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Publié le 19 Avril 2019

la-Croix.com avec l’AFP nous montrent ce vendredi 19 avril 2019 que des centaines d'hommes pieds nus se sont flagellés, et une dizaine ont été cloués sur des croix lors des cérémonies du Vendredi saint aux très catholiques Philippines, un témoignage de foi aussi sanglant qu'extrême, mais non cautionné par l’Église qui estime elle que les fidèles devraient passer le Carême dans la prière et la réflexion, pour ceux qui croient que la souffrance peut permettre d'expier les péchés ou d'obtenir une intervention divine. Un spectacle gore et une attraction touristique majeure.

 

Jésus n’a jamais porté nos fautes sur ses épaules, il n’a été qu’un de ses nombreux messies ratés, et n’a jamais demandé qu’on l’imite, poussant ses disciples à fuir les persécutions (Matthieu 10,23). En réalité, la crucifixion était une mort brutale et ignoble, celle des esclaves en fuite, des criminels et des révoltés contre Rome. Un supplice atroce que l’on ne souhaite à personne.

 

Devant l’autorité d’occupation, les autorités sacerdotales présentent une accusation recevable : il est messie, au sens politique, ou roi, et donc dangereux pour l’ordre impérial. Ponce Pilate n’est pas un tendre, il décide du supplice de la croix, largement pratiqué par les romains. Pilate l’a crucifié à l’évidence pour un motif politique. Les autorités romaines ont condamné un messie, un prétendant à la royauté, décision qui trouve sa confirmation dans la scène de la dérision qui a eu lieu dans les quartiers des soldats. Il annonçait l’avènement d’un royaume et était perçu comme un souverain. Sur la croix s’inscrivent «INRI», abréviation de la phrase latine Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdaeorvm (Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs) (https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Jesus-retour-sources-2019-04-04-1201013405, https://www.sudouest.fr/2018/12/20/peut-on-savoir-qui-etait-reellement-jesus-5670541-10275.php, https://theconversation.com/les-multiples-visages-de-jesus-de-nazareth-109471).

 

La crucifixion était en effet une véritable mise en scène publique, d’une brutalité et d’un sadisme inouïs, qui avait pour but de réduire à néant le condamné à mort et de détruire son honneur et celui des siens, même au-delà de sa mort – une expression puissante du système politique oppressif de l’Empire romain. Dans le supplice de la crucifixion, l’exposition du criminel était l’élément central de la scénarisation du châtiment. Les croix était érigées dans un lieu public, dans le cas de Jésus, sur un mamelon rocheux appelé Golgotha. Le condamné était nu, le comble de l’humiliation. Il était cloué aux avant-bras, ou bien les bras attachés à l’arrière de la traverse (patibulum) que le condamné portait jusqu’au lieu de l’exécution ce que n’a pas fait Jésus, puisqu’on réquisitionna Simon de Cyrène pour le faire à sa place, et les talons du supplicié étaient cloués sur le côté chacun par un clou de 11,5 cm de long. Le condamné finit par mourir d’asphyxie, le corps tétanisé de douleur. Quant à la flagellation, elle fait partie intégrante de la condamnation, et elle était exécutée en public, impressionnant ceux qui devaient y assister (Marie-Françoise Baslez, Bible et Histoire, Fayard, 1998, et Jésus : Dictionnaire historique des évangiles, Omnibus, 2017, et https://www.tdg.ch/vivre/histoire/Les-plus-anciens-textes-chretiens-ne-parlent-pas-d-un-tombeau-vide/story/29709234).

 

Pilate donna son autorisation pour enlever le corps de la croix. La découverte d’un archéologiques d’un reste d’un crucifié dans un ossuaire familial corrobore les témoignages des écrivains juifs de l’époque et confirme que les corps d’un condamné pouvaient être rendus à leur proche pour faire l’objet de funérailles décentes. C’est ainsi que les évangiles justifient l’initiative de Joseph d’Arimathie, auprès de Pilate, pour donner à Jésus une tombe convenable, incluant toilette du corps et embaumement. L’initiative viendrait des notables juifs, car la Torah interdit de laisser des corps pendus pendant la nuit (Marie-Françoise Baslez, Jésus : Dictionnaire historique des évangiles, Omnibus, 2017).

 

Et vaticannew.va (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2019-04/synthese-chemin-de-croix-colisee-soeur-eugenia-bonetti.html) nous montre que la “Via Crucis” au Colisée est dédiée aux nouveaux crucifiés d’aujourd’hui. «Avec le Christ et avec les femmes sur la voie de la croix» : c’est sur cet axe que sœur Eugenia Bonetti, missionnaire de la Consolata, a élaboré les méditations du Vendredi Saint au Colisée. Ses 14 stations évoquent les victimes de la traite, les mineurs victimes de la marchandisation, les femmes contraintes à la prostitution, les migrants… Ils sont les nouveaux crucifiés qui doivent réveiller les consciences de tous, en amenant ceux qui prennent des responsabilités à écouter le cri des pauvres, à nous montrer que ne savons plus secourir celui qui est dans le besoin, que l’argent, le bien-être et le pouvoir, les idoles de tout temps, et que la mort et la résurrection sont des enseignements de vie.

 

Jésus est mort seul dans la douleur, quelques galiléennes fidèles restèrent à ses côtés. Tout était fini. Mais son combat continue, car la foi en Dieu, la loyauté envers Dieu, implique de confronter et de contester les nombreuses sources de misères et de souffrances humaines inutiles, dont la plupart viennent des systèmes sociaux injustes et violents créés par l'homme. C'était le cœur des luttes de Jésus. Il a été exécuté par les puissances qui gouvernait son monde parce qu’il était devenu un critique radical de la situation actuelle. Les chrétiens sont appelés à participer à sa passion pour un monde différent.

 

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Publié le 18 Avril 2019

Nicolas Senèze, à Rome, nous montre sur la-Croix.com la première étape du Triduum pascal, durant laquelle le pape a célébré la messe chrismale, Jeudi saint matin 18 avril 2019 en la basilique Saint-Pierre de Rome, appelant les prêtres à la «proximité avec le peuple» et à ne pas perdre le «contact direct avec les gens».

 

Cela ne sera possible qu’avec un véritable changement, comme le montre  Sophie Maréchal sur la-Croix.com ce jeudi (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/Larcheveque-Dublin-appelle-changement-lEglise-2019-04-18-1201016632?from_univers=lacroix) dans son homélie prononcée pour la messe chrismale, l’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, appelle l’Église irlandaise à s’adapter au changement de la société et à accroître la coopération entre laïcs et prêtres. Pour s’adapter à cette donnée sociale et affronter la tempête que traverse l’Église, l’archevêque de Dublin encourage les initiatives de réflexion. Mgr Martin appelle également au renouveau des relations entre prêtres et laïcs, répondant à «un besoin de nouvelles formes de coopération» qui fait «consensus». «Le défi pour le diocèse est de mobiliser et de faciliter l’envie de beaucoup de laïcs de prendre les responsabilités impliquées par leur baptême.» Il a également salué l’investissement croissant des paroissiens, notamment dans la catéchèse. Toutes ces initiatives et ces questionnements redonnent à l’Église un nouveau souffle, selon l’archevêque de Dublin.

