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Publié le 30 Juillet 2017

La parabole du trésor : ou comment accepter de se sacrifier pour le Royaume des cieux

Aujourd’hui, comme tout le monde à la messe, j’ai pu écouter la parabole du trésor se trouvant dans Matthieu 13,44 : "Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu'un homme vient à trouver : il le recache, s'en va ravi de joie vendre tout ce qu'il possède, et achète ce champ."

 

Cette parabole parle du Royaume des cieux et de celui qui le cherche ce qui cadre avec ce que nous dit Matthieu 6,33 : "Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît". Comme le montre ici Robert Waelkens dans L'analyse structurale des paraboles. Deux essais : Luc 15, 1-32 et Matthieu 13, 44-46 [article], Revue théologique de Louvain,  1977, Volume 8,  Numéro 2,  pp. 160-178, le disciple doit se déposséder de tout ce qu’il possède, et donc pour aller au Royaume des cieux, il faut accepter de devenir pauvre.

 

Ce récit épouse parfaitement ce que Jésus annonçait précédemment dans Matthieu 6,24 : "Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent." Et donne sa conclusion logique avec la rencontre de Jésus et le jeune homme riche, où il lui dit : " Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi" (Matthieu 19,21).

 

En gros comme l’avance Robert Walkens le Royaume des cieux exige l’abandon des biens dérisoires, ce n’est pas une leçon de morale mais l’annonce de la gratuité du Royaume, et ce qui empêche la quête du Royaume est la fausse sécurité de la fortune. Ainsi le Royaume doit devenir la seule possession du disciple.

 

Mais quel est ce Royaume ? Pour Gerd Theissen dans Histoire sociale du christianisme primitif : Jésus, Paul, Jean, Labor et Fides, 1996, c’est un royaume pour des groupes éloignés du pouvoir. Ce royaume est pour les pauvres (Matthieu 5,3), pour les enfants (Matthieu 10,13-16) et les étrangers (Matthieu 8,11). Pour Jésus ce Royaume peut être trouvé ici et maintenant.

 

Alors à nous de voir si nous allons trouver ce trésor qu’est le Royaume des cieux et accepter de se sacrifier pour lui.

 

Merci !

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Publié le 6 Juillet 2017

José M. Castillo nous montre dans son article sur periodistadigital.com ce jeudi 6 juillet 2017 que la théologie doit revenir à sa source principale Jésus : «la théologie, qui régit la pensée de l'Église et nous dit où vont les décisions de l'Église, est plus importante que le pape, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les théologiens, les fidèles, les lois, les rites, les coutumes, et tout le reste dans l'Église.

 

La théologie, après tout, nous dit tout ce que Dieu veut et ce que Dieu commande. Ainsi, le pape (qui que ce soit) dit et envoie ce que la théologie vous dit. Pourquoi est-il si important que la théologie.

 

En ce sens, le problème est, je pense, qu'un nombre important de chrétiens sont pas intéressés par la théologie. Ni, par conséquent, qu’ils en savent beaucoup sur la théologie. Ce qui est compréhensible. Parce que la théologie, qui est souvent enseigné (où elle est enseigné), utilise une série de mots, des concepts et des critères, inventé par les anciens Grecs, mais en ces temps, la plupart des gens ne savent même pas ce que ce que signifie ce vocabulaire, ou ce qu'il fait.

 

Le centre, l'axe, la clé de la théologie chrétienne doit être, non pas la pensée des sages grecs de l'antiquité. Et encore moins, les mythes religieux précédents du judaïsme, que nous lisons dans la Bible comme la «Parole de Dieu». La théologie chrétienne doit avoir dans son cœur, l'arbre et la clé de ce qui est l'origine et le principe déterminant du christianisme : l'humble artisan galiléen, qu’était Jésus de Nazareth : comment il vivait, ce qu'il a fait, ce qu'il a dit, ce qui l’intéressait et le préoccupait ou ce qu'il voyait des gens qui le connaissaient et la «mémoire dangereuse» si unique de cet homme qui nous a quittés.

 

Cette «mémoire dangereuse» de Jésus a été écrite dans l'Évangile, résumée et recueillie dans quatre recueils de courtes histoires, les quatre Évangiles, à savoir, la «théologie narrative» décisive résumée de toute la théologie possible de celui qui cherche à être appelé «chrétien» . Le centre de la théologie chrétienne ne peut pas être en dehors de l'Évangile. La théologie chrétienne ne peut pas être si elle ne comporte pas comme une «mémoire dangereuse».

 

Maintenant, lisant et relisant la théologie narrative, que présente l'Évangile, qui, dans ce recueil d'histoires est immédiatement apparente, et montre les trois préoccupations majeures, qui ont occupé et monopolisé la vie de Jésus, étaient les suivants : 1) la santé humaine (histoires de guérison, exprimé dans le «genre littéraire» des miracles); 2) le partage des aliments (le repas parlé dans les Evangiles); 3) les relations humaines (discours et paraboles). La foi, la relation avec le Père, les plus profonds ... sentiments personnels, tout dans la vie de Jésus tourne autour de ces trois préoccupations.

 

Et ces préoccupations étaient si fortes, que Jésus s’opposa aux règles imposées par les docteurs de la loi, aux observances des pharisiens, à l'autorité des chefs des prêtres ... Tant et si bien que cela lui a coûté la vie. Jésus a fait tout cela parce qu'il a affirmé que celui qui le voyait, voyait qu’il était Dieu (Jenn 14, 7-9). En d'autres termes, il s’est identifié lui-même avec Dieu.

 

Le point clé dans la vie de Jésus, ne fut pas la religion. C’était à humaniser ce monde si déshumanisé. Nous ne devrions pas tant nous préoccupé du dialogue entre les religions. Nous devrions nous inquiéter de ce qui concerne tous les humains : la santé, le partage de la  nourriture, de meilleures relations humaines. Les trois piliers possibles de toutes les religions. Ce fut le centre de la vie de Jésus : humaniser la vie. C’est là le chemin de l'espérance qui nous conduit à Dieu.»

 

Il faudra encore attendre pour que la hiérarchie catholique en vienne à regarder la santé humaine, le partage de la nourriture et les relations humaines car au lieu de se préoccuper du social, elle se fixe toujours sur le sociétal comme le montre l’article de John L. Allen Jr. et Ines San Martin sur cruxnow.com : «Tobin : l'avortement, la rhétorique anti-immigrante "brutalise" le cœur américain». Sur la rhétorique anti-immigrante d'aujourd'hui, le cardinal Joseph Tobin de Newark, au New Jersey, le relie à la décision «Roe v. Wade» de 1973 (un arrêt rendu par la Cour suprême des États-Unis en 1973 qui a reconnu l'avortement comme un droit constitutionnel), comme un autre chapitre de la «brutalisation du cœur américain». Il a également expliqué sa décision récente d'accueillir un pèlerinage LGBTQ à la cathédrale de Newark en disant en partie : «Je ne présume pas que toute personne qui s'identifie comme LGBTQ est sexuellement active». De tels propos «brutalisent» aussi l’Amérique.

