêque Wojciech Polak, se plaint du manque de soutien à la protection des enfants contre les abus. "Nous ressentons toujours clairement une forte résistance et une compréhension insuffisante de notre travail dans nos communautés", a déclaré Polak mercredi 22 septembre 2021  à Varsovie. Cela pourrait conduire à "que nous nous sentions impuissants", a ainsi dit le plénipotentiaire de la Conférence épiscopale pour la protection des enfants et des jeunes. Au terme d'une conférence internationale de protection de l'enfance de l'Église catholique, l'archevêque de Gniezno (Gniezno) a fait campagne pour que le clergé, les laïcs et les personnes touchées par les violences sexuelles travaillent ensemble : «Sans une réelle coopération (...) nous ne briserons pas l'esprit de corps et le mur du silence.» Les abus sur mineurs et les défaillances de l'Église ont volé la foi de beaucoup, a déclaré Polak; et plus loin : «Nous devons humblement confesser que nous avons trahi le Christ dans le plus faible et le plus vulnérable que nous devons protéger. Dieu a été profané dans les personnes blessées.» L'«arrogance du cléricalisme» a notamment contribué à la crise.

 

L'avocate Hanna Suchocka de la Commission pontificale pour la protection des mineurs a salué les "discussions intenses et très ouvertes" des participants à la conférence de 20 pays d'Europe centrale et orientale devant des journalistes. La Commission souhaite élaborer de nouvelles propositions pour la protection des personnes concernées. "Nous avons remarqué qu'il y a des lacunes majeures dans le processus du Siège apostolique", a déclaré l'ancien ambassadeur de Pologne au Vatican et ancien Premier ministre. Certains changements devraient être faits au niveau du Vatican. Il s'agit de normes pour la transmission d'informations des procédures de l'Église aux victimes de violences sexuelles, a déclaré Suchocka. La Commission pontificale se penche également sur la question de savoir si les personnes concernées devraient à l'avenir être impliquées dans la procédure judiciaire en tant que parties à la procédure.

 

A l'invitation de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, des évêques, des religieux, des laïcs et des victimes de violences sexuelles ont participé à la conférence de Varsovie. L'événement de quatre jours «Notre mission commune de protéger les enfants de Dieu» a été l'occasion de partager des expériences sur les pratiques préventives contre les abus sexuels. Les participants venaient de Pologne, Albanie, Croatie, Slovénie, Hongrie, Roumanie, République de Moldavie, Bulgarie, République tchèque, Slovaquie, Ukraine, Russie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Biélorussie, Serbie, Monténégro, Macédoine du Nord et Kosovo. Le père polonais Tarsycjusz Krasucki a critiqué le fait que le procès de l'Église contre l'ecclésiastique qui l'avait agressé sexuellement dans sa jeunesse avait duré 17 ans. Il n'a toujours pas été informé du jugement rendu il y a plus de six mois. Contrairement à lui, le prévenu pouvait consulter les dossiers avec son avocat et disposait d'autres droits en tant que partie à la procédure.

 

Selon Suchocka, la sensibilisation à la protection des mineurs est désormais élevée en Pologne. Le pays lutte depuis longtemps contre les violences sexuelles à l'encontre des mineurs. "Un certain nombre de mesures ont été prises", a-t-elle déclaré. La conférence de Varsovie devait avoir lieu en 2020, mais avait été reportée à plusieurs reprises en raison de la pandémie. Le père Hans Zollner, président de l'Institut grégorien d'anthropologie, s'est également attardé dans son discours sur les différents contextes qui «varient d'un pays à l'autre», insistant notamment sur un concept qui est apparu à plusieurs reprises : celui d'une «mentalité» qui a freiné la lutte contre les abus. «Le problème de la mentalité ne peut pas être changé rapidement et facilement, il faut que le cœur se sente impliqué. Le courage vient du cœur». «Il est encourageant de constater que de nombreux laïcs, hommes et femmes, sont déterminés à s'engager dans cette cause», a noté le jésuite, précisant que, notamment dans le domaine de la prévention, «beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire.» Par rapport au passé, «nous savons maintenant à qui nous adresser, où demander conseil, nous connaissons notre voisin» ; cependant, nous devons «passer de la communication à l'engagement dans le processus» (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-09/fin-conference-varsovie-abus-sur-mineurs.html).

