reforme de l'eglise

Publié le 7 Septembre 2021

Inés San Martín nous montre dans cruxnow.com ce mardi 7 septembre que la réunion du Synode des évêques aura lieu en octobre 2023, mais l'événement débutera officiellement le mois prochain, avec un processus d'écoute, de dialogue et de discernement communautaire dans les églises locales. Le calendrier du Vatican pour le synode a été publié mardi lors d'une conférence de presse. Le Synode des évêques est l'une des institutions issues du Concile Vatican II. Bien que les réunions impliquent des religieux et des laïcs, seuls les clercs ont le droit de vote. Cela a lentement changé sous le pape François, et sœur Nathalie Becquart, qui, en tant que sous-secrétaire du secrétariat général du Synode des évêques, sera la première femme ayant le droit de vote au synode.

 

La synodalité a été un mot à la mode pendant le pontificat du pape François, mais le concept est encore relativement inconnu pour le catholique moyen. C'est pourquoi une grande partie du document publié mardi explique le processus et ses racines théologiques. La synodalité «est bien plus que la célébration de réunions ecclésiales et d'assemblées épiscopales, ou une simple question d'administration interne au sein de l'Église; c'est le modus vivendi et operandi spécifique de l'Église, Peuple de Dieu, qui révèle et donne corps à son être comme communion lorsque tous ses membres cheminent ensemble, se réunissent en assemblée et participent activement à sa mission évangélisatrice», comme le dit le document.

 

Les axes principaux d'une Église synodale sont la communion, la participation et la mission, sous la direction de l'Esprit Saint et à l'écoute de l'Écriture, poursuit-il. Le Vatican invite les églises locales à mener un processus d'écoute, dont les orientations ont été présentées dans un deuxième document, également publié mardi. Le cardinal Mario Grech, qui dirige le bureau du synode, a expliqué lors de la conférence de presse que le processus commencera officiellement le 9 octobre avec une messe célébrée par le pape François, avec des diocèses individuels appelés à commencer leur processus d'écoute une semaine plus tard.

 

D'ici le 10 avril 2022, après un processus de «prière et de réflexion», les églises locales produiront un document, qui ne pourra pas dépasser les 10 pages, et l'enverront à Rome. En septembre 2022, un document de travail appelé Instrumentum Laboris sera publié pour guider les assemblées synodales continentales et régionales, qui auront lieu avant mars 2023. Le résultat de ces assemblées sera également envoyé à Rome pour aider à guider la formation d'un deuxième Instrumentum Laboris pour l'assemblée proprement dite du Synode des évêques en octobre 2023. «Ce cheminement, qui s'inscrit dans le sillage du 'renouveau' de l'Église proposé par le Concile Vatican II, est à la fois un don et une tâche», dit le document. Parmi les «objectifs» du chemin que l'Église commencera à entreprendre, il faut examiner comment la responsabilité et le pouvoir sont gérés dans l'Église, «mettre en lumière et essayer de convertir les préjugés et les pratiques déformées qui ne sont pas enracinés dans l'Évangile».

 

Le document indique également que la pandémie de COVID-19 «a momentanément ravivé le sentiment que nous sommes une communauté mondiale, tous dans le même bateau, où les problèmes d'une personne sont les problèmes de tous», et que personne n'est sauvé seul, tout en faisant le les inégalités et les injustices déjà existantes «explosent». Cette situation, qui «unit toute la famille humaine» malgré les nombreuses différences qui la composent, «remet en cause la capacité de l'Église à accompagner les individus et les communautés».

 

Cependant, le document reconnaît que «nous ne pouvons pas nous cacher du fait que l'Église elle-même doit faire face au manque de foi et à la corruption même en elle», soulignant en particulier les souffrances vécues par les enfants et les personnes vulnérables en raison des abus sexuels du clergé et d'autres inconduites perpétrés «par un nombre important» de prêtres et de religieux. «Toute l'Église est appelée à faire face au poids d'une culture empreinte de cléricalisme qu'elle hérite de son histoire, et à ces formes d'exercice de l'autorité sur lesquelles se greffent les différents types d'abus (de pouvoir, économiques, de conscience, sexuels)», indique le document.