 

Merci !

 

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Publié le 4 Juin 2017

La Pentecôte ou comment le mouvement de Jésus reprend la main
En ce jour de fête de la Pentecôte, nous allons voir aujourd'hui cet événement sous un jour beaucoup plus historique. 
 
 
À l'origine, la fête de la Pentecôte était une fête de collecte, comme Pâques était la fête où la récolte commençait. La Pentecôte était donc en partie celle de l'abondance, une fête de joie et de reconnaissance.  Elle était célébrée sept semaines après Pâques et un jour férié très approprié pour commémorer l'alliance. À partir du deuxième siècle avant J.-C., cette évolution avait une place plus importante, et la Pentecôte était aussi la grande fête de l'alliance. Elle était alors considérée comme la commémoration du don de la loi à Moïse sur le mont Sinaï. Le rassemblent des disciples à Jérusalem durant Pentecôte a alors un sens bien plus grand et a sans doute eu lieu deux à trois après la crucifixion. Dans The Birth of Christianity : Discovering What Happened in the Years Immediately After the Execution of Jesus en 1998, John Dominic Crossan nous fait savoir que la naissance du christianisme était dans la poursuite du mouvement où les compagnons de Jésus luttaient non seulement pour imiter de la vie de leur rabbi mais aussi pour comprendre sa mort. La naissance du mouvement chrétien aurait alors eu lieu entre les années 30 et 40.
 
 
La fête pouvait aussi dégager un sens politique plus grand. Dans  Dans God & Empire : Jesus Against Rome, Then and Now en 2007, John Dominic Crossan nous dit que la «Crucifixion signifie que la puissance impériale avait gagné». Pour lui la «Résurrection signifiait que la justice divine avait gagné. Dieu était du côté du crucifié.» Les valeurs de Rome étaient une question morte pour eux.  Il faut dire qu'au temps de Jésus, Rome a mis de nombreuses familles juives dans la misère, avec des impôts élevés et des saisies de terres. Certains Juifs ont préconisé une rébellion violente, mais d'autres ont opté pour la résistance non-violente. Jésus a appelé à la résistance non violente à Rome et pour une  juste répartition des terres et de la nourriture. Il a été crucifié parce qu'il menaçait la stabilité romaine, non pas comme un sacrifice à Dieu pour les péchés de l'humanité, d'après Crossan.
 
 
Dans Actes 2,1-11, l'auteur ne cherche pas à décrire un événement réel mais il fait une série d'allusions à l'Ancien Testament, pour livrer un message à sa communauté sur le rôle et la puissance de l'Esprit qui l'habite. Il montre que par le souffle de l'Esprit il n'y a plus de  frontières, d'exclusion et de rejet. Actes 2,1 ouvre avec le rassemblement des disciples de Jésus à Jérusalem le jour de la Pentecôte. Mais comme l'avance John Dominic Crossan (The Birth of Christianity : Discovering What Happened in the Years Immediately After the Execution of Jesus, 1998) dans certains rituels juifs les femmes et les hommes qui étaient séparés pouvaient être en chorus (en chœur) notamment durant la Pentecôte où c'était annuel. Cela semble être le cas ici. Tout à coup, la présence physique du Saint-Esprit se manifeste et elle repose visiblement reposant sur les têtes de chacun de chacun d'eux sous la forme de ce qui semble être des langues de feu (Actes 2,3). L'auteur des Actes met surtout en avant une allégorie pour faire allusion au don de la loi au Sinaï par Dieu avec le don de l'Esprit pour la communauté dans laquelle il vivait. En réalité, les gens entendent du bruit et viennent, ce qui laisse à penser que les disciples ont bougé les meubles et on discuté de ce qu'ils allaient faire.
 
 
Les disciples sortent et l'Esprit les vivifie puisqu'ils parlent en langues étrangères à leur insu (Actes 2,4). Pour être objectif, les disciples étaient des artisans et donc devaient savoir parler les langues commerciales (araméen pour l'Orient  et grec pour l'Occident) pour vivre leur vie, alors il n'aurait pas été étonnant que des pèlerins auraient reconnu leur langue. Pierre mis en avant, annonce ensuite à tous ceux qui sont  présents, dont certains sceptiques, qu'ils ont été témoin de l'accomplissement de la prophétie de Joël concernant l'effusion de l'esprit et de la résurrection du Messie (Actes 2,14-35). Il accuse après les dirigeants juifs d'voir livré Jésus aux Romains pour la crucifixion et font valoir qu'il est le Messie ressuscité qui remplit également les prophéties enregistrées dans les Psaumes 16 et 110.
 
 
En regardant de plus près, cet événement n'a rien d'impressionnant : Tout d'abord, les disciples se retrouvent à Jérusalem pour une fête pleine de symbole, ensuite ils font du bruit et attirent peut être une dizaine de personnes ce qui pourrait expliquer que les cohortes romaines ne réagissent pas, puis ils sortent parlant la langue des passants, et enfin ils mettent en avant Pierre qui annonce la résurrection de Jésus.
 
 
La Pentecôte nous montre surtout que Jésus a passé le relais à ses disciples qui en annonçant un Messie ressuscité qui réalise les prophéties bibliques ne font que reprendre son œuvre : Ils sont désormais des voix de protestation sociale contre l'inégalité économique et la violence du système de domination romain. Ils contestent comme lui le système de domination au nom de Dieu.
 
 
Merci et bonne fête de la Pentecôte !

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Publié le 25 Mai 2017

L'ascension : un symbole pour la communauté chrétienne naissante
En ce jeudi de l'ascension nous allons voir aujourd'hui ce qu'a pu signifier l'ascension de Jésus. Tout d'abord expliquons ce que c'est. Le récit présente l'élévation de Jésus au ciel par sa propre puissance en présence de ses disciples le quarantième jour après sa résurrection. Il est rapporté dans Marc 16,19Luc 24:51, et dans le premier chapitre des Actes des Apôtres (John J. WynneFeast of the Ascension, The Catholic Encyclopedia, Robert Appleton Company, New York, 1907).
 
