Publié le 15 Juin 2023
Marie-Laurence Dalle nous montre ce jeudi 15 juin 2023 sur France Bleu La Rochelle (https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/violences-sexuelles-dans-l-eglise-l-eveque-d-angouleme-accuse-de-silence-par-mediapart-7344140) que Monseigneur Gosselin, l'évêque d'Angoulême est accusé d'avoir "fait régner le silence" sur des abus sexuels commis par son prédécesseur dans une communauté qu'il dirigeait en Bretagne de 2003 à 2015. Près de 50 femmes auraient été agressées selon Médiapart qui publie une enquête détaillée.
Hervé Gosselin, l'évêque d'Angoulême dirigeait entre 2003 et 2015 le Foyer de Charité de Tessaint, une "communauté nouvelle" installée près de Dinan, dans les Côtes-d'Armor. Une communauté de femmes laïques, où des violences sexuelles auraient été commises par son prédécesseur décédé en 2004. Médiapart publie ce jeudi une longue enquête dans laquelle le site d'information accuse l'évêque d'Angoulême d'avoir fermé les yeux sur une "affaire tentaculaire" : près de 90 femmes ont déclaré avoir été victimes d'agressions sexuelles de la part d'André-Marie Van Der Borght. Ces révélations interviennent au lendemain de la mise en cause de l'évêque de La Rochelle et Saintes (diocèse voisin) à l'encontre duquel une enquête portant "sur des faits de nature sexuelle" a été ouverte.
"Hervé Gosselin n'a pas accompagné les victimes qui s'étaient confiées à lui, ni informé les autorités judiciaires" affirme Médiapart, ce qu'avait déjà révélé fin 2022, le quotidien La Charente-libre. Pire, "avec l'autorité de son statut d'évêque, il a aussi fait pression sur son ancienne communauté" pour que les accusations ne soient pas rendues publiques et que personne n'aille se confier à la CIASE (Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l'Église), mise en place en 2018. Deux victimes ont même subi les remontrances de l'évêque d'Angoulême selon les témoignages recueillis par Médiapart, "y compris par écrit".
Interrogé par le site d'information en ligne, Hervé Gosselin dément avoir intimidé les victimes et affirme que "travailler à l'apaisement des victimes, et servir la justice demeure [sa] priorité". Il indique n'avoir eu que de "manière indirecte et floue" les signalements sur le comportement de son prédécesseur dont il était très proche. Face aux témoignages présentés par Médiapart dans lesquels, en 2018 il aurait invité les membres du foyer à ne pas parler, préférant que ces affaires soient "réglées en famille", l'évêque d'Angoulême répond qu'il a "demandé de rester prudent et professionnel face à des accusations, des mis en cause et face à des faits qui restaient a minima à vérifier".
En 2018, lors de la publication de premiers témoignages, Hervé Gosselin déclare au quotidien catholique La Croix "ne pas avoir connaissance du dossier". Ce qui fait réagir quatre victimes que les enquêteurs de Médiapart ont retrouvées. Ces femmes affirment avoir raconté leur calvaire à l'actuel évêque d'Angoulême bien avant 2018, "ce qu'attestent des courriers écrits de la main d'Hervé Gosselin" selon le site d'informations. Hervé Gosselin leur répond "ah effectivement ce n'est pas bien, et il est passé à autre chose" pour l'une, "c'est ton attitude qui n'est pas juste et qui entraîne ces situations" pour l'autre.
Et l'évêque continue d'appeler au silence plusieurs années après. En 2023, il répond à la lettre d'une des plaignantes qui lui demandait de parler, de "mesurer [ses] propos, et de ne pas tirer des conséquences hâtives". Ce qui la fait bondir "pas une fois, il ne reconnait mon statut de victime". Selon Médiapart, Hervé Gosselin n'aurait pas non plus révélé un autre scandale dont il était informé : trois agressions sexuelles au sein de la même communauté de la part d'un laïc de 72 ans, condamné en novembre 2022 à dix mois de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Saint Malo.
Médiapart affirme avoir consulté des documents qui prouvent que l'attitude de l'évêque d'Angoulême avait été signalée aux autorités religieuses en France (Conférence des évêques de France, Commission indépendante des abus sexuels dans l'église) et à Rome. Dans un courrier, le président de la Conférence des Evêques de France (CEF) se déclare ainsi "très inquiet des signalements reçus au sujet de l'évêque d'Angoulême qui se corroborent". Selon Médiapart le président de la CEF a ensuite "évoqué avec Mgr Gosselin le fait que des personnes mettaient en cause sa façon de les avoir écoutées ou accompagnées. Mgr Gosselin lui a indiqué ne pas avoir entendu de faits précis avant que les plaintes ne soient rendues publiques". Le site d'information indique que "le Saint Siège a été informé" selon la CEF et qui lui a précisé "qu'il n'appartient pas au président de la CEF de nommer ou de démettre les évêques en France", "pouvoir qui relève directement du Saint-Père (pape)".
La Croix (avec l’AFP) (https://www.la-croix.com/Religion/Affaire-Rupnik-jesuites-excluent-pretre-slovene-accuse-dagressions-sexuelles-2023-06-15-1201271651) nous apprend aussi que la Compagnie de Jésus a annoncé, ce jeudi 15 juin, avoir exclu Marko Rupnik, un influent prêtre, théologien et mosaïste slovène. «Nous vous informons avec tristesse que, le 9 juin 2023, le Père supérieur général a destitué de la Compagnie de Jésus P. Marko Ivan Rupnik (…) conformément au droit canonique, en raison de son refus obstiné d’observer le vœu d’obéissance», a annoncé la Compagnie de Jésus dans un communiqué. Il est accusé d’«abus spirituels, psychologiques et sexuels» sur des femmes adultes, dont des religieuses. «Face au refus répété de Marko Rupnik» d’entrer «dans un chemin de vérité», «il ne nous restait malheureusement qu’une seule solution : sa révocation de la Compagnie de Jésus», a expliqué le père Johan Verschueren, responsable des maisons internationales des jésuites à Rome. Le prêtre dispose de trente jours pour faire appel.
Merci !
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