 

Le texte souligne également la nécessité d'accorder une attention particulière à la voix des femmes, ainsi qu'à celle des communautés chrétiennes qui vivent dans des pays où elles sont minoritaires et subissent souvent des persécutions et «assez souvent le martyre». «Si, d'une part, une mentalité sécularisée tend à expulser la religion de l'espace public, d'autre part, l'intégrisme religieux, sans respect pour les libertés d'autrui, alimente des formes d'intolérance et de violence qui se reflètent également dans la communauté chrétienne et dans ses relations avec la société», indique le document. Au cours de la conférence de presse, Grech a insisté sur le fait que sans le Saint-Esprit, le synode deviendrait un «jeu de camps» et la participation du «saint peuple de Dieu» deviendrait un «sondage d'opinion».

 

S'adressant aux journalistes, Grech leur a demandé de ne pas «restreindre le synode» en utilisant le mécanisme du «scoop» et des nouvelles sensationnelles. «Ce que le Saint-Père attend de ce Synode, c'est de mettre toute l'Église en condition de vivre une authentique expérience synodale, en adoptant l'attitude qui compte le plus dans une Église synodale : marcher ensemble.» Becquart a ajouté : "Nous réapprenons la synodalité, et l'un des principaux défis est qu'avec la synodalité, vous apprenez en faisant." «C'est un concept facile à mettre en mots, mais pas à mettre en pratique, et c'est la raison pour laquelle nous avons écrit le vade-mecum; parce que nous avons entendu qu'il y avait un besoin de directives pratiques pour les diocèses pour lancer ce processus», a-t-elle déclaré.

 

Attention «au mécanisme du scoop, de la nouvelle sensationnelle», a aussi lancé le cardinal maltais aux journalistes. Une manière d’affirmer que le processus ne devait pas uniquement être regardé sous l’angle des questions les plus médiatiques, comme le vote des femmes au synode des évêques et le «chemin synodal» entamé par les catholiques allemands, qui provoque la vive inquiétude de certains hauts responsables du Vatican. Deux questions sur lesquelles le cardinal Grech, interrogé mardi 7 septembre, a d’ailleurs refusé de se focaliser (https://www.la-croix.com/Religion/Le-pape-lance-Synode-imaginer-futur-different-lEglise-2021-09-07-1201174189).

 

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Publié le 6 Septembre 2021

«Pour une Église synodale : communauté, participation et mission», telle est la devise du Synode des évêques, dont le document préparatoire sera connu ce mardi comme le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org ce lundi 6 septembre 2021. Peut-elle devenir une réalité sans la participation effective des femmes, sur un pied d'égalité avec les hommes ? La Fédération allemande des femmes catholiques (KDFB) n'y croit pas, et c'est pourquoi elle a exhorté les responsables du synode, et le pape François, à garantir l'accès des femmes au droit de vote dans les assemblées synodales. Jusqu'à présent, on savait seulement que la sous-secrétaire du Synode, Nathalie Becquart, pourrait le faire. Et le reste ?

 

Ce week-end, rapporte Katholisch.de, l'Assemblée fédérale des déléguées de l'Association s'est prononcée en faveur de la participation égale des femmes au processus synodal de trois ans, qui devrait officiellement commencer à l'automne.  Sa présidente, Maria Flachsbarth, soutient qu'«il est absurde et inacceptable» que les femmes dans l'Église catholique continuent d'être exclues des processus de consultation et de décision qui touchent tous les croyants. "Cela contredit la thèse selon laquelle tous les baptisés ont la même dignité."

 

Pour cette raison, le KDFB a exigé que les fonctionnaires du Vatican officialisent le droit de vote pour les femmes et qu'il y ait une certaine parité entre les sexes dans la préparation des documents. Les experts ont déjà l'institution dans le domaine de la pastorale et de la théologie. Deux de ceux qui participeront, soit dit en passant, sont espagnoles : Cristina Inogés et Carmen Peña.

 

Les femmes catholiques en Allemagne n’ont pas tort de mettre la pression sur le pape et les pères synodaux pour enfin avoir le droit au chapitre et pour qu’aucune des décisions dans l’Église se fassent sans elle. Elles ont raison, car l’Église a toujours dépendu d’elles et cela pourrait mettre fin au cléricalisme.

