Publié le 26 Août 2019

Comme le montre firstpost.com (https://www.firstpost.com/india/kerala-nun-rape-case-congregation-issues-notice-asking-expelled-sister-lucy-kalappura-to-withdraw-complaint-against-superior-7219601.html), la Congrégation franciscaine clariste a publié samedi 24 août 2019 un avis de justification montrant la sœur Lucy Kalappura, sœur expulsée, et lui demande de retirer sa plainte à la police contre une supérieure locale, qui l’avait enfermée dans une chambre du couvent. La congrégation a également demandé à la religieuse de présenter des excuses à son aînée, du fait qu’après avoir visionné les images de la vidéosurveillance, il avait été constaté que la consœur supérieure ne l'avait pas enfermée dans la pièce, mais d’après la Congrégation franciscaine clariste, elle a seulement verrouillé le couvent avant de se rendre à la messe. Elle lui a également demandé de fournir une explication écrite concernant les plaintes déposées par la police dans les trois jours suivant la réception de l'avis de justification. Ce que l’on sait moins c’est que cette vidéo a été mise au jour après que la police de Vellamunda a enregistré sa plainte contre les autorités du couvent de la Congrégation, à Karakkamala à la suite d'une plainte pour détention illégale par une religieuse de rang supérieure, alors qu’elle avait déjà été utilisée pour l’humilier sur les réseaux sociaux.

 

On peut se demander pourquoi un tel acharnement, surtout que l’on a pas vu la Congrégation franciscaine clariste la soutenir lorsqu’elle a accusée mardi un prêtre catholique du diocèse de Mananthavady d’avoir utilisé une plate-forme de média social pour "l'humilier" en utilisant un langage vulgaire et les images de vidéosurveillance ont été recueillies avec l'aide de sœurs du couvent de la Congrégation à Karackamala, à Wayanad. Le diocèse de Mananthavady a désavoué les opinions exprimées par le prêtre dans la vidéo, affirmant qu'il s'agissait de ses opinions personnelles. Pourtant, ces vidéos ont été mises sur des médias sociaux, faisant partie de l'équipe PRO du diocèse (https://www.firstpost.com/india/dismissed-kerala-nun-accuses-catholic-priest-of-humiliating-her-on-social-media-after-he-releases-video-with-vulgar-language-7196311.html).

 

En réalité, la Congrégation cherche à la punir pour avoir participé à la manifestation organisée par 'Save Our Sisters Action Council' le 20 septembre 2018, à Kochi, demandant l'arrestation de Mgr Franco Mulakkal, accusé d'avoir violé une religieuse au Kerala. Le site globalsistersreport.org (https://www.globalsistersreport.org/blog/q/ministry/q-sr-lucy-kalappura-expelled-franciscan-clarists-after-public-protests-56465) nous apprend également que des jalousies se sont fait jour contre elle à cause de son travail parmi les pauvres et les nécessiteux, elle conseille également les familles catholiques qui se sentent offensées par les prêtres et les religieuses dans leur paroisse, un curé de la paroisse tenta même de lui interdire de distribuer la communion et d'enseigner le catéchisme à l'école du dimanche, mais ce dernier du céder à la pression populaire, et son attention médiatique n’est venu que quand elle a soutenu les cinq religieuses abusées par l’évêque Franco Mulakkal ce qui l’a mise en opposition envers les autorités ecclésiastiques voulant couvrir les actes de ce dernier.

 

Donc, tous les moyens étaient bons pour se débarrasser d’elle, pour celle qui souhaite qu’on revoie la vie religieuse pour la rendre plus pertinente par rapport au nouveau scénario mondial, puisque nous vivons dans un village global avec plus de transparence et une plus grande accessibilité à l’information, contrairement au passé. Malheureusement, pour elle certaines sœurs sont transformées en esclaves au nom de la vie religieuse et de l'obéissance. Les femmes consacrées sont obligées de travailler dans les hôpitaux et les écoles sans salaire minimum. Enfin, elle pose une bonne question : «Ne devrions-nous pas mettre fin à cette exploitation ?» Et au vu de ce que subit sœur Lucy Kalappura, des changements sont en effet nécessaires.

 

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Publié dans #Actualité de l'Église

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Publié le 25 Août 2019

Ouest-France.fr avec l’AFP nous montre que le pape François s’est dit «inquiet» ce dimanche 25 août 2019, après la traditionnelle prière de l’Angelus, pour les incendies qui ravagent la forêt amazonienne, «ce poumon vital pour notre planète».

 

«Nous sommes préoccupés pour les vastes incendies qui se sont développés en Amazonie. Ce poumon de forêt est vital pour notre planète», a dit le pontife argentin François, devant une foule de fidèles massés sur la Place Saint-Pierre, après la traditionnelle prière de l’Angelus dimanche 25 août 2019. Le pape sud-américain, qui organisera à l’automne une grande conférence mondiale sur l’Amazonie, a appelé les 1,3 milliard de catholiques de la planète, à «prier pour que, grâce à l’engagement de tous, ces incendies soient éteints le plus vite possible».

 

Le pape François, élu en mars 2013, a rencontré en mai le chef indigène Raoni, venu alerter l’Europe sur la déforestation de l’Amazonie. Le chef du peuple nomade kayapo cherchait aussi à collecter un million d’euros pour protéger la réserve de Xingu, au Brésil. Dans son encyclique «Laudato si» (mai 2015), texte à tonalité très sociale sur l’écologie, le pape a dénoncé l’exploitation de la forêt amazonienne par «d’énormes intérêts économiques internationaux».

 

En janvier 2018, le pontife argentin de 82 ans, avait visité Puerto Maldonado, un village du sud-est du Pérou entouré de la jungle amazonienne, où avaient convergé des milliers d’indigènes péruviens, brésiliens et boliviens. Il y avait fustigé «la forte pression des grands intérêts économiques qui convoitent le pétrole, le gaz, le bois, l’or, les monocultures agro-industrielles». Pour le pape, ce premier voyage en Amazonie avait constitué le coup d’envoi des préparatifs de l’assemblée mondiale des évêques (synode) d’octobre prochain, consacré à cette forêt qui occupe 43 % de la superficie de l’Amérique du Sud et où vivent près de trois millions d’indigènes.

 

L’Église catholique est consciente de l’histoire sanglante de l’évangélisation de l’Amérique latine au XVIe siècle et reconnaît qu’elle n’a pas toujours traité avec respect les peuples d’Amazonie. Mais elle est aujourd’hui engagée dans de nombreux projets pour aider les peuples amazoniens à préserver leurs coutumes et leur identité. L’Amazonie abrite 20 % de l’eau douce non gelée de la planète, 34 % des forêts primaires et 30 à 50 % de la faune et la flore du monde. Ce poumon vert se répartit sur neuf des 12 pays de l’Amérique du Sud, en premier lieu le Brésil (67 %), la Bolivie (11 %) et le Pérou (13 %).

