katholisch.de nous montre dans son article du mercredi 17 septembre 2025 que la publication par le Vatican de «Fiducia supplicans» a suscité un tollé au sein de l'Église catholique et des critiques en Afrique. Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, le président des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM), a expliqué renouvelant ses critiques à l'égard du document de bénédiction «Fiducia supplicans» a expliqué au portail religieux américain OSV News (mardi), car selon lui «Fiducia est un mauvais chapitre de l'histoire du pape François». Le document a été publié entre les deux sessions du Synode mondial. «Nous nous attendions au moins à ce qu'il soit au moins discuté au Synode.» Or, le document n'y a pas été abordé. En réalité, ce n’est pas vrai, car dans l’instrument de travail du synode, la question de la place des personnes LGBT+ dans l’Église a complètement disparu de la synthèse finale en 2023, et dans le synode de 2024 l'accueil des couples homosexuels a été relégué au second plan, le terme "LGBT" ne figurant même pas dans le document final. La question a été abordée, mais la pression de la minorité conservatrice a réussi à deux reprises à enlever cette question dans les synthèses finales. Le pape François a donc du faire publier «Fiducia supplicans» de sa propre initiative pour enfin ouvrir l’Église aux couples LGBT+.
Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu a expliqué comment le pape François a répondu à ces critiques. Il a ajouté qu'il avait publié la déclaration des évêques africains, qui affirmaient qu'ils ne suivraient pas la déclaration de bénédiction et continueraient de rejeter la bénédiction des couples homosexuels, avec la permission du pape François. Il avait lui-même apporté le document à Rome. «Le jour de mon arrivée, le pape François m'a reçu. Nous en avons discuté, et je crois qu'à partir de ce moment-là, il a changé d'avis», a déclaré le cardinal. Le pape a compris «qu'il s'agissait d'une erreur de sa part». En réalité non, il est juste revenir sur l’autorisation des bénédictions pour les couples homosexuels en Afrique, pour avoir la paix avec le clergé africain conservateur créé à l’époque des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, pas ailleurs. Ambongo Besungu a décrit le nouveau pape Léon XIV comme un «homme qui parle peu mais écoute beaucoup». Lorsqu'ils prennent des décisions importantes qui affectent la majorité des fidèles, les papes doivent «écouter attentivement avant de prendre une décision, afin d'éviter ce que nous avons vécu avec la “Fiducia”».
Place des femmes, accueil des fidèles LGBT+ : le pape Léon XIV veut aussi rassurer la frange des catholiques bousculée par la méthode de son prédécesseur le pape François en écartant tout changement doctrinal à court terme, dans sa première interview depuis son élection. C’est une belle erreur de donner des gages à une frange minoritaire dans l’Église. Concernant la possibilité d'ordonner des femmes diacres, sur laquelle une assemblée internationale avait débattu en 2023 et 2024, le pape de 70 ans confie ne "pas avoir l'intention de modifier l'enseignement de l'Église sur le sujet" à court terme. Il précise toutefois vouloir "poursuivre sur la voie" de son prédécesseur argentin en "nommant des femmes à des postes de direction à différents niveaux de la vie de l'Église" (https://www.france24.com/fr/europe/20250918-eglise-catholique-pape-leon-xiv-exclut-toute-reforme-femmes-fideles-lgbt). Cependant, en niant aux femmes l'accès à certains ministères, comme le diaconat ou le sacerdoce, on introduit une distinction entre baptisés qui n'a pas de fondement clair dans l'Écriture ou dans la tradition originelle de l'Église (https://www.lepoint.fr/postillon/marco-politi-sur-les-femmes-pretres-le-veto-de-l-eglise-catholique-est-devenu-intenable-03-05-2025-2588752_3961.php).
Répondant sur la question "très sensible" et "polarisante" de l'accueil des fidèles LGBT+ au sein de l'institution deux fois millénaire, le pape Léon XIV dit s'aligner sur l'accueil de "tous, tous, tous", prôné par son prédécesseur mais réfute tout changement doctrinal, comme la reconnaissance du mariage homosexuel. "Je pense que l'enseignement de l'Église restera tel quel", tranche-t-il dans cet entretien publié dans le livre intitulé "Léon XIV, citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle", qui paraît en espagnol. "Tout le monde est invité, mais je n'invite pas une personne en raison de son identité particulière", souligne le pape, en expliquant ne pas vouloir "encourager la polarisation au sein de l'Église". Fidèle à l'enseignement du catéchisme catholique, le pape renouvelle son soutien à "la famille traditionnelle" - "le père, la mère et les enfants" - dont "le rôle, qui a parfois souffert ces dernières décennies, doit être à nouveau reconnu et renforcé" (https://www.france24.com/fr/europe/20250918-eglise-catholique-pape-leon-xiv-exclut-toute-reforme-femmes-fideles-lgbt).
La doctrine de l’idéal familial de l’Église (un papa, une maman et leurs (nombreux) enfants) a été fixée par l’encyclique Casti Connubii (1930), ce qui est très récent. Cette famille traditionnelle est aussi en partie identifiée par les sociologues avec la famille bourgeoise, née au XIXe siècle. De nouveaux modèles de «familles» sont nés depuis les années 70, que l’Église ignore voire rejette. Cette insistance sur la famille traditionnelle a une conséquence sociale regrettable : une Église surtout présente dans les couches aisées de la population, présence que reflète aussi le recrutement actuel des prêtres. Cependant, celles-ci sont très minoritaires, et la famille traditionnelle est en recul ce qui va nettement être un problème pour les vocations sacerdotales. En réalité, l’Église devrait être attentive à toutes les formes de familles, être ouverte à toutes, accueillir en particulier les enfants de toutes (https://baptises.fr/actualites/quand-leglise-perdu-la-famille-les-causes-et-les-consequences).
Cependant, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu sait très bien que la déclaration «Fiducia supplicans» a été rédigée par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, et le pape François a approuvé sa publication. Elle autorise pour la première fois, sous certaines conditions, les prêtres à bénir les couples non mariés, remariés et homosexuels. Et en juillet, le préfet de la Doctrine de la Foi, le cardinal Víctor Manuel Fernández, a déclaré qu'aucun changement ne serait apporté au document ni à la pratique de la bénédiction sous le nouveau pape Léon XIV.
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