Publié le 27 Juillet 2021

«Fernando Karadima, un ancien prêtre catholique qui a abusé sexuellement et spirituellement de nombreuses personnes, est décédé, y compris nous. Tout ce que nous avions à dire sur Karadima a été dit». Avec une brève déclaration, Juan Carlos Cruz, José Andrés Murillo et James Hamilton, les trois plaignants des abus du prêtre chilien, sont venus au passage de la mort de qui était leur monstre pendant des années comme le montre religiondigital.org le lundi 26 juillet 2021.

 

«Il était un maillon de plus dans cette culture de perversion et de dissimulation dans l'Église», ajoute la note, qui conclut en insistant sur le fait que «nous sommes en paix et cela ne fait que les pousser à continuer à se battre pour que ces crimes ne se reproduisent plus et pour tant de gens qui l'ont vécu et qui n'ont toujours pas de justice». Par la foi, ils le font : Cruz, par exemple, est membre, depuis quelques mois, de la Commission anti-pédérastie du Vatican, sur proposition directe du pape François.

 

Pour sa part, l'archidiocèse de Santiago du Chili a publié un communiqué dans lequel il affirmait avoir «pris connaissance de la mort de Fernando Karadima». "Nous accompagnons de près les victimes survivantes et leurs familles, en demandant au Dieu miséricordieux de guérir la douleur causée à tous ceux qui ont souffert", a déclaré le diocèse présidé par l'espagnol Celestino Aós. "En même temps, en tant qu'archevêché, nous réaffirmons notre engagement à continuer à travailler pour promouvoir des environnements sains et sûrs au sein de l'Église", conclut la note.

 

À l'âge de 90 ans, l'ancien prêtre Fernando Karadima est décédé, protagoniste du plus grand scandale d'abus sexuels, économiques, de pouvoir et de conscience de l'Église catholique au Chili. Son décès est survenu ce matin au Hogar San Juan de Dios, a rapporté la presse. Le personnage clérical nocif était malade et admis à l'hôpital clinique de l'Université catholique, à la suite de problèmes cardiaques, a-t-on signalé à l'époque. Karadima a été expulsé de la prêtrise en 2018 après une série d'acusations d'abus sexuels. Et bien que la procédure civile contre le religieux ait été suspendue, elle a été rouverte après que l'enquête canonique a révélé en 2011 qu'il avait été reconnu coupable d'abus sexuels sur mineurs, En conséquence, l'archidiocèse de Santiago a indemnisé James Hamilton, Juan Carlos Cruz et José Andrés Murillo, les plaignants de Karadima, d'un total de 441 millions de dollars, dans une décision qui n'a pas fait l'objet d'appel. Le pape François l'a expulsé de l'église en 2018 (https://www.religiondigital.org/america/Murio-Fernando-Karadima-depredador-Iglesia_0_2362863711.html).

 

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Publié le 26 Juillet 2021

francetvinfo.fr nous montre que ce lundi 26 juillet 2021 est marqué par la cérémonie d'hommage pour le père Hamel de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), cinq ans après son assassinat par Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous deux âgés de 19 ans et «fichés S», qui se réclamaient de l’organisation État islamique. Ils ont été abattus par les forces de l’ordre à leur sortie de l’église. La commémoration s’est déroulée en présence de plusieurs élus, dont le maire (PCF) de Saint-Etienne-du-Rouvray, Joachim Moyse, les députés Damien Adam et Sira Sylla (La République en marche, LRM), la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, ainsi que le maire de la commune au moment de l’attentat, Hubert Wulfranc (PCF), devenu député en 2017. Ce dernier s’est remémoré la «modestie» et la «simplicité» de Jacques Hamel, «dont il ne se départait jamais» (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/26/cinq-ans-apres-l-assassinat-du-pere-hamel-une-commemoration-en-presence-de-gerald-darmanin_6089561_3224.html).

 

Une messe a eu lieu en présence de rescapés des attentats. Parmi ceux-ci, Guy Coponet, lui-même grièvement blessé, et dont l’épouse, à ses côtés lors de l’attaque, s’est éteinte il y a quelques semaines, a rappelé Mgr Lebrun. L'hommage a commencé par une marche silencieuse du presbytère à l'église où le père Jacques Hamel officiait, et dans laquelle il fut assassiné. Le souvenir est encore douloureux. S'en est suivie une messe pendant laquelle l'archevêque de Rouen (Seine-Maritime) est revenu sur le procès en béatification du père Jacques Hamel. «Quelle est la grande attente de l’humanité, sinon la paix ?», s’est interrogé dans son homélie l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun. «Le mal étouffe le bien de la paix, de la justice. Nous ne le savons que trop bien, ici, dans cette église. Le mal a créé des souffrances qui durent», a poursuivi le prélat devant notamment la sœur du prêtre, tué dans un attentat djihadiste (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/26/cinq-ans-apres-l-assassinat-du-pere-hamel-une-commemoration-en-presence-de-gerald-darmanin_6089561_3224.html).

 

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a insisté sur le fait que toutes les attaques terroristes touchent les symboles de la France. "C'est cela que les terroristes essayent de changer. Pas simplement en retirant une vie (...) ils veulent retirer la vie de notre pays, la façon que nous avons de vivre. Malgré la colère, malgré la haine, nous avons tous des discours de modération et de fermeté", a résumé le ministre, avant de mettre en avant le projet de loi contre les séparatismes, adopté par le parlement en fin de semaine dernière. "Cette barbarie continue de tuer chez nous et à tout moment", poursuit Gérald Darmanin, qui a écrit aux préfets pour les appeler à la "vigilance" cet été face à la menace terroriste, après une vidéo diffusée par Al-Qaïda le 15 juillet (https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/saint-etienne-du-rouvray-une-ceremonie-d-hommage-5-ans-apres-l-assassinat-du-pere-hamel-1627283725). En ce jour anniversaire, de nombreuses personnalités ont tenu à rendre hommage au prêtre, parmi lesquelles le premier ministre, Jean Castex, le premier ministre de l’époque, Manuel Valls, ou encore Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur entre avril 2014 et décembre 2016, et (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/26/cinq-ans-apres-l-assassinat-du-pere-hamel-une-commemoration-en-presence-de-gerald-darmanin_6089561_3224.html).

 

Cinq ans après, la mémoire du père Jacques Hamel, celle d’un prêtre ordinaire, discret et dévoué, reste bien présente dans son diocèse de Rouen, notamment parmi les prêtres. Le souvenir de l’humble curé rouennais reste vivace; chaque année, des célébrations civiles et religieuses rassemblent catholiques et musulmans autour de cette figure érigée en symbole de fraternité. L’église de son martyre ainsi que sa tombe sont devenues des lieux de pèlerinage. Et pour les fidèles, ce curé de paroisse âgé, d’apparence fragile, représente d’abord et avant tout un exemple lumineux de fidélité vécue dans un quotidien ordinaire (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-07/5-ans-attentat-pere-hamel-temoignage-pere-rozier-france.html).