 

Une excellente nouvelle est arrivée ce dimanche, les pays du G7 sont d'accord pour «aider le plus vite possible les pays frappés» par les feux qui se sont multipliés ces derniers jours dans la forêt amazonienne, grâce aux appels à l'aide, lancés notamment par la Colombie, a déclaré dimanche Emmanuel Macron à la presse. «Il y a une vraie convergence pour dire "on se met tous d'accord pour aider au plus vite possible les pays qui sont frappés par ces feux"», a rapporté le président français, hôte du sommet des sept grandes puissances qui se tient jusqu'à lundi à Biarritz, dans le Sud-ouest de la France. Emmanuel Macron a fait état dimanche de contacts en cours « avec tous les pays de l'Amazonie (...) pour qu'on puisse finaliser des engagements très concrets de moyens techniques et financiers ». «Nous sommes en train de travailler à un mécanisme de mobilisation internationale pour pouvoir aider de manière plus efficace ces pays», a précisé le chef de l'État (http://www.rfi.fr/ameriques/20190825-amazonie-le-g7-accord-aider-plus-vite-pays-frappes).

 

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Publié le 24 Août 2019

En cette période de vacances, j’ai lu les ouvrages d’Henri Tincq, La Grande Peur des catholiques de France, de 2018, de Christine Pedotti, Qu'avez-vous fait de Jésus ?, et de Frédéric Martel, Sodoma : enquête au cœur du Vatican, tous les deux cette année.

 

Ces livres montrent que l’Église que ce soit en France ou dans le monde a vécu sur une certaine hypocrisie et un aveuglement conscient tant sur la sexualité et plus particulièrement l’homosexualité comme le montre Frédéric Martel puisque les plus opposés à celle-ci à la curie sont des homosexuels actifs, dont les plus farouches le furent à l’époque de Jean-Paul II (des évêques de son entourage, et Lopez Trujillo) et Benoît XVI (dont beaucoup d’évêques et de cardinaux nommés par lui sont homosexuels), gardant le silence sur la pédophilie cléricale pour ne pas révéler leur sexualité jugée déviante et couvrant ainsi des pervers comme le cardinal McCarrick ou Marcial Maciel Degollado, alors que parmi le personnel du Vatican vivent des couples gays au su de tous et qui donnent à voir de nouvelles figures de couples homosexuels, alors que le pape François a les mains liés à cause de ses ennemis à la curie (le cardinal Sarah) et d’ecclésiastiques influents (le cardinal Pell et le cardinal Burke) s’opposant aux ouvertures sur les divorcés remariés et les couples LGBT malgré son entourage gay-friendly (le cardinal Baldisseri et le cardinal Kasper parmi eux); que sur les abus sexuels et de pouvoirs comme le montre Christine Pedotti et dont la hiérarchie cléricale est en grande partie la responsable, en oubliant le service de la communauté, en accumulant du pouvoir, en se détournant des Évangiles, et faisant confiance aux communautés nouvelles et aux nouveaux mouvements ecclésiaux avec leurs fondateurs déviants (Marcial Maciel Degollado, le père Marie-Dominique Philippe, Thierry Roucy par exemple), tout en ne voyant la pédophilie que comme un «péché sexuel» que l’on peut pardonner et non comme un «crime»; et cette hypocrisie et cet aveuglement conscient est encore plus visible sur l’alliance de fait entre les tradis et les charismatiques, doublé d’une tentation du vote catholique vers l’extrême droite en France, qui s’oppose sourdement aux réformes du pape François à travers la fachosphère, comme nous le montre Henri Tincq. Mais ces ouvrages ne sont en rien défaitistes, ils appellent à un réveil des catholiques, et dans le cas d’Henri Tincq celui des cathos de gauche qui doivent réveiller leurs «intuitions» démocrates et pluralistes face à la nouvelle «intransigeance» d’une Église catholique plus identitaire et droitière, tout en demandant aux catholiques français de ne pas perdre leur âme dans un réflexe identitaire mortifère. Penser à l’avenir comme Christine Pedotti, c’est aussi revoir le sacerdoce en choisissant des hommes disposant un travail et voulant rendre service à la communauté, voir des paroisses présidées par des hommes et des femmes, que le célibat ne soit plus une obligation, sans pour autant supprimer l’épiscopat qui serait élu, et aura l’obligation de confirmer la nomination des présidents et des présidentes de communauté, tout en validant la formation de ceux qui connaîtront la Bible et la doctrine, hommes ou femmes, appelés savants, docteurs, enseignants, experts, etc. Pour Frédéric Martel, l’Église doit en finir avec la misogynie, le célibat des prêtres, sortir du silence sur les abus sexuels et cesser de critiquer l’homosexualité. En gros, pour ces ouvrages, il n’est pas trop tard, l’Église peut se réveiller, mais elle doit y mettre du sien.

 