 

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Publié le 27 Août 2021

katholisch.de nous montre ce vendredi 27 août 2021 que le journaliste et auteur irlandais Derek Scally a appelé les catholiques allemands à consacrer toutes leurs énergies à faire face aux abus sexuels dans leur Église. Les discussions sur les réformes du Chemin synodal ont absorbé l'énergie qui manque dans le processus d'acceptation. Scally écrit dans un article pour le magazine "Publik-Forum" (numéro du 27 août) que la voie des débats sur la réforme ne sera ouverte que lorsque les abus auront été traités avec succès.

 

Se tournant vers l'Irlande, il a parlé d'un «quart de siècle de révélations et de dissimulations d'abus religieux». Cela a brisé l'Église en Irlande. "Maintenant, elle se trouve au bord de la route de l'histoire comme une épave de voiture incendiée", a déclaré l'auteur du livre "The Best Catholics in the World ", qui a été publié au printemps. En Allemagne également, davantage de questions devraient être posées sur les structures d'abus et sur ce qui a rendu les religieux "si loyaux envers leurs frères et si insensibles à la souffrance des enfants violés". Scally a également demandé : «Pourquoi l'Église catholique est-elle autorisée à enquêter sur ses propres crimes ?»

 

Un avis que partage le jésuite Klaus Mertes, selon qui l'Église catholique manque d'un langage approprié pour traiter les abus sexuels. Mertes a écrit dans un article pour le magazine «Herder Korrespondenz» (septembre) que l'Église s'était «vu refuser des rôles familiers» par rapport aux personnes victimes d'abus. Un «langage compatissant» qui parle de «préoccupation pour les victimes», comme on l'appelle souvent dans les déclarations officielles de l'Église, n'est plus vrai, puisqu’en outre, "les agresseurs et les intimidateurs ont utilisé le langage de l'Église pour leurs actions et leurs omissions et les ont ainsi contaminés", a déclaré Mertes. «Le langage de l'Église déclenche désormais des traumatismes chez les personnes touchées. Il ne réconforte ni n'édifie plus», a souligné le jésuite de 67 ans. Mertes estime qu'un «organisme indépendant pour traiter les abus» dans l'Église catholique est nécessaire. "L'institution ne peut pas gérer seule les abus", écrit-il. Une autorité "de l'extérieur" est requise (https://www.katholisch.de/artikel/31033-mertes-kritisiert-kirchliche-mitleidssprache-bei-missbrauch).

 

2019, en Allemagne, est le point de départ est une crise de l'Église qui dure depuis des années, que le scandale des abus a exacerbée. Les principaux sujets du débat sont le pouvoir, le mode de vie sacerdotal et la moralité sexuelle, ainsi que le rôle des femmes dans l'Église. Fin septembre, les participants du Chemin synodal se réuniront pour la deuxième assemblée générale à Francfort. Le projet de réforme selon l'état actuel du planning prendra fin en février 2022.

 

Comme le montre katholisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/31020-schueller-kritisiert-luedecke-keine-alternative-zum-synodalen-weg) le sujet de la réforme  continue dans le Chemin synodal. L’avocat canoniste de Münster, Thomas Schüller, a critiqué son collègue de Bonn Norbert Lüdecke pour avoir qualifié le Chemin synodal de «tromperie» dans sa dernière publication. Schüller le voit également dans son article dans le "Kölner Stadt-Anzeiger" (jeudi) de manière critique que les résolutions du projet de réforme ne lient pas les évêques. Mais : "Quelles sont les alternatives au Chemin synodal en termes de contenu si vous voulez faire des progrès dans l'Église au moins dans la lutte contre les abus - pour les enfants et les jeunes tourmentés ?", a-t-il demandé.

 

Dans son livre "Die Täuschung: Haben Katholiken die Kirche, die sie verdienen?", Lüdecke a donné un très mauvais rapport au dialogue réformateur dans l'Église catholique en Allemagne. Les laïcs catholiques se sont trompés sur les intentions de la hiérarchie ecclésiastique, qui n'est pas prête pour de vraies réformes, selon le canoniste. Le président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), Thomas Sternberg, a également rejeté les critiques de Lüdecke. Schüller espère aussi de réels changements dans l'Église à travers le Chemin synodal. Les résolutions adoptées là-bas, telles que le contrôle du pouvoir et la moralité sexuelle, «avec un peu de chance, avec une grande majorité d'évêques allemands prêts à se réformer, initieraient des changements drastiques dans le système corrompu de l'Église catholique en grande partie masculin», a écrit le théologien. "Les Élises locales doivent dicter le rythme du changement à Rome." Les participants au Chemin synodal veulent se réunir pour la deuxième assemblée générale à Francfort fin septembre.