 

Malheureusement, on apprenait le mardi 20 juillet 2021, qu’un collectif proche d'Éric Zemmour a publié sur Twitter des images de victimes du terrorisme, dont le visage du père Hamel, accompagnées du slogan «Nos Vies Comptent». Le diocèse de Rouen a réagi «surtout à l’approche du cinquième anniversaire de l’attentat» et «regrette toute instrumentalisation politique ou commerciale de la figure du père Jacques Hamel». «Nous souhaitons rendre un hommage digne et respectueux de l’évangile d’amour que prêchait et essayait de faire vivre le père Jacques Hamel», conclut le diocèse de Rouen (https://actu.fr/normandie/rouen_76540/le-diocese-de-rouen-deplore-l-utilisation-du-pere-hamel-par-les-soutiens-d-eric-zemmour_43633172.html).

 

Enfin, le procès de quatre personnes soupçonnées de complicité dans cet assassinat est prévu devant la cour d’assises spéciale de Paris, du 14 février au 11 mars 2022 (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/26/cinq-ans-apres-l-assassinat-du-pere-hamel-une-commemoration-en-presence-de-gerald-darmanin_6089561_3224.html).

 

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Publié le 25 Juillet 2021

cath.ch nous montre que ces derniers jours, des pluies torrentielles ont frappé la ville de Zhengzhou et la province du Henan en Chine, s’est attristé le pape après la prière de l’Angélus du 25 juillet 2021. «Je prie pour les victimes et leurs familles, et exprime ma proximité et ma solidarité à tous ceux qui souffrent de cette calamité», a-t-il ajouté.

 

Trois jours auparavant, la Province du Henan a été dévastée par des inondations. Si le bilan des victimes reste flou, plus de 58 personnes seraient mortes, sans compter les disparus. La Chine est confrontée à des inondations «extrêmement graves», a estimé le président Xi Jinping le 21 juillet. Dans la métropole de Zhengzhou, pompiers et secouristes se sont activés pour retirer les volumes d’eau accumulés dans les rues. Les intempéries ont entraîné l’évacuation de plus d’un million de personnes et causé pour plus de 8,5 milliards d’euros de dégâts, ont annoncé les autorités municipales.

 

Alors que le centre du pays est toujours sous le choc des inondations record de la semaine dernière, l’Est de la Chine a été balayé dimanche par le typhon In-fa. À Shanghai, où vivent environ 26 millions personnes, et Hangzhou, dans le Sud, les vols au départ et à l’arrivée ont été annulés depuis samedi. Le trafic maritime dans la région a également été interrompu. Samedi, les autorités ont prévenu que le trafic du métro à Shanghai tournerait au ralenti, tandis qu’à Hangzhou des rames devaient être suspendues. Le parc d’attractions Disneyland de Shanghai est également fermé ce dimanche et lundi (https://www.ouest-france.fr/monde/chine/le-typhon-in-fa-s-abat-sur-l-est-de-la-chine-apres-des-inondations-meurtrieres-c40366da-ed2b-11eb-98ac-26db9a9a6f0e).

 

Avant cela, le pape François est apparu à la fenêtre du Palais apostolique, à la grande joie des fidèles. Le pontife s’est arrêté ce dimanche sur l’Évangile de la multiplication des pains et le véritable miracle de la multiplication des pains n’est pas la multiplication mais le partage «qui accroît l’amour et permet à Dieu d’accomplir des miracles». Et alors que l’homme aime accumuler des biens, le Seigneur nous invite au contraire à partager avec les autres, a affirmé le pape François, lors de la prière de l’Angélus du 25 juillet 2021, lui qui était absent lors de la messe de la Journée mondiale des grands-parents le matin même. «Si tu partages», Dieu multipliera, a-t-il assuré (https://www.cath.ch/newsf/francois-a-langelus-partager-permet-a-dieu-daccomplir-des-miracles/).

 

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Publié le 24 Juillet 2021

«Le Pontife romain peut-il légalement abolir (la messe sous sa forme extraordinaire) ?», se demande le cardinal Burke, l'un des leaders du mouvement «anti-François» après la publication du «Motu Proprio» papal qui restreint les messes en latin dos au peuple avec le rite précédant le Concile comme le montre Jesús Bastante sur religiondigital.org ce samedi 24 juillet 2021. Il répond : «Ce n'est pas un pouvoir absolu».

 

Burke, qui le jour même où le pape François a publié son ordre, célébré sous le rite antique, sous une forme subtile de protestation contre les mesures sur la messe tridentine, publie un long article dans lequel il dénonce que le pape "n'est pas un pouvoir absolu", qui inclurait le pouvoir de changer la doctrine ou d'éradiquer une discipline liturgique qui est vivante dans l'Église depuis l'époque du pape Grégoire le Grand, et même avant.

 

"Beaucoup de fidèles (...) sont profondément découragés par la sévérité de la discipline que le Motu Proprio impose, et offensés par le langage qu'il utilise pour les décrire, leurs attitudes et comportements", a souligné le cardinal américain, qui a admis partager "complètement ces sentiments de douleur profonde".

 

Bien que le pape François soit très clair lorsqu'il détermine que seuls les livres liturgiques après le Concile sont valables pour le rite romain, Burke maintient que "l'interprétation correcte" de cet article "ne peut pas être le déni que l'UA (l’unité de l’Église) est une expression qui est toujours vitale 'la lex orandi du rite romain'". «Notre Seigneur, qui a fait le don merveilleux (de la messe de manière extraordinaire), ne permettra pas qu'il soit éradiqué de la vie de l'Église», a déclaré le cardinal, qui a nié que les fidèles qui suivent ce rite «rejettent le l'Église et ses institutions».

 

«Au contraire, ils aiment le Pontife romain, ses évêques et ses prêtres et, quand d'autres ont fait le choix du schisme, ils ont toujours voulu rester en pleine communion avec l'Église, fidèles au Pontife romain, souvent au prix de grande souffrance», a déploré Burke, qui a insisté sur le fait que «la Sainte Liturgie n'est pas une question de soi-disant 'politique ecclésiale' , mais la rencontre la plus complète et la plus parfaite avec le Christ pour nous dans ce monde».