 

Un avis que partage aussi Mgr Michel Aupetit dans ses propos recueillis par Bruno Bouvet et Claire Lesegretain dans la-Croix.com ce jeudi (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Mgr-Michel-Aupetit-Donner-Notre-Dame-cest-donner-coeur-2019-04-18-1201016644?from_univers=lacroix). Heureux de l’élan de solidarité mondiale pour reconstruire «sa» cathédrale, l’archevêque de Paris affirme que Dieu tire toujours le bien d’un mal. Convaincu que l’on saura rebâtir l’édifice de pierres, il appelle aussi à relever l’Église, après la crise des abus sexuels de ces dernières années.

 

Cette d’envie de changement prônée par l’archevêque a été visible mercredi. Venus en nombre, mercredi 17 avril, participer à la messe chrismale, délocalisée à Saint-Sulpice à la suite de l’incendie de Notre-Dame, les catholiques parisiens veulent saisir «l’élan» donné par cet événement pour «reconstruire» l’Église, comme cela sera nécessaire pour la cathédrale ravagée par les flammes (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Paris-A-messe-chrismale-reveil-chretiens-rebatir-lEglise-2019-04-17-1201016464?from_univers=lacroix).

 

Cette envie de changement, Jésus la désirait lors du jeudi 6 avril 30. Son ultime tentative pour amener les autorités religieuses à accueillir son message fut vaine, car elles avaient déjà pris la décision de le faire mourir. Pour s’en débarrasser rapidement, elles résolurent de profiter de sa présence à Jérusalem pour la fête, de se saisir de lui par surprise, de le juger et de le faire exécuter par les autorités romaines avant qu’il ne quitte la ville. Jésus sentit l’étau se resserrer sur lui, mais il fit face à ses adversaires (https://theconversation.com/les-multiples-visages-de-jesus-de-nazareth-109471).

 

Après un dernier repas festif de Pâques, où il fait un geste symbolique sur le pain et le vin, et de ce repas une alternative neuve et radicale face au système du Temple, où le service du Royaume de Dieu serait lié à l’expérience fraternelle d’un repas, qui sera démontré par le geste des lavements de pieds fait par Jésus à ses disciples, où il se met pareil aux esclaves et aux serviteurs, tout en poussant Judas à le remettre aux autorités pensant qu’elles vont enfin le reconnaître comme roi des Juifs (José Antonio Pagola, Jésus. Approche historique, Éditions Cerf, 2012).

 

Il se rend ensuite au mont des Oliviers pour y prier, pensant que le Règne de Dieu va arriver comme dans Zacharie 14, mais il est arrêté par les soldats du Temple guidés par Judas et mené devant les autorités juives (mais pas le Sanhédrin, qui ne siégeait pas la nuit), où il reçoit un interrogatoire informel pour savoir quels motifs avancer devant Pilate, et il semble que c’est ses prétentions messianiques qui ont été retenues (Daniel Marguerat, Enrico Norelli et Jean-Michel Poffet, Jésus de Nazareth : nouvelles approches d'une énigme, Labor et Fides, 1998, Mireille Hadas-Lebel, Une histoire du Messie, Albin Michel, 2014, et https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Jesus-retour-sources-2019-04-04-1201013405).

 

Le Royaume de Dieu n’est pas venu, Jésus ne s’est pas fait reconnaître roi les autorités sacerdotales et il est mené au petit matin devant le terrible préfet de Judée, Ponce Pilate. Et le changement voulu par Jésus semblait compromis, mais l’histoire sait aussi réserver des surprises. Qui sait ? Pour nous aussi.

 

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Publié le 23 Décembre 2018

Le pape a aujourd’hui vu la Visitation comme «Une rencontre qui ne va sur des prodiges étonnants, mais de la foi et de la charité», où «La visite de l'Évangile de Marie à Élisabeth ... nous prépare à bien vivre Noël, communiquant le dynamisme de la foi et de la charité.» Ce dynamisme est pour le pape l’œuvre de l’Esprit Saint, «Un dynamisme plein de joie, comme on le voit dans la rencontre entre les deux mères, qui est un hymne de joie de joie du Seigneur, qui fait de grandes choses avec les petits qui lui font confiance.»

 

Comme le montre François Bovon, dans L'Évangile selon saint Luc (1,1-9,50), aux éditions Labor et Fides, en 2007, dans le récit de la Visitation (Luc 1, 39-45), l’évangile de Luc couple la tradition de Jean-Baptiste à Jésus. C’est Marie qui rend visite à Elisabeth à qui «elle est apparentée» et la salue, et l’attention est portée sur cette dernière, mais avec le mouvement de Jean dans le ventre de sa mère, l’attention se retourne vers Marie. Dès le ventre de sa mère, le Baptiste prend son rôle de prophète et de précurseur.

 

Jésus est au centre de la scène, d‘autant plus qu’Elisabeth fait de Marie et de Jésus un objet de louange. Remplie de l’Esprit Saint, son exclamation joyeuse, et le mouvement de Jésus dans le ventre de sa mère fait entrevoir l’aube du salut. Quand cette dernière dit qu’elle est «bénie entre toutes les femmes», cela rappelle que la bénédiction est donné pour tous ceux qui accomplissent une mission de Dieu. Mais à travers une femme, Dieu bénit des personnes marginales et étrangères au sacerdoce.

 

Si Dieu bénit des personnes marginales et étrangères au sacerdoce, alors la Visitation de Marie à Elisabeth montre que c’est les femmes qui ont cru aux annonces qui leur ont été faites, contrairement à Zacharie et à Joseph, et dans leur rôle de prophétesses elles annoncent la libération prochaine d’Israël des Romains et de leurs collaborateurs.

 

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Publié le 25 Novembre 2018

Un royaume qui n'est pas de ce monde ?

Comme le montre Jesús Bastante sur periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/vaticano/2018/11/25/francisco-los-reinos-basados-en-el-poder-de-las-armas-y-la-prevaricacion-son-fragiles-y-que-tarde-o-tempano-de-derrumban-religion-iglesia-vaticano-angelus.shtml) durant un matin pluvieux sur la Place Saint-Pierre, le pape François a célébré la solennité du Christ Roi ce dimanche 25 novembre 2018 avec un appel à partir de Jean 18, 33-37 à différencier les royaumes de l’histoire de ceux marqués par Jésus. "Jésus n'a pas d'ambition politique", a déclaré Bergoglio, ajoutant que "l'histoire nous enseigne que les royaumes, fondés sur le pouvoir des armes et la prévarication, sont fragiles et s'effondrent tôt ou tard". Pour le pape "au- delà du pouvoir politique, il existe un pouvoir beaucoup plus grand, qui ne peut être atteint par des moyens humains." Il est venu sur terre pour exercer ce pouvoir, qui est l’amour, témoin de la vérité. Donc, "la vérité divine, qui est le message essentiel de l'Évangile, c’est Dieu est amour et il veut établir dans le monde son règne d'amour, de justice et de paix". Ainsi, "nous ne suivons pas la logique du monde et de ses rois", a-t-il déclaré.

 

"C’est le royaume dont Jésus est le roi, celui qui s’étend jusqu’à la fin des temps", a souligné Bergoglio, qui a insisté sur le fait que, face à la logique des gouvernements des hommes, "le royaume de Dieu est fondé sur son amour, et enraciné dans les cœurs, conférant à ceux qui reçoivent la paix, la liberté et la plénitude de la vie." "Et nous voulons tous paix, liberté et accomplissement, comment cela se passe-t-il ? Laissez l'amour de Dieu, l'amour de Jésus, s'enraciner dans votre cœur, et vous aurez la paix, la liberté et l'accomplissement", a conclu le pape en se rappelant que "Jésus nous a demandé de lui permettre de devenir notre roi qui, avec sa parole et sa vie incarnée dans la croix, nous a sauvés", car "il donne une nouvelle lumière à notre existence, marquée par le doute, peur et épreuves quotidiennes, mais il ne faut pas oublier que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde."