 

Quant à l'évêque de Münster Felix Genn, il est "sceptique" quant à une dispense de célibat pour les prêtres catholiques. "En tant qu'évêque, je vois aussi ma responsabilité envers l'Église mondiale", a-t-il justifié dans une interview aux journaux du groupe d'édition du diocèse (dimanche) à Osnabrück. Il a accepté que les gens ne deviennent pas prêtres parce qu'ils n'ont pas la vocation d'être célibataire. "Peut-être qu'alors ils choisiront une autre profession dans l'Église." Genn a dit qu'il ne devrait pas et ne devrait pas rester toujours le prêtre et partout en charge. Il ne faut pas non plus que les titulaires soient considérés comme inviolables, "en tant que personnes pour lesquelles il semble inconcevable qu'ils commettent également des erreurs massives et même des crimes". Selon l'évêque, le danger d'un tel excès est déjà nettement plus faible aujourd'hui qu'autrefois (https://www.katholisch.de/artikel/31017-bischof-genn-sieht-freistellung-des-zoelibats-skeptisch).

 

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Publié le 3 Août 2021

«La vocation de l’Église, plus encore son identité, c’est d’évangéliser», déclare le pape François dans sa vidéo de prière (Apostolat de la prière) du mois d’août, publiée le mardi 3 août 2021 comme nous le montre cath.ch. Dans ce message vidéo intitulé «L’Église en marche» et accompagné d’images de chrétiens du monde entier, le pontife souligne qu’il ne s’agit pas pour autant de faire du prosélytisme. Pour répondre à cette vocation, il faut partir d’un «discernement de la volonté de Dieu dans notre vie quotidienne», explique le pontife. Cette réforme, qui vise l’Église universelle, «passe par une réforme personnelle», insiste-t-il.

 

Le pape François demande à chaque chrétien d’avancer «à partir d’une expérience spirituelle, une expérience de prière, de charité, de service». Il plaide pour un «choix encore plus missionnaire, capable d’aller à la rencontre de l’autre», afin de transformer la structure de pour l’évangélisation du monde actuel. L’Église, rappelle encore l’évêque de Rome, a «toujours eu des difficultés, des crises […] parce qu’elle est vivante». «Seuls les morts n’ont pas de crise», a-t-il expliqué, avant de prier pour que l’Église reçoive la grâce du Saint-Esprit «de se réformer à la lumière de l’Évangile».

 

Ces déclarations du pontife interviennent un mois avant le lancement du grand chemin de discernement mondial sur la synodalité, qui débute dans tous les diocèses du monde en septembre. Ce dernier doit notamment se pencher sur la question du mode de gouvernance de l’Église catholique. Et elle peut changer grâce à des initiatives comme le montre cath.ch  (https://www.cath.ch/newsf/irene-gassmann-est-la-premiere-femme-a-precher-a-einsiedeln/) à travers la campagne œcuménique «Helvetia prêche» qui a invité les femmes engagées dans les Églises de Suisse à prêcher, le 1er août 2021. Des catholiques et des protestantes se sont prêtées à l’exercice dans plusieurs endroits du pays. Parmi elles, Irene Gassmann, prieure du couvent de Fahr qui  il y a quelques semaines, a demandé à Mgr Urban Federer, Abbé d’Einsiedeln, la permission de prêcher l’homélie du 1er août dans le monastère schwytzois. Et sa demande a été accueillie positivement et elle a commenté lors de la messe du dimanche 1er août, qui coïncidait, en 2021, avec la Fête nationale suisse.

 

Cette prédication d’une femme dans l’abbaye bénédictine était une première. Le couvent de Fahr forme avec l’abbaye territoriale d’Einsiedeln un monastère double. «Celui qui n’a pas peur de répondre peut demander n’importe quoi», a ainsi rappelé Irene Gassmann dans son homélie. Elle a estimé que sa démarche était «une première et en même temps un signe fort de notre histoire monastique commune de 900 ans». «Les questions peuvent nous faire avancer, grâce aux questions nous pouvons apprendre et grandir», a jugé la religieuse bénédictine. «Les lectures de ce dimanche nous encouragent à être ouverts à des réponses surprenantes». Irene Gassmann est engagée depuis de nombreuses années pour les droits des femmes dans l’Église.