 
Bien que le lieu de l'ascension ne soit pas clairement décrit, il semble qu'elle était sur ​​le mont des Oliviers si l'on suit Les Actes des apôtresMathieu ne mentionne pas expressément l'ascension (28,16-20), mais décrit une réunion d'adieu de Jésus avec ses disciples en Galilée, où Pierre et ses compagnons reçoivent leur mission d'aller dans le monde annoncer la «Bonne nouvelle»Marc décrit brièvement l'ascension à la fin de son évangile (16,14-20). Il dit simplement que Jésus a été «élevé au ciel» et «assis à la droite de Dieu.» Luc, dans son évangile (24,50-53), nous décrit une belle image de Jésus avec les mains levées pour bénir ses disciples au moment de son départ (Vincent RyanPascual : Fiesta del señor, Paulinas, Madrid, 1987, pp. 58-6).
 
 
Le langage utilisé par les évangélistes pour décrire l'ascension doit être interprétée en fonction de son utilisation. Pour dire qu'il a été soulevé ou élevé, cela ne signifie pas nécessairement qu'il est localisé dans le ciel directement au-dessus de la terre; de la même manière que les mots «assis à la droite de Dieu» signifie seulement que ce qui est sa véritable position. Lorsque qu'il disparait de leur vue on nous dit simplement qu'«une nuée le déroba à leurs yeux» (Actes 1,9), et dans la gloire il demeure avec le Père dans l'honneur et la puissance comme le note l'expression de l'écriture (John J. WynneFeast of the Ascension, The Catholic Encyclopedia, Robert Appleton Company, New York, 1907 et P BenoitL'Ascension, en RB 56 (1949) 1~1-203; E. SchillebeeckxAscension and Pentecost, Worship 35 (1960-1961) 336ss; J A. FitzmeyerThe Ascension of Christ and Pentecost, en 'ThSt 45 (1984) 409440; et G. LohfinkDie Himmelf~hrt Jesu, Múnich 1971; Y. SzaxerAscensión, en DPAC, 1, 239-240).
 
 
Le récit de Luc dans son évangile et dans les Actes est essentiellement symbolique, comme d'autres récits évangéliques, dont certains contiennent des éléments historiques dans une mesure plus ou moins grande et d'autres, comme celui-ci, n'ont pratiquement pas de données factuelles, à l'exception des expériences des disciples de Jésus, qui après un certain temps, cessèrent. Suivant cette manière de faire, L'évangile de Marc nous montre juste que Jésus a quitté ses disciples pour monter au ciel. L'ascension ferme la période des apparitions; elle ne décrit pas la première entrée de Jésus dans la gloire divine, mais plutôt un dernier exemple qui se termine sa manifestation sur la terre (Xavier Léon DufourVocabulaire de théologie biblique, 1970 et Federico Pastorhttp://www.mercaba.org/DJN/A/ascension.htm).
 
 
Dans Actes 1,6-11Luc essaie de dire à ses lecteurs que Jésus ressuscité ne signifie pas que l' histoire a pris fin et que la venue de Jésus dans la gloire est imminente. En revanche, Pâque signifie que Dieu crée un espace et un temps pour que l'Église à se développe, à partir de Jérusalem, la Judée et la Samarie, jusqu'aux extrémités de la terre. Donc, les communautés chrétiennes ne doivent pas rester là à regarder le ciel. Jésus reviendra. Quand ? C'est réservé à la délivrance divine. La tâche des disciples est de devenir aujourd'hui dans le monde l'Église naissante (Leonardo Boffhttp://www.mercaba.org/FICHAS/JESUS/que_significa_que_cristo_subio_a.htm).
 
 
Poussons plus loin, Matthieu dans son récit ne parle pas d'une montée de Jésus au ciel en mais plutôt d'une apparition sur une montagne en Galilée où Jésus met en avant l'inauguration du Royaume des cieux qui a déjà commencé (Xavier Léon DufourVocabulaire de théologie biblique, 1970). Cela peut concorder avec l'image d'un Jésus ressuscité qui aurait alors vécu dans la clandestinité ne faisant que quelques apparitions à ses disciples, et si l'on suit Paul (1 Corinthiens 15,3-8) ces apparitions eurent lieu sur plusieurs années. Actes 1,3 nous montre que Jésus avait entretenu ses disciples du Royaume de Dieu, et donc qu'il a organisé sa communauté durant cette période. Le récit de Matthieu semble donc correspondre à un mouvement vivant dans la clandestinité puisque Jésus a donné rendez-vous à ses disciples dans un lieu qu'ils connaissent.
 
 
Les récits de Marc et Luc dégagent une symbolique pour les communautés chrétienne afin d'attendre le retour de Jésus et pour organiser l'Église naissante, mais le récit de Matthieu semble plus authentique du fait que Jésus et ses disciples semblent privilégier la clandestinité pour faire survivre le mouvement alors qu'une ascension au mont des Oliviers est peu crédible puisqu'un regroupement de plusieurs personnes aurait été surveillé de près par les Romains voir très vite prié de se retirer ou purement et simplement massacré vu que Ponce Pilate était connu pour ses méthodes expéditives.
 
 
Merci et bonne fête de l'ascension !

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Publié le 18 Avril 2017

haaretz.com dans un article du lundi 20 mars 2017 nous montre qu’avant Pâques, l'Autorité des antiquités d'Israël a ouvert son vaste cellier aux journalistes le dimanche pour un coup d'œil à des artefacts exhumés provenant de l'époque de Jésus. Les experts disent qu'ils ont encore à trouver des preuves archéologiques directes de Jésus-Christ, mais ces dernières années ils ont trouvé une foule de documents qui les aide à améliorer la compréhension des historiens sur la façon dont Jésus a peut-être vécu et est mort. «Il y a de bonnes nouvelles», a déclaré Gideon Avni, chef de la division archéologique de l'Autorité israélienne des antiquités. «Aujourd'hui, nous pouvons reconstruire de façon très précise, beaucoup de nombreux aspects de la vie quotidienne du temps du Christ.»

 

Israël est l'un des endroits les plus fouillées sur la planète. Quelque 300 récupérations ont lieu chaque année, dont environ 50 expéditions étrangères lointaines venant des États-Unis ou du Japon, dit l'Autorité des Antiquités. Environ 40 000 objets sont déterrés chaque année à Israël. Un tiers de toutes les antiquités trouvées attestent de l'ancienne présence chrétienne en Terre Sainte, a déclaré Avni. Les historiens savent maintenant combien de temps il a fallu pour voyager entre les villes et les villages où Jésus a prêché, et quoi ressemblaient ces lieux à l'époque. Avni a déclaré la connaissance sur cette période a progressé au cours des 20 dernières années. «Nous pouvons reconstruire avec précision de quoi le pays avait l'air», a-t-il dit.

