Publié le 19 Décembre 2021

religiondigital.org nous montre ce dimanche 19 décembre 2021 que Le 2 décembre, le correspondant d'El País à Rome, Daniel Verdú, a confié au pape François une enquête journalistique, sous forme de dossier, de 385 pages, lors du vol qui a conduit Bergoglio à Chypre, et qui recueille 251 nouveaux cas d'enfants abus dans l'Église espagnole. La semaine dernière, Bergoglio a passé le relais à la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui centralisera l'enquête sur ces cas inédits. Par la suite, le rapport a été remis au président de la Conférence épiscopale, Juan José Omella, qui l'a transféré au tribunal ecclésiastique de Barcelone.

 

Le rapport reprend une bonne partie de l'enquête initiée par le journal en octobre 2018, et comprend 251 nouveaux cas de clergé, religieux et laïcs de 1943 à 2018 (dernier cas signalé), et qui dépasse le nombre officiel de cas reconnu par la Conférence épiscopale, fournissant des données de la Doctrine de la Foi : seulement 220 au cours des deux dernières décennies. Il s'agit de nouveaux cas, qui pourraient porter le nombre de victimes à 1237, bien que le journal lui-même suppose que, seulement avec les témoignages recueillis, ils s'élèveraient à des milliers.

 

Une fois le dossier El País connu, le pape François et Omella ont eu une conversation, précise le journal madrilène. "Le Vatican, comme il le fait habituellement lorsque les plaintes sont si nombreuses et n'appartiennent pas à un seul ordre, diocèse ou agresseur spécifique, supervisera à travers la Congrégation pour la Doctrine de la Foi l'ensemble du processus mené par le CEE ", El País explique, ajoutant que "Rome attendra des résultats qui, selon son propre code, devraient arriver dans trois mois au maximum".

Les nouveaux cas concernent 31 diocèses et 31 congrégations religieuses, qui représentent l'essentiel des plaintes, 77%, et dont la plupart ont déjà ouvert une enquête. La plupart des nouveaux cas remis au pape datent des années 1960, 1970 et 1980, bien que l'enquête s'étende sur 80 ans, de 1940 à nos jours. Dans le rapport remis aux autorités ecclésiastiques, les données personnelles des victimes ou des références permettant de les identifier n'apparaissent pas, pour garantir leur anonymat, bien qu'El País «se soit mis à la disposition du Vatican pour faciliter le contact avec les victimes et qu'elles peuvent fournir une déclaration, si vous le souhaitez.»

 

L'Église espagnole est, avec l'Italienne, la seule sur le Vieux Continent à avoir systématiquement refusé d'ouvrir une enquête historique sur les abus de mineurs en son sein. Seul l'évêque de Zamora, Fernando Valera, a promis, comme le révèle une interview à Religión Digital, d'ouvrir les archives et de mener une enquête systématique sur d'éventuels abus dans son diocèse. Lors de la dernière Plénière, qui s'est tenue à la mi-novembre, plusieurs évêques ont tenté, sans succès, d'ouvrir une enquête interne pour découvrir la véritable profondeur du drame de la pédophilie dans l'histoire récente de l'Église espagnole. La majorité épiscopale, à cette époque, préférait continuer à détourner le regard et traiter les cas un à un et au fur et à mesure qu'ils se présentaient. La Conférence épiscopale se poursuivra sans enquêter sur les abus historiques dans l'Église espagnole, comme le font le reste des épiscopats européens, mais se proclame "la première au monde" en matière de réglementation anti-abus.

 

Finalement, les évêques espagnols n’ont plus le choix puisque le quotidien El País a obtenu du Vatican qu’une enquête soit ouverte sur 251 nouveaux cas présumés d’abus sexuels sur mineurs dans l’Église. Une excellente nouvelle pour les victimes d’abus en Espagne qui sont enfin entendues.

 

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Publié le 18 Décembre 2021

"Il est triste de voir comment le lien le plus profond d'unité [l'Eucharistie] devient un motif de division : c'est la tâche des évêques, cum Petro et sub Petro, de sauvegarder la communion, condition nécessaire pour pouvoir participer à la Table eucharistique." La Congrégation pour le Culte Divin vient de publier les réponses aux «Dubia» soulevées par les «nostalgiques» de la messe préconciliaire, qui ont fait de la publication de «Traditionis Custodes» un cheval de bataille pour attaquer à nouveau le pape comme le montre Jesús Bastante sur religiondigital.org ce samedi 18 décembre 2021.

 

«En tant que Pasteurs, nous ne devons pas nous prêter à des polémiques stériles, capables seulement de créer la division, dans laquelle l'acte rituel est souvent exploité par des visions idéologiques», dit la Congrégation pour le Culte Divin dans ses réponses, qui ont été publiés après avoir passé le filtre du pape François lui-même. Les «éclaircissements pour sa juste application» visent «à sauvegarder le don de la communion ecclésiale en marchant ensemble, avec conviction d'esprit et de cœur, dans la ligne indiquée par le Saint-Père».

 

Que fait le Vatican maintenant ? Rappelons, en particulier, qu'il n'est pas possible de célébrer les sacrements avec l'ancien missel, et que les prêtres qui en ont la permission, ne l'ont que pour un seul endroit. Ils ne pourront pas non plus se substituer à un autre prêtre. De même, Rome souligne qu'une telle autorisation n'est donnée que «dans les paroisses personnelles érigées canoniquement». Qui plus est : l'évêque, pour accorder de nouveaux permis, doit en demander l'autorisation à Rome.