 

Poussons plus loin cette réflexion. Jésus aurait dit à Pilate : «Mon royaume n'est pas de ce monde» (Jean 18, 36). Reza Aslan dans son livre Le Zélote aux éditions Les Arènes en 2013 montre que cette traduction est ambiguë par rapport au grec original, et la phrase ouk estin ek tou kosmou serait plutôt «ne fait pas partie de cet ordre / système [de gouvernement]». Donc, Jésus n’affirme pas que son royaume situe ailleurs, mais qu’il ne fait partie d’aucun type de gouvernement sur terre. Donald Senior de la Catholic Theological Union, à Chicago (États-Unis), dans l’article Qui est responsable de la mort de Jésus dans Jésus, L’encyclopédie sous la direction de Joseph Doré aux éditions Albin Michel en 2017, nous livre une autre interprétation et montre que si Jésus interrogé par Pilate lui dit que son royaume n’est «pas de ce monde», c’est qu’il n’est pas un royaume terrestre comme le voit le préfet de Judée, ce n’est pas une opposition entre «ciel» et «terre», mais entre le royaume que propose Jésus et celui des gouvernements séculiers.

 

Alors quel est ce royaume si différent des autres ? Adriana Desto et Mauro Pesce, de l’université de Bologne (Italie), dans leur article Jésus était-il un révolutionnaire politique ?, provenant de leur participation à l’ouvrage Jésus de Nazareth : Études contemporaines de Labor et Fides en 2017, nous montrent que ce royaume qu’annonçait Jésus ne pouvait venir que sur le renversement de l’injustice et le châtiment de la classe dirigeante (ce qu’annoncent les Béatitudes). De plus, ce Christ roi se rangeait du côté du pauvre, dénonçait la richesse comme ennemie de Dieu, prévoyait la remise des dettes, dénonçait la conduite envers les femmes (le refus de la répudiation), et accordait peu d’importances aux normes rituelles poussives des prêtres de Jérusalem. Cela laissait imaginer un renversement de l’ordre social et suscitait l’hostilité des élites.

 

Jésus poursuit : «Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici» (Jean 18,36). Adriana Desto et Mauro Pesce confirment que le but de Jésus est d’attendre que Dieu instaure son royaume et fasse commencer la justice, et il espére son avènement immédiat. Il n’envisage l’instauration du royaume que par l’intervention de Dieu. Comme le signale Robert J. Hutchinson dans son livre Jésus, Enquête historique aux éditions Salvator en 2017, son royaume n’allait pas s’imposer par les armes contre les Romains mais grâce à d’innombrables actes de miséricorde, d’aide et de réconfort, que Jésus invitait ses disciples à mettre en pratique. Ses actes montraient comment allait être le royaume : s’entretenir avec les Samaritains et les Romains haïs de tous, organiser des banquets publics dont les hôtes d’honneurs sont les sans-abris et les démunis, manger avec les collecteurs d’impôts et les pêcheurs. Tous sont bienvenus dans le Royaume.

 

Puis dans Jean 18, 37, Pilate lui dit : "Donc tu es roi ?" Jésus répondit : "Tu le dis : je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix." Donald Senior montre que cette réponse de Jésus à Pilate délivre un message bien plus simple qu’on pourrait le croire, puisque la mission de Jésus est d’annoncer l’amour rédempteur de Dieu pour le monde, d’où l’incompréhension de Pilate. Comme le disent Jon Sobrino, Gustavo Gutiérrez, et Thérèse Benito dans Jésus Christ libérateur : Lecture historio-théologique de Jésus de Nazareth aux éditions du Cerf en 2014 la venue de Jésus oblige à prendre position face à la vérité, qu’il existe un royaume le sien et un anti-royaume, celui de l’empire, ce sont deux mondes qui s’opposent, celui de la vérité qui éclaire et juge, face à celui du mensonge, et à partir de cette vérité il faut configurer et dominer le mal.

 

Enfin, ce texte peut aussi montrer ce que vivait la communauté de l’écrivain ou des écrivains de l’Évangile en 90 comme le montre Jean 16, 2-3 : «On vous exclura des synagogues. Bien plus, l'heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. Et cela, ils le feront pour n'avoir reconnu ni le Père ni moi.» Cela vient d’un traumatisme qu’à vécu la communauté johannique, ses membres juifs ont commencé à être exclus des synagogues à partir de 90, mais ce mouvement n’est pas général, mais semble signaler que les chrétiens ont des problèmes avec les rabbins de l'école de Yabné, qui collaborent des Romains, et pour éviter aux membres de la communauté johannique de se faire condamner par les autorités juives et romaines comme des rebelles religieux et politiques à cause de leur annonce d'un roi crucifié par Rome, le ou les auteurs de l’Évangile de Jean auraient transformé cet interrogatoire devant Pilate en des réponses à donner aux accusations à leur encontre devant les tribunaux juifs et romains, comme le montre mon frère dans un ancien article (http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/article-lecture-commentee-du-dimanche-25-novembre-2012-112888033.html) où le royaume qui n'est pas de ce monde serait un bel alibi pour ne pas mourir.

 

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Publié le 30 Mars 2018

Juan Arias dans son article du vendredi 30 mars 2018 dans elpais.com nous montre que les adeptes des premiers siècles de la religion chrétienne avaient honte d'une image qui leur rappelait la mort atroce que les Romains infligeaient aux grands criminels.

 

L'image du Christ crucifié ne commença à être vénérée que des siècles après sa mort et ce fut le concile de Nicée en 325, qui a officiellement autorisé l'image du crucifix que nous utilisons aujourd'hui. Les adeptes des premiers siècles du christianisme avaient honte d'une image qui leur rappelait la mort atroce que les Romains infligeaient aux grands criminels.

 

Depuis que Paul de Tarse a dit : «Si le Christ n'a pas été ressuscité, où est notre espérance» (1 Corinthiens 15), les chrétiens étaient intéressés par Jésus ressuscité, pas sacrifiée sur un arbre, comme un assassin. Par conséquent, dans les premiers siècles du christianisme, il n'y avait pas de peintures ou de sculptures de Jésus crucifié, seulement un Christ glorieux.

 

Dans les catacombes romaines, à la fois celles de Sainte Priscilla et celles de San Calixte, où les chrétiens se sont cachés pour fuir la persécution romaine, il n'y a pas de peintures de Jésus sur la croix. Le chef des chrétiens apparaît sous l'image du Bon Pasteur, célébrant la Cène avec les apôtres ou comme un enfant dans les bras de sa mère. Jamais il n’est  représenté mort

 

Je me souviens à l'Institut biblique de Rome notre professeur ougaritique, le jésuite Follet, nous a expliqué l'absence de l'image de Jésus crucifié chez les premiers chrétiens : «Si votre père avait été condamné à la chaise électrique ou la guillotine, Peu importe combien il était innocent, vous n'auriez pas une effigie de ces instruments de mort sur votre cou», nous a-t-il dit. Et il a ajouté : "Personne ne garde les photos de leurs parents ou amis décédés, mais vivants et heureux." C'est ce qui est arrivé aux chrétiens, ils ont préféré se souvenir de Jésus dans la vie ou glorifié après sa mort.