 

Contrairement à ce que pense le cardinal Burke cette unité de l’Église avec les traditionalistes n’a jamais marché, et beaucoup sont mal à l'aise avec le leadership du pape François et  partagent avec quelqu'un comme Mgr Lefebvre, qui a soutenu des dirigeants politiques d'extrême droite comme Jean-Marie Le Pen en France, Francisco Franco en l'Espagne et Augusto Pinochet au Chili , le fait d’être très mal à l'aise avec le monde moderne. Cela ne correspond pas à la vision du pape François d'une Église catholique alignée sur des sociétés ouvertes et du côté des opprimés. Les traditionalistes opposés au pape François ont trouvé refuge au sein des communautés qui célèbrent la messe latine. Cela les a isolés de la direction dans laquelle François a essayé d'emmener l'église. En restreignant la messe latine traditionnelle comme il l'a fait, il semble que le pape François défie les traditionalistes de faire partie de la même église que lui (https://theconversation.com/how-limiting-latin-mass-may-become-the-defining-moment-for-pope-francis-164826).

 

Comme le dit Steven P. Millies : «L'unité de l'église que le pape Benoît avait espérée suivre l'expansion de la messe latine traditionnelle n'a pas eu lieu, a conclu le Vatican. La réponse des traditionalistes aux nouvelles restrictions de François nous en dira beaucoup sur l'avenir de l'Église – et pourrait s'avérer être le moment déterminant de la papauté de François» (https://theconversation.com/how-limiting-latin-mass-may-become-the-defining-moment-for-pope-francis-164826).

 

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Publié le 23 Juillet 2021

"Excessif" voire "méprisant" pour les uns, "bienvenu" et "nécessaire" pour les autres : le coup de frein donné vendredi dernier par le pape François aux messes traditionnelles célébrées en latin est diversement accueilli parmi le clergé et les fidèles comme nous le montre LaLibre.be avec l’AFP ce vendredi 23 juillet 2021. "Je ne comprends pas cette attaque. Est-ce que le pape ne veut plus de nous en son Église ?", s'interroge Hortense, 42 ans, adepte parisienne des messes traditionnelles. "C'est injustifié", renchérit Jean-Pierre, 67 ans, qui fréquente la même paroisse.

 

En 2007, le pape allemand Benoît XVI avait publié un décret autorisant largement la célébration de l'ancienne messe en latin, à la satisfaction des catholiques traditionalistes. Revenant sur ce décret, le pape François a décidé que les évêques des diocèses auront désormais la compétence exclusive d'autoriser les messes des traditionalistes, en déterminant l'église et les jours de célébration. Le pape a estimé que les concessions accordées par son prédécesseur avaient été utilisées pour "renforcer les différences, construire des oppositions". "Ce que décrit le pape ne correspond pas du tout à notre réalité", soutient l'abbé Dufour, membre de la fraternité sacerdotale Saint-Pierre d'Epinal (Vosges), une communauté qui prononce ses messes exclusivement en latin et selon des missels antérieurs à Vatican II.

 

À la suite de ce Concile, en 1970, la liturgie en langue locale avait été adoptée par l'Eglise catholique comme forme ordinaire de célébration de la messe. La messe dite traditionnelle - en latin et selon le missel de 1962 - est toujours suivie dans "150 à 170 paroisses", selon la conférence des évêques de France. "On s'est battus pour conserver notre messe depuis les années 1970. Le décret de Benoit XVI avait été un soulagement", explique Marie-Thérèse Decotignie, fidèle de Saint-Eugène Sainte-Cécile, une église parisienne qui célèbre des messes selon les deux rites. "Ici, il n'y a pas de clivage entre les communautés", assure la paroissienne.

 

Le "motu proprio" (décret) du pape François fait suite à une enquête menée en 2020 auprès d'évêques du monde entier sur les effets des concessions de son prédécesseur. "Si le motu proprio de Benoît XVI a indéniablement favorisé l'apaisement, il n'aura pas pour autant fait grandir la communauté", conclut le rapport dont des extraits ont été transmis à l'AFP, et qui précise : "le souci d'unité de l’Église n'a pas été pleinement rempli". "Certains traditionalistes en ont profité pour s'isoler. Ce que leur demande le pape François aujourd'hui n'est pas de renoncer complètement au rite traditionnel mais de prononcer aussi des messes en français et de montrer leur fidélité aux évêques", explique Vincent Neydon, porte-parole de la conférence des évêques de France.

 

Ce nouveau motu proprio a été accueilli avec "soulagement" par certains curés, qui constatent eux aussi des divisions entre les communautés. "Le pape resserre la vis car l'espoir d'unité a échoué", affirme un prêtre diocésain, qui célèbre la messe selon les deux rites. Il déplore les "excès" d'un "noyau de fidèles". "C'est difficile de discuter avec eux. Le nier, c'est se montrer hypocrite", ajoute le curé. Un autre prêtre, qui souhaite lui aussi rester anonyme, pointe du doigt les réactions "épidermiques" que provoque chez certains traditionalistes toute référence à Vatican II.

 

Samedi, une manifestation réunissant une poignée de fidèles a été organisée devant la nonciature de Paris par Paix liturgique, un "réseau de laïcs catholiques attachés à la messe traditionnelle" pour lequel le décret du pape François "constitue une véritable déclaration de guerre et de haine à l'endroit du monde traditionnel", selon son site internet. "Liberté pour la messe traditionnelle", "non à la guerre", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les quelques manifestants, qui prévoient de revenir samedi. "Ce groupe est dans une posture contre et pas dans une posture avec. Nous ne sommes pas dans un combat mais dans un dialogue", répond Vincent Neydon.

 

Plusieurs évêques, comme ceux de Nanterre, Versailles et Bayonne, ont d'ores et déjà renouvelé leur confiance aux adeptes de la messe traditionnelle. À Épinal, l'abbé Dufour attend que l'évêque se prononce. "J'ai confiance en l’Église", affirme-t-il, et ajoute : "nous obéirons quoiqu'il en soit à l'autorité. Nous ne sommes pas des révolutionnaires".

 

En réalité, comme le montre Gino Hoel dans son article du mardi 20 juillet 2021 dans slate.fr (http://www.slate.fr/story/212874/pape-francois-declare-guerre-traditionalistes-encadrement-messe-concile-vatican-rituel) le pape argentin a donc pris la décision de mettre un coup d'arrêt à cette possibilité offerte par Benoît XVI, rendant ainsi la célébration de la messe selon le rite de Pie V pratiquement impossible. De fait, Traditionis Custodes affirme que la messe de Paul VI est «l'unique expression de la lex orandi [«loi de la prière»] du rite romain» et rend le pouvoir à l'évêque diocésain en matière liturgique. À lui de décider ou non s'il paraît opportun d'autoriser la célébration de la messe selon l'ancien missel dans son diocèse. Par ailleurs, s'il l'autorise, il doit vérifier que les fidèles adhèrent bien au Concile Vatican II et au magistère des papes. L'évêque diocésain doit aussi s'assurer que ces messes ne se déroulent pas dans des églises paroissiales et que les lectures soient faites dans la langue du peuple. Enfin, les prêtres nouvellement ordonnés ne pourront célébrer le rite de Pie V qu'avec l'autorisation du Vatican.