 

De même, il affirme qu'«il n'est pas approprié» que ces messes «soient inscrites à l'horaire des messes habituelles»  car «c'est une concession pour pourvoir à leur bien (en vue de l'usage commun de la seule lex orandi du Rite Romain) et non une occasion de promouvoir le rite précédent.» En effet, les prêtres qui nient la «légitimité de la concélébration» ne pourront pas non plus officier sous le rite d'exception. Ni "ne peut être autorisée aucune publication de Lectionnaires dans la langue vernaculaire qui reproduisent le cycle de lectures du rite précédent."

 

En concluant son introduction aux clarifications liturgiques récemment publiées, la Congrégation pour le Culte Divin déclare que "Nous sommes tous appelés à redécouvrir la valeur de la réforme liturgique en préservant la vérité et la beauté du Rite qu'elle nous a donné", et "Pour que cela se produise, nous sommes conscients qu'une formation liturgique renouvelée et continue est nécessaire tant pour les prêtres que pour les fidèles laïcs" (https://www.ncronline.org/news/vatican/pope-francis-approves-further-clarifications-latin-mass-restrictions-ensure-adherence).

 

Ainsi, le Vatican apporte des précisions importantes quant à la célébration de la messe préconciliaire. Et confirme ainsi la limitation du rite tridentin, qui est considéré comme ce qu’il a toujours été, un ‘rite extraordinaire’ (qui n’est pas courant, ou exceptionnel), contrairement à ce qu’en pensait ses zélateurs.

 

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Publié le 17 Décembre 2021

"Vous nous avez sauvés." Sans aucun doute, entendre ces deux mots était le plus beau cadeau que le pape François ait pu souhaiter pour son 85e anniversaire comme le Hernán Reyes Alcaide, correspondant du Vatican, dans religiondigital.org ce vendredi 17 décembre 2021. Devant lui, dix réfugiés d'Afrique et d'Asie sont récemment arrivés à Rome en provenance de Chypre dans le cadre du programme souhaité par le pontife et financé par le Saint-Siège pour reloger 50 immigrés et attirer l'attention des grands d'Europe.

 

Ce matin, loin des célébrations grandiloquentes, le pape François a décidé de passer son anniversaire avec le groupe de personnes arrivant du  Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Somalie et de la Syrie. "Vous nous avez sauvés !" lui a dit l'un d'eux avec enthousiasme, avant que le groupe ne lui remette un tableau d'un réfugié afghan, représentant la tentative de traversée de la Méditerranée par certains migrants. Le pape François a posé des questions sur une fille qu'il a rencontrée dans le camp de Mavrouni, à Lesbos, qui viendra en Italie dans les prochains jours avec sa famille pour être soignée, et après une photo ensemble, il a salué le groupe et a demandé à tout le monde de prier pour lui. L'initiative promue par le pontife lui-même prévoit que jusqu'à 50 personnes de pays comme la Syrie et le Cameroun peuvent arriver en Italie en toute sécurité pour commencer une nouvelle vie.

 

Avant la rencontre avec les réfugiés, le pape a participé tôt ce vendredi à une prière à l'occasion de l'approche de Noël connue dans la tradition catholique sous le nom de "Prêche de l'Avent", animée par le prédicateur capucin Raniero Cantalamessa. Le jour de son 85e anniversaire, le pape a également reçu les lettres de créance des ambassadeurs de Moldavie, du Kirghizistan, de Namibie, du Lesotho, du Luxembourg, du Tchad et de Guinée Bissau dans la salle Clémentine du Vatican, où le concept fort que le pape François a réitéré dans un discours est que la pandémie fait ressortir «le meilleur de l'humanité» en termes individuels mais qui, au niveau institutionnel et intergouvernemental, demande à être abordée «de manière solidaire et non isolée» avec le principal outil dont ils disposent pour mener à bien cette tâche qui est le dialogue (https://www.religiondigital.org/el_papa_de_la_primavera/Papa-embajadores-pandemia-abordada-solidaria_0_2406059381.html), tout en soulignant la nécessité d’une intensification des efforts de la communauté internationale pour que tous aient un accès rapide aux vaccins contre le covid-19 (https://www.cath.ch/newsf/le-pape-souhaite-voir-intensifier-la-vaccination-contre-le-covid-19/).  

 

Avec le geste de célébrer avec les réfugiés, Jorge Bergoglio cherche à attirer l'attention des pays européens, étant donné le refus de certains États du nord du continent d'accepter les personnes qui arrivent dans des pays comme la Grèce, Chypre et l'Italie. L'opération pour l'arrivée de ces 50 personnes de Chypre, financée par le Vatican à l'initiative du pape, a l'organisation logistique de la communauté catholique de Sant'Egidio, un groupe proche du Saint-Siège qui gère déjà les «couloirs humanitaires» du Liban et d'Erythrée pour l'arrivée des migrants. À l'heure actuelle, le plus vieux pape de l'histoire est Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Pecci, élu en 1878 sous le nom de Léon XIII, qui a exercé ses fonctions jusqu'à sa mort, à 93 ans et 140 jours.

