Fillon aveugle, Macron qui veut ratisser trop large et un souci de transparence souhaité

Publié le 16 Février 2017

Dans le LIVE Présidentielle 2017 de ce jeudi 16 février 2017, LeMonde.fr nous montre que François Fillon a proposé mercredi d’abaisser la majorité pénale à 16 ans. Selon lui, "les individus de 16 ou 17 ans profitent de la clémence du système. Il est donc temps d’en finir avec un système qui ne fonctionne pas". Il s'agit d'une proposition de l'ancien président Nicolas Sarkozy, avec qui le candidat de la droite a déjeuné mercredi.

 

Mais peut-il faire la morale en cette matière, puisque comme le montre francetvinfo.fr dans son Direct, François Fillon dénonce "un acte de communication", après la décision du parquet national financier, jeudi 16 février, de poursuivre l'enquête sur les soupçons d'emploi fictif qui pèse sur sa famille. Le procureur, qui a indiqué avoir reçu les premiers résultats de l'enquête préliminaire, estime que "les nombreux éléments déjà recueillis ne permettent pas d'envisager, en l'état, un classement sans suite". Le candidat a immédiatement dénoncé "un acte de communication qui nourrit le feuilleton médiatique". "Il n'y a rien de nouveau", a-t-il estimé dans les colonnes du Figaro.

 

Jean-Luc Mélenchon est revenu, mercredi lors d'un meeting à Strasbourg, sur la possibilité d’une union de la gauche à la présidentielle, estimant toutefois que la seule candidature possible était la sienne. Mais il lui sera difficile de maintenir un tel entêtement puisque dans son article «Présidentielle : Hamon en nette progression, au détriment de Mélenchon», LeMonde.fr nous montre que le candidat socialiste est crédité de 14 % à 14,5 % d’intentions de vote, un gain de sept points en un mois, selon l’enquête du Cevipof réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour «Le Monde». Ce serait drôle de les voir se rassembler et les obliger les sociaux-libéraux à faire des mesures de gauche, quelle plus belle vengeance sur ceux qui pendant 5 ans au gouvernement n’ont fait que des mesures de droite.

 

En voyage en Algérie en début de semaine, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de "crime contre l’humanité", dans une interview à la chaîne algérienne Echorouk News, diffusée mardi. Au lendemain de la mise en ligne de cette interview, plusieurs responsables politiques des Républicains (LR) et du Front national (FN) ont fortement critiqué cette position.

 

Comme nous montre L’OBS dans l’article «Colonisation : "Les gars, faites de l'histoire ou lisez des historiens"», l’'historienne Laurence de Cock a réagi sur Twitter aux propos d'Emmanuel Macron sur la colonisation. Pour elle, les hommes politiques ne doivent pas s’occuper d’histoire : "Ce que l'on peut en retenir : les gars, faites de l'histoire ou lisez des historiens. Cessez ce supermarché permanent du passé et des historiennes. Ça nous fera des vacances. Le passé colonial est un enjeu suffisamment chaud qui n'a pas besoin de toutes ces confiscations. Travailler à diffuser les résultats de la recherche récente sur le sujet me semblerait une marque d'intelligence plus appropriée."

 

N’en ratant pas une, Emmanuel Macron a tendu la main à la Manif pour tous comme le monte l’article de Libération.fr : «Pour Emmanuel Macron, «on a humilié» les anti-mariage pour tous». Pour le candidat du mouvement En Marche ! «ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes» a été «une des erreurs fondamentales de ce quinquennat», pas moins. Dans une interview-fleuve accordée à l'hebdomadaire l'Obs, Emmanuel Macron fustige l'humiliation des opposants au mariage pour tous et prône le dialogue «il faut "partager" des désaccords.» Il revendique aussi le fait d'entretenir un dialogue avec le souverainiste Philippe de Villiers à qui il a rendu visite au Puy du fou, cet été. Autre visite intéressante, le 6 septembre dernier, le Journal du dimanche révélait qu'Emmanuel Macron avait déjeuné avec des prêtres engagés contre le mariage pour tous. Oublie-t-il les  violences homophobes subies par les personnes LGBT ? Sans doute.

 

Interpellé par les députés Pouria Amirshahi et Noël Mamère, Claude Bartolone a annoncé, dans un courrier daté du mardi 14 février, qu’il allait saisir le défenseur des droits, Jacques Toubon, sur la question de la doctrine du maintien de l’ordre et sa pratique en France. Mais Libération.fr dans son Direct nous montre le Parlement a définitivement approuvé le projet de loi de sécurité publique, qui assouplit les règles de légitime défense pour les policiers, durcit les peines pour outrage aux forces de l'ordre et autorise l'anonymat des enquêteurs. Et ce, en plein débat sur les violences policières. Le pire est à craindre.

 

francetvinfo.fr nous montre dans son article «Ce que veut faire Benoît Hamon pour la transparence de la vie publique» nous montre qu’en pleine affaire Fillon, le candidat socialiste à la présidentielle a dévoilé, jeudi 16 février, dix propositions. C'était il y a dix jours, le 6 février dernier. François Fillon faisait face à la presse pour s'expliquer sur les soupçons d'emplois fictifs qui touchent son épouse et deux de ses enfants. Entre deux phrases, il a exigé de ses adversaires la même transparence que lui. Le message semble avoir été entendu par Benoît Hamon qui a dévoilé, jeudi 16 février, sa déclaration de patrimoine (lien en PDF). Mais il a surtout présenté ses dix propositions sur la transparence de la vie publique : il s’engage à publier les déclarations de patrimoine des parlementaires sur internet, à mettre fin à l’embauche d’un membre de leur famille par les parlementaires, à ce que seuls les seuls les parlementaires au casier judiciaire vierge pourront être candidats, à donner le nom de ses donateurs ainsi que la liste des lobbyistes qu'il rencontre et à rendre obligatoire le dépôt d'une déclaration de patrimoine et d'intérêts par les candidats à la présidentielle dès les premières publications de parrainages.

 

Au niveau de la transparence le FN va devoir revoir sa copie comme nous le montre le Direct de Libération.fr. Au Front national aussi, de coquettes sommes auraient été étrangement distribuées. La justice soupçonne ainsi le FN d'avoir mis en place un système frauduleux : ses assistants parlementaires européens, payés sur fonds européen, n'auraient en fait pas travaillé à ce poste mais pour leur parti. Marianne et Mediapart ont publié un rapport confidentiel de l'Office européen de lutte contre la fraude (OLAF) transmis le 26 juillet dernier à la justice française, qui conforte cette thèse. On y apprend notamment que Thierry Légier, le garde du corps de Marine Le Pen, aurait bénéficié d'un emploi fictif couvert par «un contrat de travail apparemment faux».

 

Enfin, ce jeudi L’OBS dans son article «Le Parlement adopte définitivement le délit d'entrave à l'IVG sur internet» nous fait savoir que le Parlement a adopté définitivement ce jeudi, par un dernier vote de l'Assemblée, la proposition de loi PS visant à pénaliser les sites de "désinformation" sur l'IVG, âprement combattue par une partie de la droite et le mouvement "pro-vie". Ce texte, voté à main levée, prévoit d'étendre au numérique le délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse, créé en 1993 et sanctionné par une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Comme l’a dit le député UDI Philippe Vigier : «La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté de tromper les personnes». Une phrase plein de bon sens.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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