 

Dans un entrepôt brillamment éclairé, 5000 m2 entassés avec des piles de cruches anciennes et de tessons de poterie, ce que l'Autorité des antiquités appelle sa «caverne d'Ali Baba» des trésors anciens, des fonctionnaires ont mis en place une simple table blanche avec des trouvailles de l'époque de Jésus. On y trouve bien conservés des gobelets en calcaire et des plats, largement utilisés par les Juifs en Terre Sainte durant cette époque dans le cadre de leur stricte pratique pour assurer la pureté rituelle de leur nourriture. Il s’y trouvait une boîte funéraire calcaire complexe décoré appartenant à un rejeton du grand prêtre Caïphe, connu dans le Nouveau Testament pour son implication dans l’arrestation de Jésus et sa livraison aux autorités romaines qui l'ont crucifié. Dans les temps anciens, les familles rassemblaient les os du défunt et de les placer dans des boîtes appelées ossuaires.

 

Ils ont également montré plus loin une réplique d'un artefact majeur situé au Musée d'Israël à Jérusalem, un os du talon percé d'un clou de fer avec des fragments de bois à chaque extrémité, découverts dans une boîte funéraire juive dans le nord de Jérusalem datant du Ier siècle après J.-C. À ce jour, il est la seule preuve trouvée d'une victime de la crucifixion romaine ensevelie selon la coutume juive. Il a aidé les archéologues à reconstituer comment a été crucifié l'homme, avec ses pieds cloués aux côtés de la croix. Avni dit sur Jésus : «peut-être a-t-il été crucifié de la même manière, contrairement à la façon dont la crucifixion est représentée dans l'art chrétien traditionnel.

 

À travers des boîtes en carton où sont marquées «os» de Bethsaïde du Nouveau Testament, un bloc de pierre massif était posé sur une caisse en bois sur le sol de l'entrepôt. La pierre porte une représentation sculptée apparente du Second Temple juif, et a été découverte en 2009 sur le site d'une ancienne synagogue sur les rives de la mer de Galilée. Les archéologues ont suggéré que Jésus peut avoir prêché dans la synagogue.

 

Avni a dit qu'il n'y a aucune raison de croire que Jésus n'a pas existé juste parce que les archéologues n’ont pas trouvé de preuves physiques se portant sur lui. «Il faut se rappeler que le Christ était un homme parmi plus d'un million de personnes vivant durant cette période en Terre Sainte», dit-il. Yisca Harani, un chercheur israélien du christianisme, a déclaré que le manque de preuves matérielles sur Jésus est un «mystère trivial». «Pourquoi est-ce que nous attendons dans l'antiquité qu'il y ait des preuves de son existence ?», dit Harani. «C'est la réalité de la vie humaine. C’est soit les dirigeants ou les militaires qui avaient leur mémoire inscrite dans la pierre et les objets.» Il dit que ce qui reste de Jésus «sont ses mots.»

 

Cette découverte a été peu mise en avant dans les médias, mais elle permet enfin de mettre pleinement en avant l’univers dans lequel a vécu Jésus et d’effacer les images saint-sulpicienne venues d’un imaginaire qui n’a pas connu le Ier siècle et le mode de vie des personnes en cette période.

 

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Publié le 16 Avril 2017

La résurrection, une libération
Récemment, Israël Knohl a montré à travers ses recherches que des inspirations apocalyptiques juives qui ont eu cours entre le IIe siècle avant J.-C. et la fin du Ier siècle après J.-C. ont pu inspirer les disciples sur la résurrection de Jésus ou du moins être un des vecteurs de leurs croyances à ce sujet. Un messianisme «catastrophique» fondé sur les versets bibliques a peut être vu le jour. Cette croyance se basait sur la souffrance, la mort et la résurrection du Messie comme si elles constituaient un fondement nécessaire au processus de rédemption.
 
 
Dans L'autre Messie (Albin Michel, 2002), sur la base des hymnes trouvés à Qumran entre la mer Morte, Israël Knohl fait valoir qu'une génération avant Jésus, un leader messianique qui s'appelait Menahem a surgi dans la secte de Qumran et il a été considéré par ses partisans comme l'avènement d'une ère de rédemption et de pardon. Ce chef messianique a été tué par des soldats romains au cours d'une révolte qui a éclaté à Jérusalem en 4 avant J.-C. Les Romains interdirent que son corps soit enterré et après le troisième jour ses disciples crurent qu'il était ressuscité et monté au ciel.
 
 
Israël Knohl dans Messiahs and Resurrection in 'The Gabriel Revelation' (Continuum Édition, 2009) nous parle aussi d'une stèle appelée la «Révélation de Gabriel» qui mesure 93cm de haut et 37cm de large qui un texte araméen divisé en deux colonnes. Il est composé de 87 lignes et présente le Messie. Il n'y est pas décrit comme un descendant glorieux de David qui aurait rétabli le royaume d'Israël, mais comme quelqu'un qui souffre et ressuscite après trois jours comme le présente les lignes 80 et 81. Le «prince des princes» cité dans cette tablette est censé être Simon, l'un des révolutionnaires galiléens et un des esclaves d'Hérode, qui, au lendemain de la mort d'Hérode, a récupéré l'indépendance d'Israël pour lui et pour son peuple. Il pille et incendie plusieurs résidences hérodiennes, s'attaquant aux symboles hérodiens et au luxe. Simon a été tué alors qu'il était debout sur le bord d'une gorge. Son corps a probablement fini sur les roches de la falaise, où il s'est putréfié. Sur la stèle, Gabriel parle soi-disant de l'attaque contre ce révolutionnaire, lui annonçant qu'il serait ramené à la vie après le temps de trois jours.
 
 
Cela nous montre que la croyance en un Messie souffrant et qui ressuscite existait déjà. Mais là, où la croyance en la résurrection de Menahem et de Simon n'ont pas portée sur la durée, celle de Jésus existe toujours. Une raison permet de l'expliquer, celle que le mouvement de Jésus a su répondre aux attentes messianiques de l'époque, tant chez les Juifs que chez les convertis au judaïsme, les «craignants Dieu». C'est la tournure sociale du mouvement qui a porté comme ce fut le cas pour les nombreuses révoltes contre les Romains et leurs collaborateurs entre 4 avant J.-C. et 135 après J.-C., Jésus devait être vu comme un chef charismatique champion de la justice sociale et il choisit une méthode moins violente, celle de la résistance passive qui donnait plus de résultats (Laurent LamoineBlaise Pichon, et Christian-Georges SchwentzelLe monde romain de 70 av. J.-C. à 73 apr. J.-C., Collection : «Pour les concours», Armand Colin, 2014). La résurrection était alors vue comme libératrice et ouvrant l'ère du Royaume de Dieu qui verra la destruction des forces du mal, ici les Romains.
 
