Publié le 22 Avril 2025

Mathieu Castagnet, Élie Guidi, Corinne Laurent et Juliette Vienot de Vaublanc (avec l’AFP) nous montrent dans la-croix.com qu’au lendemain de la mort du pape François, de nombreux chefs d’État et de gouvernement, notamment Emmanuel Macron, Donald Trump et Javier Milei, ont annoncé mardi 22 avril 2025 leur présence samedi pour les funérailles. Ce jour-là, les drapeaux seront en berne en France, a indiqué Matignon. Et le pape François sera inhumé samedi 26 avril dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, au cœur de laquelle il se recueillait à chacun de ses déplacements officiels. Devant la basilique papale, les fidèles venus de Rome et d’ailleurs sont nombreux à venir rendre un dernier hommage au pape de la «simplicité» (https://www.la-croix.com/religion/mort-du-pape-francois-a-sainte-marie-majeure-l-emotion-des-fideles-venus-rendre-un-dernier-hommage-20250422).  Le pape François sera inhumé à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome. C'est une première en trois siècles : généralement la dépouille des papes repose dans la crypte de la basilique Saint-Pierre ou dans celle de Saint-Jean-de-Latran. Le souverain pontife a choisi un recoin modeste de la cathédrale, juste derrière la statue de la Vierge. "Les gens scrutent chaque recoin pour savoir comment ça va se passer", raconte à franceinfo un touriste croisé sur place. "Il y a une ferveur magnifique." (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/mort-du-pape-francois/direct-mort-du-pape-francois-le-vatican-en-deuil-prepare-les-obseques-du-chef-de-l-eglise-catholique_7203519.html).  

 

Les dernières heures du pape ont été racontées par Vatican News, le média officiel du Vatican comme le rapporte l’Agence France-Presse (AFP) : «Merci de m’avoir fait retourner sur la place» Saint-Pierre : ces mots, adressés par le pape François à son fidèle infirmier personnel, Massimiliano Strappetti, pour l’avoir encouragé à un ultime tour d’une quinzaine de minutes en papamobile le dimanche de Pâques, sont parmi les derniers du pape avant sa mort. Avant de se lancer, il avait demandé à son infirmier : «Tu crois que je peux le faire ?» Et Massimiliano Strappetti l’avait rassuré. Le pape s’était ensuite reposé l’après-midi dans son appartement de la résidence Sainte-Marthe au Vatican, puis avait dîné. Lundi, aux environs de 5 h 30, les premiers signes d’un malaise sont apparus. Plus d’une heure plus tard, après avoir fait un salut de la main à son infirmier, il est tombé dans le coma, et est finalement mort à 7 h 35 (https://www.ouest-france.fr/societe/religions/pape-francois/direct-mort-du-pape-francois-le-vatican-prepare-ses-obseques-le-monde-catholique-en-deuil-1223c10f-04ec-4b1a-aabe-26aebd561477).

 

Le décès du chef des 1,4 milliard de catholiques au terme de 12 ans de pontificat fait la une de toute la presse internationale : plusieurs journaux italiens mentionnent le "pape des laissés-pour-compte", "Perdimus Papam", titre le journal français Libération, tandis que le quotidien britannique The Guardian évoque la mort d'un pape "révolutionnaire" (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-en-direct-pape-fran%C3%A7ois-est-mort-age-88-ans-vatican-catholiques) qui “a bousculé les codes”, tandis que le quotidien belge Le Soir, plus circonspect, évoque un "règne sans miracles". Le quotidien italien La Stampa dresse la liste des "interventions les plus controversées et surprenantes" du pape François. Le quotidien espagnol El Pais poursuit la réflexion, qualifiant son pontificat de "social et réformateur", tout en soulignant que rarement un pape aura été "attaqué avec autant de virulence" (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/mort-du-pape-francois/direct-mort-du-pape-francois-le-vatican-en-deuil-prepare-les-obseques-du-chef-de-l-eglise-catholique_7203519.html). De l'Iran à l'Allemagne en passant par les États-Unis, l'UE, l'ONU, le Liban, Israël ou l'Autorité palestinienne, les dirigeants du monde entier ont rendu un hommage unanime au pape François. Son compatriote, la star du football Lionel Messi qu'il avait rencontré, a évoqué "un pape différent, proche, argentin... Repose en paix, pape François", a-t-il écrit sur Instagram. Pékin a présenté mardi ses "condoléances" et dit vouloir continuer à développer ses relations avec le Vatican (https://www.ladepeche.fr/2025/04/22/direct-mort-du-pape-francois-les-cardinaux-vont-se-reunir-ce-mardi-matin-pour-definir-le-jour-et-lheure-des-obseques-du-souverain-pontife-12650999.php).

 

Tous les cardinaux sont désormais arrivés à Rome, ou ne devraient plus tarder. Les réunions, appelées congrégations, s'enchaînent pour gérer les affaires courantes et organiser les funérailles du pape François. Mais les tractations commencent aussi en coulisses pour faire émerger des favoris avant le conclave... Le pape François a ainsi nommé majoritairement des cardinaux réformateurs, partisans d'une Église plus ouverte sur le monde. Un conclave à son image... Ce qui ne signifie pas forcément que le futur évêque de Rome sera sur la même ligne que lui. En cause ? La volonté des cardinaux de conserver une certaine unité au Vatican (https://www.tf1info.fr/international/conclave-comment-le-pape-francois-a-tente-de-peser-sur-le-choix-de-son-successeur-2366526.html). Cependant, invité de BFMTV, Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger et cardinal depuis octobre 2024, assure que les cardinaux arrivent "vierges de toute idée préconçue" avant le conclave qui doit élire le futur pape. "Les débats sont très libres, ce ne sont pas des discours préparés", dit-il, ajoutant ne pas avoir encore reçu d'information sur cet événement. "On n'a pas beaucoup l'occasion de se connaître (entre cardinaux), d'autant que le pape François a véritablement changé la sociologie du collège cardinalice en nommant des personnes aux extrémités de la Terre", ajoute Jean-Pierre Vesco (https://www.bfmtv.com/societe/religions/direct-mort-du-pape-francois-le-vatican-en-deuil-prepare-ses-obseques-donald-trump-annonce-qu-il-sera-present_LN-202504220036.html).

 

Alors qu’il est considéré comme l'un des favoris pour succéder au pape François, le cardinal suédois Anders Arborelius a dit mardi qu'il ne pensait pas être élu lors du prochain conclave. "Ce serait amusant d'avoir un pape suédois, mais je pense que c'est peu probable. Très peu probable", a-t-il déclaré à la chaîne publique suédoise SVT. Anders Arborelius a confirmé mardi qu'il assistera au conclave au cours duquel les 135 cardinaux-électeurs choisiront le successeur du pape François. Le Suédois lui avait demandé de le libérer de ses fonctions de cardinal, car il souhaitait retourner vivre dans son monastère en Scanie, dans le sud de la Suède, a-t-il confié à SVT (https://www.bfmtv.com/societe/religions/direct-mort-du-pape-francois-le-vatican-en-deuil-prepare-ses-obseques-donald-trump-annonce-qu-il-sera-present_LN-202504220036.html).