 

Enfin ce vendredi, le cardinal de Boston Sean O'Malley a défendu le pape François contre les critiques du réseau américain de télévision Eternal Word, connu sous le nom d'EWTN, affirmant que les attaques de l'empire médiatique catholique contre le pape François ne sont pas représentatives de la façon dont la plupart des catholiques voient le pape. O'Malley, qui était juste à Rome pour participer aux réunions du Conseil des cardinaux du pape, a déclaré que le pape François, qui a eu 85 ans le 17 décembre, est "fort et énergique" et a rejeté les informations selon lesquelles le pape serait en mauvaise santé.  "Je vois que le Saint-Père est en bonne santé et avec beaucoup de courage, et beaucoup de désir de continuer son ministère", a-t-il déclaré. Alors que le cardinal de Boston, lui-même âgé de 77 ans, a déclaré qu'il espérait que le pape continuerait à faire avancer l'agenda papal, il a reconnu qu'il y a "des gens qui aimeraient voir un nouveau pontificat" et que la conférence des évêques américains est "polarisé".  O'Malley a ajouté qu'"il est difficile de mettre un pourcentage des opposants" et a également noté qu'il existe "de jeunes membres du clergé conservateur" qui ont des opinions déformées sur le pape François en raison de l'influence des médias sociaux (https://www.ncronline.org/news/people/bostons-cardinal-omalley-defends-francis-against-attacks-ewtn-critics).

 

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Publié le 16 Décembre 2021

LePoint.fr nous montre dans son article du mercredi 15 décembre 2021 que  dans un entretien accordé au «Parisien», l’ancien archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a annoncé porter plainte contre «Paris Match».

 

C’est la première fois que Mgr Michel Aupetit revient sur les rumeurs de liaison dont il fait l’objet. Dans un entretien accordé au Parisien, l’ancien archevêque de Paris, dont la démission a été acceptée le 2 décembre par le pape, est revenu pour la première fois sur sa relation avec la théologienne belge, également professeure au collège des Bernardins, Laetitia Calmeyn.

 

Mgr Aupetit avait été photographié en sa présence par Paris Match. Sur les photos, on peut voir le prélat se promener dans la forêt de Meudon, accompagné de Laetitia Calmeyn, vierge consacrée. «Cela n’a rien à voir avec une relation d’amour ou une relation sexuelle. C’est une amitié», a justifié Mgr Michel Aupetit à nos confrères du Parisien. «Je trouve ignoble qu’on la salisse», regrette-t-il. Celui qui est redevenu un simple clerc a annoncé qu’il portait plainte contre Paris Match. «Je ne peux pas accepter que mon silence soit interprété comme un aveu de culpabilité», a-t-il affirmé à nos confrères. Laetitia Calmeyn a elle aussi annoncé qu’elle porterait plainte contre Paris Match après la publication de ces photos (https://www.liberation.fr/societe/religions/apres-sa-demission-lex-archeveque-de-paris-michel-aupetit-se-dit-victime-dune-cabale-20211214_E7ZHYJMWWJALJAILAAWFJGY5PU/).

 

L’affaire Aupetit a débuté lorsque Le Point a dévoilé, le 22 novembre dernier, l’existence d’un e-mail équivoque de 2012 entre Mgr Aupetit et une femme. La teneur du courrier témoignerait, selon des sources concordantes, d’une relation intime avec une femme. «Il ne s’agissait pas de Laetitia Calmeyn, je ne la connaissais pas encore», a assuré l’ancien archevêque de Paris. «Il n’y a pas eu de liaison. Une fois, cette personne a eu mal au dos. Je lui ai fait un massage pour la soulager», a justifié le prélat, rappelant qu’il est médecin.

 

Michel Aupetit a le sentiment d’être victime d’une cabale, a-t-il indiqué au Parisien. «On m’a désigné des gens, des réseaux qui m’en voulaient et qui ont agi. Mais je n’ai aucune preuve», a-t-il expliqué. Désormais, le clerc n’a pas d’idée précise de ce qu’il va faire. Mais il va «continuer à servir le Christ et mes frères», a-t-il assuré.

 

Plus largement, Mgr Aupetit a été invité à réagir à sa démission, acceptée le 2 décembre par le pape et justifiée de manière plutôt bancale. «Quand la rumeur grandit, grandit, elle détruit la réputation d’une personne qui ne pourra plus gouverner», avait développé le chef de l’Église dans l’avion qui le ramenait de Grèce. «Si l’on démissionne quelqu’un à cause de rumeurs, où va-t-on ?» s’insurgeait un théologien à Paris dans Libération. «S’il me l’avait demandé, j’aurais traversé la tempête. J’en étais capable, explique l’ex-archevêque. J’imagine qu’il a jugé que la situation pouvait fragiliser le diocèse» (https://www.liberation.fr/societe/religions/apres-sa-demission-lex-archeveque-de-paris-michel-aupetit-se-dit-victime-dune-cabale-20211214_E7ZHYJMWWJALJAILAAWFJGY5PU/).

 

Et le mardi 14 décembre RTL.fr (https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/creteil-un-eveque-vend-sa-maison-pour-rembourser-les-victimes-de-pedophiles-7900105997) nous apprenait que pour financer les victimes de l'Église, l'évêque de Créteil a proposé de vendre sa maison. Un bien estimé à 800 000 euros. Le diocèse va chercher pour l'évêque un logement plus modeste et plus près de la cathédrale. 

 

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Publié le 15 Décembre 2021

Comme le montre cath.ch avec la-Croix.com  ce mercredi 15 décembre 2021 que les chiffres du rapport Sauvé sur les abus sexuels commis par le clergé en France ont été mis en cause dans certains milieux, plus particulièrement par huit membres de l’Académie catholique de France, une institution réunissant des intellectuels catholiques, ont récemment signé une critique du rapport Sauvé. Le document, adressé au Vatican, a provoqué la démission, le 25 novembre 2021, de nombreux membres de l’Académie. Dans une tribune du journal Le Monde du 14 décembre 2021, deux sociologues ayant participé aux travaux défendent leur méthodologie.