 
Poussons plus loin et nous pouvons voir que la théologie de la libération a peut être vu la résurrection dans son véritable sens. Leonardo Boff dans Jésus-Christ, le libérateur (Cerf / Traditions Chrétiennes,‎ 1983 [éd. originale publiée en 1971]) nous montre que Jésus a créé les conflits sur deux fronts qui l'ont conduit à la croix. Il ne mourut pas dans son lit entouré de ses disciples, mais il a été exécuté sur la croix, à la suite de son message et  de sa pratique. Tout indiquait que son utopie avait été frustrée. Mais quelque chose d'inouï qui est arrivé : l'herbe ne pousse pas sur sa tombe. Certaines femmes ont annoncé aux apôtres qu'il avait été ressuscité. La résurrection ne doit pas être identifiée à la réanimation d'un cadavre, comme dans celle Lazare, mais comme l'apparition d'un nouvel être, qui n'est plus soumis soit à l'espace-temps, ou à l'entropie naturelle de la vie. C'est la raison pour laquelle il peut aller à travers les murs. Il apparaît et disparaît. Son utopie du Royaume comme une transfiguration de toutes choses, ne peut pas être réalisée à l'échelle mondiale, c'est devenu quelque chose de concret en sa personne par la résurrection. Il est le Royaume de Dieu concrétisé en lui.
 
 
Leonard Boff indique que la résurrection est l'événement principal, sans qui le christianisme ne peut être soutenu. Sans cet événement béni, Jésus serait juste un des nombreux prophètes sacrifiés par les systèmes d'oppression. La résurrection signifie la grande libération et aussi une insurrection contre ce type de monde. Celui qui a été ressuscité n'était pas un César ou un souverain sacrificateur, mais celui qui avait été crucifié. La résurrection donne un sens à tous ceux qui sont crucifiés à travers l'histoire pour la justice et l'amour. La résurrection nous assure que le bourreau ne triomphe pas de la victime. Cela signifie que la réalisation des potentialités cachées en chacun de nous : l'apparition d'un homme nouveau. Comment comprenons-nous cette personne ? Les disciples l'appelaient par chaque titre; Fils de l'homme, Prophète, Messie, et bien d'autres. En fin de compte, ils ont conclu : un être humain, comme Jésus ne peut être que proche de Dieu. Et ils ont commencé à l'appeler, Fils de Dieu (Jésus-Christ, le libérateur (Cerf / Traditions Chrétiennes, 1983 [éd. originale publiée en 1971]).
 
 
James H. Cone dans  God of the Oppressed en 1975, met en avant que  la résurrection est étroitement liée à la croix : «cela décrit que la liberté est dans la croix. Et dans la résurrection». Tandis que dans The Cross and the Lynching Tree en 2011, la résurrection est devenue subordonnée à la croix : «La croix parle aux gens opprimés de même manière que la vie de Jésus, ses enseignements, et même sa résurrection ne le font pas. Comme l'Allemand spécialiste du Nouveau Testament Ernst Käsemann l'a dit, 'La résurrection est ... un chapitre de la théologie de la croix. Ou la croix est la signature de celui qui est ressuscité'». Si, dans les premiers écrits, la résurrection surmonte les puissances du péché et de la mort et mobilise un refus juste de l'oppression où l'on risque hardiment la souffrance et même la mort (la résurrection comme battant la croix), dans ce travail plus tardif, les motifs de la résurrection sont la lutte profonde pour trouver un sens et affirmer la dignité humaine dans le milieu de l'oppression (la résurrection est comme la transformation de la croix).
 
 
James H. Cone, dans A Black Theology of Liberation (Orbis Books; 40th Anniversary edition, 2010), il pousse un peu plus loin sa théorie. Bien que tué par les souverains de l'époque, Dieu a ressuscité Jésus d' entre les morts : pour le Christ «la résurrection est la divulgation que Dieu n'est pas vaincu par l'oppression, mais qu'elle se transforme en possibilité de liberté.» Le moyen de la résurrection que Dieu a accordé à une vie démontre des possibilités qui dépassent la réalité et semblent démontrer une invincibilité face aux puissances de la mort. La résurrection renverse la capacité de toute personne, y compris de l'Amérique blanche à la construction d'un horizon possible, de la liberté et de vie digne : La liberté chrétienne est la reconnaissance que le Christ a vaincu la mort ... La libération que représente les opprimés qui disent non à un oppresseur, en dépit de la menace de la mort, parce que Dieu a leur a dit oui, les plaçant ainsi dans un état de liberté.»
 
 
La résurrection de Jésus doit donc être vu à travers son fond social porteur celui du royaume de Dieu à venir qui doit permettre la libération des hommes de toutes sorte d'oppressions dont la résurrection de Jésus est une victoire contre elles.
 
 
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Publié le 14 Avril 2017

Le procès romain de Jésus ou la décision expéditive de condamner un fauteur de trouble
Après avoir été interrogé par Caïphe dans la maison d'AnneJésus est emmené devant le préfet de Judée, Ponce Pilate, qui résidait dans le palais d'Hérode. Encore une fois le récit du procès romain est peu fiable. Il y a une tendance dans les récits évangéliques, en particulier dans Luc, à blanchir la participation romaine à la mort de Jésus, et de suggérer que le christianisme n'a pas été un mouvement politiquement dangereux. Enfin Pilate, d'après ce que nous savons de lui dans d'autres sources, telles que Flavius Josèphe , un historien juif qui a écrit sur la période, était un administrateur assez impitoyable et efficace qui ne tolérerait pas le déclenchement de la résistance à Rome et son territoire, loin du personnage des récits évangéliques (http://www.bibleodyssey.org/tools/video-gallery/w/why-the-romans-crucified-jesus.aspx).
 
 
Salomon Malka live des détails intéressants comme le fait que le procès romain s'est déroulé à «huit clos» comme les procès qui se tenaient chez les empereurs et les procurateurs, et que les chefs des prêtres, les sages et les scribes n'étaient pas présents. Seuls les fonctionnaires romains habilités à y prendre part (les appariteurs) étaient autorisés à entrer. Pilate ne quitte pas le tribunal tant que le procès dure et Jésus s'est reconnu coupable de l'accusation portée contre lui, celle d'être le «Roi de Juifs» (Jésus rendu aux siens : Enquête en Terre sainte sur une énigme de vingt siècles, Albin Michel, 2012).
 