 

Et ce changement peut marcher si beaucoup comme le jésuite Klaus Mertes appellent à plus de subsidiarité au sein de l'Église catholique. Selon lui, la mondialisation a accru la tendance à la centralisation, comme il l’a déclaré dans l'édition actuelle de l'hebdomadaire autrichien "Die Furche". Et "Le seul moyen de sortir de ce piège est de renforcer massivement les pouvoirs de décision subsidiaires pour que le sommet ne s'étouffe pas." Pour lui, ça doit être possible de prendre des décisions dans certains pays sans qu'elles soient adoptées globalement par l'Église. "Si tout n'est décidé que globalement et que toute pluralité culturelle est niée, alors l'Église se réduira à un noyau sectaire qui se considère comme la vraie Église." Certains considèrent qu'il s'agissait d'une réduction des effectifs, lui-même «une trahison de la mission de l'Église» (https://www.katholisch.de/artikel/30773-mertes-fordert-mehr-subsidiaritaet-innerhalb-der-katholischen-kirche).

 

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Publié le 22 Juillet 2021

«Toutes Apôtres !», un collectif catholique et féministe, souhaite ouvrir «un espace d’enquête et de propositions» pour améliorer la condition des femmes dans l’Église comme nous le montre SudOuest.fr avec l’AFP en ce jeudi 22 juillet 2021.

 

Pour améliorer la situation des femmes dans l’Église catholique, le collectif féministe «Toutes Apôtres !» a demandé jeudi la création d’une commission indépendante, dans une lettre remise à la Conférence des évêques de France. «Nous souhaitons voir s’ouvrir un espace d’enquête et de propositions», expliquent les membres de «Toutes Apôtres !», qui soulignent dans leur lettre les différences d’accès à des postes de responsabilité et les inégalités salariales.

 

Ce collectif est notamment composé de sept femmes qui avaient déposé leurs candidatures l’an dernier pour accéder à des fonctions qui leur sont interdites dans la tradition catholique romaine. C’est le cas de Sylvaine Landrivon, 65 ans, qui aspire à devenir évêque. «L’Église catholique, sans les femmes elle tombe», affirme-t-elle, en appelant à la création d’une commission indépendante pour «faire un état des lieux» de la situation des femmes au sein de l’Église.

 

Cette docteur en théologie dénonce une «espèce d’omerta» et insiste sur la nécessité de donner la parole aux femmes pour briser le silence. Même argument pour Loan Rocher, une femme transgenre qui a posé sa candidature pour être ordonnée diacre. «Et si on écoutait les femmes ?», plaide-t-elle en résumant son combat en trois mots : «Égalité, parité, équité».

 

L’objectif de la commission demandée par «Toutes Apôtres !» est de «documenter une réalité» qui échappe aujourd’hui à la connaissance de l’Église pour pouvoir poser un «diagnostic partagé», selon le communiqué de l’association. Le projet veut s’inspirer de la Ciase, la Commission indépendante qui enquête sur les agressions sexuelles sur mineurs dans l’Église. Une instance qui a lancé un appel à témoignages en juin 2019 et qui doit rendre public son rapport fin septembre.

 

Mercredi soir, le collectif a organisé une soirée de prière interreligieuse pour «l’égalité des femmes et des personnes discriminées» au sein des différentes religions, à l’église Notre-Dame d’Espérance, à Paris (XIe). Plusieurs représentantes des confessions catholique, juive, protestante, bouddhiste et musulmane étaient présentes, comme Iris Ferreira, la première femme rabbin ordonnée en France le 4 juillet 2021. Venue pour soutenir les membres de "Toutes Apôtres !" dans leur démarche, Iris Ferreira se bat pour "une plus grande représentativité des femmes et des minorités dans l'ensemble des religions" (https://www.bfmtv.com/societe/religions/place-des-femmes-dans-l-eglise-un-collectif-catholique-et-feministe-demande-une-commission_AD-202107220280.html).