On peut ajouter à ces ouvrages, une lecture tout aussi intéressante, Les confessions de Mgr X : un évêque à table, de Gino Hoel et Philippe Ardent de l’année 2018. Cet évêque parlant dans l’anonymat, fait une critique en règle des choix de l’Église vers des groupes tels que l’Opus Dei au Chili et en Amérique latine qui oblige l’Église à tout reconstruire de zéro là-bas, tandis qu’en France elle est aussi visible dans la lutte contre l’avortement, sa puissance et son influence inquiétantes doit selon lui pousser à mener une enquête, d’évêques clairement ou presque pro-Rassemblement national en France, le choix de ne rien faire pendant les scandales de pédophilie, sur son obsession du genre alors qu’elle n’y connait rien, et sa confiance totalement aveugle envers un pervers comme Tony Anatrella. Pour cet évêque, l’Église est devenue dépendante en France du Renouveau Charismatique qui développe une théologie conservatrice, à l’exemple de l’Emmanuel et la Communauté Saint-Martin qui développent tous les deux une élite spirituelle loin d’une Église pauvre pour les pauvres. Pour lui, ce n’est pas une bonne chose. Il est aussi heureux de la sobriété du pape François, et n’est pas dupe de sa difficulté à réformer la curie, tout en étant content de sa lettre au Peuple de Dieu, et pour lui cet appel doit amener les ecclésiastiques à ne plus se mettre à part du monde. Cela pose aussi la question du célibat sacerdotal, et du cléricalisme mettant les clercs au-dessus de leur Peuple. L’Italie est pour lui l’exemple le plus parlant de cet Église dévorée par les scandales (pédophilie, liens avec la Mafia) et malade du cléricalisme dont la conférence épiscopale est incapable de désigner par elle-même son président malgré la demande du pape. Il met aussi en avant le problème du culte marial, qui occulte Jésus, et auquel s’ajoutent des dérives sectaires comme à Medjugorje. Selon ce Monseigneur la hiérarchie a failli, la théologie a besoin de renouveau et pas de théologien de cour, et il signale aussi l’attente sur les questions environnementale, et de l’Action catholique sur le devant de la scène. Le synode amazonien peut pour lui poser la question des ministères et des sacrements. Et il indique que le Royaume de Dieu est parmi nous, et plus particulièrement dans le bien qu’on fait à son frère, c’est pour cela que chacun dans l’Église a un rôle important dans ce sens. Il parle aussi sa tristesse d’une Église décrédibilisée par son appui de la Manif pour tous saluant l’opinion salutaire du MRJC sur l’avortement. L’évêque anonyme salue aussi Mgr Gaillot qui a rappelé à l’Église qu’elle doit être au côté des exclus à travers Partenia. Ce qu’il trouve malheureux, c’est que la hiérarchie cléricale ne peut voir l’Église sans les prêtres, alors que comme il le signale les Japonais ont vécus pendant des siècles sans prêtre, ce qui n’a pas empêché le christianisme de prospérer, et il juge que Vatican II a été aussi libérateur que mai 68. Pour lui les chantiers de l’Église porteront sur la synodalité, puisque le pape François veut donner plus de pouvoir aux conférences épiscopales même en matière doctrinale, sur l’invention de nouvelles structures tournées vers le service, revenir à l’essence de la communauté où le prêtre n’est pas à sa tête quand bien même il la préside, pour cela il faut changer la place du prêtre pour changer le modèle des paroisses à travers une nouvelles pastorale, et que les femmes exercent davantage de responsabilités car tous les ministères peuvent être exercées par elles. Même s’il souhaite démissionner comme il le présente au début de l’ouvrage, le Monseigneur anonyme nous invite à garder la foi et à nous serrer les coudes.

 

Finalement, comme le montre Leonardo Boff dans Église en Genèse en 1978 le renouveau théologique et pastoral ne peut venir que comme en Amérique latine à partir de 1962, de chrétiens qui se réunissent au manque de réunions de prières faute de prêtres, tantôt à l’initiative de simples fidèles, à l’initiative de prêtre et d’évêques. Ces petits groupes sont devenus des lieux de réflexion et d’entraide dans tous les besoins, toujours au nom de la foi. Ces communautés ne vont pas remplacer l’Église institutionnelle mais la vivifier. L’aspect positif vient de la possibilité d’un laïc de célébrer la Cène comme ministre extraordinaire dans des circonstances exceptionnelles et de la possibilité du sacerdoce féminin. Et dans Église, charisme et pouvoirs en 1981 (publié en France en 1985), il plaide pour un catholicisme plus ouvert, plus libre, orienté vers la liberté et l'égalité, où plus de place soit faite à la base. Il souhaite que l’Église retrouve sa fonction diaconale, celle du service, et préparer le terrain pour l'unité et l'harmonie entre les différents services exercés par les fidèles. En gros, une réforme structurelle sérieuse de l’Église met en péril les structures monarchiques peu fiables qui sont responsables des abus sexuels et de pouvoirs, mais serait salutaire pour y remédier. Le jésuite Elmar Mitterstieler dans Tous, prêtres, prophètes et rois en 2018 est très proche de cette vision mettant en valeur le sacerdoce commun des fidèles qui selon lui n’est nullement opposé à celui du prêtre, puisqu’il permet aux fidèles d’avoir déjà leur place dans l’Église par le pardon, la prière, l’intercession, l’accueil et la participation à la liturgie, sans oublier qu’une place plus importante doit être donnée aux femmes. Pour ce jésuite, ceux qui exercent un ministère dans l'Église vivent avec tous les autres l'unique sacerdoce, le sacerdoce de Jésus. La même année, le livre d’un moine bénédictin, le frère Michael Davide, intitulé La vérité vous rendra libres : Spiritualité et sexualité du prêtre, nous montre que la vocation baptismale de tout chrétien doit être un antidote aux cléricalismes, que comme tout baptisé, le prêtre doit tenir compte de son affectivité et de la valeur de sa sexualité dans son ministère, et que l'homosexualité, dans l'Église et te clergé, ne peut être un motif de condamnation ou d'exclusion. Pour le moine bénédiction "L'Église vit d'une vie authentique lorsqu'elle professe et proclame la Miséricorde", il faut donc prendre au sérieux l'impact créé dans l'opinion par les scandales sexuels dans le clergé, et les appels réitérés du pape François à la conversion personnelle et pastorale, pour la "vérité qui rend libres". Et tout cela ne pourra venir que d’une réflexion réelle des problèmes de l’Église qui sont fort ancien comme le montre John Shelby Spong dans Pour un christianisme d'avenir : Ni les credo anciens ni la Réforme ne peuvent aujourd'hui susciter une foi vivante. Pourquoi ? en 2019, où il lance un appel aux chrétiens à actualiser leur foi à la lumière des progrès dans nos connaissances, notamment bibliques, et à questionner les enseignements rigides qui se sont renforcés avec la Contre-Réforme catholique. John Shelby Spong appelle donc à un universalisme chrétien qui transcende toutes les frontières et divisions humaines. Il affirme également que la plupart des divisions d'églises par des divisions telles que la race, l'égalité des sexes et les droits des LGBTQ ne sont pas vraiment des désaccords sur la théologie, mais des préjugés personnels. Il suggère enfin que les Églises abandonnent simplement ces arguments en faveur du retour à un débat purement théologique.

 