 
Mais on peut se demander si le procès s'est passé de cette manière ? José Antonio Pagola nous livre une hypothèse bien plus intéressante. Selon la coutume des magistrats romains, Pilate rend la justice tôt le matin et occupe le siège dans la tribune du haut de laquelle il dicte ses sentences. Jésus devait se trouver parmi plusieurs délinquants qui attendaient le verdict du préfet. Ce n'est qu'un accusé parmi d'autres. Pilate va utiliser comme procédure judicaire la cognitio extra ordinem, une forme expéditive de rendre la justice. Il donne la parole aux accusateurs, donne la parole à l'accusé et centre sa question pour voir si Jésus est dangereux et peut provoquer une insurrection avec le fameux : «Es-tu le roi des Juifs ?»  Jésus répond à ses attentes en lui disant : «Tu le dis» (Marc 15,2) (,Jésus – Approche historique, Collection Lire la Bible - N° 174, éditions du cerf, 2012).
 
 
Quels sont les chefs d'accusations contre Jésus ?  Salomon Zeitlin donne une réponse valable à la mise à mort de Jésus, le fait qu'il renverse au Temple les tables des marchands, remettant en question  l'autorité du Grand Prêtre et l'ordre social (Who Crucified Jesus ?, New/York/Londres,1942). Sa proclamation de la destruction du Temple comme le montre Éyal Regev est un autre motif de condamnation valable (Nouvelles études sur Jérusalem 8, pp 43/48, 2002 et Cathedra 119, pp13/36, 2006). Plus grave encore sont les attentes messianiques portées sur Jésus qui prêche l'arrivée du Royaume de Dieu (Jacqueline Martin-BagnaudezPour les Juifs, qui est Jesus ?, Salvator, 2014). Le danger était encore plus grand le jour de Pâque puisque les fils de Judas la Galiléen, qui s'était révolté contre Rome en 4 avant J.-C. et en 6 après J.-C., en auraient profité pour soulever le Peuple contre les Romains. Les chefs d'accusation contre Jésus dans Luc 23, 2-5 même s'ils sont exagérés semble confirmer cette vision du préfet romain et montrer les espoirs royaux à son encontre : Jésus a proclamé qu'il est le Messie, empêché la perception du tribut et tenté de soulever le peuple de Judée et de Galilée (Laurent LamoineBlaise Pichon, et Christian-Georges SchwentzelLe monde romain de 70 av. J.-C. à 73 apr. J.-C., Collection : «Pour les concours», Armand Colin, 2014).
 
 
La crucifixion est une mesure exemplaire d'exécution qui montre que Jésus est considéré comme tous les rebelles galiléens qui se prétendaient des Messies et en révolte contre Rome, c'est-à-dire un «bandit» (lestai en grec) comme le montre Flavius Josèphe. On crucifiait les meneurs, les autres arrêtés étaient relâchés comme cela a pu être le cas de Barabbas (Laurent LamoineBlaise Pichon, et Christian-Georges SchwentzelLe monde romain de 70 av. J.-C. à 73 apr. J.-C., Collection : «Pour les concours», Armand Colin, 2014). Comme le voulait la tradition romaine, Jésus reçut 60 coups de flagra (des lanières avec des bouts d'os dedans) comme les esclaves. L'Ombre d'un doute dans son émission Les derniers jours de Jésus en 2015, nous montre aussi qu'avant les coups de flagra Jésus a eu le droit au «jeu du roi», un jeu cruel où soldats romains lancent des jetons dans des carrés qu'ils avaient gravés, ainsi à la fin du jeu, le condamné à mort devient le roi, et on lui met une couronne et une tunique royale. Puis il est emmené à son lieu d'exécution où il porte lui-même sa poutre transversale (patibulum) et fut crucifié entre deux rebelles galiléens,  d'où le terme «brigands» utilisés à leur encontre. La raison de sa crucifixion était mise sur le titulus autour de son cou : «Celui-ci est le roi des Juifs». Les disciples ne furent pas poursuivis, jugés peu dangereux, mais la famille de Jésus dut se cacher pour éviter son arrestation car elle pouvait relever ce mouvement séditieux.
 
 
Pour bien terroriser ceux qui avaient envie de se révolter, on mettait comme à l'époque de Spartacus les révoltés sur des arbres le long d'une voie romaine. Ici ce n'est pas le cas, Jésus est crucifié avec ces deux brigands sur des oliviers dans des positions insolites comme le faisait savoir Flavius Josèphe lorsque les Romains utilisaient des arbres pour crucifier, ceux-ci se trouvent une montagne, à l'extérieur de Jérusalem qui ressemble à un crâne d'où son nom, Golgotha (Jacques de LandsbergL'art en croix : le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, Renaissance Du Livre, 2001 et John R. Cross, L'Homme sur le chemin d'Emmaüs : Qui était cet homme ? Quel était son message ?, GoodSeed International, 2014). Quand on entrait et on sortait de la ville, on pouvait voir cet odieux spectacle qui démotivait tout mouvement revendicatif. D'ailleurs pour empêcher toute tentative de sauver les crucifiés, on mettait la population à bonne distance et on plaçait une garde près des croix comme dans le cas de Jésus.
 
 
La mort de Jésus ne peut être attribuée qu'au seul pouvoir romain. C'est un banal assassinat préventif de real politik romaine sans contenu spirituel ni théologique (http://didierlong.com/2015/04/06/les-juifs-nont-pas-tue-jesus-pour-en-finir-avec-lantisemitisme-chretien/). Malgré cette mort infamante, des Juifs sans doute Sadducéens viennent demander à Pilate d'abréger les souffrances de Jésus et Joseph d'Arimathie, membre du Sanhédrin est venu réclamer le corps de Jésus à Pilate pour lui donner une sépulture dans un caveau vide (Salomon MalkaJésus rendu aux siens : Enquête en Terre sainte sur une énigme de vingt siècles, Albin Michel, 2012).
 
 
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Publié le 13 Avril 2017

Le procès juif de Jésus : une invention des auteurs des évangiles
Le procès de Jésus auprès du Sanhédrin est une invention des évangélistes notamment des trois évangiles synoptiques (MatthieuMarc et Luc), alors que l'évangile de Jean montre que Jésus a reçu un simple interrogatoire, ce qui semble des plus probables. Ce procès dessiné par les évangiles synoptiques ne respecte aucune des procédures juives de l'époque.
 
 
La Mishna montre que la législation juive pour condamner un accusé doit être attestée par deux témoins fiables entendus séparément et dont les propos sont concordants, puis les juges votent individuellement .Rien de tout cela dans les évangiles synoptiques, puisque les témoins sont en désaccord et on signale qu'ils font un faux témoignage, de plus les assistants interviennent en cours d'interrogatoire, avec un dialogue de sourd entre le Grand prêtre et Jésus (Geza VermesJésus le Juif, Desclée, 1978 et Les Énigmes de la Passion : L'histoire qui a changé le monde, Bayard, 2006).
 
