Publié le 2 Juillet 2025
Marie Haynes et Lucie Oriol dans HuffingronPost.fr nous montre ce mercredi que quatre mois, des milliers de documents épluchés, une audition tendue de François Bayrou, et à la clé 50 recommandations pour que plus jamais ne s’installe l’omerta dans les établissements scolaires français. Parmi les mesures proposées, celle de l'imprescriptibilité, la possibilité de déposer plainte sans délai de temps, a été évoquée (https://www.bfmtv.com/police-justice/betharram-le-porte-parole-des-victimes-appelle-a-rendre-imprescriptibles-les-crimes-sexuels-commis-sur-les-mineurs_AD-202507020695.html). Les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance) ont dévoilé ce mercredi 2 juillet leur rapport d’enquête sur les violences en milieu scolaire, dite commission Bétharram. Des investigations menées sous la houlette de la présidente, Fatiha Keloua Hachi, députée socialiste.
Lors d’une conférence de près d’une heure à l’Assemblée nationale, le trio est revenu sur ce long travail d’enquête, qui, disent-ils, les a tous marqués. Et particulièrement les témoignages recueillis par dizaines, évoquant des «tortures», «sévices», «viols» et «travaux forcés». Les deux co-rapporteurs se sont ainsi fait l’écho de la parole de celles et ceux qui sont passés par l’institution religieuse de Riaumont à Liévin (Pas-de-Calais), qui hébergeait des enfants placés par la justice. Plusieurs livres-enquête y ont même été consacrés. «Cette commission d’enquête, comme pour Violette Spillebout, elle m’a percuté, elle m’a changé comme homme, comme député», a d’abord expliqué Paul Vannier, avant d’en venir plus précisément à Riaumont, «un enfer», «une sorte de bagne».
«Des générations d’enfants ont été brisées par des prêtres qui les ont fracassés, violés, affamés», a-t-il décrit en évoquant une véritable culture de la violence marquée par «un militarisme, des idées d’extrême droite, des références au nazisme». Et le député d’évoquer alors des batailles rangées entre enfants avec des haches, organisées par les encadrants. Le tout dans des décors que les enfants eux-mêmes devaient construire de nuit en transportant des brouettes de ciment.
Violette Spillebout, tout en évoquant Riaumont, a également fait le lien avec les filles de la congrégation du Bon Pasteur, des établissements à travers la France qui accueillaient par le passé des enfants placés, «déjà victimes de violences intrafamiliales ». Selon la députée, ces endroits étaient « dirigés par des femmes d’une méchanceté et d’une violence dont on ne peut imaginer la force». Les victimes restent elles toujours marquées des dizaines d’années plus tard. «On a partagé des pleurs ensemble», a ajouté l’élue.
Enfin, dans leur rapport, Violette Spillebout et Paul Vannier reviennent aussi que l'affaire Notre-Dame de Bétharram, à l'origine de la création de cette commission. Ils pointent un "défaut d'action" de François Bayrou, estimant que le Premier ministre a pu laisser les violences "perdurer". Les deux rapporteurs ne demandent pas pour autant de suites judiciaires. "À défaut d'action" que François Bayrou avait "les moyens d'engager", alors qu'il était "informé" quand il était ministre de l'Education nationale et président du Conseil général, ces violences "ont perduré pendant des années" (https://www.franceinfo.fr/societe/education/affaire-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram/affaire-betharram-francois-bayrou-accuse-de-n-avoir-pas-suffisamment-agi-contre-les-violences-perpetrees-au-sein-de-l-etablissement-scolaire_7350309.html).
Cependant, François Bayrou n’est pas sorti d’affaire puisque le rapport de la commission d’enquête sur Bétharram consacre une partie au collège Saint-Jean de cette commune, où deux enseignantes l’avaient directement alerté en 1995 (https://www.huffingtonpost.fr/politique/video/apres-betharram-francois-bayrou-eclabousse-par-une-affaire-similaire-a-pelussin-dans-la-loire_252113.html).
Merci !
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