Publié le 15 Mai 2025
Cécile Bourgneuf, et Lucas Zaï-Gillot dans Libération.fr nous montre dans leur article du mercredi 14 mai 2025 que le Premier ministre a été longuement auditionné sous serment à l’Assemblée nationale par la commission d‘enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires pour s’expliquer sur son rôle et ses revirements dans l’affaire qui a touché l’établissement scolaire catholique Notre-Dame de Bétharram. Peu convaincant, il s’est évertué à brouiller les pistes.
Ce devait être l’heure de vérité, mais ce sont de longues heures d‘un affrontement tendu, parfois surréaliste qui furent visibles où ce dernier n’a jamais répondu frontalement aux questions des députés, choisissant de dénigrer la commission pas «objective», instrument selon lui d’une cabale politique orchestrée par le député insoumis Paul Vannier. La stratégie était claire : embrouiller. Affichant ostensiblement l’ouvrage la Meute de Charlotte Belaïch (journaliste à Libération) et Olivier Pérou, qui dénonce le système clanique au sein de LFI et qui n’est pas là pour servir les règlements de compte du Premier ministre avec LFI. Il s’est concentré sur la remise en cause des méthodes de la commission parlementaire, et la crédibilité des témoignages, notamment celui de l’enseignante Françoise Gullung qui lui a répondu sur Franceinfo en disant qu’il «fait erreur», et «non je n’ai pas affabulé», https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/francois-bayrou-auditionne-par-les-deputes-sur-laffaire-betharram-la-strategie-de-lembrouille-20250514_VAFGIVZFRZFR3MCRBPLMBE5ROE/, et https://www.sudouest.fr/faits-divers/affaire-betharram/affaire-betharram-bayrou-droit-dans-ses-bottes-ceux-qui-m-ont-accuse-ont-conduit-une-manipulation-24431733.php), et du gendarme Alain Hontangs qui a aussi été chargé par le Premier ministre d’avoir «affabulé» ou «menti» (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/francois-bayrou-a-muscle-sa-defense-sur-betharram-mais-sans-faire-oublier-ses-contradictions_250034.html). Afin de jeter par avance le discrédit sur les résultats de ces auditions, attendus en juin ? C’est plus que probable.
Ce sont cependant des questions cliniques de Violette Spillebout qui l’ont fait vaciller. François Bayrou a défendu avoir demandé un rapport dès 1996, après une plainte pour gifle, mais sans donner l’impression de prendre en compte la totalité de l’étude, effectuée par ailleurs de manière express et jugée peu contraignante. Des «règles d’inspection exceptionnelles pour l’époque» a remarqué l’élue Renaissance. Interrogé sur des passages qui mentionnent des méthodes «dures», le Premier ministre en avait visiblement surtout retenu ses conclusions positives de quelques lignes. A-t-il fait un signalement à la justice ? Aurait-il une lecture différente aujourd’hui ? Le Premier ministre a éludé tout en admettant du bout des lèvres : «c’était il y a trente ans, aujourd’hui sûrement, il y aurait de grands changements (...) Est-ce que j’aurais dû, pu, en faire plus, c’est possible. Sans doute». Voilà pour la contrition (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/francois-bayrou-a-muscle-sa-defense-sur-betharram-mais-sans-faire-oublier-ses-contradictions_250034.html).
François Bayrou a prôné la création d'une "autorité indépendante" sur les violences contre les enfants, lors de son audition par la commission d'enquête de l'Assemblée consacrée au contrôle par l'État et à la prévention des violences dans les établissements scolaires, lancée sur fond d'affaire Bétharram. Cette haute autorité comprendrait "un conseil scientifique" et un "conseil des victimes". Elle concernerait "tous les établissements" scolaires mais aussi "les associations sportives", "les associations culturelles", "les familles", a détaillé le Premier ministre, expliquant s'inspirer d'une loi adoptée en Allemagne (https://www.rtl.fr/actu/politique/affaire-betharram-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-audition-de-francois-bayrou-devant-la-commission-d-enquete-7900505118). Une promesse de François Bayrou à bon compte qui s’est permis de salir la a commission d’enquête parlementaire instituée après l’affaire de Bétharram, avec son singulier tandem, composé d’un «insoumis», bien décidé à faire la vérité, et d’une macroniste, désirant faire émerger les responsabilités collectives, dont le travail est vilipendé par le bloc gouvernemental, alors qu’il est loué par les milieux éducatifs (https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/05/13/violences-a-l-ecole-paul-vannier-et-violette-spillebout-un-duo-offensif-et-inattendu-face-a-francois-bayrou_6605659_823448.html).
Pour les victimes, cette audition n'est "pas un aboutissement" mais seulement "une étape", a réagi le porte-parole du collectif des victimes de l'établissement catholique. "À celles et ceux qui espéraient que cette audition permettrait de tourner la page, nous répondons que ce 14 mai n'est pas un aboutissement, c'est une étape", a déclaré Alain Esquerre, entouré d'une dizaine de victimes, lors d'une conférence de presse à Bordères (Pyrénées-Atlantiques), village où réside aussi le Premier ministre. "Nous, les victimes, on ne rentre pas dans ce jeu politique, on s'y refuse catégoriquement", a-t-il dit, jugeant néanmoins le chef du gouvernement "un peu malmené" par les parlementaires (https://www.france24.com/fr/france/20250514-en-direct-affaire-b%C3%A9tharram-fran%C3%A7ois-bayrou-auditionn%C3%A9-assembl%C3%A9e-nationale). Le Premier Ministre n’aurait pas été malmené s’il avait choisi autre chose que cette défense laborieuse, mensongère et violente, attaquant la presse, la commission d’enquête et une lanceuse d’alerte. Tout sauf glorieux.
Merci !
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