 

Curieusement, c'était un empereur romain, le païen Constantin le Grand, qui a introduit la représentation de la croix, mais sans le corps de Jésus. Ce fut quand il se convertit au christianisme après avoir un rêve avant la bataille contre Maxence, dans lequel il a vu une croix et entendit une voix disant : «Avec ce signe tu vaincras». L'Empire romain a commencé à s'affaiblir et l'empereur a perçu la force de la secte des chrétiens qui se laissaient tuer plutôt que d'adorer leurs dieux païens. Constantin voulait conquérir ces gens et, à cause du christianisme persécuté, il devint la religion officielle. L'empereur a gagné la bataille et a consacré le signe de la croix, qui a été accepté comme un symbole chrétien par le Concile de Nicée en 325.

 

Même ainsi, c'était seulement la croix nue, sans le corps de Christ. Les premiers crucifix avec Jésus mort ou mourant n'apparaissent qu'au Ve siècle et avec beaucoup de polémiques. Les chrétiens ont continué à préférer l'image de Jésus vivant et ressuscité. Seulement au Moyen-âge, plus de mille ans après la mort de Jésus, sont apparues les premières représentations des crucifix avec le corps de Jésus montrant les signes de la douleur, saignant des mains, des pieds et du côté.

 

La seule peinture de crucifix qui apparaît dès le Ier siècle, considéré comme le "premier blasphème chrétien", est un graffiti sur un mur de plâtre à Rome ridiculisant les chrétiens et Jésus. Le crucifié apparaît avec la tête d'un âne avec cette inscription : "Alexámenos, adorant son dieu". C'était une parodie des premiers chrétiens de qui les Romains avaient tué leur dieu en tant que criminel commun.

 

Cela signifiait, nous a-t-on enseigné dans l'Institut Biblique, que sous l'influence de la conversion de Constantin, l'Église a également commencé à être hiérarchique et s’est revêtue des symboles du pouvoir du monde. Elle est devenue, en effet, politique et a même utilisé le drame de la crucifixion pour promouvoir la théologie de la croix et du péché au détriment de la théologie de la résurrection et de l'espérance.

 

Pour la Théologie de la Libération, par exemple, la crucifixion est le symbole de tous ceux qui ont été torturés et injustement assassinés dans l'histoire de l'humanité et de la résurrection, le grand espoir de tous les exclus. Cette théologie, si enracinée en Amérique latine, a tenté d'être un retour au christianisme primitif dans lequel l'image du Bon Pasteur a prévalu sur celle du crucifié. Cependant, l'Église qui était encore habillée, même le pape François, avec les symboles du pouvoir des empereurs romains, a préféré inculquer la théologie de la peur de l'enfer.

 

L'Église du pouvoir n'a jamais été entravée par le Jésus mort. Elle craignait plutôt le Jésus vivant et incarné, en solidarité avec cette partie de l'humanité qui, comme au temps du prophète crucifié, finit toujours par être abandonnée à son destin.

 

Jésus est mort crucifié, car il représentait un danger pour Rome et ses affidés, pendant longtemps les chrétiens cachèrent leur origine subversive, celle d’un Messie proclamé voulant changer sa société et condamné à mort par un empire, espérant que le Royaume de Dieu viendrait de leur vivant. Ils espéraient un Jésus ressuscité et glorieux. La vénération de la croix vint quant l’Église devint une institution cherchant à contrôler par la peur et par le dolorisme, peu en phase avec le personnage qu’était Jésus.

 

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Publié le 10 Mars 2018

Jésus est-il de droite ou de gauche ?

Où se serait situé le Christ sur l'échiquier politique actuel ? La question, polémique à souhait, inspire à Christian-Georges Schwentzel, historien de l'Antiquité la tribune suivante dans LePoint.fr le jeudi 8 mars 2018.

 

La comédie musicale Jésus de Pascal Obispo, qui connaît un certain succès depuis octobre 2017, diffuse une image très consensuelle et pacifiste du personnage du Christ. La dimension politique et offensive de Jésus dans son contexte historique y est négligée. En fait, la figure du Christ a été interprétée de manières très diverses depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.

 

Ces diverses interprétations proviennent des Évangiles eux-mêmes, qui attribuent au Christ des propos contradictoires, parfois au sein du même évangile. Ainsi, dans l'évangile selon Luc, Jésus s'exclame : «Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre» (Luc 6, 27-29). Le message est on ne peut plus pacifiste. Pourtant, un peu plus loin, Jésus tient des propos totalement inverses : «C'est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !» (Luc 12, 49) ou encore «Pensez-vous que ce soit la paix que je suis venu mettre sur la terre ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division» (Luc 12, 51). Il n'est alors plus question de tendre l'autre joue aux agresseurs : «Quant à mes ennemis, ces gens qui ne voulaient pas que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les devant moi» (Luc 19, 27). Du pacifisme extrême, on passe à l'expression d'une violence tout aussi extrême. À partir de l'évangile selon Luc, il est donc possible de justifier aussi bien la guerre que la paix.

 

Après presque trois siècles de persécutions au sein de l'Empire romain, la liberté de culte est accordée aux chrétiens par l'empereur Constantin, en 313. La figure de Jésus va désormais servir à justifier le pouvoir impérial, le Christ prenant la place laissée par Jupiter. Le christianisme va offrir aux détenteurs du pouvoir les mêmes armes de légitimation et de domination politique que les religions antérieures : «Sacré sous Jupiter, l'Empire l'était resté sous Jésus», écrit Lucien Jerphagnon. L'empereur trouve aussi dans le monothéisme un excellent argument pour justifier son autorité absolue sur l'ensemble de l'Empire suivant l'équivalence : un seul dieu, un seul chef. Au Moyen Âge, les souverains chrétiens continuent d'exploiter politiquement la figure du Christ dont ils se présentent comme les lieutenants sur terre. À Palerme, sur une mosaïque de l'église de la Martorana, le roi normand Roger II est couronné par un Jésus en lévitation, spécialement descendu du ciel pour prendre part au sacre royal.

 

Cette exploitation de la figure du Christ à des fins politiques n'a pas cessé à l'époque contemporaine. En 1925, le pape Pie XI proclame, dans son encyclique Quas primas, que la foi doit avoir des conséquences concrètes. La fête dite du Christ-Roi, instituée la même année, est censée rappeler cette obligation aux chrétiens. Le pape condamne, au nom du Christ, véritable roi de ce monde, toute forme de sécularisation; il dénonce la laïcité, «peste de notre époque». Face aux défis du moment, les catholiques doivent clairement prendre parti et soutenir les mouvements politiques dont le discours cadre le mieux avec le message du Christ. Autrement dit : la droite conservatrice. Pie XI s'oppose alors aux mouvements révolutionnaires, mais aussi au libéralisme.

 

Les États-Unis, dont les institutions mêlent démocratie et théocratie, comme l'écrit Jean‑François Colosimo, offrent un autre exemple d'exploitation politique de la religion dans un sens conservateur. Cette tendance s'est renforcée au XXe siècle : en 1956, Eisenhower fait inscrire sur les billets en dollars la devise : In God we trust («Nous croyons en Dieu»). Dès lors, l'Amérique se trouve officiellement placée sous la protection d'un grand dieu qui soutient ses prétentions impériales. God comme instrument de la lutte contre l'ennemi, d'autant plus efficace que l'ennemi en question ne peut compter sur aucune divinité pour se défendre, car l'URSS des années 1950 se veut athée. C'est un point faible que le président américain s'est fait fort d'exploiter.