 
Plus bizarre encore. Dans le cas de Jésus, il est impossible qu'un jugement ait eu lieu à «huis clos» ou avec quelques juges car la procédure est une procédure contradictoire avec des témoins à décharge convoqués par l'accusé (Jésus est seul dans les évangiles). D'autre part on juge «face au peuple»; selon le droit pénal juif, il y a publicité du jugement. Enfin, si un tribunal est unanime sa condamnation n'est pas valide. La Mishna montre aussi que dans les cas de peine de mort, le jugement a lieu pendant le jour et le verdict doit être aussi rendu pendant le jour. Dans les cas de peine de mort, le verdict d'acquittement peut être rendu le même jour, mais un verdict de condamnation ne peut pas l'être avant le jour suivant. C'est pourquoi des jugements ne peuvent avoir lieu la veille d'un sabbat ou la veille d'un jour de fête (Traité Sanhédrin 4, a) (http://didierlong.com/2015/04/06/les-juifs-nont-pas-tue-jesus-pour-en-finir-avec-lantisemitisme-chretien/).
 
 
Poussons plus loin Haïm Cohn  met en avant que les Juifs n'ont pas arrêtés Jésus mais les Romains, qui le remette aux instances juives qui sont embarrassées de la situation (The Trial and Death of Jesus, Ktav Pub Inc., 1980). Le Grand Prêtre doit alors prêter la main à cette procédure pour sauver sa vie, maintenir l'ordre du Temple et éviter toute conséquence funeste (Jacqueline Martin-BagnaudezPour les Juifs, qui est Jésus ?, Salvator, 2014). Il n'y aurait donc pas eu de procès juif mais un  interrogatoire de Jésus par Caïphe et le petit sanhédrin dans la maison de son beau-père Anne afin de l'amener à rétracter ses prétentions messianiques. Ce qui échoua puisque Jésus confirma celles-ci.
 
 
Enfin Salomon Malka montre que le Grand Prêtre Caïphe déchire ses vêtements selon la coutume juive antique pour manifester sa peine puisque Jésus en se proclamant Messie refusa la main tendue du Sanhédrin (Jésus rendu aux siens : Enquête en Terre sainte sur une énigme de vingt siècles, Albin Michel, 2012). Selon leur halakhah, les Sadducéens ne pouvaient pas livrer un juif à une autorité étrangère, car c'était une faute que même le pardon ne pouvait pas effacer. Caïphe n'aurait sans doute pas eu le choix car il craignait le succès du mouvement de Jésus auprès du peuple qui aurait pu amener une intervention violente des Romains (David FlusserJésus, éditions de l'éclat, 2005). Ne pouvant plus le sauver, il le renvoie aux Romains (Haïm CohnThe Trial and Death of Jesus, Ktav Pub Inc., 1980).
 
 
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Publié le 13 Avril 2017

Un repas de fête qui finit sur une arrestation : l’avènement du Royaume de Dieu face au pouvoir politique
Un repas de fête qui finit sur une arrestation : l’avènement du Royaume de Dieu face au pouvoir politique

Un repas de fête qui finit sur une arrestation : l’avènement du Royaume de Dieu face au pouvoir politique

Ce que nous voyons dans le dernier repas de Jésus est en réalité une allusion directe au repas dans le Royaume des Cieux à venir, car Jésus y annonce qu'il va cesser de prendre part aux festins terrestres, mais qu'il participera au banquet ultime, lors de la venue du règne de Dieu. Jésus ne donne aucune précision sur la forme, ni sur la date exacte de la venue du Royaume, mais il affirme simplement qu'il est certain d'y participer (Jean Marie GuillaumeLuc interprète des anciennes traditions sur la résurrection de Jésus, Libr. Lecoffre, Gabalda, 1979,  et Jean-Marie van CanghLes sources judaïques du Nouveau Testament : recueil d'essais, Isd, 2008). Ce serait un repas de fraternité eschatologique (Revue biblique internationale, Volume 12, 1903). Faire un repas de Pâques est encore plus symbolique, car cette fête célèbre la sortie d'Égypte et la fin de l'esclavage pour le peuple hébreu, et donc une image symbolique de la future libération d'Israël du joug romain.
 
 
Joachim Jeremias confirme que c'est bien un repas de Pâques puisque le repas est fermé avec un hymne pascal, le Hallel, que les mots interprétatifs prononcés sur le pain et le vin ressemblent à une extension de la Haggadah de Pessah, il est étendu dans la nuit avec un petit rassemblement, où les personnes sont inclinés au lieu d'être assises à table, tandis que le plat est précédé de la fraction du pain et on trouve du vin rouge. Enfin quand Judas sort, les disciples pensent qu'il va distribuer de l'argent aux pauvres, une coutume de Pâque (La Dernière Cène : les paroles de Jésus, Paris, Cerf, 1972).
 
 
Jésus rejoint avec ses partisans un repas qui a été conçus pour anticiper la venue du Royaume de Dieu. John Dominic Crossan va plus loin et montre que le repas de Pâque ouvre un égalitarisme social radical dans les sièges pour les repas (The Historical Jesus : The Life of a Mediterranean Jewish Peasant, 1991). Pour Bruce Chilton la volonté de fournir des repas, de se joindre à la fraternité, de pardonner et d'être pardonné, a été vue par Jésus comme une condition suffisante pour manger en sa compagnie et pour l'entrée dans le Royaume de Dieu. L'approche de Jésus à la qualification de la pureté était distinctive dans son caractère inclusif. Pour Jésus, les marqueurs primaires de pureté, les exigences principales pour la communion de table dans le royaume étaient : Israël est pardonné et prêt à fournir sa propre production (Rabbi Jesus : An Intimate Biography, Doubleday, 2000).
 
 
Pour John Dominic Crossan (http://usuaris.tinet.cat/fqi_sp04/euc_peixos_sp.htm), Jésus fait donc un repas où la participation est égale en vertu de la nourriture, puisqu'elle est distribuée à tout le monde sans préférence. Jésus est l'hôte, mais prend le rôle du serviteur, et tous les invités partagent donc la même nourriture sur un pied d'égalité. Enfin, Jésus, dans une société où les femmes étaient responsables de la préparation et du service de la nourriture à la famille, change la donne et leur fait adopter, non seulement le rôle de servante, mais aussi de participante au banquet messianique.
 
 
Pour Hyam Maccoby, la sainte Cène sera un avant goût de la fête qui aura lieu si Jésus réussit. Cela peut se rapporter à ce que  Jésus dit : «En En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu» (Marc 14,25). Leur prochain repas sera la fête messianique elle-même, qui sera la célébration de la victoire sur les ennemis de Dieu, les Romains. Après Jésus se rend au mont des Oliviers (Hyam MaccobyPaul et l'invention du christianisme, Lieu commun, 1987).
 