 

Des critiques ont émergé depuis la publication du rapport, le 5 octobre dernier, en particulier dans les milieux traditionalistes. Elles se sont focalisées sur l’écart, jugé invraisemblable, entre les dénombrements statistiques commandés par la Ciase à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et à l’École pratique des hautes études (EPHE). Alors que l’Inserm a donné le chiffre de 216 000 cas d’abus sexuels commis par des prêtres en France, l’EPHE n’en a en effet évalué que 28 000.

 

Dans la tribune du Monde, les responsables des deux enquêtes – Nathalie Bajos, sociologue-démographe et directrice de recherche à l’Inserm et Philippe Portier, directeur d’études à l’EPHE – s’efforcent de «montrer toutes les limites de cette critique». Les deux enquêtes produisent ainsi, selon les spécialistes, «des résultats quantitatifs qui ne sont pas contradictoires», car n’étant «pas du tout de même nature». Face à l’absence de données sociologiques sur les personnes abusées dans l’Église, l’équipe de l’Inserm a conduit une enquête en population générale auprès d’un échantillon de 28 000 personnes. Les chiffres ont ensuite été extrapolés à l’ensemble de la population française, comme cela se fait pour les sondages.

 

Quant à l’EPHE, elle a mené une analyse des archives à partir de plusieurs fonds explorés sur sept décennies (1950-2020). L’étude a été réalisée à partir d’un échantillon de 32 diocèses et de 15 ordres et congrégations, sélectionnés sur le fondement des réponses à un questionnaire adressé en juin 2019 à l’ensemble des évêques et supérieurs majeurs. Finalement, 1800 abuseurs ont été dénombrés «nominativement», auxquels s’ajoutent 1400 autres dont l’identité n’a pas pu être établie. C’est à partir des dossiers des abuseurs, des témoignages des victimes et des enquêtes judiciaires que l’estimation du nombre de victimes a été réalisée, sur la base de ces seuls agresseurs recensés, expliquent les experts.

 

L’enquête de l’Inserm porte donc sur une criminalité «déclarée», et celle de l’EPHE sur une criminalité «enregistrée». Pour les sociologues, il n’est donc pas étonnant que les chiffres diffèrent entre une «enquête anonyme» réalisée «dans un contexte social plus favorable à la déclaration des violences», par rapport à une étude sur des «données conservées» portant sur une époque où «les victimes informaient peu l’Église, qui d’ailleurs ne prenait guère en compte leur parole».

 

Nathalie Bajos et Philippe Portier soutiennent aussi l’une des conclusions controversées du rapport Sauvé, selon laquelle, les abus avaient dans plusieurs cas un aspect «systémique». Pour eux, les enquêtes «se rejoignent pour relever le caractère structurel des violences sexuelles dans l’Église, en montrant qu’elles surviennent sous l’effet de processus sociaux qui interagissent pour en faciliter la production».

 

Nathalie Bajos et Philippe Portier sont revenus sur plusieurs critiques émises fin novembre contre le rapport de la commission Sauvé  en montrant les limites de cette critique, en revenant sur les méthodologies de ces deux recherches, sociologique et sociohistorique, qu’elle a dirigée.

 

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Publié le 14 Décembre 2021

rfi.fr avec son correspondant à Rome, Éric Sénanque, nous monte ce mardi 14 décembre 2021 que lundi 13 décembre, les responsables de l’Église de France ont été reçus au Vatican et ont remis le rapport de la Commission indépendante sur les violences sexuelles dans l'Église (Ciase) au souverain pontife. Une rencontre qui a permis de lever plusieurs ambiguïtés alors que le rapport Sauvé a été remis en question par certaines voix dans le monde catholique.

 

Pendant plus d’une heure, les responsables de l’Église de France ont pu s’entretenir avec le pape, lui remettant en mains propres le rapport de la commission Sauvé. Il s’agissait pour eux d’expliquer le travail réalisé par la Ciase et leurs mesures prises à Lourdes un mois plus tard. Mais cette rencontre a aussi permis de lever des doutes alors que le pape François avait annulé une rencontre avec les membres de la commission prévue le 9 décembre.

 

Le pape qui, dans l’avion qui le ramenait de Grèce, avait aussi semé le trouble en reprenant les critiques qui ont pu être faites sur le rapport de la Ciase fin novembre, des membres de l'Académie catholique avaient dénoncé la "méthodologie défaillante". Selon cette instance non-officielle qui rassemble des intellectuels catholiques, il y a aussi des "carences sérieuses" et des recommandations "discutables" dans le rapport. Cependant, une des membres de la Ciase, Nathalie Bajos, a rencontré jeudi à Rome l'universitaire Hans Zollner, expert conseillant le pape François sur la protection des mineurs. L'occasion, notamment, "de lui exposer en détail notre méthodologie et principaux résultats", a-t-elle dit à l'AFP (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/pedophilie-dans-l-eglise-le-pape-francois-recoit-la-conference-des-eveques-de-france_4878751.html).

 

Sur ce point, les évêques ont été rassurés, selon Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques : «le Pape a souligné la dignité de notre attitude et de notre manière de prendre en compte le rapport de la CIASE, et il nous a encouragés à continuer à le faire de manière synodale» (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-12/eveques-de-france-rencontrent-pape-francois-assemblee-ciase.html), et «Le Pape nous a écoutés avec beaucoup d’attention, et puis a commenté avec beaucoup d’encouragement et de confiance, pour que nous continuions ce chemin que nous avons commencé. Et maintenant, nous pouvons affirmer, si quelqu’un en doute, le soutien du Pape. Je dis "si quelqu’un en doute" parce que, personnellement, je n’en ai jamais vraiment douté.»