Pourtant d’autres ouvrages avaient déjà tiré la sonnette d’alarme comme Vraie et fausse réforme dans l’Église d’Yves Congar et plus particulièrement sa 2e édition datant de 1969, où le cardinal voyait déjà les problèmes actuel de l’Église car elle souhaitait une simple adaptation au monde en faisant seulement un ravalement de façade, sans changer les fondations qui l’obligèrent à faire le concile Vatican II, ou les Confession d'un cardinal et L'espérance du cardinal d’Olivier Legendre en 2007 et 2011 qui montraient les défauts des pontificats de Jean-Paul II, et Benoît XVI, élu dans un climat de panique, car il s’appuyaient tous les deux sur les communautés nouvelles et les nouveaux mouvements ecclésiaux aux méthodes déviantes, et où les apparences de l’Église s’effondrèrent avec les scandales de pédophilie cléricale, et selon le cardinal anonyme c’est dans le soulagement de l’horreur de la misère, que l’Église peut retrouver sa vérité et sa liberté, ou encore le livre de le Carmelo Abbate, Sexe au Vatican : Enquête sur la face cachée de l'Église en 2011 qui révéla des secrets inavouables sur le Saint-Siège que comme des avortements dissimulés des religieuses à la pédophilie chez les prêtres, en passant par les pensions alimentaires versées par le Vatican pour acheter le silence des mères élevant la progéniture des ecclésiastiques, sans oublier les excellents livres de Gianluigi Nuzzi, Sa Sainteté de 2012, montrant que la face cachée de l’État papal, où les tractations politiques et financières, les luttes d’influence, les mensonges et trahisons, et les affaires de mœurs sont monnaie courante, Chemin de Croix en 2015, où il démontre que le Vatican est un État corrompu comme les autres à travers ses trafics, ses faillites, ses comptes falsifiés et ses détournement des derniers du culte, et dans Péché Originel en 2017, il jette la lumière sur quelques-uns de ces secrets : la mort mystérieuse de Jean-Paul Ier et sa rencontre décisive, jamais relatée jusqu’à présent, avec Mgr Marcinkus; la négociation secrète entre le Vatican et le parquet de Rome pour clore l'enquête sur la disparition d'Emanuela Orlandi; les mouvements de capitaux illicites d'une ampleur phénoménale à l IOR; les complots liés au trafic de drogue; l'existence d'un lobby homosexuel au Saint-Siège; et les multiples chantages. Le but de Gianluigi Nuzzi est défendre l’Église contre les pratiques qui la minent depuis des décennies. Les signes étaient là, des lanceurs d’alerte ont essayé de la prévenir, mais la hiérarchie ecclésiale ferma les yeux sur ses dérives avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui.

 

La lettre adressée par le pape François «à tout le peuple de Dieu» le 20 aout 2018 pour l’inviter à ne plus fermer les yeux sur la réalité des abus sexuels dans l’Église catholique, à refuser un silence coupable et une forme de «cléricalisme» qui en vient à générer une attitude d’abus de pouvoir, est une chance pour l’Église. Mais la seule solution pour y arriver est que l’Église soit en dehors de toute logique cléricale en mettant le prêtre en un fidèle comme un autre, en allant à la rencontre du plus pauvre, et qu’elle autorise au lieu d'interdire, car le changement ne peut pas venir uniquement des évêques et des prêtres, mais aussi des fidèles, hommes et femmes en remettant l’homme au cœur de l’Église.

 

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Publié le 23 Août 2019

la-Croix.com nous montre ce vendredi le 23 août que le jeudi 22 août 2019, par un communiqué – Levons la voix pour l’Amazonie –, la présidence du Conseil épiscopal latino-américain a exprimé sa profonde préoccupation concernant les incendies qui ravagent de grandes surfaces de la flore et de la faune dans diverses parties du monde… de la Sibérie à l’Alaska et tout spécialement en Amazonie.

 

Des tragédies, souligne-t-elle, «dont l’impact dépasse la dimension locale pour toucher la région et atteindre également des dimensions planétaires». Alors que le Synode des évêques sur l’Amazonie doit se tenir au mois d’octobre 2019, les représentants des Églises d’Amérique latine et des Caraïbes soulignent combien le document de travail préparatoire à ce Synode se révèle prophétique concernant l’Amazonie. Ils appellent les gouvernements des pays amazoniens, les Nations unies et la communauté internationale, à «prendre une série de mesures pour sauver le poumon du monde». «Si l’Amazonie souffre, le monde entier souffre», affirment-ils.

 

Comme le montre euronews.com ce vendredi (https://fr.euronews.com/2019/08/23/les-feux-en-amazonie-au-sommet-du-g7-polemique-entre-macron-et-bolsonaro) Jair Bolsonaro est sous pression depuis 15 jours, ONG environnementales, indigènes, scientifiques dénoncent son action et lui ne cesse de polémiquer. Il a toutefois tenu une réunion de crise hier soir... alors que des manifestations se profilent à Sao Paulo et Rio et devant nombres d'ambassades du Brésil... Á l'origine de ces incendies dans la forêt amazonienne, la déforestation et les brûlis en augmentation pour des raisons d'exploitation agricole et minière.

 

Au sommet du G7, le président français a estimé que son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, avait "menti" sur ses engagements en faveur de l'environnement. Emmanuel Macron a annoncé que dans ces conditions, la France s'opposait au traité de libre échange controversé entre l'UE et le Mercosur. Mais le président du Brésil, le climato-sceptique Jair Bolsonaro n'a pas apprécié... Il a accusé Macron d'instrumentaliser une question intérieure au Brésil, de vouloir discuter de ces incendies en l'absence des premiers concernés, dénoncé son ton sensationnaliste et évoqué la mentalité colonialiste de la France, dépassée au 21e siècle...

 

Il n’y a rien à attendre d’un tel personnage qui veut construire une autoroute, un pont et une centrale hydraulique dans la forêt amazonienne pour "lutter contre la pression internationale" pour protéger le "poumon de la planète". De plus, pour effacer sa responsabilité sur la déforestation de l’Amazonie, il pointe particulièrement du doigt les médias et les ONG de défense de l’environnement et des droits des autochtones. Dans l’ignoble, on ne fait pas mieux.

 

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Publié le 22 Août 2019

Jacques Berset, dans cath.ch, nous montre dans son article du mercredi 21 août 2019 que Florentina Camartin se réjouit que sa pétition contre le célibat obligatoire des prêtres catholiques ait pu être remise en mains propres au pape François. L’ancienne religieuse grisonne révèle que la pétition en ligne, qu’elle a lancée en septembre 2018, a réuni plus de 5000 signatures.

 

“J’ai le très grand plaisir de pouvoir vous dire qu’il nous a été possible de remettre la pétition au pape François en personne. Il l’a effectivement reçue en mains propres et certainement lue”, écrit-elle le 21 août 2019 sur le site internet de la pétition. “Puisque j’ai eu à ce propos des contacts avec de nombreux dignitaires ecclésiastiques, j’ai pu me rendre compte que beaucoup d’entre eux sont conscients de ce problème et que celui-ci sera sans aucun doute discuté par les évêques. Je vous prie de prier pour le pape et pour les évêques pour qu’ils aient le courage, comme les Apôtres lors du premier concile de Jérusalem (voir Les Actes des apôtres 15,1-31), de trouver des solutions”, poursuit-elle.

 

L’ancienne religieuse d’Ingenbohl, qui a quitté sa congrégation et appartient aujourd’hui au Tiers Ordre franciscain, a rédigé la pétition “Le célibat obligatoire doit être aboli pour les prêtres séculiers !” Elle estime que les prêtres séculiers doivent pouvoir choisir eux-mêmes s’ils veulent accomplir leur charge sacerdotale en étant célibataires ou mariés. Des prêtres mariés doivent pouvoir reprendre leur ministère, s’ils le désirent.

