Les manifestations du 12 mai contre la loi travail pour un gouvernement qui ne sait plus écouter

Publié le 12 Mai 2016

Les manifestations du 12 mai contre la loi travail pour un gouvernement qui ne sait plus écouter

Comme le montre Libération.fr il a manqué deux voix aux députés de gauche opposés à la loi Travail pour déposer leur propre motion de censure. À 16h35 le mercredi, poursuivi par une nuée de caméras et de micros dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le député socialiste frondeur, Laurent Baumel, a expliqué avoir réussi à rassembler 56 signatures de collègues socialistes, écologistes, communistes et non-inscrits sur un projet de motion de censure suite au 49.3 déclenché par le gouvernement sur le projet de loi Travail mardi après-midi. Il en fallait 58 pour qu'elle soit recevable...

Tandis que nous pouvons voir le mépris de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, envers les Frondeurs qui eux respectent leurs électeurs. Ce matin sur Itélé, il a appelé les Frondeurs à «clarifier» leur position, qui pourtant ne fait pas de doute. «Je pense que c'est allé trop loin. Je suis témoin de l'exaspération de l'énorme majorité de députés socialistes qui ne comprennent pas cette absence de fraternité, de solidarité, de parlementaires qui font de la flibuste [...] Je pense que les choses, à un moment ou un autre, doivent être clarifiées», a-t-il pesté.

francetvinfo.fr fait savoir que les députés du Front de gauche, par la voix du communiste André Chassaigne, voteront donc la motion de censure déposée par la droite et le centre mardi : "En l'absence de cette motion de censure de gauche, nous considérons que le seul outil à notre disposition, le seul levier, c'est la motion de censure déposée par la droite", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale, mercredi. "Le seul moyen dont nous disposons pour obtenir le retrait de cette loi Travail, c'est de voter une motion de censure, quels que soient ceux qui la présentent", a ajouté le député du Puy-de-Dôme.

Pour ceux qui croient qu’avec la droite tout ira mieux ils se feront une belle illusion comme le montre Libération.fr. Les manifestants mobilisés contre la loi El Khomri ne se privent pas de le souligner : plus de 70 % des Français sont hostiles à cette réforme, accusée de faire la part trop belle aux entreprises au détriment des salariés. Mais, dans le même temps, il y aurait, selon les sondeurs, au moins sept chances sur dix pour qu’un président de droite soit élu le 7 mai 2017. Or, qu’il se nomme Juppé, Sarkozy, Fillon ou Le Maire, ce futur chef de l’État s’est déjà engagé pour une réforme du travail à côté de laquelle la malheureuse loi El Khomri n’est qu’une aimable plaisanterie. Les quatre principaux candidats veulent tous, au minimum, l’abrogation des 35 heures, faciliter le licenciement, supprimer (ou alléger) le Code du travail et la généralisation du référendum d’entreprise pour cantonner le dialogue social. Et ce n’est pas tout. Lancés dans ce qui ressemble à une surenchère libérale, ils promettent de supprimer l’ISF, baisser drastiquement les «charges» et l’impôt sur les sociétés, plafonner les minima sociaux et supprimer au minimum 250 000 emplois de fonctionnaires.

Pour ce gouvernement aveugle, il est bon de rappeler que la riposte contre la loi travail continue dans la rue mais aussi sur internet. Après la pétition «loi travail non merci !», une «motion de censure citoyenne», contre le recours au 49.3 par le gouvernement, a été mise en ligne. Elle a déjà recueilli la signature de 150 personnalités, dont des acteurs (Philippe Torreton), chanteurs (Juliette), humoristes (Didier Porte), chercheurs, écrivains, économistes et syndicalistes (de FO, la CGT, SUD, Solidaires...), pour lancer un appel au gouvernement. Caroline De Haas, à l'origine de la pétition contre la loi travail, est parmi les initiateurs de cette action. D’ailleurs, francetvinfo.fr nous signale que deux députés PS, Patrick Lebreton et Bernard Lesterlin, ont annoncé aujourd'hui qu'ils quittaient le groupe socialiste de l'Assemblée.

Comme le montre LeMonde.fr pour la cinquième fois en deux mois, sept syndicats – CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl – ont appelé à manifester contre la loi travail. La mobilisation a démarré dans la matinée avec une poignée de lycées fermés à Paris et des blocages à Rennes et à Nantes. À Toulouse, 12 000 personnes selon les syndicats, 3000 selon la préfecture, manifestent dans le centre-ville leur opposition au projet de réforme du code du travail. À Grenoble, entre 1000 et 4000 personnes ont défilé dans le calme aux cris de "49-3 on n'en veut pas, Grenoble soulève-toi" ou "P comme pourris, S comme salauds, à bas le parti socialiste". À Rennes, selon la préfecture, la manifestation a rassemblé 1 500 personnes qui ont commencé à se disperser vers 13h30. Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées à Nantes ou encore Marseille et entre 1000 et 1500 à Bordeaux. Ils étaient 750 à Lyon selon la préfecture, entre 600 (police) et 1200 (organisateurs) à Montpellier. Dans la matinée, environ 1200 manifestants avaient défilé à Pau et autant à Bayonne, selon la police. Tandis qu’à Lille il y a eu entre 500 et 1000 manifestants.

Libération.fr nous fait savoir que 50 000 personnes ont manifesté à Paris contre la loi travail selon la CGT. La préfecture de police de Paris avance elle le chiffre de 11 500 à 12 500 manifestants. Les médias au lieu de parler des manifestations se centrent toujours autant sur quelques casseurs à Paris et à Nantes en disant que c’est des manifestants avec une grande malhonnêteté intellectuelle. Finalement comme le montre LeMonde.fr et francetvinfo.fr, la motion de censure du gouvernement déposée par la droite n'est pas adoptée. 246 députés ont voté pour; il aurait fallu 288 voix pour qu'elle passe. La loi Travail est donc considérée comme adoptée par l'Assemblée nationale.

Face au passage en force de la loi Travail et au recours au 49.3, Nuit Debout propose une motion de ‪‎censure populaire. Cette motion rappelle que la ‪ ‎démocratie suppose le respect de la loi et de la liberté d’expression. Les centaines de Nuit Debout de France vont proposer cette motion dans leurs assemblées respectives pour la faire voter, l'amender, la compléter, la relayer pour réaffirmer leur opposition à la loi travail et leur attachement aux valeurs démocratiques qui les animent.

Pendant ce temps Manuel Valls nous dit : «Je ne laisserai pas la gauche détruire la social-démocratie française.» Mais vous l’avez détruite en faisant cette loi. Il faudrait peut être que le Premier ministre revoit ses bases tout comme le Président de la République qui est une réorganisation radicale de l'ordre socio-économique à travers des achats pour les biens publics, le contrôle du processus de travail et de la politique de taxes par les travailleurs. En gros, la participation active de la population entière, et des travailleurs en particulier, à la gestion de l'économie.

Nuit Debout fait son AG devant l'Assemblée Nationale pour rappeler son opposition à la loi travail et pour apprendre aux députés comment fonctionne la démocratie.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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