 

Il faut préciser que la forme extraordinaire du rite romain attirait une infime minorité de fidèles, souvent proches de l'extrême droite, au regard du milliard et demi de catholiques à travers le monde. Mais surtout, ce que le pape François déplore dans sa lettre, c'est l'instrumentalisation politique de cette messe par les fidèles et le clergé célébrant selon l'ancien rituel, instrumentalisation «caractérisée par un rejet croissant non seulement de la réforme liturgique, mais du Concile Vatican II, avec l'affirmation infondée et insoutenable qu'il a trahi la Tradition et ‘‘la vraie Église”». François dénonce un «usage déformé» de cette forme extraordinaire qui donne un coup de canif dans l'unité de l'Église, dont il est le garant. L'exemple le plus flagrant est le refus des prêtres traditionalistes de concélébrer avec d'autres prêtres.

 

Certes, les communautés traditionalistes et intégristes connaissent un certain succès auprès des séminaristes. C'est aussi pour cette raison que le pape François en est arrivé à prendre cette décision. Pour ce pape, il s'agit d'une tournure d'esprit: il ne comprend pas comment des jeunes gens n'ayant pas connu l'ancien rituel puissent avoir autant envie de le célébrer. Il y voit des signes de la «rigidité» et de l'«autoréférentialité» du clergé, qu'il dénonce régulièrement. En mai dernier, il a expliqué aux évêques italiens qu'«il y a un grand danger (…). Nous ne pouvons pas plaisanter avec les garçons qui viennent chez nous pour le séminaire.» Et de pointer du doigt l'«immaturité» de certains candidats et leur volonté affichée de célébrer, parfois exclusivement, l'ancienne messe. Dans la même logique, précédant la publication de Traditionis Custodes, il a mis un terme relatif aux célébrations de l'ancien rite au sein de la basilique Saint-Pierre de Rome et demandé à ce que soient favorisées les concélébrations. Comme au temps jadis, chaque prêtre en faisant la demande pouvait célébrer sa messe, avec ou sans fidèle. Désormais, l'utilisation de l'ancien missel est particulièrement encadrée au sein de la basilique vaticane.

 

Ces diverses décisions limitant l'usage de l'ancien missel s'inscrivent dans un plan du pape, dont on sait la lutte contre le cléricalisme vecteur d'abus. Le rite de Pie V, avec le prêtre au centre, est sans doute l'expression la plus aboutie du cléricalisme historique tel que le dénonce le pape François. Il est aussi l'expression d'une théologie qui n'est plus de mise depuis le Concile Vatican II et l'Église synodale voulue par le pape jésuite. Le pape François sait également qu'il compte maints adversaires parmi les traditionalistes, notamment au sein de la Curie, qu'il peine à réformer. Il fait malgré tout le pari que cette tournure d'esprit finira par disparaître, et c'est pourquoi il a pris cette décision: afin d'en accélérer le processus. Mais le pape vient aussi de déclarer la guerre à ces fidèles, déjà l'arme au poing, si l'on en croit les sites traditionalistes et intégristes, déchaînés depuis la publication de ce motu proprio. Preuve, s'il en fallait, que les inquiétudes du pape François étaient fondées.

 

Et a priori pas concernée par le décret puisque toujours séparée de Rome, la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) réagit à son tour alors que la Fraternité Saint-Pierre réaffirme sa loyauté au pontife romain et en même temps son attachement à ‘la messe de toujours’ (qui ne l’est pas vraiment, puisque c’est celle d’un concile du XVIe siècle)… Pour rejoindre largement l’analyse du pape François qui refuse de voir se former une Eglise parallèle. «Ces mesures assez claires et nettes ne touchent pas directement la Fraternité Saint-Pie X, mais elles doivent être pour nous l’occasion d’une réflexion profonde.» «Deux messes édifient deux cités: la messe de toujours a édifié la cité chrétienne, la nouvelle messe cherche à édifier la cité humaniste et laïque.», souligne le supérieur général de la FSSPX, l’abbé Pagliarani tout en ayant vision trop imagée du rite tridentin puisque pour lui «la messe de toujours, étendard d’une Église qui défie le monde et qui est certaine de la victoire, car sa bataille n’est autre que la continuation de celle que Notre-Seigneur a menée pour détruire le péché et le royaume de Satan.» Et il conclut par un appel direct au ralliement des déçus. «La Fraternité Saint-Pie X a le devoir d’aider toutes ces âmes qui se trouvent actuellement dans la consternation et le désarroi» (https://www.cath.ch/newsf/rite-tridentin-deux-messes-edifient-deux-cites-dit-la-fsspx/).

 

L’unité voulue par les papes Jean-Paul II et Benoît XVI n’a été qu’un beau rêve, car les tradis n’ont pas joué le jeu dès le départ et n’ont jamais voulu adhérer au Concile Vatican II, ce qui amena des divisions au lieu de la paix. Le pape François a été moins dupe que les évêques, archevêques et cardinaux nommés durant les précédents pontificats.

 

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Publié le 22 Juillet 2021

«Toutes Apôtres !», un collectif catholique et féministe, souhaite ouvrir «un espace d’enquête et de propositions» pour améliorer la condition des femmes dans l’Église comme nous le montre SudOuest.fr avec l’AFP en ce jeudi 22 juillet 2021.

 

Pour améliorer la situation des femmes dans l’Église catholique, le collectif féministe «Toutes Apôtres !» a demandé jeudi la création d’une commission indépendante, dans une lettre remise à la Conférence des évêques de France. «Nous souhaitons voir s’ouvrir un espace d’enquête et de propositions», expliquent les membres de «Toutes Apôtres !», qui soulignent dans leur lettre les différences d’accès à des postes de responsabilité et les inégalités salariales.

 

Ce collectif est notamment composé de sept femmes qui avaient déposé leurs candidatures l’an dernier pour accéder à des fonctions qui leur sont interdites dans la tradition catholique romaine. C’est le cas de Sylvaine Landrivon, 65 ans, qui aspire à devenir évêque. «L’Église catholique, sans les femmes elle tombe», affirme-t-elle, en appelant à la création d’une commission indépendante pour «faire un état des lieux» de la situation des femmes au sein de l’Église.

 

Cette docteur en théologie dénonce une «espèce d’omerta» et insiste sur la nécessité de donner la parole aux femmes pour briser le silence. Même argument pour Loan Rocher, une femme transgenre qui a posé sa candidature pour être ordonnée diacre. «Et si on écoutait les femmes ?», plaide-t-elle en résumant son combat en trois mots : «Égalité, parité, équité».

 

L’objectif de la commission demandée par «Toutes Apôtres !» est de «documenter une réalité» qui échappe aujourd’hui à la connaissance de l’Église pour pouvoir poser un «diagnostic partagé», selon le communiqué de l’association. Le projet veut s’inspirer de la Ciase, la Commission indépendante qui enquête sur les agressions sexuelles sur mineurs dans l’Église. Une instance qui a lancé un appel à témoignages en juin 2019 et qui doit rendre public son rapport fin septembre.