 

Florentina Camartin, chrétienne engagée de 76 ans, a entrepris son action suite au départ de l’abbé Marcel Köhle, ancien curé de Breil/Brigels, dans le canton des Grisons, qui avait dû démissionner de son poste après avoir annoncé sa relation avec une femme. “Tout le monde le sait : notre curé très apprécié a annoncé en toute franchise qu’il avait une relation avec une femme et qu’il voulait vivre cette relation au vu et au su de tout le monde. La grande majorité des paroissiennes et des paroissiens admettent cette décision sans difficultés. Dieu a créé l’homme avec ses besoins émotionnels et sa sexualité et a déclaré lui-même que cela est bien ainsi (Livre de la Genèse 1,31), écrit-elle sur le site de la pétition.

 

“Avons-nous le droit, en tant que chrétiens baptisés, d’admettre que des prêtres qualifiés et zélés, actifs dans la pastorale, se trouvent démis de leur charge ecclésiale pour l’unique raison que le célibat constitue pour eux une charge trop lourde à porter ? Avons-nous le droit d’admettre qu’ils soient obligés non seulement de laisser leur paroisse dans l’embarras, mais encore que leur propre existence soit mise en péril du jour au lendemain? Dieu ne nous posera-t-il pas un jour la question que voici: ‘Pourquoi avez-vous accepté que les choses vous soient imposées ainsi?' Florentina Camartin a également fait parvenir sa pétition aux évêques suisses.

 

Pour la religieuse, il y aurait moins d’abus si le célibat obligatoire tombait, car le célibat est une vocation et l’imposer est contraire aux droits humains.

 

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Publié le 22 Août 2019

Cameron Doody nous montre ce jeudi 22 août 2019 sur religiondigital.org que l'archevêque de Melbourne, Peter Comensoli, estime que George Pell est innocent des abus envers les enfants et il est "encore assez choqué par l'évolution de la situation". Et bien qu'il ne doute pas que la victime dont le témoignage a été déterminant pour la condamnation d'hier du cardinal en deuxième instance a été victime de violence, il s'est demandé si elle ne se serait pas trompée sur l’identité de son agresseur, doutant que Pell soit coupable. Et bien que Comensoli ait été la cible de critiques en Australie pour avoir rendu visite au cardinal de la prison d'évaluation de Melbourne, il a déclaré qu'il ne cesserait pas de le faire.

 

Dans le même esprit de scepticisme face à la décision d'hier, l'archevêque de Sydney, Anthony Fisher, s'est lui aussi exprimé. Fisher ne pouvait s'empêcher de mentionner que, selon lui, le vote non unanime des juges "concorde avec les opinions divergentes des jurés lors des premier et deuxième procès, ainsi qu'avec l'opinion partagée entre les commentateurs judiciaires et le grand public". "Les personnes raisonnables ont adopté des points de vue différents quand on leur a présenté la même preuve", a rappelé Fisher. "Je sais que beaucoup dans la communauté catholique et au-delà auront des difficultés à accepter cette décision, en particulier ceux qui connaissent le cardinal et auront du mal à concilier ce résultat avec l'homme qu'ils connaissent. Je vous remercie de votre persévérance dans la foi, de votre espoir et de l’amour", a poursuivi l’archevêque de Sydney.

 

Les opinions de Comensoli et de Fisher sur le jugement en vigueur contrastent en grande partie avec les réactions des journalistes australiens qui ont couvert l’affaire «Pell» en personne et avec les défenseurs bien connus des victimes d’abus. Louise Milligan - témoin au procès et l'une des rares personnes à connaître la véritable identité du témoin J - a écrit une réflexion émouvante sur la décision et a insisté : "Il convient de rappeler que cette affaire ne concerne ni une idéologie ni différentes branches du catholicisme, ni un homme qui a été un paratonnerre de dissension dans son Église. Cette affaire porte sur la protection des mineurs. Aujourd'hui, la protection des mineurs a gagné".

 

Mais des défenseurs de victimes telles que l'Irlandaise Marie Collins - ancien membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs - ont exhorté le pape François à prendre davantage de mesures contre le cardinal, notamment son renvoi du Collège des cardinaux. "Pell est toujours un cardinal", a rappelé Collins sur Twitter. "Le pape tarde encore, il attend sans doute un autre appel avec un résultat différent ou où le destin intervient." "Le Vatican insiste constamment pour que le cardinal Pell maintienne son innocence, comme si cela le révélait innocent ! Si c'était la norme légale, nos prisons seraient vides", a fait remarquer Collins.

Pour sa part, Anne Barrett Doyle du site Web de responsabilité épiscopale sur bishopaccountability.org, a déclaré : "Le verdict d'aujourd'hui appelle une réponse ouverte du pape François. Il a condamné à plusieurs reprises le fléau du cléricalisme en tant que terre fertile pour les abus." "Toujours", a déclaré Barrett Doyle - en se rappelant également que Pell est toujours un cardinal - le "cléricalisme" du pape "a été évident dans son traitement" du cardinal australien.

 

Le Chili n’est pas mieux loti. Hier, biobiochile.cl (https://www.biobiochile.cl/noticias/nacional/chile/2019/08/21/emplazan-al-presidente-a-pedir-disculpas-tras-poner-en-duda-denuncia-contra-bernardino-pinera.shtml) nous montre que le gouvernement chilien à travers le ministre de l'Intérieur, Andrés Chadwick, et le ministre de la Santé, Jaime Mañalich, a soutenu les propos du président Sebastián Piñera, qui a défendu mardi 20 août la nécessité d'enquêter sur tous les cas d'allégations d'agression sexuelle, mais en doutant de la véracité de la plainte contre son oncle Bernardino Piñera, âgé de 103 ans. Après que le Vatican a annoncé l'enquête sur une plainte pour violences sexuelles présumée qui aurait été commise il y a 50 ans par son oncle, le président a déclaré qu'il avait du mal à le croire compte tenu de son ancienneté.

 

Les déclarations dérangeaient non seulement les survivants et un des porte-parole du réseau, Jaime Concha, l'a convoqué pour s'excuser, car ses propos seraient "revictimisants", mais il existait aussi des personnes politiques comme les députés Tomás Hirsch et Natalia Castillo pour présenter des excuses, car ils accusaient la contradiction du président, peu après avoir promulgué la loi sur l'imprescriptibilité de ces crimes.

 

Les chiliens peuvent se demander s’ils peuvent avoir confiance en leur président de la République, alors qu’il connaissant un autre clerc pédo-criminel notoire Renato Poblete.