 

Le souverain pontife s’est également dit disposé à recevoir prochainement les membres de la commission Sauvé à une date restant à déterminer, et s’est montré intéressé par certains éléments que les évêques ont pu lui expliquer directement, notamment des données historiques sur la façon dont l’Église de France prenait autrefois en charge les «prêtres à problème». Lors de cette visite à Rome, les évêques français ont également rencontré deux cardinaux importants, Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et João Braz de Aviz qui supervise les instituts religieux dans le monde avec qui ils ont abordés des dimensions plus précises et plus actuelles sur le traitement des abus sur mineurs ont par ailleurs été abordées (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-12/eveques-de-france-rencontrent-pape-francois-assemblee-ciase.html).

 

Enfin, concernant la récente démission de Mgr Michel Aupetit, désormais archevêque émérite de Paris, «le Pape nous a confié sa tristesse d’avoir dû prendre cette décision», en estimant que «le climat qui a été créé ne lui permettait plus de gouverner». Le pape François a dit «son estime pour la réaction pastorale de Mgr Aupetit» et il a ironisé sur «les belles âmes qui poussent des cris, sans accepter que les évêques puissent être des pécheurs», une attitude qui contraste avec celle du «peuple de Dieu qui prie, qui souffre», a expliqué Mgr de Moulins-Beaufort (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-12/eveques-de-france-rencontrent-pape-francois-assemblee-ciase.html).

 

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Publié le 13 Décembre 2021

Philippe Clanché dans lavie.fr nous montre que pour sa messe d’aurevoir vendredi 10 décembre à Saint-Sulpice, les catholiques parisiens, partagés entre colère et espérance, demeurent perturbés par la disgrâce de leur archevêque, Michel Aupetit.

 

Dès la procession d’entrée, au sein de laquelle Michel Aupetit sourit, crosse à la main, derrière une douzaine de confrères évêques, une salve d’applaudissements retentit. La chorale doit s’arrêter un temps. «Il aime ce diocèse, déclare au micro Georges Pontier, administrateur apostolique de l'archidiocèse. Nous sommes là pour le remercier et prier pour le diocèse et pour lui. Nous entendons son invitation à ne pas regarder l’archevêque, mais le Christ.» «Tu découvres tous ces gens magnifiques», lui répond Michel Aupetit qui, se tournant vers l'assemblée poursuit : «Je suis très ému de vous voir, frères évêques, prêtres, séminaristes et fidèles qui me montrez votre affection. Le Christ nous apprend à nous aimer les uns des autres. La tâche unique d’un évêque c’est l’unité. Au-delà de nos différences, l’important est d’être unis par le Christ. Restez unis, frères et sœurs, pour le Seigneur.» Un message qui résonne alors dans les rangs des fidèles, où tristesse et colère dominent. Non sans panache, Michel Aupetit a choisi d’articuler son homélie autour du risque de l’amour. «L’amour rend libre, et fait prendre des risques. Jésus a pris le risque de parler à une femme seule, la Samaritaine. Pourquoi ? Pour la sauver» Et plus explicite encore, il lance : «Une journaliste a écrit "Mgr Aupetit perdu par amour". C’est vrai, mais par amour pour le Christ», a-t-il affirmé déclenchant une nouvelle salve d’applaudissements. En invitant l’assistance, pour conclure son homélie, à Aller jusqu’à aimer ses ennemis. Car devant les injustices, il n’y a pas d’autre remèdes », Michel Aupetit a tenté d’apporter une réponse apaisante. 

 

Dans les travées, tandis que les uns ne portent aucun jugement sur ce qui arrive, et d’autres refusent de répondre, certains cherchent des coupables pensant à de possibles dénonciations allant jusqu’à reprendre la parole pour critiquer le pape. Et maintenant, comment se remettre ? Certains ne sont pas prêts à un autre archevêque, d’autres attendent attends un serviteur du Christ, humble, ou encore quelqu’un qui sache reconnaître les différents courants catholiques. D’ici-là, le diocèse doit poursuivre son chemin, et des fidèles espère le rassemblement et essayent de continuer et d’avoir l’esprit positif. «Pas certain de pouvoir répondre aux centaines de lettres de soutien et d’affection reçues», Michel Aupetit a conclu la célébration en remerciant à nouveau l’assistance. Il a également évoqué «les personnes vulnérables, handicapés, les pauvres. J’espère que c’est avec eux que je continuerai ma mission, car je ne sais pas faire autre chose». Ces ultimes applaudissements ont sans doute un peu rasséréné les fidèles.

 

Cependant, comme le montre leparisien.fr (https://www.leparisien.fr/societe/succession-de-mgr-aupetit-des-catholiques-demandent-a-etre-associes-au-choix-du-futur-archeveque-de-paris-10-12-2021-J6H6FASACFGFBC4WVXI4BAQHUE.php) l’association des «Baptisés du Grand Paris» a annoncé vendredi avoir envoyé un courrier en ce sens au nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en France. Ils veulent en finir avec un système qu’ils qualifient d’«opaque» et d’«archaïque». Des catholiques réformateurs réunis en association demandent que les fidèles du diocèse de Paris soient associés à la désignation de l’archevêque qui succédera dans la capitale à Michel Aupetit, démissionnaire. La procédure actuelle, très confidentielle, veut que le nonce, après enquêtes, propose trois noms au pape, qui en retient un. Une procédure qui peut prendre plusieurs mois. «L’attribution autoritaire - et lointaine- d’une charge épiscopale ne garantit nullement une bonne gouvernance», ajoute dans ce courrier transmis à la presse l’association, qui demande la «fin» du système actuel, «devant [son] opacité et [son] archaïsme». «C’est la crédibilité même de l’Église et de ses dirigeants qui est en jeu», insiste-t-elle. L’association prône que les prêtres du diocèse soient eux aussi «écoutés».

