Dominique Lang nous montre ce jeudi 3 avril 2025 dans lepelerin.com que le cardinal Jean-Marc Aveline a été élu président de la Conférence des évêques de France, entouré de deux vice-présidents : Mgr Vincent Jordy, l'actuel archevêque de Tours en est en effet à son deuxième mandat comme vice-président, assurant ainsi la continuité entre la présidence de Mgr Moulins-Beaufort, sur le départ, et celle du cardinal Aveline, qui débutera officiellement en juillet 2025, et Mgr Benoît Bertrand qui a participé, avec le cardinal Aveline, aux sessions romaines du synode sur la synodalité, il y a quelques mois. Trois hommes aux parcours différents, mais déjà soudés, qui devront affronter les défis spirituels et pastoraux de l’Église en France.
Les trois hommes se sont donc déjà croisés et ont tissé des liens qui ne pourront que se renforcer dans cette nouvelle mission commune. Car les dossiers qui attendent cette nouvelle équipe sont conséquents. Celui de la gestion des scandales dans l'Église va évidemment se poursuivre, même si les affaires semblent désormais s'être déplacées vers un autre domaine : celui d'un accompagnement renouvelé des établissements de l'enseignement catholique. Le cardinal Aveline le souligne : «Il faut que nous puissions dire ensemble ce qui a changé, au fil des années passées, en nous en tant qu'évêques et en nous en tant que personnes victimes. Alors que le rapport de la CIASE avait appelé les victimes à devenir des témoins, nous devons accueillir les paroles pour que, de témoins, ils deviennent des frères et des sœurs de nos assemblées.» Pour Mgr Bertrand, ce chantier prolonge ce qu'il a expérimenté lui-même dans son engagement professionnel : apprendre à prendre soin des personnes. Il a ainsi récemment participé à la grande enquête menée dans les diocèses sur la santé des prêtres.
Et quels autres dossiers ? L'heure est encore trop tôt pour ces trois hommes tout juste nommés pour le dire avec clarté. Ils ont les semaines à venir pour prendre la mesure de ces nouvelles responsabilités. Le cardinal Aveline souligne pourtant l'importance à travailler sur "l'enracinement spirituel, à tous les étages de l'Église, pour revenir à l'essentiel". Cela s'exprime aussi, pour lui, par le besoin de travailler la "collégialité épiscopale". Sans oublier de participer aux débats de la société. «L'Église sait qu'elle est une minorité en France mais cela lui permet, avec d'autres, d'apporter son regard spécifique. Celui d'annoncer l'amour de Dieu pour ce monde qui passe par la prise en compte des plus pauvres de notre société. C'est une contribution essentielle qu'elle apporte ainsi.» Pour Mgr Jordy, le signal étonnant de ces églises pleines au Mercredi des Cendres doit être accueilli avec respect. Son collègue, Mgr Bertrand le confirme, expliquant avoir reçu au cours de l'année passée près de 900 lettres de jeunes et d'adultes demandant le baptême.
Et tous les trois d'aller dans le même sens : «Il s'agit non pas de crier victoire mais de coopérer avec l'Esprit saint. Que nous dit-il à travers ce mouvement de personnes qui nous racontent, dans leurs lettres des cheminements qui se font souvent très loin des parcours que nous avions imaginés pour eux ?» Car l'enjeu est d'avancer avec modestie. Un style que le cardinal Aveline assume déjà dans son diocèse. «Mieux vaut une pauvreté offerte qu'une prospérité satisfaite», répète-t-il comme une conviction importante. Cela est vrai pour accompagner les drames humains dans l'Église mais aussi, ceux dans le reste de la société, notamment dans les familles. Sans oublier de rester des artisans du dialogue. L'expérience, singulière, de la ville de Marseille peut être inspirante : «Depuis le 7 octobre, je fais le constat qu'il est difficile de permettre à des amis musulmans et juifs de se parler en vérité. Il faudra du temps, jusqu'à ce que ça redevienne possible. Car le dialogue est toujours possible, surtout quand on parle de la dimension existentielle de la foi. Car si des personnes vont puiser à des endroits différents de quoi assouvir leur soif de Dieu, elles sont toutes confrontées aux mêmes questions de l'existence, autour du mal, de la mort, de la peur. Favoriser une rencontre à "hauteur de visage", pour résister aux instrumentalisations politiques des religions». C'est ce que le cardinal essaye de vivre chaque mois, en invitant pour un temps d'échange fraternel des responsables chrétiens, musulmans et juifs. Une ouverture qui marquera sans doute la présidence en cours des trois années à venir.
Enfin, le collectif des anciens élèves victimes de violences physiques et sexuelles à Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, a déposé 48 nouvelles plaintes, 20 font l'objet de violences sexuelles, ce mercredi 2 avril, au parquet de Pau. Les plaintes portent aussi sur des sévices corporels. Au total, le nombre de plaintes s'élève à 200. Parmi elles, 90 relèvent de faits à caractère sexuel avec, pour la première fois, un fait de viol en réunion. Dans ce sixième corpus, les témoignages proviennent de toute la France, mais aussi de l'étranger, notamment du Canada et de la Suisse. Au total, 31 adultes sont donc visés par ces plaintes, dont 14 prêtres. Sur ces derniers, 13 sont aujourd'hui décédés. Outre les religieux, quatre laïcs sont également mentionnés, dont un décédé (https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pau/affaire-betharram-viol-en-reunion-avec-introduction-d-un-petit-baton-dans-l-anus-coups-de-bambou-et-javelot-48-nouvelles-plaintes-viennent-d-etre-deposees-3132082.html).
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