 

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Publié le 21 Août 2019

LeMonde.fr avec l’AFP et Reuters nous montre que la Cour suprême de l’État australien de Victoria a rejeté mercredi 21 août l’appel du cardinal George Pell contre sa condamnation pour agressions sexuelles contre des enfants de chœur, et l’a maintenu en détention. «Il continuera à purger sa peine de six ans d’emprisonnement», a annoncé la juge Anne Ferguson en rejetant les treize appels interjetés par les défenseurs du prélat australien de 78 ans, ancien numéro trois du Vatican. Rassemblés devant le palais de justice de Melbourne, des groupes de militants et des victimes d’agressions sexuelles ont applaudi à l’annonce du verdict rendu par les trois juges d’appel après deux mois de délibéré.

 

Plus haut représentant de l’Église catholique jamais condamné pour viol sur mineur, le cardinal Pell, qui clame son innocence, a été reconnu coupable en décembre de cinq chefs d’accusation, notamment d’avoir imposé une fellation en 1996 à un garçon de 13 ans et de s’être masturbé en se frottant contre l’autre. Les faits avaient eu lieu dans la sacristie de la cathédrale St Patrick de Melbourne, dont Mgr Pell était l’archevêque, où les deux victimes s’étaient cachées pour boire du vin de messe. Deux mois plus tard, M. Pell, alors archevêque de Melbourne, avait poussé l’un des adolescents contre un mur et lui avait empoigné les parties génitales.

 

Ses avocats soutiennent que le verdict rendu en première instance ne repose que sur le témoignage d’une des deux victimes – l’autre étant morte en 2014 – et estiment qu’il est impossible que la décision des jurés ait été prise «au-delà de tout doute raisonnable». La Cour d’appel de l’État de Victoria a cependant estimé mercredi que la condamnation était appropriée, deux des trois juges affirmant que la victime survivante «était un témoin convaincant, qui n’était clairement pas un menteur ni un mythomane et qu’il était un témoin de la vérité».

 

Aujourd’hui adulte – son identité ne peut être dévoilée pour des raisons juridiques –, il a déclaré que ces quatre années de combat judiciaire avaient été «angoissantes» et l’avaient plongé «dans des états, aux moments les plus sombres, qui [lui] ont fait craindre de ne pas pouvoir en revenir». «Après avoir assisté aux funérailles de mon ami d’enfance (…), j’ai ressenti le devoir de témoigner», a-t-il ajouté dans un communiqué lu par son avocat. «Je ne suis pas un héraut de la cause des survivants d’agressions sexuelles», a-t-il aussi assuré. Lisa Flynn, avocate du père de la victime décédée, a, elle, déclaré que pour celui-ci «un poids avait été levé». «Il estime que justice a été rendue aujourd’hui. Il est vraiment soulagé que George Pell soit derrière les barreaux ce soir», a ajouté l’avocate. «Le cardinal Pell est évidemment déçu par la décision d’aujourd’hui», a déclaré l’Église dans un communiqué, ajoutant que son équipe juridique examinait le jugement, disposant à présent de 28 jours pour décider d’un ultime recours.

 

De son côté, le Vatican a pris acte de la décision de la justice australienne tout en rappelant que le cardinal disposait encore du droit de présenter un nouvel appel. «Alors que la procédure se poursuit, le Saint-Siège rappelle que le cardinal a toujours affirmé son innocence lors de la procédure judiciaire et qu’il dispose du droit de faire appel de la décision de la Haute Cour», indique son communiqué, qui précise : «En même temps, le Saint-Siège confirme avec l’Église d’Australie sa proximité avec les victimes d’agressions sexuelles et sa détermination à poursuivre, grâce aux autorités ecclésiastiques compétentes, les membres du clergé qui commettent de tels actes.»

 

George Pell pourra prétendre à une libération conditionnelle après trois ans et huit mois de réclusion. Il sera alors âgé de 81 ans. Il peut encore faire appel de ce verdict devant la Haute Cour d’Australie, la plus haute juridiction du pays. Mais le prélat risque de nouveaux démêlés avec la justice après avoir été accusé dans une plainte portée au civil d’avoir couvert un prêtre dont il savait qu’il abusait d’enfants. La plainte a été déposée vendredi 7 juin, auprès de la Cour suprême de l’État de Victoria, par un homme qui affirme avoir été abusé par le frère Edward «Ted» Dowan lors de sa scolarité à Melbourne, au début des années 1980, a rapporté la presse locale. George Pell, qui était à l’époque évêque vicaire à l’éducation pour la région de Ballarat, est accusé d’avoir permis à l’ecclésiastique de passer d’une école à une autre alors qu’il était au courant de faits qui lui étaient reprochés.

 

Comme le montre Nicolas Senèze, à Rome, sur la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Le-Vatican-rappelle-cardinal-Pell-toujours-proteste-innocence-2019-08-21-1201042182), malgré le rejet de sa demande de procès en appel, mercredi 21 août, le cardinal George Pell semble garder le soutien du Vatican qui a «pris acte» de la décision de la justice australienne. Dans un communiqué lu aux journalistes par le directeur de la Salle de presse, Matteo Bruni, le Vatican rappelle que «le cardinal a toujours protesté de son innocence» et qu’il a toujours le droit de se pourvoir devant la Haute cour, la plus haute juridiction australienne. À demi-mot, et tout en redisant sa proximité pour les victimes, le Saint-Siège rappelle que l’ancien préfet du Secrétariat pour l’économie pourra également être jugé par les juridictions ecclésiastiques. Mais il est loin d’être acquis que le résultat de ce procès canonique, dont la Congrégation pour la doctrine de la foi a confirmé mercredi qu’elle attendait l’épuisement de toutes les voies de recours civiles avant de l’ouvrir, confirmera les décisions des juges australiens.

 

Car si, officiellement, le Vatican redit son «respect pour les autorités judiciaires australiennes», nombre de responsables ne cachent pas, en privé, leur piètre opinion de la justice de l’État de Victoria qui a condamné le cardinal. «Elle sait parfaitement qu’elle a mal travaillé. Mais, pour ne pas perdre la face, elle préfère persévérer dans son erreur», confiait au début de l’été à La Croix un haut responsable des finances vaticanes, qui a beaucoup travaillé avec le cardinal Pell à la mise en ordre des finances du Saint-Siège. Selon lui, si l’ancien archevêque de Melbourne puis Sydney a sans doute très mal géré les affaires d’abus auxquelles il a été confronté – comme nombre d’autres évêques dans le monde –, il ne peut être coupable des viols pour lesquels il a été condamné. Et de rappeler combien un certain nombre de réseaux mafieux ont été plus que fâchés par le nettoyage que le cardinal Pell a effectué dans les finances vaticanes.