 

Enfin, comme le montre figaro.fr (https://www.lefigaro.fr/actualite-france/aupetit-paris-match-il-y-aura-plainte-annonce-laetitia-calmeyn-20211213) dans un entretien à La Croix le dimanche 12 décembre, la théologienne et vierge consacrée Laetitia Calmeyn visée par un article de Paris Match insinuant une liaison avec l'ex-archevêque de Paris Mgr Aupetit, annonce qu'une plainte sera déposée, pour «atteinte à la vie privée», «diffamation» ou «calomnie». «Si ç'avait été un homme, un prêtre, au côté de Mgr Aupetit, y aurait-il eu le même traitement médiatique ? Les femmes dans l'Église doivent-elles être réduites à des objets de soupçon, de fantasme, à l'expression de jalousies ou à la servilité ?», déplore la vierge consacrée dans La Croix. Elle poursuit : «Est-ce que tout cela veut dire que, dans l'Église et aux yeux du monde, une relation entre un homme et une femme vécue dans l'amitié est inenvisageable ?». D'autres, sans prêter crédibilité aux insinuations de Paris Match, ont reproché alors à l'archevêque et à sa conseillère une forme d'imprudence à organiser cette rencontre, peu de temps après la démission de Mgr Aupetit - à la suite d'une enquête du Point faisant état d'un mail compromettant échangé avec une autre femme, en 2012. L'existence de Laëtitia Calmeyn comme amie et conseillère «officieuse» de Mgr Aupetit n'était un secret pour personne dans le milieu catholique parisien. Mais cette confiance que lui accordait l'archevêque de Paris suscitait un certain nombre de critiques, voire de jalousies. Cette méfiance à son encontre, observe-t-elle, pose question sur le regard posé sur les femmes dans l'Église.

 

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Publié le 12 Décembre 2021

José Manuel Vidal nous montre sur religiondigital.org que ce dimanche 12 décembre 2021 est spécial sur la Place Saint-Pierre, avec trois événements successifs. D'abord du rosaire en l’honneur de Notre-Dame de Guadalupe, qui a souillé la froide enceinte vaticane de ferveur mariale. Ensuite, la provision pour la bénédiction de l'Enfant Dieu (bambinelli) et, enfin, la catéchèse du pape depuis la chaise près de la fenêtre. Dans celui-ci, le pape François a tenté de répondre à la question que les baptisés posent à Jean : «Que devons-nous faire ?»

 

Pour répondre à la question, le pape nous a invités à y réfléchir, car «nous sommes occupés par tant de préparations, de dons et de choses qui arrivent, mais demandons-nous ce que nous devons faire pour Jésus et pour les autres ». En d'autres termes, il s'agit de : "découvrez qui vous êtes et travaillez pour réaliser le rêve qu'est votre vie !". Un rêve ancré dans le concret du quotidien. Et le Pape donne quelques exemples : «Je peux appeler celui qui est seul, visiter ce vieil homme ou ce malade, faire quelque chose pour servir les pauvres, les nécessiteux».

 

Dans les salutations après l'Angélus, le pape rappelle les "tensions" qui existent en Ukraine et demande la paix pour elle, à travers un dialogue international sérieux. Parce que "Les armes ne sont pas le chemin. Que ce Noël apporte la paix en Ukraine." Cette déclaration survient alors que les tensions ont repris depuis plus d’un mois dans la région. La Russie aurait déployé des dizaines de milliers de soldats à sa frontière avec l’Ukraine, faisant craindre une invasion imminente. Depuis 2014, le conflit entre séparatistes pro-russes et l’armée ukrainienne a fait plus de 13 000 morts (https://www.cath.ch/newsf/le-pape-invite-a-un-acte-concret-meme-petit-pour-preparer-noel/). Et les États-Unis ont renouvelé ce samedi, lors d’une réunion du G7 au Royaume-Uni, leur appel à la Russie en vue d’une «désescalade» des tensions avec l’Ukraine, assurant que les grandes puissances occidentales étaient prêtes à imposer à Moscou des sanctions «massives» en cas d’attaque (https://www.20minutes.fr/monde/3195459-20211212-conflit-ukraine-etats-unis-assurent-g7-pret-infliger-sanctions-massives-russie?xtor=RSS-176).

 

De plus, il rappelle la célébration de Notre-Dame de Guadalupe, proclame à deux reprises : Vive la Vierge de Guadalupe ! et demande sa protection pour le monde entier, en particulier "pour tant de pays américains, dont la situation est très triste". Enfin, il félicite Caritas Internationalis à l'occasion de son 70e anniversaire et lui demande de continuer à être la «main aimante de l'Église pour les pauvres et les vulnérables» et, pour y parvenir, il exhorte l'organisation à perdre du poids et à ce que «tout l'argent aille aux pauvres». Le pontife a aussi appuyé une nouvelle initiative du réseau catholique dédiée à l’environnement (https://www.cath.ch/newsf/le-pape-invite-a-un-acte-concret-meme-petit-pour-preparer-noel/).

 

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Publié le 11 Décembre 2021

NCRonline.org nous montre dans son article du mercredi 8 décembre 2021 que dans deux lettres adressées à New Ways Ministry cette année, le pape François a félicité l'organisation pour son rayonnement auprès de la communauté LGBTQ et a qualifié l'une de ses cofondatrices, Sœur Jeannine Gramick, de "femme vaillante" et qu’il avait beaucoup souffert pour elle.

