L’archevêque de Dublin dénonce la «dureté» de l’Église en vers les gays

Publié le 18 Avril 2017

Rodney Pelletier dans ChurchMilitant.com le 17 avril 2017 nous montre que dans les homélies la semaine sainte et du dimanche de Pâques, l'archevêque de la tête de l'Église d’Irlande, Diarmuid Martin, a parlé du catholicisme comme d’une «religion de la peur» et une «foi des interdictions», pour dénoncer l'Église pour sa «dureté» historique vers la communauté LGBT.

 

Dans son discours du vendredi saint à Dublin, il a fait remarquer : «Comment est-ce que l'Église et ses institutions pouvaient à divers moments de l'histoire, et pas seulement dans un passé lointain, être si critiques et traiter les gens brisés qui étaient confiés à ses soins avec une telle rigueur ?» «Comment pouvions-nous essayer d'utiliser l'enseignement et la voie de la miséricorde envers les pécheurs pour les amener à justifier ou à accepter leur exclusion sévère ?», a-t-il continué. «Pensez à tant de groupes qui ont été mal jugés : les mères célibataires qui voulaient garder un bébé qu'elles aimaient, les gays et les lesbiennes, les orphelins.» Il a poursuivi : «Nous pouvons être si critiques et blessants envers ceux que nous décidons qu’ils ont échoué et ceux qui dérivent en dehors de nos idées autodidactes de respectabilité.»

 

Et dans son homélie du dimanche de Pâques, Mgr Martin a critiqué l'Église catholique : «Nous avons créé une religion de la peur, tellement que même quand nous avons essayé de vivre une belle vie, on ne nous a jamais laissé avec une sensation de liberté.» «Pour beaucoup, le christianisme s’est transformé en une foi d'interdictions», a-t-il poursuivi. «Certaines théologies ont parlé de libérer les gens du péché, mais elles ont développé un concept de péché et de pécheur qui a rendu presque impossible pour un pécheur de se sentir lui-même ou elle-même vraiment libre. ​» L'archevêque a ajouté : «Il y avait tellement de règles que beaucoup ont été laissés avec un sens du scrupule, qui les a laissés piégés et opprimées par la culpabilité et les doutes.»

 

Mgr Diarmuid Martin a parlé dans le passé pour appuyer la protection juridique des unions civiles gays et a commenté que l'Église catholique doit changer avec le temps. Espérons que les évêques du monde entier suivent ce prélat visionnaire qui désire que l’Église accueille au lieu de fermer ses portes.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

Repost 0
Commenter cet article

Valette Olivier 21/04/2017 21:28

Je suis d'accord, je ne parle pas de sévérité ou de rigidité pour être plus exact. Simplement de vérité, mais une vérité qui peut être dite avec douceur. Vérité n'est pas synonyme de dureté, de raideur, de rejet. Il est nécessaire de la dire, mais avec amour, respect et humilité car on ne peut contraindre les consciences. Mais dans ce souci justement de respect des personnes qui viennent à nous, nous nous devons d'éclairer leurs consciences car le salut est en jeu. C'est aussi un acte de charité, que de dire la vérité de manière adéquate et sans blesser. Ce n'est pas toujours facile, ce n'est pas toujours le cas. Hélas. De trop nombreuses maladresses ont eu lieu et il y en aura en encore je le crains. Il faut de la finesse, beaucoup d'écoute, de compréhension, de compassion, mais la personne qui reçoit une parole doit elle aussi être capable de l'entendre, quand bien même celle-ci serait difficile... Soyez bénis !

Valette Olivier 21/04/2017 18:56

Ma vérité n'est autre que la parole du Christ qui libère le pécheur de son péché, il ne le condamne pas mais le renvoie en lui disant : "Te voilà guérit, ne pèche plus, il t'arriverait pire encore" (Jn 5, 14) ou " Personne ne t'a condamnée ? Moi non plus, je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus." (Jn 8, 10-11)

Accueillir, être bon et bienveillant envers les personnes, ne signifie pas la négation du péché et de sa gravité, car la vérité libère (Jn 8, 32) voilà ce que fait la miséricorde, elle nous remets dans la vérité devant Dieu et ce faisant nous donne la paix et nous libère de toute crainte liée au jugement.
Amour et vérité se rencontrent, clame le psaume 84, placé sous le patronage du roi David, un grand pécheur pardonné. Lorsque Dieu lui a envoyé le prophète Nathan pour lui révéler la gravité de sa faute : un adultère doublé d'un meurtre, David lui-même de son propre aveu s'est condamné à mort, mais Dieu, plus grand toutes nos justices a pardonné... pour qu'il y ait réellement pardon, c'est-à-dire un don de surcroît qui submerge la faute, qui passe par-dessus, encore faut-il que la faute soit reconnue et rejetée par celui qui l'a commise pour que l'absolution donne son fruit de grâce et de salut. Dieu, dit saint Augustin, nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous. Une Eglise de purs est un fantasme, j'en conviens : nous ne sommes pas des cathares. La sainteté n'est pas la perfection, c'est l'accueil constant de la miséricorde du Père et sa mise en pratique dans notre vie, avec le secours de sa sainte grâce (voire le sermon sur la montagne).

Que Dieu vous garde et nous fasse progresser ensemble vers la pleine et entière sainteté.

paroissiens-progressistes 21/04/2017 20:20

Valette Olivier,

La vérité libère mais pour rendre libre, elle ne peut pas que se mettre sur la sévérité et savoir apporter l'amour et l'accueil.

Merci !

Valette Olivier 20/04/2017 18:29

Accueillir les personnes certes, mais sans pour autant légitimer leur péché. Ce n'est pas juger ou condamner que de dire la vérité, mais je conçois qu'il faille le faire avec charité, comme le Christ.

L'amour sans la vérité pourrit, la vérité sans amour détruit,
les deux réunis édifient.

A une religion de la peur, substituons celle du Christ : la religion de la charité dans la vérité qui rend libre. L'acceptation des personnes ne saurait se confondre avec celle du péché qui conduit à la servitude. Nous devons aimer l'Eglise au lieu de la flétrir, car elle est la chair de Jésus-Christ, son épouse bien-aimée. Il faut avoir le courage de la vérité et de l'autocritique, mais nous devons absolument prendre nos distances avec cette mentalité (en accord avec l'esprit du monde et les idées de la Franc-Maçonnerie) qui voudrait que l'on maudissent à la fois notre passé et notre identité catholique au profit de l'humanisme protestant.

Pax !

paroissiens-progressistes 20/04/2017 19:56

Valette Olivier,

Comment peut-on être charitable quand on envoie à un croyant son péché en pleine figure ? Votre vérité est un juge qui ne laisse aucune seconde chance. Quand on aime l'Eglise, on doit comprendre qu'elle est une communauté qui accueille malgré les fautes et elle ne ferme pas ses portes pour garder les purs. Ce n'est pas de l'humanisme protestant, c'est que qu'on appelle l'amour du prochain et il dépasse nos propre jugements personnels.

Merci !