 
Arrivé au mont des Oliviers, Jésus se place avec ses disciples dans le "jardin de Gethsémani." Il est situé traditionnellement à un endroit au pied du Mont des Oliviers, mais peut-être est plus loin de Jérusalem, dans une basse vallée entre deux contreforts de la montagne. La prophétie de Zacharie dit que les pieds de Dieu vont se tenir debout sur le mont des Oliviers, qui provoqueront un tremblement de terre vers l'est et à l'ouest, la masse de la montagne se retirera vers le nord et le sud. La prophétie continue, «Et vous fuirez dans la vallée des montagnes.» Jésus prit donc ses disciples à l'endroit indiqué par le prophète, où il pourrait regarder le miracle et ne pas être submergé par lui. Il est en outre assuré par le prophète : «Et mon Seigneur viendra, et tous les saints avec toi» (Zacharie 14) (Hyam MaccobyPaul et l'invention du christianisme, Lieu commun, 1987).
 
 
Dieu lui-même se joindrait au Messie dans la vallée et luttera avec lui contre l'ennemi en frappant ses rangs avec un fléau. D'autres miracles surprenants se produiront : des eaux vives se sortiront de Jérusalem dans deux rivières; et «au temps du soir, ce sera la lumière» (Zacharie 14). Une fois dans la «vallée de la décision»Jésus lui-même s'applique à la prière et veille. Il a dit à ses disciples : «Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.» Il attendait un miracle impressionnant et l'apparition de la gloire de Dieu : mais il doit avoir senti que cette manifestation dépendra, dans une certaine mesure, de sa propre dignité et de celle de ses disciples (Hyam MaccobyPaul et l'invention du christianisme, Lieu commun, 1987).
 
 
L'apparition miraculeuse de Dieu sur le Mont des Oliviers n'a pas eu lieu. Quand les troupes romaines guidées par Judas Iscariothe sont arrivées à Gethsémani ils ont trouvé une poignée de rebelles équipés avec seulement deux épées. Judas n'a pas trahi Jésus, il l'a«livré» ou «remis» (paradidonai en grec), mais il n'est pas désigné comme un «traître». Il semble que l'on puisse dire que la décision de Judas est prise après que Jésus a prononcé la parole sur le pain donné à celui qui allait le livrer pendant la Cène pensant qu'il voulait affirmer ses prétentions messianiques devant le Grand Prêtre. Quelques coups ont été échangés, mais Jésus fut bientôt capturé. Les disciples fuient dans la consternation et les troupes, qui avaient reçu l'ordre d'apporter le chef de file, continuèrent leur chemin avec le prisonnier (Hyam MaccobyPaul et l'invention du christianisme, Lieu commun, 1987 et http://www.mondedelabible.com/wp-content/uploads/2014/04/Judas.pdf).
 
 
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Publié le 10 Avril 2017

José María Castillo nous montre dans son article du jeudi 10 avril 2017 sur periodistadigital.com que l'une des choses qui sont les plus clairs, dans les écrits de la Passion du Seigneur, l'Église nous rappelle en ces jours pascals, la peur que donne l'Évangile. Oui, la vie de Jésus nous fait peur.

 

Parce que, après tout, ce qui est c’est qu’il est difficile d’admettre que ce mode de vie - si les évangiles sont la vraie mémoire de ce qui avait amené Jésus à ses dernier jours – qui amena Jésus à devoir accepter la destination la plus dégoûtante qu’une société puisse attribuer : le sort d'un criminel exécuté (G. Thiessen).

 

La mort de Jésus ne fut pas un «sacrifice religieux». De plus, vous pouvez vous assurer que la mort de Jésus, comme les Évangiles le disent, était le contraire, dans cette culture, elle pourrait être comprise comme un sacrifice sacré. Chaque sacrifice religieux, à l'époque, avait à remplir deux conditions qui devaient se faire dans le temple (sacré) et répondre aux normes d'un rituel religieux. Aucune de ces conditions n’est donnée dans la mort de Jésus.

 

De plus, Jésus a été crucifié, pas entre les deux «voleurs», mais entre deux lestai, un mot grec que nous savons utilisés pour désigner non seulement les «bandits» (Mc 11, 17; Jn 28, 40), mais aussi des "rebelles politiques" (Mc 15, 27), comme il est indiqué par F. Josephus (HW Kuhn, X. Alegre). Donc, il est compréhensible que, dans sa dernière et décisive heure, Jésus a été trahi et abandonné par tout le peuple, les disciples, les apôtres ... Ce qu’il y a de religieux, ce sont les sentiments de Jésus lui-même. Et nous savons que son sentiment était plus fort quand il a eu conscience d'être abandonné même par Dieu (Mt 27, 46; Mc 15, 34). La vie de Jésus est venu pour prendre fin comme cela : seul, sans défense, abandonné.

 

Que disons-nous de tout cela ? Que nous dit la semaine sainte dans les textes bibliques, que nous lisons ces jours-ci, que Jésus est venu remettre en question la réalité dans laquelle nous vivons. La violente, cruelle réalité dans laquelle s’impose la «loi du plus fort» contre «la loi de touts les faibles».

 

Nous savons que Paul de Tarse a interprété l'histoire mythique du péché d'Adam comme l'origine et l'explication de la mort de Jésus, pour nous racheter de nos péchés (Rom 5, 12-14; 2 Co 12-14). C’est l'interprétation des prédicateurs qui concentrent notre attention sur le salut du ciel. Ça c'est bon. Mais le risque est de détourner l'attention sur la réalité tragique que nous vivons. La réalité de la violence subie par les «riens», la corruption de ceux qui gouvernent et, surtout, le silence de ceux qui savent ces choses et se taisent pour ne pas perdre leur pouvoir, leurs dignités et privilèges.

 

La beauté, la ferveur, la dévotion dans nos liturgies et nos confréries nous rappellent de la Passion du Seigneur. Pourquoi, nous ne nous posons pas la question des causes de la dure réalité que vivent tant de millions d'êtres humains ? Est-ce que nous nous rappelons de la vie de Jésus qui l’a conduit à son échec ultime? Ou nous distrait-ont avec des dévotions, des esthétiques et des traditions qui utilisent la «memoria passionis», la «mémoire dangereuse» de Jésus, pour avoir une bonne conscience ?

 

Comme le pense José María Castillo, l’exécution de Jésus faut avant tout politique car cette homme dérangea les élites religieuses et politiques de son temps, car il s’est dédié à guérir les malades, à soulager la douleur et la souffrance, pour accueillir personnes les plus perdus et égarées, non pour faire une classe supérieure.

 

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