 

Écrites en espagnol sur la papeterie officielle du Vatican, les lettres du pape François mentionnent que le pape est conscient que "l'histoire de New Ways Ministry n'a pas été facile", mais qu'aimer son prochain est toujours le deuxième commandement, lié "nécessairement" au premier commandement qui est d’aimer Dieu. "Merci pour votre travail de voisinage", a écrit le pape François dans une lettre du 17 juin adressée à Francis DeBernardo, directeur exécutif de New Ways Ministry, basé à Mount Rainier, au Maryland. "Malgré ce que certains dirigeants d'église pourraient dire ou penser de nous, il semble que le pape François soit heureux que nous tendons la main et aidons à amener les personnes LGBTQ dans l'Église, et aidons ceux qui sont ici à rester", a déclaré DeBernardo à NCR.

 

DeBernardo a déclaré qu'il avait décidé de divulguer publiquement la correspondance entre New Ways Ministry et le pape en réponse à la suppression par le Secrétariat général du Synode des évêques au Vatican d'une vidéo du webinaire New Ways Ministry d'un site Web de ressources pour le synode 2021-2023 sur la synodalité. Des informations parues dans des médias catholiques conservateurs ont indiqué que le secrétariat avait supprimé la vidéo le 7 décembre après avoir appris que la Conférence des évêques catholiques des États-Unis avait censuré New Ways Ministry en 2010 pour son soutien au mariage civil pour les couples de même sexe. Un porte-parole du secrétariat n'a pas répondu aux demandes de commentaires de NCR.

 

"Nous n'avions pas prévu de rendre la correspondance publique", a déclaré DeBernardo, "mais étant donné cette situation, il est important que les gens le sachent. Nous pensons que [François] veut que les personnes LGBTQ s'expriment, et nous pensons que ce serait utile pour lui et utile pour son message et son invitation à l'inclusion, que les gens sachent qu'il a correspondu avec nous." La correspondance du pape François avec New Ways Ministry, une organisation qui a souvent suscité la colère des autorités ecclésiastiques qui doutent de l'adhésion du groupe à la doctrine catholique sur l'homosexualité, est un autre exemple du pape François adoptant une posture plus conciliante que ses prédécesseurs plus conservateurs et les évêques catholique américains.

 

«La lettre chaleureuse du Saint-Père au ministère New Ways n'est pas seulement une autre étape dans son approche des personnes LGBTQ, mais le début d'une sorte de réhabilitation pour New Ways, et pour [la cofondatrice de New Ways] Sœur Jeannine [Gramick] ainsi, dans reconnaissance de leur ministère important dans notre Église», a déclaré le père jésuite James Martin, rédacteur en chef d'America Media, qui a appelé l'Église catholique à être plus accueillante envers les personnes LGBTQ dans son livre Building a Bridge.

 

Le pape ne semble pas sur la même longueur d’onde que les évêques américains et soutien l’ouverture envers les personnes LGBTQ, ce qui montre un changement d’époque à travers une papauté qui se veut pastorale et non autoritaire allant vers les autres se trouvant aux périphéries.

 

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Publié le 10 Décembre 2021

Abus spirituels, sexuels, de pouvoir ou de conscience: ce sont ces sombres réalités observées dans des communautés de femmes consacrées que le journaliste italien Salvatore Cernuzio a choisi de raconter comme le montre cath.ch le jeudi 9 décembre 2021. Dans «Le voile du silence. Abus, violence, frustrations dans la vie religieuse des femmes», publié le 23 novembre 2021, le vaticaniste donne la parole à onze femmes, originaires du monde entier et de diverses congrégations, ont été abusées pendant leur parcours de foi. Plusieurs d’entre elles ont choisi de renoncer à la vie en communauté.

 

Sa source d’inspiration a été la rencontre avec «une amie entrée dans un monastère cloîtré et qui ensuite en est sortie. Je l’ai retrouvée après tant d’années dans un état très différent, presque dramatique. Puis, il y a eu des articles. Les premières à avoir lancé l’alarme ont été Donne, Chiesa, Mondo [le mensuel féminin de l’Osservatore Romano]. Elles ont publié une interview du cardinal João Braz de Aviz [préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée], dans laquelle il parlait notamment de la maison voulue par le pape François pour aider les ex-religieuses. Plus tard, dans La Civiltà Cattolica [la revue des jésuites italiens], est parue l’enquête du Père Giovanni Cucci sur les abus de conscience et de pouvoir dans les communautés féminines. Là, je me suis demandé combien de femmes religieuses étaient maintenant dans la rue et avaient peut-être besoin de parler.»

 

Pour lui, «Le message que ce livre veut apporter, ce que disent ces femmes, est qu’il existe des abus, outre les abus sexuels, qui sont tout aussi néfastes pour la dignité humaine, comme les abus psychologiques, les abus de pouvoir ou de conscience. Chaque histoire du livre représente un des macro-problèmes qui affligent la vie consacrée: le harcèlement moral, le racisme, les violences sexuelles ou bien les maladies ignorées, non-traitées.» «Ces femmes étaient traitées comme des mineures, comme si elles avaient des capacités limitées, ou peut-être comme des rebelles, simplement parce qu’elles s’opposaient ou contestaient un ordre; parfois seulement parce qu’elles avaient suggéré l’idée d’étudier ou de consulter la constitution de leur ordre. L’idée qu’on soit toujours obligé d’obéir aveuglément peut être un premier pas vers l’abus de pouvoir.» Mais, «ces abus psychologiques, de pouvoir ou spirituels se sont déroulés dans des situations de vie normales. Une femme a raconté qu’elle avait eu un problème de santé objectif, une dépression. Mais l’attitude de ses consœurs était de dire que c’était peut-être de sa faute, qu’elle n’avait peut-être pas assez prié, qu’elle devait peut-être intensifier sa vie spirituelle ou son travail. Il s’agit d’une forme subtile d’abus visant à faire en sorte que la personne se sente encore plus coupable et victime. À qui demander de l’aide dans cette situation? Une femme m’a dit : «Il n’y avait pas de ciel pour moi»; j’imagine qu’elles ont toutes été dans cette situation.»

