Articles avec #lecture tag

Publié le 8 Juillet 2014

Marcelle Padovani dans son excellent article sur bibliobs.nouvelobs.com du lundi 7 juillet 2014 nous parle de «Francesco tra i lupi», c’est-à-dire «François au milieu des loups», qui est un livre-avertissement. Le premier livre-avertissement du pontificat de François. Il met en garde tous ceux qui aiment ce pape délivré de toute inhibition, et qui prend chaque jour un peu plus des allures de chevalier sans peur et sans reproche. Et le Pontife lui-même – pardon : «l’évêque de Rome», car François ne tolère aucune référence à la majesté de son rôle – pourra y lire, racontées noir sur blanc, un certain nombre de ses inquiétudes.

L’auteur est un vaticaniste influent, qui a publié de nombreux ouvrages sur l’Église, sur Wojtyla et sur Ratzinger. Il passé cette fois pas mal de temps à reconstruire, y compris depuis l’Argentine, les traits principaux d’une personnalité hors du commun. Cet auteur est Marco Politi, 57 ans, journaliste italien à «Il fatto quotidiano».

Son livre arrive à point, au bout d’un trajet d’un peu plus d’un an, alors que la popularité de François est à son zénith et que s'annonce une certaine appréhension pour la fragilité de sa personne : la semaine dernière il a dû, à cause de sa fatigue extrême, annuler une visite depuis longtemps programmée à l’hôpital «Gemelli» de Rome. De plus en plus épuisé par des journées remplies de rendez-vous et de déplacements, il accuse le coup.

Quelqu’un a calculé qu’en quatorze mois de pontificat, il a reçu en audience le chiffre faramineux de 12 000 personnes. Il ne prend jamais de vacances, comme s’il avait conscience que son temps est compté. D’où la question numéro un que se pose Politi : «Ce la farà ?» Autrement dit : «Tiendra-t-il le coup?».

Son récit est celui d’un pontificat qu’il définit d’ores et déjà comme «dramatique». Pourquoi ? Parce que par-delà la fatigue, il y a les «loups», écrit Marco Politi. Une quantité invraisemblable de loups aux aguets. Les loups du «malaffare», de la «malafinanza», de la «malavita», du «maloclero». C’est-à-dire de la «mauvaise vie», de la «corruption», du «milieu» et du «mauvais clergé».

Quelques noms ? En voici. En tête peuvent apparaître l’ex-secrétaire d’État et cardinal Tarcisio Bertone, qui, bien que remplacé par un diplomate de confiance du pape, vit encore dans 700 mètres carrés luxueux à l’intérieur des murs du Vatican, et qui a abondamment comploté durant son règne : n’a-t-il pas éliminé le seul banquier «propre» de l’IOR (Institut pour les œuvres de la religion), Ettore Gotti Tedeschi, qui voulait aligner cette étrange banque sur les règles européennes? N’a-t-il pas cédé aux pressions de ce qu’on appelle ouvertement le «lobby gay» du Saint Siège ?

Et puis il y a ceux qui couvrent les pédophiles, ceux qui continuent à baptiser et marier les enfants de mafiosi patentés, tandis qu’ils refusent de donner la communion aux divorcés. A ces derniers François a dit publiquement : «Qui suis-je pour juger ?». Pour juger les gays, les divorcés, les prostituées ?

Mais son pire ennemi se niche peut-être dans la bureaucratie, véritable adepte du sabotage passif : il lui suffit de rester immobile pour faire en sorte que rien ne change. Oui, cet homme vêtu de blanc, portant de lourdes chaussures orthopédiques, qui a éliminé tous les signes extérieurs du pouvoir et choisi d’être un «prêtre parmi les prêtres», signant du même coup l’arrêt de mort du «pape empereur», cet homme qui dérange toutes les habitudes, tous les poncifs, tous les règlements, est non seulement profondément seul, mais cordialement détesté de tout ce qu’il y a de traditionaliste, de corrompu, de carriériste et de douteux dans le monde de l'Église.

Il suffit pour s’en convaincre de lire des sites internet comme «Pontifex» ou le quotidien «Il Foglio», qui tient une rubrique intitulée «Ciccio premier» («Ciccio» étant le diminutif familier de «Francesco») : François y est attaqué comme «démagogue» et «paupériste»; on peut y lire que «nous ne voulons pas d’une Église qui a l’odeur des brebis».

Pour toutes ces raisons, le pontificat révolutionnaire de Bergoglio, qui veut avoir «l’odeur des brebis», pourrait être de courte durée. C’est la principale conclusion de Politi dans son bouleversant «Francesco fra i lupi», où il donne les clés d'une difficile révolution mettant en cause le monde de l’IOR (l’Institut pour les œuvres de la religion), les mœurs de l’épiscopat, le comportement des évêques, cardinaux et prêtres qui sont loin de partager les goûts franciscains de leur charismatique leader.