 

Et il serait grand temps que l’Église ouvre les yeux, car comme le dit Anne Soupa qui souhaite «des regards neufs enquêtent sur la manière dont sont traitées les femmes» dans L’OBS (https://www.nouvelobs.com/idees/20210722.OBS46809/tribune-pour-une-commission-d-enquete-sur-la-situation-des-femmes-dans-l-eglise-catholique-par-anne-soupa.html) : «Nombre de prêtres et de religieux s’affichent sans détour : ils plaignent les femmes et favorisent leurs initiatives. Au cours de messes, des membres de notre collectif plaident leur cause au micro et sont applaudies par l’assemblée, ce qui tranche avec la réserve habituelle. Et même la Conférence des Evêques de France nomme une femme porte-parole.»

 

Et «Rome persiste à considérer que «la femme» a «une vocation» (alors qu’elle n’en attribue aucune aux hommes), celle d’être épouse et mère. Ayant déjà «la plus belle part», elle n’a rien de mieux à désirer.» Il faut dire que «Ce divorce entre une opinion catholique qui change et une institution qui se bouche les oreilles est lourd de conséquences. Il discrédite l’institution et fait fuir les femmes. La seule issue honorable nous semble être, comme pour les abus sexuels, d’aller y voir de plus près.»La solution la plus raisonnable est la demande de la création d’une commission analogue à la commission Sauvé, «aussi indépendante, aussi compétente, aussi respectée qu’elle. Son rôle ne devrait pas tant être de s’interroger sur le bien-fondé de la «vocation» des femmes, que de pointer les conséquences de cette idéologie sur l’existence des femmes.» Et «Cette commission indépendante ferait remonter la parole des femmes sur elles-mêmes, ce qui, je le dis avec la honte au visage, ne s’est jamais encore produit dans l’Église. La démarche synodale allemande a inclus la question des femmes dans ses priorités. Pourquoi les évêques français la refuseraient-ils ?»

 

L’Église doit faire face à son histoire, car le mouvement de Jésus s'est rapidement répandu dans tout l'Empire romain grâce à l'initiative de femmes prophètes, évangélistes, missionnaires, chefs d'églises de maison et veuves, et au soutien financier de femmes d'affaires chrétiennes telles que Marie de Magdala et Jeanne (Luc 8,1-3) comme ainsi que Lydie (Actes 16,11-40), Phoebe (Romains 16,1-2), Olympias, une diacre du IVe siècle (dont le jour de fête est le 25 juillet) et d'autres (https://www.ncronline.org/news/opinion/simply-spirit/women-believers-changed-roman-empire-now-we-must-change-roman-church).

 

On peut aussi comprendre cet empressement de «Toutes Apôtres !», car les signes sont tout sauf porteur d’une ouverture aux femmes puisqu’une nouvelle commission sur le diaconat féminin a été nommée et plusieurs membres du nouveau groupe se sont publiquement opposés à l'idée d'un diaconat féminin (https://www.ncronline.org/news/opinion/simply-spirit/women-believers-changed-roman-empire-now-we-must-change-roman-church).

 

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Publié le 7 Juillet 2021

Martin Scorsese fait du jésuite James Martin une "star" de cinéma et un modèle

Jordi Pacheco nous montre ce mercredi 7 juillet 2021 sur religiondigital.org que la caméra défile lentement sur des photos de visages; James Martin (né à Plymouth Meeting, Pennsylvanie, 1960) parle de l'extérieur des portraits des victimes de la plus grande fusillade contre les gays, les lesbiennes et les transsexuels de l'histoire des États-Unis, avec 49 morts. Le jésuite a été frappé par "le détachement de l'Église catholique" après l'attentat de la discothèque "Pulse", à Orlando, en 2016. « Dans d'autres tragédies par armes à feu, les évêques américains et les évêques locaux diront que nous sommes aux côtés des victimes, où que ce soit. Je ne pouvais pas croire qu'il n'y avait qu'une poignée d'évêques qui disaient quoi que ce soit. C'était à l'époque la plus grande fusillade de masse de l'histoire des États-Unis. Et ils se taisaient» (https://www.rollingstone.com/movies/movie-features/pulse-shooting-father-james-martin-building-a-bridge-doc-1185149/). C'est ce qu'il avoue dans Building a Bridge, un film d'Evan Mascagni et Shannon Post qui est produit par Martin Scorsese. Le film est basé sur le livre Building a Bridge (Messenger, 2018), de Martin lui-même et a été présenté en première mi-juin au «Tribeca Film Festival» à New York.