 

Mercredi soir, le collectif a organisé une soirée de prière interreligieuse pour «l’égalité des femmes et des personnes discriminées» au sein des différentes religions, à l’église Notre-Dame d’Espérance, à Paris (XIe). Plusieurs représentantes des confessions catholique, juive, protestante, bouddhiste et musulmane étaient présentes, comme Iris Ferreira, la première femme rabbin ordonnée en France le 4 juillet 2021. Venue pour soutenir les membres de "Toutes Apôtres !" dans leur démarche, Iris Ferreira se bat pour "une plus grande représentativité des femmes et des minorités dans l'ensemble des religions" (https://www.bfmtv.com/societe/religions/place-des-femmes-dans-l-eglise-un-collectif-catholique-et-feministe-demande-une-commission_AD-202107220280.html).

 

Et il serait grand temps que l’Église ouvre les yeux, car comme le dit Anne Soupa qui souhaite «des regards neufs enquêtent sur la manière dont sont traitées les femmes» dans L’OBS (https://www.nouvelobs.com/idees/20210722.OBS46809/tribune-pour-une-commission-d-enquete-sur-la-situation-des-femmes-dans-l-eglise-catholique-par-anne-soupa.html) : «Nombre de prêtres et de religieux s’affichent sans détour : ils plaignent les femmes et favorisent leurs initiatives. Au cours de messes, des membres de notre collectif plaident leur cause au micro et sont applaudies par l’assemblée, ce qui tranche avec la réserve habituelle. Et même la Conférence des Evêques de France nomme une femme porte-parole.»

 

Et «Rome persiste à considérer que «la femme» a «une vocation» (alors qu’elle n’en attribue aucune aux hommes), celle d’être épouse et mère. Ayant déjà «la plus belle part», elle n’a rien de mieux à désirer.» Il faut dire que «Ce divorce entre une opinion catholique qui change et une institution qui se bouche les oreilles est lourd de conséquences. Il discrédite l’institution et fait fuir les femmes. La seule issue honorable nous semble être, comme pour les abus sexuels, d’aller y voir de plus près.»La solution la plus raisonnable est la demande de la création d’une commission analogue à la commission Sauvé, «aussi indépendante, aussi compétente, aussi respectée qu’elle. Son rôle ne devrait pas tant être de s’interroger sur le bien-fondé de la «vocation» des femmes, que de pointer les conséquences de cette idéologie sur l’existence des femmes.» Et «Cette commission indépendante ferait remonter la parole des femmes sur elles-mêmes, ce qui, je le dis avec la honte au visage, ne s’est jamais encore produit dans l’Église. La démarche synodale allemande a inclus la question des femmes dans ses priorités. Pourquoi les évêques français la refuseraient-ils ?»

 

L’Église doit faire face à son histoire, car le mouvement de Jésus s'est rapidement répandu dans tout l'Empire romain grâce à l'initiative de femmes prophètes, évangélistes, missionnaires, chefs d'églises de maison et veuves, et au soutien financier de femmes d'affaires chrétiennes telles que Marie de Magdala et Jeanne (Luc 8,1-3) comme ainsi que Lydie (Actes 16,11-40), Phoebe (Romains 16,1-2), Olympias, une diacre du IVe siècle (dont le jour de fête est le 25 juillet) et d'autres (https://www.ncronline.org/news/opinion/simply-spirit/women-believers-changed-roman-empire-now-we-must-change-roman-church).

 

On peut aussi comprendre cet empressement de «Toutes Apôtres !», car les signes sont tout sauf porteur d’une ouverture aux femmes puisqu’une nouvelle commission sur le diaconat féminin a été nommée et plusieurs membres du nouveau groupe se sont publiquement opposés à l'idée d'un diaconat féminin (https://www.ncronline.org/news/opinion/simply-spirit/women-believers-changed-roman-empire-now-we-must-change-roman-church).

 

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Publié dans #Réforme de l'Église

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Publié le 21 Juillet 2021

Inés San Martín nous montre dans son article du mardi 20 juillet 2021dans cruxnow.com que vendredi dernier, le pape François a ramené ce que certains considéraient comme le rameau d'olivier de son prédécesseur aux catholiques traditionalistes en restreignant sévèrement la célébration de l'ancienne messe latine. Cette décision a essentiellement inversé une libéralisation de l'ancien rite décrétée par le pape émérite Benoît XVI en 2007.

 

Lors de l'annonce de leurs décisions, les deux papes ont déclaré qu'ils espéraient promouvoir l'unité dans l'Église, le pape François affirmant que la réforme de Benoît XVI était devenue une source de division et avait été exploitée par les catholiques qui contestaient le Concile Vatican II à partir du milieu des années 1960. Dans le cas du pape François, il a également déclaré que la décision était basée sur une large consultation avec les évêques du monde. La Congrégation pour la doctrine de la foi, l'agence de surveillance doctrinale du Vatican, a envoyé un questionnaire, à la demande du pape, aux conférences épiscopales l'année dernière. Crux a obtenu une copie de l'enquête, intitulée «consultation des évêques sur l'application du motu proprio Summorum Pontificum».

 

L'enquête comportait neuf questions : 1) Quelle est la situation dans votre diocèse par rapport à la forme extraordinaire du rite romain ?,  2) Si la forme extraordinaire y est pratiquée, répond-elle à un véritable besoin pastoral ou est-elle promue par un seul prêtre ? 3) À votre avis, y a-t-il des aspects positifs ou négatifs de l'utilisation de la forme extraordinaire ?, 4) Les normes et conditions établies par Summorum Pontificum sont-elles respectées ?, 5) Vous pensez-vous que, dans votre diocèse, la forme ordinaire a adopté des éléments de la forme extraordinaire ?, 6) Pour la célébration de la messe, utilisez-vous le Missel promulgué par le pape Jean XXIII en 1962 ?, 7) Outre la célébration de la messe sous sa forme extraordinaire, existe-t-il d'autres célébrations (par exemple Baptême, Confirmation, Mariage, Pénitence, Onction des malades, Ordination, Office divin, Triduum pascal, rites funéraires) selon les livres liturgiques antérieurs au Vatican Conseil II ?, 8) Le motu proprio Summorum Pontificum a-t-il eu une influence sur la vie des séminaires (le séminaire du diocèse) et d'autres maisons de formation ?, et 9) Treize ans après le motu proprio Summorum Pontificum , quel est votre avis sur la forme extraordinaire du rite romain ?