 

Après la mort du pape François, les figures politiques nationalistes, de J. D. Vance à Giorgia Meloni, ont adressé leurs condoléances sans égard pour le sens du pontificat qui s’achève. Tous espèrent l'élection d'un nouveau souverain pontife aligné avec des valeurs plus traditionnelles, conformément aux évolutions de leur vision du monde (https://www.humanite.fr/monde/pape-francois/mort-du-pape-francois-les-condoleances-hypocrites-de-linternationale-reactionnaire-qui-le-traitait-de-gauchiste-et-d-imbecile).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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Publié le 21 Avril 2025

Jésus Bastante dans religiondigital.org nous montre ce lundi 21 avril 2024 que Jorge Mario Bergoglio, le premier pape jésuite, le premier pontife latino-américain, est décédé subitement ce lundi de Pâques à 7h35, après avoir participé à la bénédiction Urbi et Orbi. Les causes de sa mort subite sont encore inconnues, car il semblait s'être remis de la pneumonie bilatérale qui avait conduit à son admission le 14 février. À 88 ans, le pape François a accompli douze années de pontificat le 13 mars. La mort du pape au milieu de l'année jubilaire de l'espérance, alors qu'il apparaissait comme le seul dirigeant mondial capable de faire face à la rhétorique conflictuelle de la seconde administration Trump, a déclenché une crise difficile à résoudre dans l'Église catholique, sans candidats clairs pour poursuivre sa réforme de l'institution et avec un fort mouvement restaurationniste. Et contrairement à ce qui s'est passé avec la mort de Jean-Paul II, dont l'agonie a duré des semaines, son successeur naturel, Joseph Ratzinger, lui a succédé; et de Benoît XVI lui-même, qui a démissionné de ses fonctions dans une décision historique, mais qui a laissé un peu plus d'un mois aux cardinaux pour parvenir à un accord avant d'entrer en conclave, à cette occasion personne ne s'attendait à la mort du pape François, qui est mort en laissant de nombreuses inconnues ouvertes, et sans aucun consensus sur son successeur. Le secrétaire d'Etat, Pietro Parolin, semble rassembler des soutiens de différentes sensibilités, sans exclure une option plus ouverte, représentée par les cardinaux Zuppi (Italie) ou Tagle (Philippines, qui serait le premier pape asiatique), Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, l’archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline, proche du pape François et très engagé dans le dialogue interreligieux et les questions migratoires, Charles Maung Bo, connu pour sa capacité à faire des compromis et sa diplomatie, ou une rhétorique plus conservatrice, symbolisée par les cardinaux Sarah ou Ambongo (qui seraient les premiers pontifes noirs), le cardinal de Prague, Dominik Duka,  de Budapest, Peter Ërdo ou, encore, un virage ouvertement à droite avec la nomination de l'ancien préfet de la doctrine de la foi, Gerhard Müller, Willem Eijk d’Utrecht, Anders Arborelius, ou encore Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don. Parmi les surprises, la présence de cardinaux hispano-américains, tels que Fernando Chomalí (Chili), Carlos Castillo (Lima), Carlos Aguiar (Mexique) et l'Espagnol José Cobo (Madrid).

 

Décrit comme «le pape du bout du monde», Bergoglio est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, en Argentine, dans une famille d'immigrants italiens. Dès son plus jeune âge, il manifeste une profonde vocation religieuse et une sensibilité particulière pour les plus démunis. Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1958 et fut ordonné prêtre en 1969 et commence à gravir les échelons au sein de sa congrégation. En 1976, quand le commandant en chef de l'armée de terre argentine, Jorge Rafael Videla, renverse la présidente Isabel Perón, il occupe le poste de supérieur provincial des jésuites de Buenos Aires. Une dictature militaire est instaurée et s'étire sur près de sept ans. Pendant ces années sombres, plus de 30 000 personnes disparaissent, selon les historiens. Et la "guerre sale" n'épargne pas les prêtres : plusieurs sont kidnappés, torturés et assassinés par les militaires. Jorge Mario Bergoglio échappe à toute persécution. Il sera accusé des années plus tard d'avoir collaboré avec le général Videla. D'autres voix lui reprochent d'avoir fermé les yeux sur le scandale des enfants volés. Le cardinal Bergoglio démentira ces accusations et affirmera avoir fait son possible pour sauver des vies, notamment en ayant caché plusieurs personnes (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html). Il sera entendu sur ces dossiers par la justice argentine et blanchi. Son parcours au sein de l'Église fut marqué par la simplicité, la proximité et un engagement ferme envers les pauvres. Eloigné d'Argentine par sa hiérarchie après la dictature, Jorge Mario Bergoglio finit par y revenir et s'impose comme une figure populaire. Le prélat ravit le cœur des fidèles avec ses yeux rieurs, sa figure sympathique et sa simplicité apparente. "C'est quelqu'un de profondément spirituel, d'une grande humanité, qui a les pieds sur terre et ne s'enferme pas dans un bureau, mais sort jusqu'aux périphéries". En 1998, il est nommé archevêque de Buenos Aires et en 2001, le pape Jean-Paul II le crée cardinal. Il continue d'emprunter les bus de la capitale argentine pour se rendre dans les quartiers défavorisés à la rencontre des plus pauvres (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html). De son poste, il a plaidé pour une Église austère, engagée en faveur de la justice sociale et proche des quartiers les plus pauvres de la capitale argentine. Il est devenu une figure clé au sein de l’Église latino-américaine et un fervent critique de la corruption et des inégalités. Il est marqué par l'effondrement de l'économie argentine entre 1998 et 2010. Lorsqu'il est élu cardinal, il invite ses compatriotes à ne pas se rendre au Vatican et à verser l'argent épargné aux plus pauvres (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html). En 2005, il est considéré pour succéder au pape Jean-Paul II, mais demande à ceux qui le soutiennent de ne pas l'élire. C’est donc Joseph Ratzinger qui sera élu à la majorité des deux tiers des voix et qui deviendra Benoît XVI (https://www.rcf.fr/articles/actualite/pape-francois-relisez-sa-vie). En 2007, à Aparecida, au Brésil, il appelle l’Église à sortir d’elle-même pour aller vers l’extérieur, lors d’une assemblée réunissant les Églises de tous les pays du continent (https://www.lavie.fr/actualite/mort-du-pape-francois-un-pontificat-a-la-lumiere-dune-vie-89450.php). En 2010, Jorge Bergoglio s'était ainsi vigoureusement opposé à la loi légalisant le mariage homosexuel en Argentine. À l'époque, la virulence de ses propos sur l'homosexualité – "démon infiltré dans les âmes" – avait choqué. Il s'était aussi élevé contre le droit octroyé aux transsexuels de changer de sexe à l'état civil (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife).  

 

Le 13 mars 2013, le conclave a élu Bergoglio comme successeur de Benoît XVI. Il devint le premier pape jésuite, le premier latino-américain et le premier à prendre le nom de François, en l'honneur de saint François d'Assise. Au Vatican, le pape refuse donc les appartements pontificaux et mange à la cantine (https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/mes-gens-sont-pauvres-et-je-suis-un-des-leurs-le-pape-francois-avait-dedie-sa-vie-aux-plus-demunis_14286458/). Dès le début de son pontificat, il a exprimé clairement son désir d’une Église plus simple, au service des plus démunis. Le pape François a promu une réforme de la Curie romaine, rongée par l'inertie, luttant contre la corruption interne et le manque de transparence le poussant à l'assainissement des sulfureuses finances du Vatican à l’exemple du cardinal Angelo Becciu, l'un des conseillers les plus proches du pape François, poursuivi au Vatican pour fraude financière et démis de ses pouvoirs, notamment de ses droits de vote pontificaux, contournant des institutions vermoulues en créant notamment un conseil de cardinaux non romains pour l'assister dans sa tâche. Las, trois des membres de ce C9 se retrouvent sous les feux d'accusations, agressions sexuelles pour l'Australien George Pell, malversations financières pour le Hondurien Oscar Maradiaga, protection d'un prêtre pédophile pour le Chilien Francisco Errazuriz (https://www.lepoint.fr/monde/le-pape-francois-est-mort-21-04-2025-2587806_24.php). En 2014, il se fend devant la Curie romaine d'un discours cinglant dans lequel il fustige "l'Alzheimer spirituel", "le terrorisme des bavardages" ou encore "la schizophrénie existentielle" qui menacent les cardinaux. "Certains voient en François le Gorbatchev de l'Eglise catholique"  (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html) et pour les guérir suggère de 12 remèdes suggérés un an plus tard, orientés sur l’ouverture (aux laïcs notamment), l’égalité, le travail collectif, la décentralisation ou encore l’exemplarité (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife). En mars 2022, il annonce la réforme de la curie pour laquelle il a été nommé – la dernière date de 1988. Une révolution qui repose sur deux piliers : la décentralisation – la curie ne doit plus être seulement un appareil administratif romain mais proposer des services pour une Église universelle – et une grande ouverture aux laïcs (https://www.lepoint.fr/monde/le-pape-francois-est-mort-21-04-2025-2587806_24.php). Une fois la réforme lancée, il ouvre également de nouveaux ministères (Famille, Communication, Économie). Il transforme et assainit l’Institution pour les œuvres de religion (IOR), équivalent d’une banque du Vatican. Un quart des comptes y sont fermés, rationalisant ainsi sa gouvernance économique. Le pape François donne plus de poids aux laïcs, mais aussi aux femmes, n’hésitant pas à en nommer à la tête de certaines commissions ou dicastères (équivalents de ministères au Vatican).  Autre évolution de taille : la rotation des membres de la Curie, nommés pour un mandat de cinq ans, renouvelable à la demande de la hiérarchie. Désormais, on vient au Vatican pour servir l’Église et non pour faire carrière. Le contrôle du pape sur l’administration en sort renforcé (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife). 