 

La psychothérapeute Ewa Kusz a expliqué que le site web de la conférence restera actif pour permettre les contacts entre les personnes de différents pays qui sont formées à l'accompagnement des victimes. C'est la voie à suivre : «accompagner les personnes blessées». Puis de comprendre «comment les aider, comment travailler ensemble et utiliser leur expérience de survivants» et celle des «personnes en voie de rétablissement». Nous devons également réfléchir aux «procédures que nous adoptons» et à ce que nous faisons «pour nous assurer qu'une telle situation ne se reproduira jamais» (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-09/fin-conference-varsovie-abus-sur-mineurs.html).

 

Mgr Philippe Jourdan, administrateur apostolique de l’Estonie depuis 2005 estime quant à lui que cette conférence fut l’occasion de tirer des enseignements sur comment les plus grands pays luttent contre les abus. Au-delà de la prise de conscience, il détaille des pistes de travail : «par exemple, dans les séminaires, suivre de très près chaque séminariste. Que chacun apprenne aussi à identifier ses faiblesses, que chacun apprenne à voir aussi quels sont ces comportements… Il y a un travail de formation assez important au niveau des séminaires.» La prévention passe également par l’identification des blessures ou du passé de chacun. «Comme il a été dit à la conférence, une grande partie des abuseurs sont eux-même des abusés. Alors cela ne va pas dire qu’on va faire une sélection des séminaristes sur ce critère, mais cela veut dire qu’il faut apprendre à connaitre les gens profondément, à connaitre leur passé, et il faut également que ces personnes arrivent à se réconcilier avec leur passé», estime-t-il (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-09/fin-conference-varsovie-abus-sur-mineurs.html).

 

La conférence organisée par la Commission pour la protection des mineurs et la Conférence épiscopale polonaise sur la protection des enfants et des adultes vulnérables est terminée, et elle a donné des pistes pour guider l’Église vers l'avenir face aux abus sexuels par l’accompagnement, la transparence et la coopération.

 

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Publié le 21 Septembre 2021

Ouest-France.fr avec l’AFP nous montre que dans un entretien publié mardi 21 septembre 2021, quelques semaines après son opération du côlon, le pape François plaisante sur des rumeurs sur son départ, et rassure : «Dieu merci, je vais bien.»

 

Je suis «toujours en vie. Bien que certaines personnes veuillent ma mort», a lancé le pape lors d’une rencontre informelle le 12 septembre avec une cinquantaine de jésuites slovaques à l’occasion de sa visite dans ce petit pays d’Europe centrale. Ses propos ont été publiés mardi par la très sérieuse revue jésuite La Civiltà Cattolica. Le pape âgé de 84 ans, lui-même jésuite, a subi début juillet à Rome une ablation partielle du côlon sous anesthésie générale, alors qu’il souffrait d’une inflammation potentiellement douloureuse des diverticules, hernies ou poches qui se forment sur les parois de l’appareil digestif. «Je sais qu’il y a même eu des réunions entre prélats qui pensaient que l’état du pape était plus grave que ce qui était dit. Ils préparaient le conclave. Patience !» a ironisé devant son auditoire le pape argentin, qui est resté hospitalisé dix jours. «Dieu merci, je vais bien.» Le pape François a été élu en 2013 après la démission surprise de son prédécesseur Benoît XVI, premier pape à renoncer au trône de saint Pierre depuis le Moyen-Âge. Début septembre, le pape François avait balayé en riant les rumeurs courant sur sa propre démission. «Cela ne m’a même pas traversé l’esprit», avait assuré le pape dans un long entretien diffusé par la radio catholique espagnole Cope. «Dès que le pape est hospitalisé, il souffle toujours une brise ou un ouragan de conclave», avait-il en outre plaisanté.

 

Il en a profité pour adresser quelques coups de griffe à ses ennemis au sein de l’Église, notamment dans le camp des conservateurs. Il a mis en garde l'Église contre le fait de tomber dans le piège d'une idéologie de "retour en arrière" alors qu'il s'adressait à l'opposition traditionaliste à son pontificat, visible dans la réticence à exercer son ministère auprès des «personnes ayant une diversité sexuelle» ou chez un jeune prêtre qui demande à célébrer l'Ancien Rite peu après son ordination. Pour lui, «C'est le mal de ce moment, à savoir chercher la voie dans la rigidité et le cléricalisme, qui sont deux perversions.» Pour cela, il a raconté l'histoire d'un cardinal qui, lorsque deux jeunes prêtres lui ont demandé d'étudier le latin pour célébrer le rite ancien, les a exhortés à étudier d'abord l'espagnol et le vietnamien étant donné que le diocèse comptait un grand nombre d'hispaniques et de vietnamiens (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-). Tout en profitant pour donner une dernière pique à leur encontre : «Il y a aussi des ecclésiastiques qui font de mauvais commentaires à mon sujet. Je perds parfois patience, surtout lorsqu’ils portent des jugements sans entrer dans un véritable dialogue. Là, je ne peux rien faire. Cependant, je continue (mon chemin) sans entrer dans leur monde d’idées et de fantasmes. Je ne veux pas y entrer», a-t-il affirmé.