 

Après avoir consulté une vingtaine de prélats des cinq coins du monde, Crux a constaté que chaque conférence épiscopale avait reçu le questionnaire et avait décidé par elle-même comment le mettre en œuvre. Dans certains pays, comme le Chili, les archevêques la recevaient mais pas les évêques ordinaires. En Argentine voisine, tous les évêques l'ont reçu mais beaucoup n'ont pas répondu car il n'y a pas de présence significative de prêtres et de fidèles favorables à la messe tridentine dans leur région. Aux États-Unis, le questionnaire aurait été envoyé à chaque évêque, bien qu'au moins un «ne se souvienne pas» l'avoir reçu, et s'il l'a fait, il a dit qu'il n'avait pas répondu. En Australie, chaque diocèse l'a reçu, mais en Europe et en Afrique sa répartition semble avoir été plus inégale.

 

À ce jour, le Vatican n'a pas révélé exactement combien d'évêques dans le monde ont effectivement reçu le sondage et, parmi ce nombre, combien ont choisi de répondre. Mais, le problème a été assez sérieux pour que le pape intervienne et que les évêques approuvent celle-ci comme ceux du Costa Rica  à travers la Conférence épiscopale du Costa Rica qui a approuvé le  Motu Proprio 'Traditionis custodes'  avec lequel le pape François établit des lignes directrices concernant le traitement pastoral à donner à la liturgie avant la réforme de 1970 puisqu’ «Il n'y a aucune justification objective pour l'utilisation de la liturgie avant la réforme de 1970 chez nous» et précise très clairement que «les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures étant abrogées, l'utilisation du Missale Romanum de 1962 ou de toute autre expression de la liturgie antérieure à 1970 n'est désormais plus autorisée» (https://www.religiondigital.org/america/Obispos-Costa-Rica-Motu-Traditionis-misas-latin_0_2361363854.html).

 

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Publié le 20 Juillet 2021

Jesús Bastante nous montre ce lundi 20 juillet 2021 sur religiondigital.org que les ultras s'opposent à la décision du pape de mettre fin aux messes en latin tournées le dos au peuple avec le missel d’avant le Concile Vatican II. Certains, subtilement, comme le montre le cas du cardinal Sarah, qui  jusqu'à il y a deux mois était responsable du Culte divin du Saint-Siège et, à ce titre, le dernier gardien du rite traditionaliste, a utilisé des phrases individuelles de Benoît XVI dans ses réseaux sociaux pour défendre le Missel de Saint Pie V.

 

D'autres, comme le cardinal Burke, célèbrent la messe 'ad orientem' quelques minutes après la Motru Proprio papal. Le plus retentissant, est l'ancien préfet de la Doctrine de la Foi, Gerhard Müller, qui a accusé Bergoglio de "condamner à l'extinction" des messes tridentines. Dans un billet publié sur  thecatholicthing.org, le cardinal allemand déplore que la décision papale puisse provoquer «une campagne de destruction» contre les congrégations de rite ancien. Pour l'ancien préfet, le texte de Bergoglio souffre «d'un manque d'argumentation théologique stricte» et suggère de lui désobéir : «L'autorité papale ne consiste pas à exiger la simple obéissance et la soumission formelle à la volonté des fidèles. Il est plus important de convaincre les fidèles avec la puissance de l'Esprit».

 

Comme les lefebvristes l'ont fait auparavant, Müller oppose également la fin des messes traditionalistes au Chemin synodal allemand, qui, à son avis, est «en contradiction ouverte avec Vatican II». "Malgré tout l'enthousiasme apparent pour le pape François, il nie catégoriquement l'autorité que le Christ lui a donnée en tant que successeur de Pierre", a déclaré le cardinal, citant les bénédictions pour les couples homosexuels en Allemagne. Ce qui n’a aucun rapport avec la messe en latin.

 

Mais comme le montre katholisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/30633-wie-das-papstschreiben-zur-alten-messe-weltweit-aufgenommen-wurde) ses affirmations venant des adversaires du pape François sont peu valables. Pour le journaliste britannique du Vatican Christopher Lamb (The Tablet) et son collègue français Nicolas Senèze (La Croix), il est remarquable que le décret n'ait été initialement publié qu'en italien et en anglais - maintenant aussi en espagnol. Selon Lamb, c'est une indication que la messe latine traditionnelle "est utilisée principalement dans la région anglo-américaine pour semer la division". Ce sont les traditionalistes anglo-américains qui ont attaqué le pape François dès le premier jour de son pontificat.

 

L'expert de longue date du Vatican, John Allen, du portail américain "Crux", évalue de la même manière la motivation de "Traditionis custodes". Au moins "une partie de l'aversion de François" est que de nombreux catholiques "s'accrochent à l'ancien rite afin de faire une déclaration politique". Personne ne vient à une messe de rite syro-malabar ou de rite ambrosien pour faire une déclaration politique sur le concile ou quoi que ce soit d'autre, "mais on ne peut certainement pas en dire autant du rite tridentin", a déclaré Allen. Allen fait également remarquer que c'est aux États-Unis que l'on trouve de loin le plus grand nombre d'endroits où les messes sont proposés sous l'ancienne forme : 657. C'est plus de trois fois et demie plus qu'en France (199).

 

En réalité, l'utilisation de l'ancien rite s'accompagne souvent d'affirmations selon lesquelles seul celui-ci correspond à la véritable Église catholique. Il s'est avéré que non seulement 'Summorum  Pontificium' n'a pas atteint cet objectif, mais a créé dans de nombreux endroits une division supplémentaire au sein des paroisses et parmi les prêtres. De fait, les catholiques qui assistent régulièrement à la messe sous la forme extraordinaire, forment un groupe très minoritaire, et le décret du pape François montre l’échec du rêve d’unité de Benoit XVI entre les différentes sensibilités liturgiques puisqu’il était impossible puisque les tradis ne voulaient pas adhérer dès le départ au concile Vatican II pour revenir dans l’Église.

 

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Publié le 19 Juillet 2021

"Alors que des dizaines de prêtres, maintes fois soutenus par leurs évêques, se moquaient de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 'bénissant' les couples homosexuels sans aucune réaction romaine si ce n'est une approbation voilée de François à travers son message au Père Martin, les futurs prêtres seront de près surveillés s'ils envisagent la possibilité de célébrer selon la messe de saint Pie V". La Fraternité Saint-Pie X, dernier groupe schismatique de l'Église catholique, a accusé le pape François d'«extinction programmée» de la messe traditionnelle avec sa décision de supprimer, à quelques exceptions près, les messes en latin et dos aux personnes selon le rite antérieur au Concile Vatican II comme le montre Jesús Bastante ce lundi 19 juillet 2021 sur religiondigital.org.