 

Il a également promu une vision plus inclusive et pastorale, avec des gestes concrets tels que le lavage des pieds des prisonniers et des réfugiés, son soutien aux migrants et son appel à une «Église en sortie», notamment en critiquant les ravages du néolibéralisme et s'engageant pour plus de justice sociale, mais aussi en faveur de la défense de l'environnement (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html). Devant le repli des identitaires catholiques, il a restreint l’usage de la messe en latin en 2021, provoquant la colère d’une frange traditionaliste (https://www.20minutes.fr/societe/4149636-20250421-mort-pape-francois-fideles-lgbt-migrants-messe-latin-heritage-tres-critique-eglise?utm_source=yahoo&utm_medium=rss&utm_campaign=news_feed&utm_content=read_more_link%22). Son encyclique Laudato Si' a marqué une étape importante dans la conscience écologique de l'Église, exhortant le monde à prendre soin de notre «maison commune». Et il fait entrer de nouveaux cardinaux. Le 7 décembre 2024, lors de son dixième et dernier consistoire, où 21 cardinaux sont créés, le pape François prépare la gouvernance à venir de l’Église. Il poursuit ainsi son projet de diversification de la haute hiérarchie catholique au sein du Vatican et appelle à un changement de style, axé sur “l’aventure du chemin, la joie de la rencontre [et] l’attention envers les plus fragiles”. Le pape François aura donc choisi plus de 78 % des 140 cardinaux "électeurs", ceux âgés de moins de 80 ans, qui prendront part au prochain conclave. Il s'assure d’une certaine façon la continuité des réformes entamées (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife). Ses années de pontificat sont aussi celles du développement du dialogue interreligieux, notamment avec l'islam. Le pape François est le premier pape à se rendre en Irak. Il contribue aussi à la réconciliation des Églises catholique et orthodoxe. Un effort de rapprochement toutefois contrarié par la guerre en Ukraine, qui voit le patriarche orthodoxe russe Kirill soutenir le régime de Vladimir Poutine (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html).

 

Il a également dû faire face à la crise des abus sexuels, en promouvant des mesures plus strictes contre la pédophilie cléricale en levant le secret pontifical et en obligeant les prêtres à signaler les cas à leur hiérarchie, et en exigeant que soient transmis de façon systématique les cas d’abus sexuels au sein des diocèses auprès des justices civiles (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife), mais les associations de victimes attendaient davantage, comme le signale la militante Anne Barrett Doyle, de l’ONG américaine BishopAccountability, qui a déclaré à l’AFP en 2024 que ces réformes avaient été «superficielles». «Structurellement, elles conservent tous les éléments de dissimulation, de manque de transparence, d’absence de contrôle externe et d’absence de sanctions sévères obligatoires», a-t-elle déploré. Des mesures qui n’ont pas toujours été bien comprises au sein de l’institution. Après un voyage catastrophique au Chili en 2018 ayant abouti à de spectaculaires exclusions et démissions, le pape François a présenté ses excuses pour avoir maladroitement défendu un évêque. Il a ensuite multiplié les demandes de pardon aux victimes qu’il a régulièrement rencontrées. En défroquant en 2019 le cardinal américain Theodore McCarrick, reconnu coupable de violences sexuelles sur mineurs, il a envoyé un signal fort sur sa promesse de «tolérance zéro». A un sommet inédit au Vatican sur la protection des mineurs en 2019 a succédé une série de mesures : levée du secret pontifical sur les violences sexuelles du clergé, obligation pour les religieux et laïcs de signaler tout cas à leur hiérarchie, plateformes d’écoute dans les diocèses du monde entier… Mais le secret de la confession demeure absolu (https://www.20minutes.fr/societe/4149636-20250421-mort-pape-francois-fideles-lgbt-migrants-messe-latin-heritage-tres-critique-eglise). En 2022, cardinal canadien Marc Ouellet, qui figure dans la liste des successeurs possibles (ou «papabiles»), a été mis en accusation au Québec pour agressions sexuelles – affaire classée sans suite par le Vatican (https://www.lepoint.fr/monde/le-pape-francois-est-mort-21-04-2025-2587806_24.php). Au sujet des accusations d’agressions sexuelles visant l’abbé Pierre, rendues publiques à partir de juillet 2024, le pontife déclare qu’au moment de sa mort en 2007, lui n’y était pas, mais le Vatican savait. Il ajoute “malgré tout le bien qu’il a fait, on découvre que cette personne est un terrible pécheur” (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife). En 2023, il avait également appelé les évêques à ne pas couvrir les scandales sexuels éclaboussant l’Église. «Le mal ne peut pas être caché, le mal doit être révélé au grand jour, qu’il soit connu… que l’agresseur soit jugé, qu’il soit laïc ou évêque», a exigé le pape François lors d’une grande messe à Bruxelles (https://www.20minutes.fr/societe/4149636-20250421-mort-pape-francois-fideles-lgbt-migrants-messe-latin-heritage-tres-critique-eglise).

 

Son pontificat n’a cependant pas été sans défis. Populaire chez les fidèles du monde entier, il était confronté à une farouche opposition interne de la frange conservatrice de l'Église (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html). Ainsi, les «dubia» de plusieurs cardinaux suite aux démarches entreprises pour permettre aux divorcés de recevoir la communion furent célèbre, et se multiplièrent avec une série d'autres sujets, depuis la convocation d'un synode où, pour la première fois, les femmes (et les laïcs) eurent voix et vote, l'ordination sacerdotale de femmes ou des encycliques comme Fratelli Tutti, la première dédiée non seulement aux fidèles catholiques, mais à toute l'humanité. Il a rencontré une certaine résistance au sein de l’Église en raison qu’il exprime aussi de sa volonté de voir les débats de l'Église se décentrer de la morale sexuelle : "sur les questions liées à l'avortement, au mariage homosexuel et à l'utilisation de méthodes contraceptives", déclare-t-il (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html) et son ouverture sur des questions telles que la pastorale des personnes divorcées et de la communauté LGBTQ+, et juste avant l'ouverture du synode rassemblant évêques et, pour la première fois, des experts laïcs à Rome en octobre 2023, il n'hésite pas à se dire ouvert à la bénédiction de couples de même sexe (https://www.lepoint.fr/monde/le-pape-francois-est-mort-21-04-2025-2587806_24.php), même si en 2018, le pape François préconise la psychiatrie pour les enfants homosexuels, créant une nouvelle polémique et obligeant le Saint-Siège à rétropédaler, et il faut noter qu’en 2025, année sainte, le 6 septembre aura lieu pour la première fois le jubilé des LGBT+ (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife). Le pape a aussi sanctionné des évêques rebelles en démettant en 2023 l'évêque américain Joseph Strickland, qui lui reprochait notamment son laxisme sur l'avortement et sa complaisance à l'égard des homosexuels et des divorcés et excommuniant l'évêque ultraconservateur italien Carlo Maria Vigano, 83 ans, connu pour ses critiques acerbes contre le pontificat (https://information.tv5monde.com/international/francois-cible-dune-feroce-opposition-au-sein-meme-de-leglise-2770789).  Mais, si le pape François hérite d'une réputation plus moderne que son prédécesseur, il ne remet cependant pas en cause le dogme du mariage, défini comme l'union entre un homme et une femme en vue de procréer. Et s'il affirme que l'homosexualité n'est "pas un crime", il la considère "un péché", néanmoins. Quant à l'avortement, il le compare à l'action "d'un tueur à gages" (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html) et il rejette l’euthanasie (https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/le-pape-francois-est-mort-a-l-age-de-88-ans-3112549.html). Le pape François se montre également très rugueux sur ce qu'il appelle l"'idéologie du genre" : un "affreux danger", dénonce-t-il (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/mort-du-pape-francois/homosexualite-violences-sexuelles-ecologie-entre-ouverture-et-conservatisme-le-pape-francois-confronte-a-douze-ans-de-sujets-de-societe_7202268.html). Enfin, sur la place des femmes dans l'Église, les avancées sont limitées (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/mort-du-pape-francois/homosexualite-violences-sexuelles-ecologie-entre-ouverture-et-conservatisme-le-pape-francois-confronte-a-douze-ans-de-sujets-de-societe_7202268.html).