 

Et «Les racines de beaucoup des maux sont la fermeture et le cléricalisme: le cléricalisme parce qu’il est une dissimulation d’une grâce supérieure au dépens d’une fonction; et la fermeture, parce qu’elle empêche de s’engager dans un dialogue, interne et externe. Elizabeth, l’un des témoins du livre, raconte que de nombreux ordres ont gardé un rapport à l’autorité antérieur à Vatican II. L’Église a fait de grands progrès, mais certains ordres ou institutions ne se sont pas mis à jour. Ils en sont par exemple restés à une idée désuète selon laquelle la Mère tient entre ses mains la vie des sœurs et peut donc en disposer comme elle le souhaite. Le concept d’autorité doit être repensé et il faut peut-être insérer de nouvelles figures de tutelle et d’accompagnement qui peuvent être des personnes avec qui parler. Le problème, c’est que c’est souvent la même personne qui cumule tous les rôles: la mère fondatrice est aussi l’économe, la maîtresse des novices, etc.» Il faut dire que «Certains ordres sont restés comme des mondes à part. Il est vrai que l’Église a beaucoup de travail à faire sur le rôle des femmes, le pape lui-même l’a dit et a essayé d’agir, mais beaucoup d’ordres ou d’institutions religieuses n’ont pas bougé sur ce point. Ils continuent à s’en tenir à des règles et des traditions anachroniques. Je ne dirais pas que c’est un problème de l’Église mais de certains milieux. En fait, ces femmes ne dénoncent pas l’Église en tant qu’institution. Elles dénoncent cette situation, cette blessure, qu’elles ont vécues au sein de l’Église. Ces abus sont comme de petits cancers qui se sont glissés dans le corps de l’Église. Elles se sont senties isolées parce qu’elles ont vécu une intrusion dans leur relation avec Dieu, dans leur vocation.»

 

L’auteur montre que «Sœur Nathalie Becquart, dans la préface du livre parle, d’un antidote à ce mal : le style synodal. Ce chemin, initié par le pape, peut être une grande opportunité, comme une ardoise vierge qui, nous l’espérons, sera utilisée de la bonne manière. Chacun peut profiter de cette occasion pour faire entendre sa voix et, éventuellement, provoquer un changement. L’Église, comme le dit le pape François, doit écouter. La tragédie des abus sexuels nous a fait prendre conscience que souvent il a manqué l’écoute des victimes et des personnes qui ont souffert. La première étape consiste à accorder de la crédibilité à ce qui est dit, de tous côtés, sans rien prendre pour acquis.» Et «Ceux qui ont eu le courage de s’adresser à la Congrégation pour les instituts de vie consacrée ont reçu un soutien et, dans certains cas, des commissaires ont également été envoyés. Le dicastère fait ses propres enquêtes et visites apostoliques. Mais à mon avis, le problème se situe un peu avant. Les cas énumérés dans le livre sont des problèmes humains qui doivent d’abord être résolus en interne, dans les ordres et institutions eux-mêmes, avant de se tourner vers le Vatican.»

 

Salvatore Cernuzio fait sa savoir que «L’ex-sœur» est, «encore un phénomène assez peu connu, contrairement peut-être à «l’ex-prêtre». Ainsi, à part les cas individuels de personnes ou de communautés qui ont pris en charge certaines femmes, ou bien des organisations comme le projet des Missionnaires Scalabriniens [qui accueillent dans deux maisons à Rome des femmes en détresse], je n’ai pas entendu parler d’autres soutiens, du moins à Rome. Il y a beaucoup de soins et d’accompagnement dans le discernement quand il faut faire entrer les gens, mais il n’y a pas le même soin dans le cas où des religieuses partent. Le soutien varie également en fonction de la situation. Pour une jeune fille italienne qui quitte un monastère ou un couvent, c’est plus facile de rentrer chez elle, dans sa famille. Elle ne vit pas le même drame qu’une femme étrangère qui se trouve en Italie avec un permis religieux, et non un permis de séjour, et ne sait pas comment le transformer. Ensuite, beaucoup de femmes sont entrées très jeunes dans ces instituts, elles n’ont pas de compétences professionnelles, elles ne savent pas comment travailler.»

 

Enfin, il loue le travail des deux maisons tenues par les Missionnaires Scalabriniens à Rome, car ce qu’ils «font est précieux car il aide les femmes non seulement à guérir leurs blessures mais aussi à se réinsérer dans la société. Cependant, ce projet est vaste, il concerne toutes les femmes, laïques ou religieuses.» Mais il juge que ce n’est pas assez et pense que «Peut-être aurions-nous besoin d’un service plus spécifique apporté à ces ex-religieuses. Mais ce qui est important, c’est que ces structures ne soient pas considérées comme une voie de garage. Elles doivent garantir un soutien et un accompagnement global, tant sur le plan spirituel qu’économique, psychologique et professionnel.» Et L’ouvrage, est validé par le Saint-Siège, ce qui montre le souci du pape sur cette question.

 

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