 

Mais ni le Vatican, ni la présidence des États-Unis ne détiennent le monopole de la religion politique. Au Christ-Roi conservateur de Pie XI s'oppose un tout autre Jésus, non moins politique, mais champion des opprimés. Cette figure révolutionnaire a été promue par la «théologie de la libération» dans les années 1970. Selon son chef de file, le théologien péruvien Gustavo Gutiérrez, la foi chrétienne ne peut rester enfermée dans la sphère privée : elle doit se traduire par une participation à la vie publique. Jusque-là, pas de désaccord avec Pie XI. Sauf que l'engagement politique souhaité par Gutiérrez diverge radicalement du conservatisme prôné par l'encyclique papale de 1925. Selon Gutiérrez, Jésus était progressiste; du coup, «l'évangile non seulement n'est pas opposé à la révolution, mais il l'exige bien plutôt». Les chrétiens doivent soutenir les luttes d'émancipation en faveur de «ceux d'en bas» et combattre les injustices de ce monde.

 

Óscar Romero, archevêque de San Salvador, incarne cette tendance sociale du christianisme. Alors qu'une junte militaire faisait régner la terreur dans son pays, il dénonce les exactions de la dictature. Rejoignant les théories de Gutiérrez, il affirme que la foi en Jésus se concrétise par un engagement en faveur des victimes. Il meurt, en mars 1980, abattu d'une balle en pleine poitrine. En mai 2015, le pape François soutient sa béatification. Chantre d'une église des pauvres, François s'inscrit lui aussi dans cette filiation du christianisme social.

 

Parmi les figures emblématiques des révolutionnaires contemporains, Ernesto Che Guevara, mort prématurément en Bolivie en 1967, a vite fait de se transformer en véritable icône christique. Les points communs sont nombreux : un beau visage aux cheveux longs qui rappelle l'imagerie de Jésus ; un message social et une cruelle exécution qui paraît rejouer la Passion du Christ dans les Andes. Le Che se mue en figure mythique, sacralisée : une sorte de nouveau Christ pour tous les révolutionnaires du monde.

Hugo Chávez, bouillant président vénézuélien, représente la synthèse du Christ social et du Che, à travers son courant politique dit «bolivarien», car Simón Bolívar, héros de la libération de l'Amérique du Sud, en est la figure centrale. Mais, dans l'imagerie du parti, la figure de Jésus n'est jamais bien loin. Dans les quartiers pauvres et les campagnes, des peintures de propagande affichent une étonnante trinité politico-religieuse : Jésus, Bolívar, Chávez. Trois figures, trois époques, mais un seul et même combat politique.

 

En Espagne, Pablo Iglesias, chef du parti Podemos créé en 2014, entretient sciemment une étroite ressemblance physique avec Jésus : des cheveux longs et une petite barbe. Il proclame dans la presse : «Jésus Christ aurait fait partie de Podemos.» Ainsi, depuis 2000 ans, Jésus est une figure aux multiples visages, très contradictoires, aujourd'hui «de droite» comme «de gauche». Il a servi à justifier l'autorité comme à la contester; et les leaders des pays chrétiens ont souvent exploité à leur avantage l'image du Christ qui leur semblait la plus utile politiquement.

 

Mais poussons plus loin, le succès du Jésus historique ne s’explique pas par le choix d’un camp politique, mais sur le fait qu’il a eu divers soutiens dans la société juive de son temps. Tout d’abord, Jésus a su combiner tout ce qui compose les groupements religieux juifs de son époque : des pharisiens, il tire l’observation de la loi, le libre arbitre car le choix du bien et du mal est inhérent à l’homme  et les récompenses éternelles pour ceux qui pratiquaient la vertu; des pharisiens galiléens, les guérisons des malades, l’exorcisme, le pouvoir sur la nature, la proximité avec Dieu, le souci de la prière, le dédain de la richesse et la mise en avant des femmes; des esséniens, les biens mis en commun pour éviter la richesse et la pauvreté, le choix du célibat non imposé, l’amour du prochain à travers l’assistance à autrui et la pitié, la dispersion en grand nombre à travers les villes, les voyages sans bien en dehors d’armes contre les brigands; et des zélotes, l’amour de la liberté, la place unique de Dieu comme seul maître de l’homme et l’acceptation de se sacrifier pour ses idées.

 

L’enseignement aussi  diversifié de Jésus a pu donc plaire aux groupes religieux de son temps (baptistes, pharisiens et zélotes), aux élites des villes (Judas Iscariote en est un exemple), aux réprouvés de la société (malades, sans abris, prostituées, publicains), aux classes laborieuses (paysans, ouvriers), et aux classes moyennes juives (petits propriétaires, artisans, pêcheurs). Des soutiens aussi divers expliquent pourquoi Jésus a été arrêté durant la nuit, et crucifié le matin. Cela évitait un soulèvement en sa faveur. Cette peur des élites juives et romaines s'explique par le fait que Jésus a su unir divers groupes autour de lui, et on ne peut pas dire avec notre vision actuelle qu'il était de droite ou de gauche, voire même du centre, Jésus a juste su combiner des luttes sociales et morales autour de lui, à travers un mouvement de protestation non violent sans pour autant céder à la violence, et dans lequel pouvaient se retrouver des hommes aimant la nouveauté et d’autres étant conservateur.

 

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Publié le 7 Janvier 2018

Nous allons voir aujourd'hui le récit des Mages que seul l'Évangile de Matthieu mentionne, et qui ne nous dit pas grand-chose sur ces derniers. Il est surtout imprégné de symbolisme.
 
Le récit des Mages : une vision symbolique à travers l'ÉvangileLe récit des mages dans Matthieu 2, 1,15commence au sein de la cour du roi Hérode le Grand à Jérusalem. Alarmé par la perspective d'un roi rival, Hérode dit aux Mages de faire parvenir sa parole afin qu'il puisse rendre hommage au roi nouveau-né, qu'il a l'intention de tuer. Ensuite, les Mages (appelés magi de l'Est, et non des rois, qui viennent d'une tradition beaucoup plus tardive) suivent l'étoile dans une maison (et non une étable). Puis, dans un rêve, on leur dit de ne pas retourner vers Hérode et ils prennent un autre chemin. Enfin, Joseph qui revêt encore le rôle personnage principal, a un songe qui lui dit de fuir en Égypte, où il demeure jusqu'à la mort d'Hérode le Grand et durant le règne d'Archelaüs en Judée (John-Dominic Crossan et Marcus Borg, The First Christmas : What the Gospels Really Teach About Jesus's Birth, Harper Collins, 2007), avant d'aller à Nazareth en Galilée.
 