 

Parallèlement à son leadership dans l’Église, le pape François est devenu une voix morale sur la scène mondiale, n'hésitant pas, dès le début de son pontificat, à bousculer la bienséance pour parler de la crise migratoire qui touche l'Europe, notamment lors de ses voyages à Lampedusa (Italie) en 2013, à Lesbos (Grèce) en 2015, ou devant les instances internationales, le souverain pontife dénonce la "mondialisation de l'indifférence" et rappelle aux pays occidentaux leurs racines chrétiennes, tout en les enjoignant à respecter leur vocation à la charité (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/le-pape-francois-artisan-de-la-modernisation-de-l-eglise-catholique-est-mort-a-l-age-de-88-ans_4734485.html), avec des appels clairs contre la «Troisième Guerre mondiale fragmentaire», qu’il a rendue visible en Ukraine et à Gaza, son appel au désarmement mondial, portant aussi à la une de l'actualité la cause des Rohingyas, minorité musulmane opprimée en Birmanie, joue les intercesseurs pour la paix au Mozambique, en Centrafrique, au Congo, s'efforce de ramener Cuba dans le concert des nations – non seulement il a maintenu son nonce là-bas, mais il l'a promu cardinal –, œuvre pour la paix en Colombie et (re)place l'Amazonie au centre des préoccupations mondiales (https://www.lepoint.fr/monde/le-pape-francois-est-mort-21-04-2025-2587806_24.php), obtenant en 2018 la signature d’un accord historique avec le régime communiste de Pékin, portant sur l’épineuse question de la nomination des évêques en Chine (https://www.20minutes.fr/societe/4149636-20250421-mort-pape-francois-fideles-lgbt-migrants-messe-latin-heritage-tres-critique-eglise), et sa lutte contre la faim et sa dénonciation des injustices du marché lui a valu le titre de «Pape communiste». En octobre 2024, le pape François a reconnu le rôle de l’Église catholique dans les crimes de l’esclavage. "Nous avons été complices de systèmes qui ont favorisé l’esclavage et le colonialisme", écrivait-il dans une lettre, lue par le cardinal Michael Czerny lors d’un sommet mondial sur l'avenir de l'Église au Vatican. À l’occasion de ce sommet, une nouvelle liste de péchés a été rendue publique. L'un de ces nouveaux péchés concerne les actes commis "contre la création, les peuples indigènes et les migrants".  En 2022 déjà le pape François s’était excusé auprès des peuples autochtones : "Je demande pardon pour la manière dont, malheureusement, de nombreux chrétiens ont soutenu la mentalité colonisatrice des puissances qui ont opprimé les peuples autochtones", avait-il déclaré à l’occasion d’un voyage au Canada (https://la1ere.francetvinfo.fr/francois-le-pape-decentralisateur-est-mort-1567507.html). Dans ses derniers instants, Bergoglio est devenu le critique le plus virulent de la politique d’expulsion des migrants de Trump. Un rôle qui, après sa mort, reste orphelin.

 

Le Vatican avait annoncé le 18 février 2025 que le souverain pontife, hospitalisé pour la quatrième fois en quatre ans, souffrait d’une pneumonie bilatérale, et avait dû annuler ses engagements de fin de semaine. Son hospitalisation, qui avait relancé les interrogations sur sa santé fragile, était intervenue au début de l'année jubilaire de l'Église catholique, marquée par une longue liste d'événements, dont beaucoup sont présidés par le pape. Le pape François s’est éteint le 21 avril au Vatican à l’âge de 88 ans.  Face au conservatisme dans l’Église, aux crises mondiales, Le pape François aura été le pape des changements, incarnat une forme de lutte, en faveur des plus faibles, face aux tumultes du monde. Un pape humaniste en somme (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-mort-pape-francois-porte-voix-des-oublies-vatican-eglise-catholique-souverain-pontife). Dimanche, lors de son bref discours − le dernier − il avait encore tenté de partager un message de tolérance et d’apaisement devant des milliers de fidèles : «Que de mépris se nourrit parfois envers les plus faibles, les marginalisés, les migrants», avait-il lancé en invitant à «abattre les barrières qui créent des divisions». Cette toute dernière apparition en publique avait également été ponctuée d’un bain de foule surprise à bord de sa «papamobile» dans une ambiance survoltée (https://www.huffingtonpost.fr/international/article/le-pape-francois-est-mort-a-l-age-de-88-ans_215945.html).

 

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Publié le 20 Avril 2025

france24.com avec l’AFP nous montre que le pape François s'est offert ce dimanche un bain de foule surprise à bord de sa "papamobile" place Saint-Pierre, à Rome, entouré de milliers de fidèles réunis pour célébrer Pâques. Quatre semaines après sa sortie de l'hôpital, toujours convalescent, il a parcouru pendant près de quinze minutes les allées de la place et béni des nourrissons dans une ambiance survoltée, encadré par de nombreux gardes du corps. Le souverain pontife, âgé de 88 ans, qui limite ses apparitions publiques sur ordre médical après avoir été hospitalisé pour une double pneumonie, n'a pas présidé la messe de Pâques au Vatican, mais est apparu à la fin de la cérémonie pour la bénédiction "Urbi et Orbi" ("Pour la ville [de Rome] et le monde", en latin).

 

Du Yémen à l'Ukraine en passant par le Soudan, le Sahel ou la Syrie, le pape a cité une dizaine de pays endeuillés par des conflits meurtriers, et a de nouveau plaidé pour le désarmement, un thème central de son pontificat. Dans sa déclaration, lue à haute voix par un assistant, le pape a dénoncé une situation "dramatique et déplorable" à Gaza et appelé le Hamas à libérer les derniers otages détenus depuis son attaque meurtrière dans le sud d'Israël le 7 octobre 2023. "Face à la cruauté des conflits qui impliquent des civils sans défense, qui s'en prennent aux écoles et aux hôpitaux ainsi qu'aux agents humanitaires, nous ne pouvons pas nous permettre d'oublier que ce ne sont pas des cibles qui sont touchées, mais des personnes avec une âme et une dignité" a-t-il déclaré.

