Publié le 1 Avril 2024
Jesús Bastante nous montre sur religiondigital.org qu’au moment, où le pape François a présidé un Regina Coeli venteux ce lundi de Pâques, le "Lundi des anges", au cours duquel il a revendiqué le rôle principal des femmes en annonçant "avec une grande joie" la Résurrection de Jésus, pour en être de "joyeux témoins", et le a renouvelé ses "vœux pascals", remerciant ceux qui lui ont envoyé des messages de proximité et de prière et qu’il "voudrais que ce don de paix parvienne là où il y a le plus grand besoin, dans les populations dévastées par la faim, la guerre, toute forme d'oppression" (https://www.religiondigital.org/el_papa_de_la_primavera/Francisco-reivindica-protagonista-Resurreccion-Jesus-regina-coeli-vaticano-pascua_0_2656834303.html), le fait que les femmes, soit plus de la moitié de la population catholique mondiale, ne puissent pas exercer le sacerdoce "rend difficile la proclamation du message chrétien", selon l'archevêque de Berlin, Heiner Koch.
Dans des déclarations au Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB) recueillies par Katholisch, le prélat insiste sur la nécessité de "continuer à débattre" de la question, mais, toujours "avec l'Église entière et avec le Saint-Père". "Ne pas être admis à l'ordination sacerdotale est très douloureux pour beaucoup de gens et cela rend également difficile la proclamation du message chrétien", a déclaré Koch, reconnaissant que sur cette question, l'Église "a un problème de crédibilité". Les propos de l'archevêque de Berlin interviennent quelques jours après la dernière rencontre entre les responsables de l'épiscopat allemand et la Curie romaine, au sujet du controversé Chemin synodal. Ce qui est devenu clair, c'est que toute réflexion sur cette question et sur d'autres ne se fera pas séparément, mais «avec toute l'Église et avec le Saint-Père», précise l'évêque.
Pour Koch, il existe des arguments théologiques, psychologiques et historiques pour ne pas admettre les femmes au sacerdoce, c'est pourquoi l'Église doit débattre de «comment les peser», sachant que de nombreux membres de l'Église, également à Berlin, sont contre ces ouvertures. "Nous voulons en discuter davantage, mais nous suivrons ce chemin avec toute l'Église et avec le Saint-Père", a conclu l'archevêque. À Berlin, par exemple, une demi-douzaine de femmes occupent des postes de direction au sein du diocèse ou de Caritas.
Enfin dans L'Osservatore Romano (https://www.osservatoreromano.va/it/news/2024-03/dcm-003/si-la-chiesa-ha-un-problema.html), le franco-algérien Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger, 61 ans, a longuement réfléchi sur la notion de fraternité et d'altérité, un des fruits de son expérience en Algérie et de son appartenance à la communauté dominicaine l'ordre qui imprègne sa réflexion sur les femmes puisque selon lui «l’absence d’une plus grande participation des femmes dans des rôles de responsabilité et de visibilité, notre Église court paradoxalement le risque de devenir une Église obsolète, non pas intemporelle, mais anachronique et dépassée dans son organisation».
D’après lui, «D’une certaine manière, le Synode sur la synodalité a naturellement rendu obsolète la perspective d’un Concile Vatican III !», et pour «le modèle peut évoluer. En ce sens, les modèles de gouvernance dans la vie religieuse peuvent être inspirants : de nombreuses décisions sont prises par des chapitres ou des conseils élus, et les limitations du pouvoir décisionnel des supérieurs nuisent à leur pouvoir symbolique. Cela dit, il me semble que dans la plupart des cas, la confiance qui naît de la connaissance mutuelle et de la recherche d'un projet commun fait que la plupart des décisions sont prises avec un large consensus, voire l'unanimité. Et de toute façon, les avis de chacun ont été entendus et ont influencé, d’une manière ou d’une autre, la décision finale».
Avec beaucoup de bon sens, il nous dit que «Notre Église doit devenir beaucoup moins cléricale», et que le principe d’organisation de l’Église «n’exclut pas la présence en son sein de fonctions et d’instances plus démocratiques, comme c’est le cas dans les monarchies modernes. Nos frères et sœurs des Églises protestantes ont cette culture démocratique, c'est-à-dire synodale, dans le sang, et nous avons sans aucun doute beaucoup à apprendre d'eux dans ce grand mouvement de synodalité de type catholique initié par le Saint-Père. La dynamique synodale ne s’arrêtera pas, elle s’étendra et se diffusera à tous les niveaux de l’Église, sans pour autant remettre en cause sa structure sacramentelle. Tout recul paraîtra d’emblée totalement anachronique, car l’Église concerne tous les baptisés. Je suis profondément convaincu que la responsabilité dans l'Église, dont les questions de pouvoir sont une distorsion, augmente à mesure qu'elle est partagée. Partager la responsabilité signifie l’augmenter, et notre Église souffre d’un grand déficit dans sa capacité à assumer ses responsabilités.»
Des réformes qu’il aimerait voir avancer sont «la question du diaconat féminin» ou «au moins faire un pas de plus vers l’autorisation des femmes et, en général, des laïcs formés, à commenter la Parole de Dieu dans le cadre de la célébration dominicale». Et il croit «profondément que notre Église doit se considérer davantage comme une communauté de frères et de sœurs. C'est le témoignage le plus élevé que vous puissiez offrir au monde».
Merci !
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