Publié le 5 Septembre 2026
ilmessaggero.it nous montre ce samedi qu’à l'approche des élections en Saxe-Anhalt avec l’AfD qui s’envole dans les sondages vers 40 % et pourrait devenir de loin le premier parti du Land, l'Église catholique d'Allemagne s'engage publiquement contre l'extrême droite.
Heiner Wilmer, qui intervient dans une interview à la «Frankfurter Allgemeine Zeitung», a rappelé les principes sur lesquels, selon lui, se mesure la distance entre le christianisme et l’AfD : dignité humaine, solidarité et protection des plus vulnérables, soulignant l'incompatibilité entre les valeurs chrétiennes et le nationalisme de l'AfD, et identifiant les causes dans le sentiment croissant d’éloignement à l’égard des partis traditionnels et dans la perception, répandue dans une partie de la population, de ne plus être écoutée par la politique, cependant pour lui l’Église ne veut pas et ne peut pas dire aux citoyens pour qui voter. Mais Irme Stetter-Karp, présidente du Comité central des catholiques allemands est plus explicite et appelle à faire barrage à l’AFD, tout en rejetant aussi la thèse selon laquelle il vaudrait mieux laisser gouverner l’AfD pour démontrer sur le terrain son incapacité et attendre ensuite un reflux électoral, et pour elle c’est une stratégie qu’elle considère dangereuse, donc la question de l’opposition de l’AFD à la démocratie libérale traverse aussi les paroisses et place l’Église face à un problème pastoral loin d’être secondaire : comment contrer politiquement et culturellement l’AfD sans perdre le contact avec la partie des catholiques qui a décidé de voter pour elle.
Alors que l’archevêque de Berlin, Heiner Koch, invite donc à privilégier la confrontation personnelle, et il ne cache pas le risque de divisions, surtout dans les plus petites communautés, où prendre publiquement position signifie inévitablement entrer en conflit avec les convictions d’une partie des fidèles. Mais il existe, selon l’archevêque, une limite au-delà de laquelle la prudence pastorale ne peut se transformer en silence, et cela même au prix de voir certains électeurs de l’AfD s’éloigner de l’Église. Plus prudent envers l’électorat, mais pas envers le phénomène politique, est la position de l’archevêque de Paderborn, Udo Markus Bentz. Le prélat met en garde contre le fait de transformer la lutte contre l’AfD en une condamnation indiscriminée de ceux qui votent pour elle : le vote secret, rappelle-t-il, reste l’une des valeurs fondamentales de la démocratie. Bentz invite toutefois à regarder les expériences internationales et soutient que le populisme de droite n’a jusqu’ici pas produit les améliorations promises. Il cite le Brexit et les expériences politiques de la Pologne, de la Hongrie et des États-Unis, tout en tout en appelant au dialogue avec ses fidèles.
Avec un parti désormais proche de 40 %, pour l’Église allemande, il ne s’agit plus seulement d’un combat contre l’extrême droite : c’est aussi devenu une difficile bataille pour ne pas perdre une partie de son propre peuple. Cependant, la résistance est présente puisqu’environ 6000 personnes ont manifesté, ce samedi, à Magdebourg pour défendre "la démocratie". Cette manifestation a eu lieu à la veille des élections régionales en Saxe-Anhalt, dans l'est de l’Allemagne. Le scrutin pourrait marquer une forte progression de l’extrême droite dans ce Land (https://information.tv5monde.com/international/allemagne-les-craintes-dune-victoire-de-lafd-parti-dextreme-droite-aux-elections-en-saxe-anhalt-augmentent-2836259).
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