 

Plus tôt dans la journée, il s'est entretenu en privé le vice-président américain J.D. Vance, en visite en Italie ce week-end. La rencontre privée a duré quelques minutes pour échanger des vœux de Pâques, selon le Vatican. L'occasion pour les deux hommes d'échanger leurs vœux pour Pâques, et d'évoquer la situation internationale. Un entretien a été cordial selon le Vatican : le pape a même offert à J.D. Vance plusieurs cadeaux dont des œufs en chocolat pour ses trois enfants. «C'est un plaisir de vous voir en meilleure santé», a déclaré le vice-président américain au pape François, avant d'ajouter en le quittant : «Je prie pour vous chaque jour. Que Dieu vous bénisse». Opération de communication réussie pour J.D. Vance, qui signe là un coup double : renforcer son positionnement politique de fervent catholique, et montrer des signes d'apaisement dans sa relation avec le pape.

 

Enfin, cruxnow.com (https://cruxnow.com/vatican/2025/04/pope-vance-have-unusual-easter-tete-a-tete-at-the-vatican) nous montre que Vance est arrivé en Italie vendredi pour sa première visite officielle en Italie et au Vatican depuis l'élection, rencontrant le Premier ministre italien Giorgia Meloni ce matin-là avant d'assister à une cérémonie de la Passion du Vendredi Saint dans la basilique Saint-Pierre. Samedi, il a rencontré le Saint-Siège, accompagné du secrétaire d'État, le cardinal italien Pietro Parolin, et du secrétaire pour les relations avec les Etats, l'archevêque britannique Paul Gallagher. Selon le Vatican, les parties ont eu «un échange d’opinions» sur une variété de questions, notamment le sujet controversé de la migration, ainsi que la liberté religieuse, les conflits mondiaux, les situations humanitaires difficiles et les prisonniers.

 

D'autres questions «d'intérêt mutuel ont également été discutées», a indiqué le Vatican dans un communiqué, sans toutefois fournir de détails sur la nature de ces questions. L’espoir d’une «collaboration sereine» entre le gouvernement et l’Église catholique aux États-Unis, «ont le précieux service rendu aux personnes les plus vulnérables a été reconnu», a également été exprimé. Une déclaration de Vance indique que les deux parties ont discuté de «leur foi religieuse commune, du catholicisme aux États-Unis, du sort des communautés chrétiennes persécutées dans le monde et de l'engagement du président Trump à restaurer la paix mondiale».

 

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Publié le 19 Avril 2025

Sarah Belouezzane et Benoît Vitkine nous montrent dans leur article pour LeMonde.fr du vendredi 18 avril 2025 que effet de mimétisme avec l’islam autant que par volonté d’affirmation identitaire, les jeunes qui demandent le baptême sont souvent à la recherche de cadres stricts dans leur pratique religieuse et quotidienne. Attachés à la dimension communautaire, au sacré ainsi qu’aux grands rassemblements, «ce sont des nouveaux chrétiens d’adhésion et non de transmission» (https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/des-nouveaux-chretiens-dadhesion-et-non-de-transmission-comment-sexplique-la-hausse-des-baptemes-dadultes-en-france-98926.php).

 

Cette nouvelle vague de jeunes catholiques s’expose notamment aux réseaux sociaux. Routine pendant le carême, démonstration de son vendredi des Cendres… Les jeunes croyants ont décidé, cette année, de ne plus «se cacher» quitte à devenir un effet de mode. Chez les jeunes, il y a l’idée que s’ils sont chrétiens, il faut que cela se voit. Ils ne veulent pas être tièdes ou fades. En effet, cette nouvelle vague de publications est loin d’être anodine, car le carême a débuté en même temps que le ramadan cette année. Comme une microcroisade des catholiques de France, sur X, Instagram et TikTok, de nombreux commentaires ont été postés sous des publications au sujet du ramadan avec une seule idée : «Et le carême alors ? Pourquoi on n’en parle pas ?». Mais derrière un besoin de se réaffirmer, la politique n’est jamais très loin. Pour certains, c’est plus idéologique que religieux (https://www.20minutes.fr/societe/paques/4148022-20250413-bapteme-careme-jeunes-tournent-vers-religion-grace-reseaux-sociaux).

 

Il faut dire que dans un monde incertain, secoué par des crises économiques, politiques et géopolitiques, la religion est pour de nombreux catéchumènes une source de paix et de réconfort. Le Covid semble avoir été pour beaucoup l’élément déclencheur d’une prise de conscience de leur fragilité et de leur besoin de transcendance. Les moins de 25 ans sont particulièrement traversés par des questions existentielles qui les poussent à s’interroger sur l’existence d’un Dieu, mais aussi la question du mal et à la souffrance. De plus, les jeunes générations ont à la fois grandi dans des familles sans pratique chrétienne mais aussi sans a priori vis-à-vis de la foi, contrairement aux générations passées (https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/des-nouveaux-chretiens-dadhesion-et-non-de-transmission-comment-sexplique-la-hausse-des-baptemes-dadultes-en-france-98926.php).

 

Le nombre de baptêmes augmente, et dans des pays comme la France, c'est spectaculaire. Mais aussi en Écosse, où les jeunes réagissent à la superficialité et recherchent la transcendance, en Belgique, où la tendance est à la hausse, dans des diocèses espagnols comme Getafe où les catéchumènes viennent d’autres pays, Madrid et Barcelone, où l’initiation chrétienne est importante, ou en Malaisie (Asie), où les catéchumènes sont plus de 2000, et le Canada perçoit le même phénomène. Ils cherchent un sens à leur vie, la joie, la paix, la lumière du Christ (https://www.omnesmag.com/fr/nouvelles/baptemes-vigile-pascale/).  

 

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Publié le 18 Avril 2025

francetvinfo.fr nous montre ce vendredi 18 avril 2025 qu’à Argenteuil, la Sainte Tunique, relique attribuée à Jésus, qui se présente sous l'aspect de fragments d'un vêtement cousus sur une nouvelle tunique marron en étamine de laine (https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/val-d-oise/ostentation-de-la-sainte-tunique-du-christ-ce-qu-il-faut-savoir-sur-cet-evenement-religieux-3139580.html), est exceptionnellement exposée après huit ans. Conservée depuis l’an 800, elle daterait du VIe ou VIIe siècle selon les analyses au carbone 14 en 2004 et 2005. Les tenants de l’authenticité de la relique, arguant que son histoire mouvementée au cours des siècles a pu fausser les résultats de près de 600 ans.  Ce qui n’a pas empêché certains de dire que le tissu a été pollué, mais comme pour le suaire de Turin la datation a bien porté sur le tissu originel du suaire et rien ne l’a pollué. Petit problème, la cathédrale de Trèves, en Allemagne, revendique elle aussi de posséder, entière, la dernière tenue du Christ (https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/eglise-catholique/christianisme-la-relique-de-la-tunique-dargenteuil-un-tissu-de-mensonges-pour-la-science).  

 

Cependant, la présence de la Sainte Tunique à Argenteuil n’est pourtant mentionnée dans un document qu’en 1156. Les moines de Saint-Denys, en prenant possession du prieuré, la découvrent cachée dans un mur de l’église. Elle a ensuite survécu à la prise de la ville par les Huguenots en 1567 et plus tard à la Révolution, pendant laquelle elle a été découpée et enterrée (https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/la-sainte-tunique-du-christ-sera-de-nouveau-exposee-a-argenteuil-en-2025-26-03-2023-54PPBFBL4JH4HM5R7UOPCORJ6Q.php). Son ancienneté est donc à relativiser. Volée en 1983, elle est retrouvée la même année (https://www.lepelerin.com/religions-et-spiritualites/culture-interreligieuse/sainte-tunique-d-argenteuil-histoire-et-signification-11702).   

