La Manif pour tous veut peser sur la présidentielle : ce n’est pas gagné

Publié le 16 Octobre 2016

Le "kiss in" pour répondre à la Manif pour tous.

Le "kiss in" pour répondre à la Manif pour tous.

Fracetvinfo.fr, BFMTV.com et LeMonde.fr nous montrent qu’Après s'être battue contre le mariage pour tous, la Manif pour tous ressort ses drapeaux roses et bleus, à l'occasion d'une manifestation prévue ce dimanche 16 octobre 2016 qui débuta à 13 heures à Paris. Ce premier défilé depuis deux ans, est organisé pour défendre "la famille et l'éducation" et "peser sur les candidats" à six mois de la présidentielle. Procréation médicalement assistée (PMA) "sans père", "scandale de la GPA" (gestation pour autrui), "casse de la politique familiale", "menaces sur la liberté éducative" ou encore "diffusion du genre" : les mots d'ordre concernent tous des "dérives" attribuées à l'actuelle majorité. La Manif pour tous réclame par exemple l'abolition de la GPA, qui n'est pourtant pas autorisée en France. Ce dimanche, selon l'organisation, seront présents le candidat à la primaire à Jean-Frédéric Poisson (PCD), les députés Hervé Mariton (LR), Philippe Gosselin (LR), Bruno Retailleau (LR), Xavier Lemoine (PDC), Charles Beigbeder (LR), Philippe Cochet (LR), Maxence Henry (LR), Valérie Boyer (LR), Marion Maréchal-Le Pen (FN), Gilbert Collar (FN), Louis Alliot (FN), Robert Ménard ou encore Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). Mais le mouvement peine à convaincre les candidats à la primaire à droite, qui pour la plupart ne comptent pas revenir sur la loi Taubira.

 

La manifestation s’est élancée à 13h  de la porte Dauphine et la place du Trocadéro, terminus parisien de la Manif pour tous, est loin d'être comble. Sur le trajet de du mouvement ce n'est plus les grandes heures, quasiment aucun drapeau de soutien. Entre 23 000 et 24 000 personnes ont défilé à Paris dans le cortège de la Manif pour tous, affirme la préfecture de police. La Manif pour tous donne 200 000 personnes. C’est encore moins qu’il y a deux ans. Des Femens ont perturbé ce dimanche le cortège de la Manif pour tous avant d'être frappées, traînées à terre et tirées par les cheveux avant d'être exfiltrées par le service d'ordre de la manifestation puis par les forces de l'ordre par certains militants. Ils se disaient non violents, je crois ? Ensuite, on peut voir quelle partie de la France va à cette manifestation puisque Marion Maréchal Lepen est applaudie à son arrivé à la tribune et que l'homme politique le plus populaire dans celle-ci est Jean-Frédéric Poisson.

 

Après les huées poussées à l’encontre de François Fillon dont le nom a été cité, Geneviève de Fontenay la belle prise de Ludivine de La Rochère est intervenue à la tribune pour proposer un mariage réservé aux homosexuels qui s'appellerait le "gayriage". Silence gêné dans l'assistance. C’en est presque drôle. Alors que plusieurs milliers de sympathisants du mouvement ont défilé dans les rues de Paris, dimanche après-midi, un appel au "kiss in" était lancé dans le même temps sur la place de la République. Le principe : inciter les opposants à La Manif pour tous à venir s'embrasser, en public, entre 16 heures et 18 heures. Sur la page de l'événement Facebook, plus de 5500 personnes se disaient "intéressés", et près de 2000 prêts à y participer. Sur place, quelques centaines de personnes ont en réalité participé. Une petite éclaircie durant cette journée.

 

Enfin, la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, à la tribune martèle son souhait de peser sur la campagne présidentielle, tout en demandant de voter "pour les candidats qui prendront en compte la famille. Nous sommes 18 millions de familles, le 1er parti de France !" Elle oublie les familles homoparentales, recomposées et monoparentales, tout comme elle ne peut pas prétendre parler au nom de toutes les familles. Elle qualifie Hollande de "familiphobe" et invite les manifestants à prendre part aux différents primaires. Elle devrait aussi s’accoler ce terme puisqu’elle refuse de mettre dedans les familles homoparentales, recomposées et monoparentales. Le calvaire s’est enfin achevé à 18h20.

 

Une chose permet d’expliquer cette désaffection. "Ce mouvement n'est pas représentatif du catholicisme aujourd'hui", estime Céline Béraud une sociologue, puisque les catholiques "ordinaires" sont passés à autre chose. Comme elle l’explique : "Parmi, les pratiquants catholiques, il y a des homosexuels, il y a des personnes qui vivent en couples de même sexe, des familles homoparentales... Sur le terrain, les acteurs catholiques savent aussi faire leur place à ces personnes, à ces couples et à ces familles" et il y a sur le terrain catholique, il y avait une pluralité de positions par rapport à l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe. Elle signale aussi qu’"en même temps, il y a eu une prise de conscience d'une réalité au sein de l'Église, celle de croyants homosexuels formant des couples et des familles, et qu'il faut faire avec." Cela vient du fait que "Même si la doctrine n'est pas modifiée, il y a quand même des pratiques pastorales qui visent à pouvoir accueillir les personnes qui s'adressent à l'Eglise. C'est quelque chose d'assez propre au catholicisme. Il y a une espèce de plasticité, d'adaptation dans les formes locales et concrètes d'accueil des personnes."

 

Comme nous le montre LePasirien.fr et TF1.fr la manifestation la plus intéressante a eu lieu hier contre le Ceta, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, qui doit être signé le 27 octobre, et le Tafta (ou TTIP), projet d'accord de libre-échange avec les États-Unis à Paris (où il y aurait eu 5000 personnes selon les organisateurs et 1500 selon la police) et en province (notamment à Lyon, 250 personnes, et à Toulouse, plus de 200 personne), mais aussi, en Pologne et en Espagne. Un millier de personnes ont manifesté à Varsovie et plusieurs centaines à Cracovie, dans le sud de la Pologne. Les opposants soutiennent le veto mis vendredi à la signature du Ceta par le Parlement de Wallonie, dont l'aval est indispensable à la ratification de ce traité négocié pendant sept ans par l'UE.

 

Ces manifestants luttent pour une bonne cause en étant contre le Ceta qui accorde des pouvoirs exceptionnels aux sociétés transnationales et menace de nombreux secteurs de politique publique, y compris la souveraineté alimentaire, la qualité des services publics, les emplois décents, l'accès aux médicaments, le développement de l'économie locale, et la prise de mesures concrètes de lutte contre les changements climatiques. Le Ceta est conçu de manière à donner aux multinationales de nouveaux outils pour s'enrichir aux dépens des citoyens en leur permettant de contester la réglementation gouvernementale qu'elles n'aiment pas.

 

La Manif pour tous n’apporte rien à la France contrairement à ceux qui s’opposent à Ceta et Tafta, car comme le dit Sur RMC, Ian Brossat, adjoint (PCF) à la mairie de Paris, et homosexuel marié à son compagnon depuis 2013 : "Là, on a à faire à des gens qui manifestent, non pas parce que leurs droits sont menacés, mais parce qu'ils refusent l'égalité. Ça me révolte profondément." "Au fond, c'est la France moisie qui manifeste aujourd'hui dans les rues de Paris."

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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