Comme le montre Raymond Edward Brown dans Birth of the Messiah en 1998, le récit des Mages reflète l'histoire de Balaam, un homme sage  de l'est, qui est venu bénir Israël. Le récit de Matthieusur la naissance de Jésus suit aussi la structure et le vocabulaire de l'histoire de la naissance de Moïse, jusque dans les parcelles où l'on tue tous les bébés de sexe masculin, la mort des dirigeants, le commandement de Dieu pour revenir à la maison, et le retour de toute la famille d'Égypte en Israël. Pour Matthieu, Jésus délivrera le peuple de Dieu de la captivité comme Moïse l'a fait, et le fait que le nom de Jésus est un résumé de Josué rappelle que lui aussi conduit son peuple à la terre promise. Brown pense que le «récit de l'enfance de Matthieu contient à la fois la croix et le triomphe donnée par Dieu. Hérode traque les traces des magis, un rappel menaçant que, tandis que l'étoile du roi nouveau-né a brillé dans la pureté et la simplicité, et il y a ceux qui vont chercher à effacer cette lumière. Si l'histoire de la petite enfance est un drame attrayant qui attire l'imagination, il est aussi une proclamation substantielle de la venue du royaume et son rejet possible».
 
Pour Geza Vermes dans The Nativity: History and Legend en 2007, Matthieu à travers le massacre des innocents par Hérode, a peut-être emprunté aux ordres de Pharaon dans l'Exode de massacrer tous les premiers nés hébreux, et la fuite en Égypte, est un point inverse pour montrer que le rejet se fait dans le sens contraire puisque Israël veut tuer son Messie et l'Égypte l'accueille. L'Égypte terre d'esclavage est devenu une terre d'asile. Ensuite, il y a l'étoile qui a conduit les Mages. Était-ce une supernova ? Une comète ? Une conjonction planétaire ? Celle de Jupiter et Saturne en 7 av. J.-C. dans la constellation du Poisson, qui représentait la Palestine, est la plus probable candidate. Comme le montre Marie-Françoise Baszlez dans Les mages et l'étoile de Bethléem, dans l'ouvrage Les premiers temps de l'Église de Saint Paul à Saint Augustin, aux éditions Gallimard et Le Monde de la Bible, en 2004, p. 249, une tradition évangélique a utilisé comme repère chronologique cette conjonction qui s'est montré à 3 reprises le 29 mai, le 30 septembre et le 5 décembre, et trois séries de pièces furent frappées pour la commémorer.
 
Le récit des Mages : une vision symbolique à travers l'ÉvangileToutes ces possibilités sont soigneusement étudiées et rejetés comme des fictions littéraires par Geza Vermeset Raymond Brown. Ici l'Évangile de Matthieu montre le refus d'Israël, puisque les Juifs à travers Hérode le Grand et les autorités juives, ne bougent pas et ne croient pas, ils n'ont pas compris l'arrivée du Messie à travers Jésus, alors que les païens oui à travers l'exemple des Mages qui trouvent le Messie en suivant l'étoile. Ils offrent aussi les cadeaux royaux que sont l'or, l'encens et la myrrhe à l'enfant pour dire qu'il est le vrai roi et non Hérode. Ce récit sert avant tout  à montrer l'universalité de Jésus.
 
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Publié le 30 Décembre 2017

La famille de Jésus, cette grande inconnue

En ce jour, où l’Église catholique fête la Sainte Famille, nous devons nous demander que savons-nous aujourd'hui, à coup sûr, de Joseph, Marie et Jésus ? Que pensent les exégètes catholiques les plus sérieux à propos des frères et sœurs de Jésus ? Est-il crédible que, dans la culture juive de son temps, il n'ait pas formé sa propre famille ? Comment a vécu ta sexualité ? A-t-il ressenti de la tentation? Peut-il tombé amoureux ? Quelle relation a-t-il eu avec Marie Madeleine ? Bien qu'étant le plus étudié et analysé par la culture occidentale, Jésus reste un des personnages historiques les plus méconnus. On ne sait pas grand chose de l'homme qu'un milliard de personnes vénère comme le "Fils de Dieu". Des siècles de manipulations ont effacé les quelques indices sur sa réalité. Et les Évangiles ?

 

Traditionnellement, ils nous ont été présentés comme des textes historiques. Aujourd'hui, tous les théologiens reconnaissent que vous ne pouvez pas écrire avec eux une biographie de Jésus. «L'Évangile est un témoignage des croyants, ce que les évangélistes racontent n'est pas l'histoire, mais l'expression de leur foi en Jésus-Christ», explique dans ses œuvres le prestigieux théologien néerlandais Edward Schillebeck. Et si nous savons peu de choses sur sa vie, et presque rien sur son enfance. Et de sa famille, encore moins. Les grands-parents maternels de Jésus n'apparaissent pas du tout dans les Évangiles. Mais la tradition chrétienne ne pouvait pas laisser le Grand Enfant sans grands-parents maternels. Ce serait un péché contre la tendresse. Cet écart est pieusement reconstitué à travers le "Proto-Evangile de Jacques", un apocryphe écrit au IIe siècle, dans lequel Joaquim et Anne apparaissent comme les parents de Marie. De la grand-mère paternelle, pas de trace. Le grand-père paternel, d'autre part, figure dans les évangiles de Matthieu et de Luc, mais avec un nom différent : Jacob et Héli.

 

De Joseph, le père de Jésus, nous savons aussi très peu. Il était un «tekton» (ouvrier du bâtiment ou un artisan, les exégètes optent pour le deuxième métier) et les Évangiles elles-mêmes le présentent comme un peu plus qu'une ombre. Il est bien entendu possible que Jésus ait hérité du métier de son père. Joseph comme beaucoup de Judéens habitant la Galiléen, observe fidèlement les prescriptions de la Loi comme le montre Luc 2,22-39 et Luc 2,41. La famille a pu posséder et cultiver un peu de terrain pour satisfaire ses propres besoins, il y avait au moins sept enfants parvenus à l’âge adulte, et Jésus aurait donc aussi travaillé la terre. Dans ses paroles, il fait montre d’une bonne connaissance du métier de paysans. Le théologien et journaliste Juan Arias affirme dans son récent ouvrage "María, esa desconocida" (éditions Maeva, 2005) que Joseph était "un jeune homme entre 16 et 18 ans, qui a épousé Marie quand elle avait entre 12 et 16 ans, et n'est pas un vieux veuf avec six enfants d'un précédent mariage, comme le soutiennent les apocryphes." Mais le rôle passif de Joseph dans les Évangiles s’explique aussi par le fait que certaines mères avaient une bien plus grande importance. Cette forte présence de Marie s’explique par le rôle important qu’elle a jouée dans les premiers groupes chrétiens. Marie a sans doute joué le rôle de chef de l’unité familiale entre les frères et le père, elle connecta sans doute également les frères avec les disciples de Jésus.

 

«N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie et le frère de Jacques, Joseph, Siméon et Judas, ses sœurs ne sont-elles pas parmi nous ?» (Marc 6, 2-5), se demandent les voisins de Nazareth quand ils voient Jésus converti en prédicateur. Des références comme celle-ci aux frères de Jésus sont nombreuses dans les Évangiles canoniques. Par exemple, Luc (2,7) l'appelle "le premier-né". Jésus a-t-il eu des frères charnels et, par conséquent, la virginité de Marie doit-elle être comprise dans un sens symbolique ? Pendant des siècles, la question a été discutée. Pour les orthodoxes, ils sont demi-frères, enfants d'un précédent mariage de Joseph. Pour la plupart des protestants, ils sont frères de chair et de sang et, d'un autre côté, pour les catholiques, ils sont cousins. L'interprétation catholique vise à sauvegarder la croyance ecclésiale que Marie était vierge "avant, pendant et après l'accouchement". Aujourd'hui, la plupart des exégètes, y compris les catholiques, soutiennent que Jésus était le fils aîné de Marie, qu'elle a eu plus d'enfants et que sa virginité doit être comprise d'une manière symbolique et, bien sûr, non perpétuelle. Contre le vieil aphorisme qu'elle était vierge "avant, pendant et après la naissance". Parce que ce serait autant que de forcer Joseph à la chasteté perpétuelle, qui violait les lois juives, où les enfants étaient le plus grand bien et l'activité sexuelle quelque chose de noble. Pour Marie, comme pour toute femme juive, le plus important était d'être une mère et non une vierge.