 

"Évidemment, il est plus facile de cacher leur  manque d'autorité en terrorisant les fidèles qui ne résisteront pas, que de contrôler le schisme allemand. Comme s'il n'y avait rien de plus urgent que de frapper cette partie du troupeau...", souligne la FSSPX dans une déclaration très dure, dans laquelle elle soutient que "le Pape dit pratiquement que l'ancienne messe est un virus dangereux contre lequel il faut se protéger". Une règle qui, selon lui, est "invalide" et ne doit pas être respectée. De l'avis des rigoristes, «ce nouveau Motu proprio procède à une élimination. Il illustre la précarité du magistère actuel et indique la date d'expiration  du Summorum pontificum  de Benoît XVI, qui ne pourra même pas célébrer son quinzième anniversaire. Tout, ou presque tout, dans  Summorum pontificum, a été dispersé, abandonné ou détruit.»

 

Dans un étrange parallèle sur les espèces menacées et les zoos, qui parcourt tout l'article, les lefebvristes déplorent qu’«alors que François devient le défenseur des espèces animales ou végétales menacées, il décide et promulgue l'extinction de ceux qui sont attachés au rite immémorial de Sainte Messe. Cette espèce n'a plus le droit de vivre : elle doit disparaître. Et tous les moyens seront mis en œuvre pour parvenir à ce résultat.» En même temps, ils qualifient de «geôliers» les évêques qui doivent exécuter le Motu Proprio et soutiennent que la messe traditionaliste est devenue «une prison». "Alors que le Pape ne cesse de s'occuper de tous les types de migrants, dans les prisons qu'il installe tout type d'intrusion est strictement interdit", ajoute le texte, qui compare l'interdiction du rite préconciliaire à la stérilisation forcée voire, l'euthanasie.

 

«L'impression générale qui se dégage de ces documents - Motu proprio et lettre jointe du Pape - donne l'impression d'un sectarisme accompagné d'un manifeste abus de pouvoir», argumentent les schismatiques, qui ajoutent que la «Messe traditionnelle» «appartient à la partie la plus intime du bien commun dans l'Église, donc, la restreindre, la rejeter, la jeter dans les ghettos et, finalement, planifier sa disparition, ne peut avoir aucune légitimité.» "Cette loi n'est pas une loi de l'Église, car, comme le dit saint Thomas, une loi ne peut être valide si elle viole le bien commun", précise la lettre, qui insiste sur le fait que les catholiques "ne peuvent pas l'accepter". «Ce Motu proprio, qui finira tôt ou tard par l'oubli de l'histoire de l'Église, n'est pas en soi une bonne nouvelle : il marque un frein, de la part de l'Église, à la réappropriation de sa Tradition, et retardera la fin de la crise qui dure depuis plus de soixante ans», concluent-ils.

 

Les lefebvristes, au lieu de critiquer le pape François et le chemin synodal allemand devrait voir la réalité en face. Austen Ivereigh, biographe du pape François, a salué le Motu proprio comme une "étape courageuse et un acte prophétique" dans un article du magazine jésuite "America Magazine". Selon Ivereigh, beaucoup de ceux qui ont célébré la messe tridentine avaient «de l'arrogance et de la prétention» contre ceux qui ont célébré la liturgie conformément aux décisions du Concile Vatican II. Et en effet, dans le même magazine, le rédacteur en chef Zac Davies écrit qu'il est tombé amoureux de la «vieille messe», mais : «Cela m'a rendu amer et arrogant. Cela m'a fait croire que j'avais trouvé la plus ancienne, donc plus sainte et donc meilleure façon de mettre en pratique mes croyances. Lui aussi salue donc le motu proprio du pape François.» Et pour l'avocat canoniste allemand Wolfgang Rothe, du côté canonique, cependant, il est clair que la distinction du pape Benoît XVI entre la forme "ordinaire" et "extraordinaire" du rite romain était illogique : "Avec 'Summorum Pontficum', le pape Benoît XVI a créé une construction fondée sur de fausses revendications [...] et créé une réalité liturgique et canonique fictive [...]»(https://www.domradio.de/themen/vatikan/2021-07-19/eucharistische-erneuerung-oder-theologisch-fragwuerdig-reaktionen-auf-traditionis-custodes).

 

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Publié le 18 Juillet 2021

Jesús Bastante nous montre le premier Angélus du pape François à la place Saint- Pierre depuis son opération du colon sur religiondigital.org ce dimanche 18 juillet 2021. Visiblement rétabli, et remerciant les fidèles pour leur soutien lors de sa convalescence. Beaucoup d'entre eux, des Cubains portant les drapeaux de leur patrie, souffrant pour leur pays, attendaient un mot du pape. Cela est arrivé. "Je suis proche du cher peuple cubain en ces temps difficiles, en particulier des familles qui souffrent. Je prie le Seigneur d'aider à construire dans la paix, le dialogue et la solidarité, une société toujours plus juste et ouverte. J'exhorte tous les Cubains à se confier vous à la Vierge de la charité du cuivre, elle vous accompagnera sur ce chemin". Depuis le dimanche 11 juillet dernier, la situation à Cuba est extrêmement préoccupante. Ce jour-là, des milliers de cubains manifestaient dans les rues de plus d’une quarantaine de villes et de village à travers le pays. Parmi les revendications, on pouvait apercevoir : "Nous avons faim", mais aussi "liberté !" ou encore "à bas la dictature". Messages qui ont également été relayés sur les réseaux sociaux avec les #SOSCUBA ou #SOSMatanzas. Le pays connait une crise économique inouïe, largement aggravée par la pandémie, alors que plus de 70 % des produits alimentaires sont importés. Ces manifestations sont donc une situation tout à fait inédite dans un pays où les seules rassemblements autorisés sont ceux du Parti communiste. Pendant plusieurs jours le réseaux internet a été coupé pour finalement être en partie rétabli le 14 juillet - l’accès aux réseaux sociaux tels que Whatsapp, Facebook et Twitter restent bloqué. Il y a eu un mort dans la banlieue de la Havane lundi dernier et plus d’une centaine de personnes arrêtées au cours des manifestations du 11 et 12 juillet, et notamment des figures de mouvements contestataires (https://www.rtl.fr/actu/international/cuba-quelle-est-la-situation-alors-que-l-onu-demande-la-liberation-de-prisonniers-7900055140).