 

La "réponse tiède" de l'évêché américain au massacre fut ce qui fit réfléchir Martin. "Ces personnes sont invisibles pour l'Église même dans la mort", déclare le rédacteur en chef du magazine jésuite America, dans une interview au portail Katholisch.de. Ce silence est devenu un tournant dans le ministère du père Martin : «Cela m'a vraiment mis en colère que même dans la mort, ces personnes étaient en grande partie invisibles pour l'Église». Building a Bridge documente avec force ses efforts pour changer cela, pour diffuser un message d'inclusivité dans une tradition religieuse qui a longtemps considéré l'homosexualité comme une «abomination» (https://www.rollingstone.com/movies/movie-features/pulse-shooting-father-james-martin-building-a-bridge-doc-1185149/).

 

Heureusement, Scorsese a découvert le projet par les réalisateurs Evan Mascagni et Shannon Post et a accepté d'y collaborer. Pour le grand cinéaste américain, non en vain, le rapport à l'Église est une question vitale. Le cinéaste catholique, qui jadis voulait être prêtre, déchaînait déjà des tempêtes de protestation parmi les croyants en 1983 avec son film La dernière tentation du Christ. Plus de trois décennies plus tard, Building a Bridge, provoque à nouveau l'Église américaine, majoritairement conservatrice.

 

Dans le film, le prêtre de 60 ans est dépeint comme quelqu'un qui respecte les personnes qui s'identifient comme "queer". Il connaît par de nombreuses rencontres personnelles la réalité souvent exaspérante de la vie des membres des minorités sexuelles. Il considère que le rôle de l'Église est d'atteindre tous ceux qui sont touchés. "Comme Jésus nous le demande, avec amour et miséricorde." Pour ce live, il recevra des attaques personnelles, qu’il reçoit toujours en ligne quotidiennement, et parfois en personne (https://www.ncronline.org/news/culture/fr-james-martin-lgbt-ministry-love-most-important-church-teaching). Dans la deuxième édition de son livre, Martin a révisé sa thèse selon laquelle les mouvements LGBTQ et l'Église devraient se tendre la main. Cela a été critiqué par de nombreux gays et lesbiennes. Maintenant, le jésuite est convaincu que l'Église a un plus long chemin à parcourir sur la voie du rapprochement. Parce que cela a une part dans le fait que les LGBTQ sont poussés à la marge.

 

Martin est encouragé par le respect que le pape François lui a témoigné après la première du film. Le pontife a remercié Martin pour son engagement dans un message personnel de sa propre main. Sans citer nommément la communauté catholique LGBTI, le pape François a fait l'éloge du jésuite : "Tu es un prêtre pour tout le monde. Je prie pour que tu continues sur cette voie." Des propos qui tranchent avec le sentiment général de l'épiscopat américain, réticent aux positions de Martin. En ce sens, il y a des évêques comme celui du Texas, Joseph E. Strickland, qui exhorte les curés de son diocèse à traiter les membres des minorités sexuelles qui ne vivent pas chastement comme des pécheurs.

 

Dès 2017, le pape François a nommé Martin conseiller du Vatican pour sa défense des catholiques LGBTI. Quelques évêques américains se sont également montrés ouverts à leur objectif d'ouvrir davantage l'Église aux gays et aux lesbiennes. Ces partisans comprennent, entre autres, l'évêque de Lexington dans le Kentucky, John Stowe. Building a Bridge documente de manière vivante cette réalité complexe à travers des témoignages de part et d'autre.

 

Comme le montre le film, le père Martin ne conteste aucun enseignement de l'Église. En fait, il essaie d'amener les gens à prêter attention à l'enseignement le plus important de l'Église, qui est le message d'amour de Jésus. Il pense que trop souvent, nous avons tendance à dire que l'enseignement de l'Église équivaut à ces trois lignes du catéchisme sur les personnes LGBTQ ou sur les homosexuels. L'enseignement de l'Église ne se résume pas à quelques lignes. C'est l'exemple de Jésus. Et en Jésus, il voit quelqu'un qui tend constamment la main aux personnes marginales. Pour lui, c'est le plus fondamental des enseignements de l'Église. Il pense que c'est celui que nous oublions le plus (https://www.ncronline.org/news/culture/fr-james-martin-lgbt-ministry-love-most-important-church-teaching).