 

Cette relation de parenté entre Jésus et ses frères et sœurs est orageuse et ouverte selon nos sources. Dans Marc 3,20-21 la famille réagit à son succès populaire et cherche à le récupérer, et dans Jean 7,5, l’évangéliste dit que ses frères ne croyaient pas en lui, conservant le souvenir de tensions entre la famille galiléenne et sa vocation à tout Israël. Cependant, cette distance entre Jésus et ses frères, ou sa famille, exprime l’opposition entre ceux qui se réclame de la «famille» de Jésus et ceux qui se réclament des Douze apôtres ou de Paul. Luc ne mentionnant pas d’opposition, peut laisser entendre un soutien de Jésus par ses frères. Il est possible que les relations entre Jésus et ses frères, notamment Jacques, n’ait été si mauvaise après sa mort, et il est certain que très tôt après la mort de Jésus, sa famille a pris de l’importance dans les milieux d’adepte à Jérusalem et en Galilée.

 

Une mention dans Actes 1,14 montre que Marie, la mère de Jésus et ses frères ont fait partie du premier cercle de ses adhérents après sa disparition et y ont joué un rôle particulier. Les frères de Jésus ont donc, par la suite, joué un rôle non négligeable dans la jeune communauté chrétienne, notamment Jacques et Jude, ce qui n'est pas le cas de ses sœurs. Par ailleurs, dans l'Antiquité, sauf exception, les femmes ne sont jamais citées. Néanmoins, par la suite, des noms ont été donnés aux sœurs de Jésus (Marie et Salomé), notamment chez Épiphane. Mais ils sont très probablement fictifs. D’après Galates 1,19 Jacques est un personnage important de la communauté de Jérusalem. À côté de la position éminente de Jacques, d’autres «frères du Seigneur» jouèrent un rôle important dans les communautés, Paul les mentionne comme des missionnaires voyageant en couple avec une femme (1 Corinthiens 9,5). D'un point de vue purement historique, on sait assez peu de choses. La documentation provient essentiellement de Flavius Josèphe, ainsi que d'Hégésippe, écrivain chrétien du IIe siècle, et de toute la tradition qui se fonde sur lui jusqu'à Jérôme. D'après les Pères de l'Église, Jacques a dirigé, après Jésus, la jeune communauté de Jérusalem. Luc indique, dans les Actes des Apôtres, qu'il y a eu des querelles de succession entre Jacques et Pierre.

 

Dans son ouvrage volumineux «Un certain Juif Jésus», le théologien jésuite John P. Meier soutient que Jésus avait des frères de sang. "La plupart des exégètes et des historiens ne croient plus (nous ne croyons pas) en des miracles matériels, qui étaient utilisés pour fonder une "meilleure" foi : nous ne croyons pas que Jésus soit né biologiquement d'une vierge, enfreignant les lois du processus de conception." Pour John P. Meier, «Il est tout simplement faux des dire que la version grecque de l’Ancien Testament emploie régulièrement adelphos pour signifier ‘cousin’» (Un certain Juif Jésus, I, 2004, p. 196). Il faut rappeler qu’en grec jamais adelphos (frère) n’est affecté à champ de signification allant jusqu’au cousinage. L’adelphos est un frère de sang ou de droit. D’ailleurs vers 180, Hégésippe distingue parfaitement Jacques comme le frère de Jésus (adelphos) et Siméon, fils de Clopas comme son cousin (anepsios). "On peut penser que Jésus est très probablement né de la relation entre Marie et Joseph, car la virginité signifie que Jésus est né du mystère de Dieu", explique le théologien Xavier Pikaza. Et, comme l'a soutenu Antonio Piñero, professeur de philologie du Nouveau Testament de la Complutense, «dans l'église primitive on ne défendait pas la virginité absolue de Marie. C’est seulement Saint-Jérôme au IVe siècle, qui postule la virginité physique totale de Marie". Et en fait, la virginité de Marie n'est pas un dogme. Elle appartient à la foi de l'Église, mais n'atteint pas la valeur du dogme de l'Immaculée Conception, par exemple.

 

Et Jésus est-il tombé amoureux, était-il marié ? Selon l'orthodoxie catholique la plus stricte, Jésus était un homme complet, viril et, par conséquent, sexué. Dieu est devenu l'homme, et dans cette condition se trouve la sexualité. Comment l'a-t-il exercé ? Quelle relation a-t-il eu avec les femmes ? Les grands exégètes s'accordent à nier que Jésus s'est marié. Et ce célibat contrevenait aux lois religieuses de son temps. «Celui qui n'a pas de femme est un être sans joie, sans bénédiction, sans bonheur, sans défense contre la concupiscence, sans la paix, un homme sans une femme n'est pas un homme», dit le Talmud. Et encore moins si l'homme était un rabbin, un interprète de la loi qui, par conséquent, ne pouvait résister au Talmud. Et pourtant, pour les théologiens, la thèse du Da Vinci Code selon laquelle Jésus était marié à Marie-Madeleine semble une "absurdité". "Il n'y a pas de données pour l'affirmer : s'il avait été marié, les Évangiles en parleraient, et il est plausible que le Christ ait choisi d'être célibataire, comme les Esséniens de son temps", explique le théologien Rafael Aguirre.

 

L’historien Flavius Josèphe parle de ces communautés esséniennes, au temps de Jésus, où certains se marient d’autres pas (Guerre des Juifs 2,160). Philon d’Alexandrie parle des Thérapeutes, voués à la vie contemplative, pratiquants de la continence sexuelle (De vita contemplativa 18). Plus près de Jésus, Jean Baptiste vivait dans le désert sans femme et enfants. Paul a fait le même choix (1 Corinthiens 7,8). Jésus n’est donc pas le seul à transgresser les règles de la paternité. Ou, comme le dit Meier, «Jésus ne s'est jamais marié, ce qui fait de lui un être atypique et, par extension, marginal dans la société juive conventionnelle». Bien sûr, tous les exégètes coïncident également en soulignant le rôle «spécial» de Marie-Madeleine dans la vie de Jésus. Ce n'était pas sa femme, mais elle était très proche de lui. Dans le groupe des femmes qui accompagnaient Jésus et ses disciples, elle est toujours présente. Elle est la première destinataire des événements de Pâques. C'est pourquoi elle est appelée "l'apôtre des apôtres". "Mais la marier au Christ est un non-sens", dit le théologien jésuite Juan Antonio Estrada.