La guerre est déclarée, et si François demande régulièrement aux fidèles de «prier pour lui», c'est qu’il n'est pas sûr de son issue. Mais si par hasard il réussissait à «créer un mécanisme de collégialité et co-participation des évêques, un désir incompressible de transparence, alors la figure du "pape empereur" passerait aux oubliettes de l’histoire. Et il serait impossible de la ressusciter». Vivant ou mort, François aurait alors gagné.

Marcelle Padovani nous livre ici une belle description de cet ouvrage où Marco Politi montre que dans le Vatican, mais aussi dans les conférences épiscopales et au niveau de l'Église universelle il existe des forces réactionnaires qui combattent les changements et craignaient un affaiblissement de la papauté. Le pape François est donc dangereux car il veut un débat ouvert dans l'Église et amener diverses propositions et options pour trouver un consensus, avec le souhait de renouveler l'Église.

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Lecture

Repost 0

Publié le 30 Août 2013

Cet ouvrage publie les textes de 3 conférences données par le père Joseph Moingt, en particulier celle de septembre 2010 à Blois. Joseph Moingt, jésuite, théologien, âgé de 97 ans, signe ici a été réalisé en collaboration avec Jean Housset, Gilles Lacroix et Guy de Longeaux, sous l'égide de l'association Chrétiens en recherche 41. Il faut signaler que depuis le succès de son dernier ouvrage, «Croire quand même», ce jésuite de 96 ans est invité à travers la France pour répondre à ceux qui s’inquiètent de l’avenir de l’Église. Il leur dit de rester, à ceux qui sont tentés de quitter l'Eglise. Après avoir lu «Croire quand même», des fidèles se sont sentis fortifiés dans leur foi et encouragés à rester dans l’Église. En 2011, ce livre forma des groupes de lecture à travers la France qui valurent à Joseph Moingt de nombreuses invitations à des conférences comme le montre La Croix.

Le concept de Faire bouger l'Église catholique est de préconiser une profonde mutation de l’Église en total décalage dans la société actuelle, et cela dans une large perspective. Ce livre pose ici les bonnes questions, et donne sans doute de meilleures réponses que notre hiérarchie.

Faut-il se résigner à voir l’Église catholique se replier sur elle-même, comme par un étrange effet de glaciation ? Peut-elle toujours être coupée à ce point des hommes d'aujourd'hui ? Non, répond le théologien Joseph Moingt, qui se livre ici à un plaidoyer sans complaisance pour que l’Église trouve un nouvel élan.

Un élan qui passe nécessairement par une mutation profonde : promouvoir des vraies communautés d'Évangile, comme le montre les expériences qu'il a vécu avec ces laïcs qui assistent à l'Eucharistie, mais qui ont aussi besoin d'être hors de leurs paroisses pour partager l'Évangile ou des Réinterprétations de vie, en gros l'Église a besoin de laïcs de plus en plus formés pour se sentir des chrétiens, et prendre leur responsabilité pour le destin de l'humanité, aussi en allégeant l'institution, offrir aux femmes une place digne de ce nom, pour y "instaurer liberté, altérité, égalité, coresponsabilité, cogestion" pour que la femme soit réellement l'avenir l'Église comme il le souhaite et revenir aux grandes intuitions du concile Vatican II qui voulaient favoriser une coopération étroite entre les clercs et les laïcs et appeler les laïcs à prendre de larges responsabilités chrétiennes au service de l’Évangile surtout, et dans l’évangélisation du monde, mais également à l’intérieur de l’Église : il y avait des paroles très fortes qui invitaient les évêques et les prêtres à prendre les conseils auprès des laïcs expérimentés.

N'est-ce pas le sens d'un authentique humanisme évangélique ? Il y a urgence à aller de l'avant. Il y a urgence à inscrire une nouvelle espérance, loin des peurs ou des crispations du passé. Comme il le disait lors d'une de ses conférences : «Il est urgent de repenser la foi chrétienne pour dire "Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme" dans le langage d'aujourd'hui, et en continuité avec la Tradition», pour confirmer que l'Église ne peut plus faire face à réponses dogmatiques.

Merci !

Faire bouger l'Église catholique

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Lecture

Repost 0

Publié le 2 Août 2013

Ever Ancient, Ever New : Structures of Communion in the Church (Paulist Press, USA) est un livre publié le 1er mai 2013 qui propose la valeur durable des structures traditionnelles au sein de l'Église. La structure patriarcale des églises d'Orient fournit un exemple de ce qui pourrait remédier à un problème de longue date due à la centralisation excessive dans l'Église catholique, un problème reconnu, entre autres, par Joseph Ratzinger et Yves Congar.