 

Lors de son discours, Bergoglio a lancé un appel à «se déconnecter », mais il ne suffit pas de "déconnecter, il faut vraiment se reposer", a souligné le pape François. Et, pour cela, il faut «revenir au cœur des choses : s'arrêter, se taire, prier, pour ne pas passer de l'agitation du travail à celles des vacances». Comme l'a fait Jésus, «Reposez-vous un peu», s'est écrié le pape. "Gardons-nous de l'efficacité, arrêtons la course effrénée qui dicte nos agendas. Apprenons à nous arrêter, à éteindre le téléphone portable pour regarder les gens dans les yeux, à cultiver le silence, à contempler la nature, à se régénérer en dialogue avec Dieu". Pour beaucoup, un rêve inaccessible. Un repos que Jésus demande à ses disciples : «Il veut les mettre en garde contre un danger qui nous guette toujours, aussi pour nous : se laisser emporter par la frénésie de faire, tomber dans le piège de l'activisme, dans lequel la plus importante chose, ce sont les résultats que nous obtenons et le sentiment d'être des protagonistes absolus». «Combien de fois arrive-t-il aussi dans l'Église : nous sommes occupés, nous allons vite, nous pensons que tout dépend de nous et, à la fin, nous risquons de négliger Jésus», a prévenu le pape, qui a admis : «Cependant, l'Évangile raconte que Jésus et les disciples ne peuvent pas se reposer comme ils le voulaient. Les gens les trouvent et viennent de partout. Alors le Seigneur a de la compassion. Voici le deuxième aspect : la compassion.» «Si nous apprenons à vraiment nous reposer, nous devenons capables d'une vraie compassion ; si nous cultivons un regard contemplatif, nous poursuivrons nos activités sans l'attitude prédatrice de quelqu'un qui veut tout posséder et consommer; si nous restons en contact avec le Seigneur et n'anesthésions pas la partie la plus profonde de notre être, les choses que nous avons à faire n'auront pas le pouvoir de nous couper le souffle et de nous dévorer», a conclu Bergoglio, appelant à «une écologie du cœur, composée de repos, de contemplation et compassion. Profitons de l'heure d'été pour ça ! !».

 

Le père James Martin livre aussi une vision de ce passage de l’évangile où il est question de repos dans sa page Twitter (https://twitter.com/JamesMartinSJ/status/1416783205118660608) : «Évangile : Aujourd'hui, Jésus invite ses disciples à «venir se reposer un peu» (Mc 6). Mais Jésus et les disciples sont accueillis par de grandes foules, qui atteignent le "lieu désolé" avant eux. Le Père Paul à l'église St. Paul the Apostle à New York nous a rappelé dans son homélie d'aujourd'hui... que les disciples, qui venaient de rentrer de leurs missions de prédication et de guérison, étaient probablement fatigués physiquement. Mais ils n'ont pas eu beaucoup de répit pendant qu'ils voyageaient sur ce bateau avec Jésus, peut-être juste une heure environ. Donc ils n'ont peut-être pas été physiquement reposés... pour être avec Jésus, le Bon Pasteur, qui veut vous conduire au bord des eaux reposantes. Mais, comme l'a dit le Père Paul, ils étaient spirituellement reposés, car même une heure en compagnie de Jésus était rafraîchissante. Vous ne pourrez peut-être pas «partir» pour une retraite spirituelle, ni même pour des vacances, mais vous pouvez toujours prendre du temps pour vous-même, dans la prière... pour être avec Jésus, le Bon Pasteur, qui veut vous conduire au bord des eaux reposantes.»

 

Après avoir prié l'Angélus, le pape François a voulu exprimer sa proximité avec la population d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas, touchée par les inondations. "Que le Seigneur soutienne l'engagement de tous pour ceux qui souffrent." Le bilan des crues meurtrières ayant frappé l'Ouest de l'Europe continue de grimper. à 156 morts en Allemagne, a indiqué dimanche matin la police, portant au total à au moins 183 le nombre de décès dans ces intempéries dans l'Ouest de l'Europe. Dans le seul État régional allemand de Rhénanie-Palatinat, la police locale a fait état de 110 morts dans un communiqué, contre 98 dans le bilan précédent. «Il est à craindre que d'autres victimes viennent s'ajouter», a souligné la police dans son communiqué, parlant aussi d'au moins 670 personnes blessées dans cette seule zone. Et, si la tendance est à la décrue dans la zone la plus sinistrée, la situation se dégrade en revanche plus au Sud à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche. Par ailleurs une personne a péri lors de crues dans le Sud de l'Allemagne, en Bavière à la frontière autrichienne, où des pluies diluviennes sont aussi tombées samedi. En Autriche, les pompiers sont en état d'alerte dans les régions de Salzbourg et du Tyrol, tandis que la vieille ville de Hallein est sous les eaux. Enfin, plus à l'Est, à la frontière entre l'Allemagne et la République tchèque, des cours d'eau se sont aussi soulevés dans la région germanique de Saxe samedi soir, provoquant des dégâts (https://www.ouest-france.fr/meteo/inondation/inondations-le-bilan-s-alourdit-a-183-morts-en-europe-dont-156-en-allemagne-4d0a86ac-7f12-460a-a33e-ccf836a0031b).

 

Des épisodes de violence sont arrivés qui «ont aggravé la situation des frères en Afrique du Sud, déjà touchés par les circonstances de la pandémie», a-t-il rappelé. Avec les évêques du pays, «j'appelle tous les responsables à travailler pour la paix, à collaborer avec la communauté pour offrir de l'aide. Afin que le peuple d'Afrique du Sud puisse renaître dans l'harmonie». Les émeutes et pillages d’entrepôts, d’usines et de centres commerciaux, sur fond de crise économique et de chômage endémique, qui ont récemment secoué l'Afrique du Sud dans la région côtière du Kwazulu-Natal (KZN, Est) et la capitale économique Johannesburg, et fait au total 212 morts, dont 180 en pays zoulou, ont été "planifiés et coordonnés" dans l'objectif de provoquer "une insurrection" et déstabiliser le pays, a accusé vendredi le président sud-africain Cyril Ramaphosa, tout en admettant que le gouvernement était "mal préparé à une opération orchestrée de violence, destruction et sabotage de cette nature". Vendredi la situation est toutefois revenue à la quasi normale à Johannesburg, aucun incident n'étant à signaler au cours des dernières 24 heures, selon les autorités. Ces derniers jours, des groupes de résidents parfois armés se sont organisés en patrouilles, pour protéger leurs quartiers, menant à de violents dérapages, du fait que la police et les services de renseignement ont failli à prévenir les récents événements. Depuis quelques jours, des craintes de pénuries de carburant et de nourriture se sont emparées de certains habitants. A Durban, sur l'océan Indien, de longues queues ont continué à se former devant les supermarchés. Pour l'instant, 10 000 soldats sont déployés pour tenter de ramener le calme, au total 25.000 viendront épauler la police. Selon un premier état des lieux officiel, plus de 160 centres commerciaux ont été attaqués, 11 entrepôts, 8 usines et 161 commerces d'alcool. Par ailleurs, des responsables de santé tout comme l'OMS s'inquiètent que les récents mouvements de foule ne provoquent un pic des contaminations de Covid-19, en pleine troisième vague en Afrique. À Johannesburg, beaucoup ont continué à déblayer, nettoyer les gravats, ont constaté des journalistes de l'AFP. Mais les dégâts sont considérables et peu de commerçants étaient assurés (https://www.nouvelobs.com/monde/20210716.AFP0742/violences-en-afrique-du-sud-une-tentative-de-destabiliser-l-etat-selon-le-president.html).

 

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