 

Ils convoquent aussi les pollens récupérés sur le tissu pour assurer qu’ils ne peuvent provenir que de plantes qui poussaient au Proche-Orient – sauf que les pollens ne pouvant être datés, font observer des spécialistes, il est fort possible qu’ils aient été apportés par les vents au cours des péripéties qu’a connues la tunique (https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/eglise-catholique/christianisme-la-relique-de-la-tunique-dargenteuil-un-tissu-de-mensonges-pour-la-science). Dès 1892, des analyses révèlent la présence de sang humain, attribué par des expertises menées en 1986 au groupe AB (3% de la population mondiale), le même que sur les deux autres reliques. Selon l'église, la probabilité d'observer ce groupe sanguin sur les trois linges serait d'«une chance sur 8 000» (https://actu.fr/ile-de-france/argenteuil_95018/la-sainte-tunique-dargenteuil-a-nouveau-exposee-dans-le-val-doise-en-2025_61764330.html). L'existence de véritables taches de sang ne permettrait pas d'authentifier la tunique d'Argenteuil, car il serait facile pour un faussaire d'y ajouter quelques gouttes de sang pour un effet réaliste (Joe Nickell, Relics of the Christ, University Press of Kentucky, 2007, pp. 104-105).

 

La relique fait sporadiquement l’objet de présentations aux fidèles, appelées «ostensions», depuis le XIIe siècle. Celle de 1934 avait ainsi amené un million de croyants. La dernière remonte à 2016, dans un contexte de retour de popularité des objets de dévotion (https://www.20minutes.fr/societe/4148998-20250416-vetement-pauvre-quoi-sainte-tunique-christ-attire-400-000-pelerins-argenteuil). Elle avait attiré 220 000 fidèles selon le diocèse de Pontoise (https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/val-d-oise/ostentation-de-la-sainte-tunique-du-christ-ce-qu-il-faut-savoir-sur-cet-evenement-religieux-3139580.html).

 

Après huit ans à l’abri des regards, le vêtement est exceptionnellement exposé. Les croyants découvriront des fragments de laine originaux, cousus sur une tunique d’étamine de laine. Quatre cent mille fidèles sont attendus, avec un important dispositif de sécurité mis en place autour de la basilique.

 

Pendant ce temps à Rome, le jeudi Saint, le pape François a fait un geste concret pour ceux qui vivent derrière les barreaux, visitant la prison romaine Regina Coeli : «J'ai toujours aimé venir en prison pour vous laver les pieds. Cette année, je ne peux pas, mais je suis proche de vous», a-t-il déclaré. Environ 70 détenus d'âges et de nationalités différents l'ont accueilli au milieu de cris de joie et d'applaudissements (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-04/pape-visite-prisonniers-rome-jeudi-saint-regina-coeli.html).  

 

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Publié le 17 Avril 2025

francetvinfo.fr avec l’AFP nous montrent dans un article du mercredi 16 avril 2025 que le Vatican était au courant dès l'automne 1955 des agissements de l'abbé Pierre, visé depuis juillet 2024 par des accusations d'agressions sexuelles commises entre les années 1950 et 2000, selon un livre-enquête à paraître jeudi 17 avril. "Dès l'automne 1955, non seulement le haut clergé français connaissait la face noire et la dangerosité de l'abbé Pierre mais le Saint-Siège aussi", affirment dans L'Abbé Pierre, la fabrique d'un saint (Allary Editions) les journalistes Marie-France Etchegoin et Laetitia Cherel, qui ont consulté les archives du Vatican. Elles rapportent une "procédure judiciaire, entamée par l'organe de la curie romaine chargé de contrôler les mœurs et la foi des membres de l'Église, le Saint-Office", qui a été "freinée par les évêques en France, vite refermée et enterrée deux ans plus tard, en 1957".

 

Elles s'appuient sur le compte rendu d'une réunion plénière de la Suprême congrégation du Saint-Office, sur le cas de l'abbé Pierre, le 18 mars 1957, contenu dans les archives du Dicastère pour la Doctrine de la foi. Ce "document de dix pages dresse la chronologie des agissements sexuels de l'abbé Pierre de 1955 à 1957, détaille les courriers d'alerte des cardinaux américain et canadien en 1955, et les décisions du Saint-Office", précisent les auteures. Le document rapporte que Mgr Paul-Émile Léger, l'archevêque de Montréal, ville où l'abbé Pierre s'est rendu en mai 1955, a eu connaissance des "accusations d'immoralité" à l'encontre du prêtre. Une demande a également été formulée le 8 septembre 1955 par le Saint-Office au Nonce apostolique (ambassadeur du Saint-Siège) alors en poste en France, Paolo Marella, "de suivre de près le cas de l'abbé Pierre". Un chanoine aurait en outre "écrit le 25 octobre 1955 au Saint-Office pour dire" qu'il savait que "des choses immorales" avaient été commises par l'abbé Pierre aux États-Unis, précisent les deux journalistes.

 

L’abbé Pierre, fondateur d’Emmaüs devenu une figure iconique de la lutte contre la pauvreté avant une série d’accusations, depuis juillet 2024, de violences sexuelles commises entre les années 1950 et 2000. En France, les archives de l’Église, ouvertes de façon anticipée devant l’émotion provoquée par les révélations d’agressions sexuelles commises par l’abbé Pierre, ont déjà permis de dévoiler comment, à la fin des années 1950, la hiérarchie épiscopale avait gardé le silence sur un comportement jugé «problématique» mais jamais nommé. Dans la foulée des révélations, le pape François avait assuré en septembre que le Vatican était au courant, au moins depuis sa mort en 2007, des accusations de violences sexuelles. La Conférence des évêques de France avait de son côté formé le vœu que «le Vatican se livre à une étude de ses archives et dise ce que le Saint-Siège a su et quand il l’a su» (https://www.ouest-france.fr/faits-divers/agression-sexuelle/affaire-abbe-pierre-le-vatican-au-courant-des-lautomne-1955-selon-un-livre-enquete-d32cc478-1aed-11f0-a759-74724e64dd56).

 

Le livre-enquête revient également sur des propos tenus par l'abbé Pierre sur les Juifs le 21 juillet 1944 lors de son audition par la Direction technique des services spéciaux montrant un antisémite emprunt des clichés les plus abjects envers ceux-ci (https://www.nouvelobs.com/videos/x9hzx7w.DMT/antisemite-predateur-l-abbe-pierre-nos-revelations-sur-sa-face-sombre.html), évoquant "des familles contraintes à l'oisiveté (sans qu'il soit de leur faute, certes) mais regorgeant d'or avec quoi elles raflaient avec une impitoyable dureté tout". Des propos qui font échos au soutien polémique que l’abbé avait apporté au milieu des années 1990 au philosophe Roger Garaudy, auteur d’un livre révisionniste (https://www.lefigaro.fr/actualite-france/abbe-pierre-le-vatican-etait-au-courant-des-accusations-des-l-automne-1955-selon-un-livre-enquete-20250416). Avant de s’engager dans la résistance, l’abbé Pierre a apporté son soutien à Pétain et au régime de Vichy. «Partout où aujourd’hui la France renaissante de notre grand maréchal agit soyez présents, soyez au premier rang, soyez des plus grands lutteurs dans l'enthousiasme», enjoint-il près de 600 jeunes réunis au Vélodrome de Grenoble en mai 1941 (https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2025/04/17/internement-psychiatrique-antisemitisme-plongee-dans-la-face-sombre-de-l-abbe-pierre).

 

Depuis l’enfance, Henri Grouès se définit aussi par des obsessions extrêmes. Sa première folle passion pour Yves, son jeune camarade soliste, dont il grave au canif le nom collé au sien sur l’écorce d’un arbre. Et pour lequel il se mortifie le corps – en s’obligeant, comme il le raconte dans son journal intime – «à  dormir sur le plancher» de sa chambre, porter «une chaîne piquante», et une «ceinture à clou» pour faire taire son désir. Son obsession qui se transforme dans la foi. Avec l’ambition au plus haut. «Je veux être un saint» à 16 ans, écrit-il dans son journal intime où il partage aussi sa «satisfaction de maltraiter (son) corps» pour aller vers le Christ. Le livre retrace aussi ses nombreuses obsessions pour la chair, de ses récits de son souhait de castration enfant à sa bibliothèque, encore intacte dans son appartement d’Esteville en 2024, contenant une vingtaine d’ouvrages sur l’amour entre femmes. Enfin, après le célèbre appel du 1er février 1954, qui a lancé des décennies d’engagement pour les mal-logés et les sans-abri, Emmaüs reçoit un milliard de francs, soit 26 millions d’euros, en à peine plus d’un mois. Le livre pointe les lacunes et une opacité dans la gestion de fonds (https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2025/04/17/internement-psychiatrique-antisemitisme-plongee-dans-la-face-sombre-de-l-abbe-pierre).