Le pouvoir administratif "très centralisé" dans la curie romaine a conduit à la frustration chez beaucoup de personnes au sein de l'Église catholique dans le monde, ainsi que pour d'autres confessions chrétiennes qui se méfient de la façon dont elles sont traités si formellement pour accepter la reconnaissance de la primauté pontificale. L'ancien président de la conférence des évêques des États-Unis (1977-1980), Mgr John R. Quinn dit qu'il y avait une préoccupation mondiale sur la conduite judiciaire, y compris dans les consultations locales "non significatives" concernant la nomination des évêques, inversant ou ignorant les actions des Conférences épiscopales, et s'immisçant dans les questions des églises locales.

L'archevêque émérite de San Francisco, suggère alors que des synodes régionaux prennent des décisions afin de décentraliser l'administration de l'Église. Ces synodes auraient le pouvoir de nomination des évêques, la création de diocèses, les questions de liturgie et d'autres questions pratiques purement catholiques. Bien que les réformes de la curie romaine sont nécessaires, il faut voir que les "structures patriarcales" et les "synodes délibératifs" peuvent contribuer à un meilleur exercice de la fonction du pape, d'autres pourraient aller plus loin, notamment sur des modifications des vérités doctrinales.

Ainsi, ces mesures, dit-il, seraient une implication séparant deux aspects du fonctionnement de la papauté : "l'unité de la foi et la communion" et celle de l'administration. Le pape aurait "le fardeau de la promotion de l'unité, de la collaboration et de la charité, mais l'administration de l'Église deviendrait plus régionale."

Il n'existe aucune doctrine de foi, selon Mgr Quinn, aucune disposition de droit canon qui empêcherait par défaut la création de nouvelles structures patriarcales dans l'église. Si le pape François veut redonner des couleurs à la collégialité, cet ouvrage pourrait lui donner des idées afin de la rendre réelle.

Merci !

Ever Ancient, Ever New : Structures of Communion in the Church

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Lecture

Repost 0

Publié le 26 Mars 2013

9782889260331Je vais vous parler d'un livre de Joël Pralong, un prêtre Suisse qui devrait être lu par tous les catholiques qu'ils soient pratiquants ou non, intitulé "Mais qui a dit que Dieu n'aimait pas les homos ?", publié dans les éditions Saint Augustin et Broché, le 28 février 2013 qui est en dehors de tous les préjugés religieux sur l'homosexualité.

 

Joël Pralong est Valaisan de pure souche, né à Salins, au cœur du Valais. Après une formation d’infirmier en psychiatrie de trois ans, et deux ans de pratique, il entreprend des études de théologie à Fribourg. Ordonné prêtre en 1984, il est nommé vicaire puis curé dans différentes paroisses du canton. Il se passionne pour l’écriture dès 2007, avec une envie de partager sa foi en Dieu et en l’homme. Ses publications sont le fruit de sa réflexion, cueilli sur le terrain de son expérience humaine et pastorale éclairée par de nombreux ouvrages. Il veut dire sa certitude que le Dieu de Jésus-Christ, loin d’enfermer l’homme dans des règles morales, lui offre, au contraire, un authentique chemin de libération et de guérison intérieure.

 

Alors que le débat social agite les esprits au sujet du mariage des personnes de même sexe, il a voulu emprunter un autre chemin, celui du cœur, en donnant la parole à ces hommes et à ces femmes étiquetés d'"homosexuels" qui, humblement et dans le silence, cheminent, avancent, se posent mille et une questions quant à leur identité, leur place dans la société et dans l'Eglise. En quête de sens et de bonheur.

 

En quête de spiritualité. En quête de Dieu. Ce livre, étayé de témoignages différents, est traversé de lumière, celle de l'espérance. Dans chaque récit, il a perçu la trace de Dieu, l'empreinte de l'Esprit, les pas de Celui qui, fidèlement, marche aux côtés des pauvres que nous sommes tous.

 

Les témoignages de ces hommes et de ces femmes homosexuels évoquent leur identité, leur foi catholique et leur place dans la société. L'auteur démontre ici que l'Evangile ne contient aucune parole discriminante envers les homosexuels, mais que le Christ appelle au contraire à la tolérance et à l'amour d'autrui, quel qu'il soit.

 

Il plaide pour un regard qui ne juge pas, car "on ne bâtit rien avec de la morale et des règles". Pour accueillir les plus fragiles, il souhaite que l'Eglise ouvre des espaces de dialogue, aussi parce que "les prêtres ont besoin d'être bousculés". Pour cet ancien infirmier en psychiatrie, "l’homosexualité constitue toujours un combat et très souvent une souffrance pour les concernés". Puisse ce petit livre faire changer de regard et donner à chacun la place auquel il a droit, sans étiquettes.

 

Une belle initiative que devrait faire les évêques en France, après tout c'est à la rencontre des paroissiens homosexuels que nous pouvons nous débarrasser de préjugés datés.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Lecture

Repost 0