 

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Publié le 11 Juin 2021

vaticannews.va nous montre que promulguée ce vendredi 11 juin 2021 par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie et approuvée par le pape, cette mesure qui prendra effet dans trois mois, vise à promouvoir une saine rotation des postes gouvernementaux, afin que l'autorité soit un authentique service de la communion contre le risque de personnalisation et d'abus. Il sera contraignant pour toutes les associations de fidèles et autres entités reconnues ou érigées par le Dicastère.

 

La note souligne qu’«il n'est pas rare que l'absence de limites aux mandats du gouvernement favorise, chez ceux qui sont appelés à gouverner, des formes d'appropriation du charisme, de personnalisme, de centralisation des fonctions ainsi que des expressions d'autoréférentialité, qui provoquent facilement de graves violations de la dignité et de la liberté de la personne et, même, de véritables abus. Un mauvais exercice de la gouvernance crée inévitablement des conflits et des tensions qui blessent la communion, affaiblissant l'élan missionnaire», est-il indiqué.

 

D'autre part, l'expérience a montré que «le changement générationnel des organes de direction, à travers la rotation des responsabilités directives, apporte de grands bénéfices à la vitalité de l'association: c'est une occasion de croissance créative et un encouragement pour l'investissement dans la formation; cela revigore la fidélité au charisme; cela donne du souffle et de l'efficacité à l'interprétation des signes des temps; cela encourage des formes nouvelles et actuelles d'action missionnaire».

 

Des dispenses demeurent possibles pour les fondateurs, car le Dicastère, «conscient du rôle clé joué par les fondateurs, se réserve le droit de les dispenser des limites établies pour les mandats» (art. 5 du décret), toutefois seulement «s'il le juge opportun pour le développement et la stabilité de l'association ou de l'entité, et si cette dispense correspond à la volonté claire de l'organe central de gouvernement».

 

Dans un article pour L'Osservatore Romano, le père jésuite Ulrich Rhode, doyen de la faculté de droit canonique de l'Université pontificale grégorienne et consultant auprès du Dicastère, souligne que, outre les 109 entités reconnues ou érigées par le Dicastère, le décret (à l'exception de l'art. 3) s'applique également aux autres entités soumises à la supervision du Dicastère, notamment le Chemin Néocatéchuménal, l'Organisation internationale de service du système des cellules paroissiales d'évangélisation, l'Organisation mondiale des Cursillos de Cristiandad et le Service international du Renouveau charismatique catholique (Charis).

 

Le père Rhode explique que ce décret va obliger certains mouvements ecclésiaux à réformer leur organisation: «On peut s'attendre à ce que de nombreuses associations doivent convoquer une assemblée générale pour décider des modifications à apporter aux statuts à soumettre au Dicastère pour l'approbation nécessaire. Une urgence particulière existe pour les associations dans lesquelles les limites prévues par le décret ont déjà été dépassées ou seront dépassées pendant la période du mandat actuel.»

 

Autrefois décrites par un haut responsable du Vatican comme «les grossesses non planifiées» de l'Église catholique, les mouvements et associations de laïcs pendant des décennies ont été une épine dans le pied du Vatican en raison des révélations en cours de diverses formes d'abus de la part d'un groupe de fondateurs laïcs. Pendant des années, une grande partie du blâme pour ne pas avoir reconnu la double vie de fondateurs tels que le laïc péruvien Luis Fernando Figari de la Sodalitium Christianae Vitae ou le laïc italien Piero Alfio Capuna, également connu sous le nom de « l'Archange»  qui dirigea l'Association Culture et Environnement (ACCA), est l'absence d'un mécanisme de contrôle clair, étant donné que les associations sont dirigées par des laïcs plutôt que par des clercs, et ne sont donc pas directement soumises à l'autorité des évêques locaux où elles opèrent. Le Vatican se devait de réagir et ces nouvelles normes font suite à la publication récente d'une version révisée du code pénal du Vatican, qui comprend de nouvelles dispositions pour les religieux et les laïcs non ordonnés, comme un catéchiste ou le chef d'un mouvement laïc, au lieu de simples prêtres (https://cruxnow.com/vatican/2021/06/vatican-tightens-grip-on-lay-movements-after-recent-scandals/).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Réforme de l'Église

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