 

Finalement, nous savons que Jésus était le fils de Marie, qui a sans doute eu un rôle important dans le mouvement de Jésus, et de Joseph qui était un artisan qui doublait ses revenus avec des activités paysannes. Il n’y a sans doute pas eu de conception virginale qui vient du travail des auteurs des évangiles ou d’une réécriture de ceux-ci à partir d’une annonciation et d’une naissance qui n’avaient rien de miraculeux. Enfin, Jésus faisait partie d’une famille nombreuse, car on pense actuellement qu’il a eu cinq frères, sans doute artisans et paysans, et deux sœurs dont ne savons pas grand chose, qui eurent également un rôle important dans le mouvement de Jésus. Jésus ayant fait partie d’une famille nombreuse et n’ayant pas de problèmes d’argent, a pu plus facilement se débarrasser des conventions sociales de son temps et de son argent, tout en choisissant une vie d’homme célibataire.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures : Corrado Augias, et Mauro Pesce, Enquête sur Jésus, Éditions du Rocher, 2008, Simon Claude Mimouni, «Jésus, sa famille et ses proches : que sait-on vraiment d’eux ?», Le Monde des Religions n° 74, 2015, et Jacques le Juste, frère de Jésus de Nazareth. Histoire de la communauté nazoréenne / chrétienne de Jérusalem du Ier au IVe siècle, Bayard 2015, Adriana Destro, et Mauro Pesce, From Jesus to his First Followers : Continuity and Discontinuity : Anthropological and Historical Perspectives, Brill, 2017, Daniel Marguerat, Jésus, ses frères et ses sœurs, dans Jésus, une encyclopédie contemporaine, Bayard 2017, Enrico Norelli, Jésus en relation – des adeptes, des relations et des adversaires, dans Jésus de Nazareth, Labor et Fides, 2017, et http://www.periodistadigital.com/religion/familia/2017/12/23/la-familia-de-jesus-esa-gran-desconocida-iglesia-religion-dios-jesus-evangelios-jose.shtml.

 

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Publié le 26 Novembre 2017

Martín Gelabert dans son message pour la fête du Christ-Roi ce dimanche 26 novembre 2017 sur periodistadigital.com nous montre quelle est la royauté de Jésus :

 

«Le titre de la croix, recueilli par les quatre évangiles, est probablement une clé très complète pour interpréter l'impression que Jésus a faite aux autorités : "Celui-ci est Jésus, roi des Juifs".

 

Évidemment, c'est un roi très étrange, en dissonance totale avec les rois de l'époque et ceux d'aujourd'hui. Il est frappant que ce roi ait été crucifié entre deux "malfaiteurs", traduction préférable aux voleurs. Car ils n'étaient pas des criminels ordinaires, mais des hommes qui s'étaient soulevés contre le pouvoir de Rome. Il y avait quelque chose en Jésus qui permettait de l'interpréter comme un danger pour le pouvoir impérial. Un poète qui chante la beauté des lys des champs ou des oiseaux du ciel ne s'arrête pas là.

 

Le crucifié était un roi qui remettait en question les pouvoirs de ce monde. Et cela remettait également en question les valeurs qui régissent la société bien pensante d'alors et de maintenant. Il a dit qu'il était venu appeler les pécheurs et non les justes (Marc 2,17). A-t-il prétendu que le comportement moral ne signifie rien aux yeux de Dieu ? Dieu s'intéresse plus à ceux qui savent qu'ils sont pécheurs qu'à ceux qui pensent qu'ils sont pieux. Les mots et la façon d'agir de Jésus était une plainte contre ceux qui aiment le pouvoir (toutes sortes de pouvoir, y compris l'Église) et ceux qui se consacrent à condamner ceux qui ne pensent pas ou agir comme eux. Un tel plaignant ne peut qu'être expulsé, marginalisé, rejeté.

 

La royauté de Jésus n'est pas la justification de toute action qui nuit au frère, mais c'est un appel à traiter le frère qui agit mal avec miséricorde. Ce que nous faisons habituellement avec les gens qui agissent mal, c'est de les condamner. Jésus vous accueille. D'autre part, la royauté de Jésus n'est pas un appel à l'anarchie ou au désordre, mais c'est un avertissement contre le désir de commander, le désir de puissance, parce que précisément ce désir est une indication de la façon dont le pouvoir va être utilisé.

 

Les rois des nations, a dit Jésus, les oppriment et, au comble de l'ironie, s'appellent des bienfaiteurs. Et il ajoute, s'adressant directement à ceux qui veulent être dans son groupe : parmi vous, rien de tout cela, celui qui veut être le premier, est celui qui est le premier à servir.»

 

Finalement le Royaume des cieux est différent de ce qu'on peut penser et quand Jésus dit à Pilate dans Jean 18,36 : «Mon Royaume n’est pas de ce monde», il oppose sa vision non violente à la violence de l’empire Romain. Son Royaume est tout autre, ce n’est pas celui du pouvoir comme le montre John Dominic Crossan dans God and Empire : Jesus Against Rome, Then and Now en 2008, mais celui des faiseurs de paix, des imparfaits et des faillibles qui doivent être au service de la subversion de Dieu contre la direction impériale.

 

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Publié le 3 Septembre 2017

 «Seul l'amour donne du sens et du bonheur à la vie», c’est ce qu’a affirmé aujourd'hui le pape François affirmé selon Cameron Doody dans periodistadistadigital.com en disant que cette «règle d'or que Dieu a inscrite dans la nature humaine» fait face à la «vision du monde» qui se centre à tout prix en son propre «salut, sa propre protection et réalisation», mais qui conduit seulement «à une triste et stérile» existence. Dans l'Évangile d'aujourd'hui, le pape a rappelé, «Jésus nous rappelle que leur chemin est le chemin de l'amour, et il n'y a pas de véritable amour sans sacrifice personnel.»

 

Mais à travers ce récit conté dans Matthieu 16, 21-27 qu’avons nous avons à gagner et à perdre ? José Antonio Pagola dans une homélie du 28 août 2011 intitulée «Derrière Jésus» sur http://iglesiadesopelana3.blogspot.fr/ , nous en fait la mention. Pagola nous dit que «la grande tentation des chrétiens est toujours d’imiter Pierre qui confesse solennellement Jésus comme le «Fils du Dieu vivant», puis faire semblant de le suivre sans porter la croix. Vivre l'Évangile sans renonciation ou le coût qui va avec. Collaborer dans le projet du Royaume de Dieu et sa justice sans sentir le rejet ou la persécution. Nous voulons suivre Jésus sans nous, peu importe ce qui est arrivé lui pour lui. Ce n'est pas possible. Suivre les traces de Jésus est toujours dangereux. Qui décide d'aller après lui, il finit presque toujours impliqué dans des tensions et des conflits. Il sera difficile de connaître la tranquillité. Sans l’avoir cherché, vous vous trouverez à porter sa croix. Mais vous trouverez aussi sa paix et son amour unique. Les chrétiens ne peuvent pas aller avant Jésus, mais derrière lui.»

 

Ensuite dans une homélie du 31 août 2014 intitulée «Apprendre à perdre», Pagola nous montre que comme Pierre, «nous sommes toujours à la recherche de notre propre profit ou d’avantage, mais Jésus nous demande de savoir renoncer à la sécurité elle-même ou au gain qu’on peu gagner, il ne faut plus rechercher son propre bien, mais le bien des autres. Ses paroles sont un sérieux avertissement à tous. Quel avenir attend une humanité divisée et fragmentée, où les pouvoirs économiques cherchent leur propre intérêt; les pays, leur bien-être; les individus, leur intérêt ?»

 

Finalement comme Pierre nous sommes rebelles à la pensée d'imaginer Jésus crucifié. On ne veut pas le voir échouer. On veut juste suivre Jésus victorieux et triomphant. Et Jésus remet ses disciples à leurs devoirs : «Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera.» Et si cette phrase n’était pas aussi un petit rappel pour nous ?

 

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