Mgr Blase Cupich rejoint la Congrégation pour les évêques et "Amoris Laetitia" «renouvelle le discours de l’Église» selon le Cardinal Schönborn

Publié le 7 Juillet 2016

Comme le montre la-Croix.com le pape François a nommé jeudi 7 juillet 2016 l’archevêque de Chicago, Mgr Blase Cupich, membre de la Congrégation pour les évêques. En le faisant ainsi siéger aux assemblées de cet important dicastère de la Curie romaine pour la nomination des évêques, le pape augmente l’influence de cet Américain de 67 ans, qu’il avait choisi en 2014, contre toute attente, pour prendre la tête du grand diocèse de Chicago. La révision de la nomination des évêques est l’un des chantiers de la réforme en cours de la Curie.

Le choix de Mgr Cupich est des plus intéressants puisqu’il met en avant une vision plus modéré voire progressiste dans la Congrégation pour les évêques, et, par extension, dans l'épiscopat mondial. Lors du synode sur la famille, il a été considéré comme un des principaux promoteurs de l’admission des divorcés remariés à la sainte communion. Pour lui, nul ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n'est pas la logique de l'Évangile.

Radio Vatican nous montre aussi qu’avec "Amoris Laetitia", «François a fait un pas important qui nous oblige à clarifier quelque chose qui était jusque-là implicite». C’est l’avis du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, lors d’un entretien avec le père Antonio Spadaro dans la revue jésuite Civilta Cattolica. Une interview autour de l’exhortation apostolique du pape François sur l’amour et la famille rendue publique le 8 avril 2016. Ce texte «est évidemment un acte du magistère» poursuit le cardinal Schönborn. «Il est clair que le Pape exerce ici son rôle de pasteur et de maître, de docteur de la foi, après avoir bénéficié de la consultation des deux synodes.»

Dans cet entretien, l’archevêque de Vienne le souligne, le pape a «fondamentalement renouvelé le discours de l'Église», où les principes doctrinaux, les considérations du temps présent et les hommes sont en constante évolution. Car l’exhortation révèle une grande volonté à accueillir la réalité de nombreuses situations familiales différentes, avec leurs faiblesses. Et ce n’est pas un échec doctrinal selon le cardinal. «Le grand défi du Pape est justement de démontrer que ce regard capable d'apprécier, empreint de bonté et de confiance, ne nuit en rien à la force de la doctrine, mais fait partie de sa colonne vertébrale.»

Ce que veut surtout mettre en évidence le cardinal Schönborn, c’est que ce texte dépasse la question du «régulier» et «irrégulier». Le pape regarde au-delà de la dichotomie entre «les familles qui vont bien et les autres qui ne vont pas bien», il regarde la réalité des situations car «nous sommes tous en chemin, nous sommes tous soumis au péché et nous avons tous besoin de miséricorde» rappelle le prélat. L’appel à la conversion «est aussi réel» dans une famille régulière qu’en «situation irrégulière».

Sur ce principe-là, le pape clarifie tout à fait «la doctrine du mariage et des sacrements» poursuit le cardinal. Il l’a dit lui-même, les synodes sur la famille ne sont pas là pour définir un nouveau type général de droit canon applicable à tous les cas concernant la famille. Face à des réalités familiales différentes et parfois difficiles, le pape appelle à un discernement personnel et pastoral au cas par cas. Car, rappelle le cardinal, comme l’avaient souligné Benoit XVI et Jean-Paul II aussi, «il n’y a pas de règle générale qui peut couvrir tous les cas particuliers».

Espérons que le discernement soit porté par des hommes ouverts, et que Mgr Cupich y veille, mais cela sera difficile avec une curie romaine conservatrice. Peut-être la contournera-t-il ?

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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