 

Lors de la discussion à Bratislava, le pape a condamné ceux qui font «l'œuvre du diable» en attisant l'hostilité contre l'Église. Il a évoqué une "grande chaîne de télévision catholique qui n'hésite pas à dire du mal du Pape en permanence". Même s’il n’a nommé aucune organisation médiatique en particulier, beaucoup pense qu’il parle d’EWTN (The Eternal Word Television Network), une grande plate-forme de télévision catholique qui est devenue une plate-forme d'opposition à ce pontificat, notamment avec la diffusion d'une messe où le prêtre a attaqué le pape François pendant l'homélie, et une émission hebdomadaire présentée par Raymond Arroyo qui lui est toujours hostile. Le pape François a dit : «Je mérite personnellement des attaques et des insultes parce que je suis un pécheur, mais l'Église ne les mérite pas. Ils sont l'œuvre du diable. J'ai aussi dit cela à certains d'entre eux» (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-).   

 

Et pendant ce temps, le pape François a également mis en garde contre la montée de la supposée idéologie du genre, qui est surtout un concept fourre-tout qui a émergé avec force dans la décennie 2010, dans les discours réactionnaires d’extrême-droite très souvent liés à des mouvements chrétiens plus ou moins fondamentalistes (églises évangélistes mais aussi catholiques), en affirmant que le monde était devenu une «civilisation des idéologies», qui ignorent si souvent la réalité de l'expérience d'une personne, alors que ce ne sont pas des idéologies mais politiques publiques (surtout éducatives) qui promeuvent l’égalité des droits entre femmes et hommes et la lutte contre les discriminations, notamment à caractère homophobe et transphobe. «L'idéologie 'genre' dont vous parlez est dangereuse, oui», a-t-il déclaré à un jésuite. «Si je comprends bien, il en est ainsi parce que c'est abstrait par rapport à la vie concrète d'une personne, comme si une personne pouvait décider abstraitement à volonté si et quand être un homme ou une femme. L'abstraction est toujours un problème pour moi» (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-).

 

En réalité, cette référence aux idéologies de genre n’est pas des plus subtile étant donné le débat actuel en Italie sur l'opportunité d'adopter un projet de loi appelé «ddl Zan», qui vise à élargir les protections contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle dans la constitution italienne et contrairement à ce qu’avance le Vatican, elle n’incorpore pas une supposée la théorie du genre dans les programmes scolaires, mais elle n’exempte pas les écoles catholiques des journées nationales contre l’homophobie. Le ddl Zan a fait la une des journaux au cours de l'été lorsqu'il a suscité un recul sans précédent du Vatican, qui a pour la première fois invoqué son statut souverain dans une nota verbale, ou communication diplomatique formelle, pour s'opposer au projet de loi au motif qu'il violait la garantie constitutionnelle de l'Italie de liberté religieuse. La discussion sur le projet de loi et les plus de 1000 amendements proposés a été reportée et devrait être reprise au Sénat italien cet automne (https://cruxnow-com.translate.goog/vatican/2021/09/media-critical-of-the-pope-do-the-devils-work-francis-says/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=nui,sc,elem).

 

Il a souligné que cela n'avait «rien à voir avec la question homosexuelle» et que l'Église devait offrir un soutien pastoral aux couples homosexuels (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-), car «nous pouvons faire un travail pastoral avec eux, avancer dans notre rencontre avec le Christ.» "Quand je parle d'idéologie, je parle de l'idée, de l'abstraction dans laquelle tout est possible, pas de la vie concrète des gens et de leur situation réelle", a-t-il déclaré (https://cruxnow-com.translate.goog/vatican/2021/09/media-critical-of-the-pope-do-the-devils-work-francis-says/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=nui,sc,elem). Pourtant, aucun mouvement féministe ou LGBTIQ+ ne se revendique de cette soit disant «idéologie», qui n’a été définie nulle part et ne représente aucun programme social ou politique.

 

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