 

Un prêtre italien, bon connaisseur des affaires d’abus sexuels, se veut lui aussi très prudent, alors même qu’il a personnellement souffert des décisions parfois brutales prises dans sa gestion par le cardinal Pell. Il cite notamment un article du jésuite Frank Brennan, figure de l’aile sociale du catholicisme australien et opposant régulier au cardinal Pell sur des sujets aussi divers que l’accueil des migrants, le réchauffement climatique ou la légalisation du mariage homosexuel. Il a émis de nombreux doutes sur sa culpabilité après avoir suivi l’intégralité du procès en première instance. Et pourtant, deux des trois juges de la haute cour de l’État de Victoria ont estimé qu’un procès en appel n’était pas nécessaire.

 

En attendant, et même si le pape lui a interdit dès février l’exercice public du ministère, le cardinal semble donc garder un véritable soutien au Vatican, à l’opposé de ce qui était arrivé à l’Américain Theodore McCarrick, contraint de renoncer au cardinalat dès les premières accusations d’agressions sexuelles sur mineurs puis renvoyé de l’état clérical après une procédure expéditive devant la Congrégation pour la doctrine de la foi. Et ce, alors même que le haut prélat australien ne cache pas son opposition à certaines orientations du pontificat. Ainsi, la semaine dernière, il n’a pas hésité à vertement critiquer, depuis sa prison, le document de travail du prochain Synode sur l’Amazonie.

 

Le Vatican continue à défendre le cardinal Pell, mais la Cour suprême de l’État australien de Victoria a ratifié aujourd'hui la condamnation du cardinal pour abus sexuel sur mineur. Une véritable bombe, non seulement en Australie - où la décision a été prise comme l'une des décisions judiciaires les plus importantes de l'histoire du pays - mais aussi à Rome et dans l'Église universelle, pour le cas d'un cardinal de haut rang, ancien préfet du Secrétariat pour l'économie du Saint-Siège, où il était le «numéro trois» du Vatican. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a également annoncé qu'avec la décision d'aujourd'hui, Pell perdait sûrement son prix du prestigieux Order of Australia (https://www.religiondigital.org/mundo/Pell-perdido-apelacion-que-pasa-ahora_0_2151384846.html).

 

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Publié le 20 Août 2019

Elise Harris nous montre dans cruxnow.com ce mardi 20 août 2019 que dans un nouvel ouvrage consacré aux «mouvements populaires» en Amérique du Sud, des organisations non gouvernementales, qui représentent des commerçants «humbles» tels que les vendeurs de rue, les pêcheurs, les agriculteurs et les «cartonneurs», c'est-à-dire les personnes qui trient les ordures à la recherche de produits recyclables, le pape François a déclaré que ces groupes constituaient une alternative à la vague de populisme qui se propageait dans une grande partie de la société mondiale.

 

Critique vocale de la politique populiste, le pape François a déclaré que "l'antidote au populisme et à la politique spectacle est le rôle principal des citoyens organisés, en particulier de ceux qui créent - comme c'est le cas de tant d'expériences présentes dans les mouvements - dans leur vie quotidienne, des fragments d’autres mondes possibles qui luttent pour survivre dans les ténèbres de l’exclusion." Plutôt qu'un stratagème politique, les mouvements populaires ont pour objectif de construire les principes de solidarité et de bien commun, a-t-il déclaré, ajoutant qu'ils démontraient la «force du nous» et servaient de remède à la «culture du soi» qui est là seulement pour satisfaire ses propres intérêts.

 

Les mouvements populaires, a déclaré le pape, contredisent la "culture du jetable" moderne en défendant des personnes de tous âges et en œuvrant à la création d'une "économie artisanale et populaire" fondée sur la solidarité. Il a fait valoir que leur plaidoyer politique peut aider à «vaincre la politique des faux prophètes», qui exploitent la peur et le désespoir. Le pape François a conclu en affirmant que tout ce qu'il a dit aux mouvements populaires «est en parfaite harmonie avec la doctrine sociale de l'Église et avec le magistère de mes prédécesseurs», et a exprimé l'espoir que le livre continuerait à renforcer le travail des mouvements populaires. Les rêves et les luttes de ceux qui appartiennent aux mouvements, a-t-il déclaré, soulignent "l'urgence d'un nouvel humanisme" et la nécessité de "mettre fin à l'analphabétisme et à l'éclipse progressive de la culture et à la notion de bien commun".

 

Les mots du pape François sont venus un avant pour un nouveau livre publié par la maison d'édition du Vatican L’irruption des mouvements populaires : "Rerum Novarum" de notre temps. Disponible en espagnol, le nouveau livre porte sur deux thèmes centraux : les paroles du pape François et les mouvements populaires dans différents pays et continents. Il contient des articles provenant d'érudits, d'experts, de journalistes et d'ecclésiastiques, dont le cardinal Peter Turkson, chef du dicastère pour le développement humain intégral au Vatican, et le père jésuite Michael Czerny, l'un des deux sous-secrétaires de la section Migrants et réfugiés du dicastère. D'autres articles ont été écrits par Juan Grabois, fondateur de la Rencontre mondiale des mouvements populaires; Gustavo Carrara, évêque auxiliaire de Buenos Aires; et Silvina Perez, responsable de l'édition hebdomadaire espagnole du journal du Vatican, L'Osservatore Romano.

 

Et cette inquiétude envers le populisme de la part du pape est plus que réelle puisque dans un discours solennel au Sénat, le président du Conseil italien Giuseppe Conte a annoncé qu'il allait remettre sa démission au président Sergio Mattarella. Il a accusé son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini d'avoir été «irresponsable» en déclenchant la crise gouvernementale qui secoue le pays depuis le début du mois d'août. Le Premier ministre reproche notamment à son ministre de l'Intérieur d'empêcher l'adoption du budget italien pour l'année 2020. Mais il va plus loin : «Matteo Salvini a agi par intérêt personnel et politique compromettant l’intérêt général. Quand une force politique fait ses choix uniquement par intérêt électoral, elle ne compromet pas que la noblesse de la politique, mais aussi les intérêts nationaux du pays entier. Sa décision pose un risque grave pour ce pays.» Il évoque notamment le danger d'une spirale économique négative. Il a aussi déclaré que l'Italie se retrouvait affaiblie dans ses négociations avec l'Union européenne suite à cette crise (http://www.rfi.fr/europe/20190820-giuseppe-conte-italie-gouvernement-demission).

 

Mais il semble que la question des élections n’est pas encore à l’ordre du jour puisqu’on pourrait avoir la formation d'une nouvelle alliance que l'ex-Premier ministre Matteo Renzi a proposée au Mouvement 5 étoiles, ou un gouvernement dit «technique».