 

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Publié le 16 Avril 2025

domradio.de nous montre ce mercredi que la «Journée de la Diaconesse +plus» se déroulera avec une manifestation, une marche silencieuse et un service religieux pour promouvoir l'égalité des droits dans l'Église catholique. La journée d'action aura lieu le 29 avril à Cologne et est soutenue par cinq associations.

 

Cinq grandes organisations catholiques en Allemagne veulent continuer à se battre pour davantage de droits des femmes dans l'Église. Selon eux, cela inclut également l’accès jusqu’alors refusé aux ministères ordonnés, à commencer par le diaconat. Pour la «Journée de la diaconesse» du 29 avril, elles invitent donc à une journée d'action et à une grande manifestation pour une Église plus juste à Cologne, comme l'a annoncé mardi à Düsseldorf l'Association des femmes catholiques d'Allemagne (kfd). «C'est une forme d'abus de pouvoir que d'exclure des personnes non masculines en raison de leur sexe», explique Ulrike Göken-Huismann, directrice spirituelle de l'association fédérale kfd. Outre la KFD, l'Association des femmes catholiques allemandes (KDFB), le Comité central des catholiques allemands (ZdK), le Réseau du diaconat des femmes et la Fédération de la jeunesse catholique allemande (BDKJ) participent également à l'événement.

 

La «Journée de la Diaconesse», le jour de la fête de Sainte Catherine de Sienne, est célébrée parallèlement à l'événement à Cologne, également dans les paroisses locales et dans les groupes à l'échelle nationale. Parce que les femmes ne sont pas autorisées à devenir prêtres catholiques, elles sont également exclues de l’ordination diaconale, tant que celle-ci est considérée comme la première étape du ministère ordonné et donc indissociablement liée à la prêtrise. En 1994, le pape Jean-Paul II a déclaré que l’Église n’avait «aucune autorité» pour ordonner des femmes prêtres. Il a ajouté que «tous les fidèles de l'Eglise doivent enfin adhérer à cette décision» et que cela doit mettre un terme à toutes les discussions.

 

Mais les débats continuent malgré tout. Plusieurs théologiens et évêques soulignent à plusieurs reprises qu’il existe de bons arguments théologiques en faveur de l’ouverture du ministère ordonné aux femmes. Le pape François a plaidé à plusieurs reprises pour une plus grande participation des femmes, mais a jusqu’à présent rejeté leur ordination. Parallèlement, il a déjà mis en place plusieurs commissions sur le thème du diaconat, dont les travaux ne sont pas encore terminés.

 

Pendant ce temps, le pape de 88 ans retrouve peu à peu sa forme d'antan. "Là où les femmes sont aux commandes, les choses vont bien", a-t-il déclaré mercredi lors d'une réunion avec le personnel médical qui l'a soigné pendant son séjour de 38 jours à l'hôpital Gemelli de Rome. La déclaration du pape a été adressée à Elena Beccalli, rectrice de l'Université catholique à laquelle appartient l'hôpital. Cela a provoqué des rires parmi les quelque 70 hommes et femmes présents, que le pape François a expressément remerciés pour leur engagement (https://www.domradio.de/artikel/papst-franziskus-wieder-zu-scherzen-aufgelegt).

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Publié le 15 Avril 2025

Au lendemain de la signature par le Sodalicio de Vida Cristiana (SVC) du décret de dissolution signé par le pape François le 14 janvier - comme l'a rapporté hier Religión Digital - le prêtre catalan et commissaire du pape chargé d'enquêter sur les accusations d'abus de toutes sortes contre l'organisation péruvienne créée en 1971 par Luis Fernando Figari, a reconnu dans une interview à «El Mundo en RAC1» les difficultés d'un processus qui a pris trop de temps comme nous le montre José Lorenzo dans religiondigital.org ce mardi.

 

Ainsi, le prélat de Tortosa regrette que le Vatican ait mis trop de temps à dissoudre cette branche de l'Église : «Dans les années 90, on leur a donné carte blanche et ils ont grandi comme une tumeur», affirme ce fonctionnaire du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et désormais nommé Commissaire apostolique pour organiser tout le nécessaire «pour mettre en œuvre les dispositions relatives aux mesures de suppression, ainsi que pour faire face à toutes les conséquences découlant de la même décision», selon un communiqué de presse signé par Sœur Simona Brambilla, préfète du Dicastère pour la Vie Consacrée, rendu public cet après-midi.  «Malheureusement, nous sommes arrivés en retard. J'ai présenté mes excuses aux victimes, mais lorsque les événements ont été rapportés à la télévision péruvienne, la sonnette d'alarme aurait déjà dû retentir», a déclaré Bertomeu, qui a expliqué que dans les années 1990, l'Église avait déjà commencé à soupçonner certains des nouveaux mouvements apparus à l'époque, mais «on leur a laissé libre cours et ils ont ensuite proliféré comme une tumeur».

 

Bertomeu reconnaît que si le pape était décédé pendant son hospitalisation à Gemelli du 14 février au 23 mars, et à deux reprises avec des crises qui auraient pu provoquer sa mort, cela aurait été «un problème» pour l'enquête, même si, comme l'a révélé ce site web, le décret a été signé par le pape François un mois plus tôt, le 14 janvier. «Cela aurait été un problème si le pape était mort dans le processus» car, comme le souligne le prêtre catalan, il aurait fallu attendre de rencontrer le nouveau pape, de le mettre au courant de la situation et qu'il détermine, une fois de plus comme le pape François, que «les activités du Sodalicio ne venaient pas de Dieu et que, par conséquent, l'entité devait être supprimée».

 

L'enquête a débuté en novembre 2023, mais rassembler des preuves n'a pas été une tâche facile : «Nous avons un droit canonique très limité, et le droit civil, dans certains cas, est également très limité», note-t-il dans l'interview susmentionnée, où il reconnaît également que «certains de ces comportements n'étaient même pas des crimes canoniques et j'ai dû les réorienter et les encadrer dans le cadre du droit disciplinaire.» Après la dissolution historique du Sodalicio — dont le noyau dur serait composé d'environ 450 personnes, qui sont les consacrés, et d'environ 20 000 à 25 000 sympathisants — la prochaine étape est de placer l'affaire entre les mains de la justice américaine, car il pourrait également y avoir des allégations de délits de nature économique. «Si nous n’avions que le système judiciaire péruvien, nous aurions des difficultés, mais nous sommes convaincus que les choses seront différentes aux États-Unis», conclut Bertomeu.

 

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Publié le 14 Avril 2025

katholisch.de nous montre ce lundi que l’évêque australien Shane Mackinlay a salué le travail du Chemin synodal de l’Église en Allemagne. «Le fait que l'Église en Allemagne ait pris cette voie sans hésitation a demandé beaucoup de courage et mérite un grand respect», a déclaré Mackinlay dans une interview accordée à «Domradio» de Cologne (samedi). Ses expériences avec le processus de réforme ont été «très encourageantes et inspirantes», a déclaré l'évêque, qui a suivi les débats du processus de réforme en tant qu'observateur international. «L’ensemble du processus nous a aidés, en tant qu’Église mondiale, à comprendre comment la synodalité peut être abordée au mieux», a déclaré Mackinlay. «Dieu merci, l’Église en Allemagne a fait face à cette tâche avec beaucoup de courage.»

 

Il a été particulièrement impressionné par le travail préparatoire effectué dans les quatre forums synodaux. Ici, le travail a été réalisé «de manière très synodale». L'évêque a mis en évidence les textes fondamentaux. «Ils constituent une source très enrichissante pour la théologie dans les années et les décennies à venir, car ils fournissent une base très complète et détaillée pour les approches de réforme de l'Église», a déclaré Mackinlay. «À la fin du Synode mondial, le Pape a nommé dix groupes de travail pour traiter précisément de ces questions et s’appuyer sur les enseignements de l’Allemagne.»

 

Concernant les tensions autour du chemin synodal entre le Vatican et l'Église en Allemagne, Mackinlay a déclaré : «Une grande coopération et une grande compréhension se sont développées des deux côtés, en particulier au cours des deux sessions du Synode mondial à Rome.» Les deux parties comprennent désormais les «intérêts, préoccupations et objectifs» des processus synodaux respectifs. «Il y a une grande gratitude et un grand respect des deux côtés.»

 

Le pape François a récemment prolongé le Synode mondial de quatre ans et a lancé une phase de mise en œuvre des résultats. «Je suis très impatient de voir quelles contributions viendront de l’Allemagne», a déclaré Mackinlay. «Même au Synode de Rome, les contributions de l’Allemagne ont été un grand enrichissement pour nous tous.»

 

Du point de vue de l'évêque, la mise en œuvre des décisions du Synode mondial ne concerne pas «une grande réforme à laquelle certains pourraient s'attendre», mais de nombreux petits détails. Mackinlay a cité la responsabilité des évêques comme exemple. «C’est la seule façon de ne pas simplement tenir ses promesses et ses intentions, mais de les concrétiser et de les rendre publiques.» Il voit déjà de nombreux changements, mais aussi une «grande impatience pour de nouvelles étapes de réforme». En plus de son rôle d'observateur officiel du Chemin synodal de l'Église en Allemagne, l'évêque de Sandhurst était également vice-président du Conseil plénier australien et membre du comité de rédaction du document final du Synode mondial.

 

Enfin, ce lundi, le Sodalitium Christiane Vitae (SCV), basé au Pérou, et le Mouvement pour la vie chrétienne (CLM) qui lui est rattaché ont annoncé qu'après près de deux ans d'enquête du Vatican, ils avaient été formellement supprimés par le pape François, mettant fin à une saga de dix ans entachée d'allégations d'abus et de corruption financière (https://cruxnow.com/vatican/2025/04/scandal-plagued-peru-lay-group-announces-suppression-by-vatican).

 

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Publié le 12 Avril 2025

Christel Juquois dans la-croix.com nous montre un documentaire très militant, diffusé sur Arte ce samedi 12 avril 2025 et disponible sur arte.tv jusqu’au 9 août, défend l’accès des femmes à la prêtrise dans l’Église catholique et dénonce le refus et les silences de l’institution sur la question.

 

Elles seraient déjà dans le monde 300 femmes prêtres catholiques, dont une vingtaine d’évêques, sans que leur ordination soit reconnue par le Vatican. La réalisatrice belge Marie Mandy a suivi le combat de celles qui, après s’être senties “appelées” par Dieu et avoir parfois cru à une “erreur de casting”, ont courageusement assumé une vocation qui les expose à l’excommunication. Si elles ont transgressé l’interdit posé par le Vatican, c’est autant pour s’accomplir personnellement que pour faire bouger les lignes (https://www.arte.tv/fr/videos/097556-000-A/femmes-pretres-vocations-interdites/). Ce documentaire militant pour la cause des femmes dans l’Église donne la parole à quelques-unes d’entre elles, à des théologiennes, ainsi qu’à une journaliste catholique, Jacqueline Straub, dont la vocation s’est révélée lorsqu’elle avait 15 ans. La caméra la suit au Vatican, où elle interroge trois cardinaux du plus conservateur au plus ouvert sur les raisons du refus de l’Église catholique d’ordonner des femmes. Sont invoqués notamment la tradition, le fait que Jésus n’aurait admis à ses côtés que des hommes et la ressemblance iconographique : les femmes ne pourraient représenter le Christ, car elles ne lui ressemblent pas physiquement. Autant d’arguments battus en brèche par l’aréopage de théologiennes interviewées dans ce documentaire (https://www.arte.tv/fr/videos/097556-000-A/femmes-pretres-vocations-interdites/).

Les femmes prêtres et évêques qui s’expriment sont toutes issues des Sept du Danube, comme on les appelle. Celles-ci ont été «ordonnées» le 29 juin 2002 par un «évêque catholique en situation canonique réglementaire» (en réalité schismatique, excommunié dès 1998). Excommuniées en août 2002, mais considérant que «la transgression est le seul moteur possible» du changement dans l’Église catholique, elles ont continué à célébrer et à ordonner d’autres femmes. Les théologiennes interrogées affichent une ligne féministe très offensive. Quant aux cardinaux interviewés par Jacqueline Straub, ils s’en tiennent aux arguments de Jean-Paul II, interdisant définitivement en 1994 l’accès des femmes aux ministères ordonnés. Non sans humour, Natalia Imperatori, théologienne au Manhattan College, pointe cette incohérence en soulignant que l’Église catholique ordonne pourtant des prêtres asiatiques, africains et européens, alors que Jésus ne l’était pas (https://www.programme-television.org/news/tv/documentaires/femmes-pretres-vocations-interdites-arte-pourquoi-les-femmes-ne-peuvent-elles-pas-etre-pretres-4739810). Point sur lequel le pape François n’est pas revenu malgré des manifestations des Roman Catholic Womenpriests (l’association des femmes prêtres catholiques romaines) et des timides initiatives pour féminiser la curie (https://www.arte.tv/fr/videos/097556-000-A/femmes-pretres-vocations-interdites/).

 

Comportez-vous en femme respectable.” Telle a été la réponse du pape François à Jacqueline Straub quand, au milieu de la file de fidèles venus recevoir sa bénédiction, elle l’a exhorté à ordonner des femmes prêtres. Journaliste et théologienne suisse, la jeune femme se sent appelée au sacerdoce, et écrit depuis quinze ans aux souverains pontifes successifs pour plaider sa cause et celle des femmes. Française installée en Espagne, Christina Moreira, elle, s’est passée de la permission du Vatican. Dans la lignée des “Sept du Danube”, elle est devenue prêtre en 2015. En binôme avec son mari (et confrère), elle exerce son sacerdoce dans une petite communauté espagnole à La Corogne. Estimant que “Dieu n’a jamais prêté attention au genre” et engagée contre les discriminations raciales, l’Afro-Américaine Myra Brown anime de son côté une paroisse de 1500 fidèles, à Rochester (https://www.arte.tv/fr/videos/097556-000-A/femmes-pretres-vocations-interdites/).

 

«L’égalité est dans le baptême», console l’Église. Mais malgré une ouverture à des postes clés voulue par le pape François, la prêtrise reste un pré carré d’hommes. Des exégètes ont pourtant montré l’existence oubliée de rites d’ordinations de diaconesses. Et l’effacement d’une certaine Junia, femme apôtre mentionnée dans les textes anciens, devenue «Junias», un homme, par la suite… «Dieu n’a jamais prêté attention au genre», affirme Myra Brown, prêtre à Rochester (États-Unis). Malgré les blocages, ces femmes combattantes gardent espoir. Et elles appellent «la théologie féministe» à «investir toutes les disciplines, pour tout relire». Et faire bouger les lignes (https://www.ouest-france.fr/medias/television/sur-arte-un-brillant-documentaire-sur-le-combat-des-femmes-pretres-pour-legalite-f3be8750-15e6-11f0-a9e1-03ede7a28dd6).  Derrière l’ordination des femmes se profile une révolution plus vaste devant mener vers une Église égalitaire, ouverte au mariage des prêtres et bannissant toute forme de discrimination (https://www.ouest-france.fr/medias/television/sur-arte-un-brillant-documentaire-sur-le-combat-des-femmes-pretres-pour-legalite-f3be8750-15e6-11f0-a9e1-03ede7a28dd6).

 

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