 

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Publié le 19 Août 2019

Cameron Doody dans son article sur religiondigital.org nous montre ce lundi 19 août 2019 qu’une religieuse indienne qui a protesté contre un évêque accusé d'avoir violé une autre religieuse a fait appel à Rome de la décision de sa congrégation de l'expulser pour des "raisons disciplinaires".

 

Sœur Lucy Kalappura a été expulsée de son ordre, la Congrégation des Sœurs Franciscaines Clarisses, le 5 août. Une décision que Kalappura a interjeté appel à Rome, de sorte que la Congrégation pour les Églises orientales s’occupe de son cas. L’ordre auquel la religieuse appartenait indiquait que son licenciement était dû à plusieurs violations de sa discipline en tant que religieuse, notamment celle de s’habiller comme une laïque, d’avoir acheté une voiture, de désobéir à ses supérieures, publié un livre et un disque de musique qui sont apparus dans les médias.

 

Mais Sœur Lucy pense que la véritable raison est une vengeance pour une manifestation qu'elle a organisée en septembre dernier, avec cinq autres religieuses, contre l'évêque de Jalandhar, Franco Mulakkal, accusé d'avoir violé plusieurs fois un autre religieux sur une période de deux ans.

 

"J'ai très peur... qu’ils me tuent peu à peu, en essayant de me priver de mon bonheur", a déclaré Kalappura à propos de son expulsion, selon ce qui a été publié sur le site Internet de Matters India. "La congrégation ne m'a punie que parce que j'avais élevé la voix contre Mgr Franco, mais parce que j'avais soutenu la religieuse qui luttait pour la justice. Parce que je l'avais défendue", a-t-elle insisté.

 

La religieuse rejette les accusations que sa congrégation lui impute et défend que l'obéissance religieuse ne signifie pas qu'il faut consentir à tout ce que font les dirigeants de l'Église. "Obéissance ne signifie pas fermer les yeux et dire 'oui'", a-t-elle expliqué.

 

L'évêque Franco Mulakkal a été accusé par une religieuse de la congrégation des Missionnaires de Jésus de l'avoir violée 13 fois entre 2014 et 2016 dans un couvent de Kottayam. La police du Kerala a porté plainte contre Mulakkal en juillet 2018 et il a été arrêté en septembre 2018. En octobre, il a été libéré après que la Haute Cour du Kerala qui lui a accordé une mise en liberté conditionnelle et qu’il soit rentré à Jalandhar. Mulakkal a nié les accusations. Une enquête interne menée par les Missionnaires de Jésus en septembre a révélé que Mulakkal était innocent, mais on peut douter de sa probité tant elle a été conciliante. L'organisation a également tenté de calomnier la plaignante à plusieurs reprises, alléguant une fois qu'elle était en relation avec un chauffeur de taxi (https://scroll.in/latest/934234/kerala-nun-who-protested-against-rape-accused-bishop-challenges-expulsion-in-vatican).

 

L’évêque est protégé, les victimes n’ont qu’à se taire. Et celles qui les supportent aussi. Tout simplement ignoble. Doit-on être étonné puisque lors du synode des jeunes, l’Afrique et l’Asie étaient peu pressés de traiter du cas des abus sexuels.

 

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Publié le 18 Août 2019

Olivier Bonnel, à la cité du Vatican nous montre dans vaticannews.va ce dimanche 18 août 2019 que devant les fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le pape François revenant sur les paroles de Jésus à ses disciples a rappelé la nécessité et l'exigence de vivre selon l'Évangile (Luc 12, 49-53) et de porter sur la terre le feu de l'amour du Père, que Jésus nous appelle à répandre dans le monde.

 

Le témoignage de l'Évangile s'est ainsi répandu «comme un feu bénéfique qui a surmonté toute division entre les individus, les catégories sociales, les peuples et les nations. Il brûle toutes les formes de particularisme et maintient la charité ouverte à tous, avec une seule préférence : celle envers les plus pauvres et les exclus.» Ce qui nécessite "de nouvelles initiatives de charité". L'adhésion au "feu de l'amour" de Jésus demande l’adoration envers Dieu et la disponibilité à servir le prochain. Le pape a ainsi confié son «admiration» devant ces communautés ou groupes de jeunes qui, même pendant l'été, se consacrent à ce service pour les malades, les pauvres et les personnes handicapées. «Ainsi l'Evangile se manifeste vraiment comme le feu qui sauve, qui change le monde à partir du changement du cœur de chacun.»

 

Le pape est enfin revenu sur les propos de Jésus où il affirme qu'il est venu «mettre la division». Le Christ est venu pour "séparer par le feu" le bien du mal, le juste de l'injuste. En ce sens, il est venu pour «diviser, pour perturber - mais d'une manière saine - la vie de ses disciples, en brisant les illusions faciles de ceux qui croient pouvoir combiner la vie chrétienne avec des compromis de toutes sortes, les pratiques religieuses avec des attitudes contre autrui». Aussi, il ne s'agit de ne pas vivre de manière hypocrite, a conclu le pape, mais «d'être prêt à payer le prix de choix conformes à l'Évangile». «C'est bien de se dire chrétiens, mais il faut avant tout être chrétien dans des situations concrètes, témoignant de l'Évangile qui est essentiellement amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs.» a t-il conclu.

 

Le père James Martin dans son compte Twitter (@JamesMartinSJ) pousse plus loi, et voit que dans l’Évangile, «aujourd'hui, Jésus prédit des divisions au sein des familles au sujet de l'acceptation de son message (Luc 12, 49-53). Cela peut être jumelé à Luc 8, 19-21, quand il dit que sa "mère et ses frères" sont ceux qui mettent sa parole en action. Jésus aimait sa famille - et ses familles. Donc, que cela peut-il être ?...» Il nous donne la réponse à cette question : «Un jour, j’ai posé cette question à Daniel J. Harrington, spécialiste du Nouveau Testament, qui a déclaré que, malgré l’importance que de nombreuses cultures accordent à la famille et son importance au Ier siècle en Galilée et en Judée, «Pour Jésus, les liens avec Dieu étaient plus important que les liens avec la famille»

 

Comme le montre Daniel Marguerat dans Vie et Destin de Jésus de Nazareth en 2019, Jésus préfigure une contre-société qui demande de se séparer de ses biens et de rompre avec la loyauté familiale. Jésus veut créer une famille alternative basée sur un espace ouvert par l’amour et le pardon de Dieu. Ce mode de vie alternatif ne peut qu’amener le rejet du corps majoritaire de la société.

 

Les enseignements de Jésus étaient radicaux et la voie à suivre n’est possible que par une transformation profonde de la société vers un monde plus juste et plus compatissant, et elle va au-delà des liens familiaux. Cela ne pouvait venir que par une révolution du cœur et l’abandon de soi pour les autres.

 

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