Publié le 20 Novembre 2025

Maxime Macé, et Pierre Plottu nous montrent dans Libération.fr ce jeudi qu’après Verdun et l’hommage à Pétain, Paris devait accueillir une messe hommage au dictateur espagnol Francisco Franco, ainsi qu’au fondateur de la Phalange, la milice fasciste, José Antonio Primo de Rivera (et fils du dictateur qui a précédé Franco, entre 1923 et 1930), le samedi 29 novembre, dans la chapelle Notre-Dame de Consolation, dans le 8ème arrondissement. Comme par hasard, cette messe devait être  célébrée par un abbé intégriste de la Fraternité Saint-Pie X, dont le fondateur et plusieurs membres ont été excommuniés. (https://www.lindependant.fr/2025/11/20/50-ans-de-la-mort-de-franco-une-messe-pour-le-dictateur-espagnol-annoncee-a-paris-13063137.php). 

 

«Cette messe doit être interdite», a réclamé le sénateur et élu parisien communiste Ian Brossat en rendant public l’événement, mardi sur X. Il juge par ailleurs que cette cérémonie, comme celle du 15 novembre en hommage à Pétain, participe à "des tentatives répétées de réhabilitation mémorielle de l’extrême droite" avec un objectif clair : "banaliser et glorifier des régimes autoritaires, fascistes ou criminels". De quoi interpeller également des internautes. "Après Pétain, Franco ! Qu'est ce qui ne tourne pas rond dans ce pays ?", s’interroge l’un d’eux. "Ils utilisent la religion pour rendre leurs hommages nauséabonds à des dictateurs et des traîtres", commente un autre (https://actu.orange.fr/france/a-paris-le-cercle-franco-hispanique-prevoit-une-messe-en-hommage-a-franco-magic-CNT000002lNzDn.html).

 

Face au tollé, les organisateurs, le Cercle Franco-Hispanique – un cercle ouvertement fasciste – annulent en pleurnichant sur la «répression», comme si célébrer des dictateurs était une tradition menacée. Le mouvement d'extrême droite a été fondé le 20 novembre 1984 (une date sentimentale puisque Franco et Primo de Rivera sont morts un 20 novembre) par Olivier de Grimaldi (ex de l'Action française et d'Ordre nouveau, catholique intégriste) dans le but affiché de "faire connaître l'Espagne nationaliste et la personnalité de Primo de Rivera (et) défendre le phalangisme espagnol". Décédé en 2014, c'est sa femme qui a alors pris les rênes du CFH. Hélène Grimaldi ne ménage d'ailleurs pas ses efforts pour honorer ces morts qui exaltent encore l'internationale fasciste puisqu'elle est aussi à l'initiative du fleurissement de la tombe parisienne de Robert Brasillach, fusillé pour collaboration à cause d'articles fascistes et odieux, signant des brûlots contre les Juifs dans le haineux journal "Je suis partout" (https://www.lindependant.fr/2025/11/20/50-ans-de-la-mort-de-franco-une-messe-pour-le-dictateur-espagnol-annoncee-a-paris-13063137.php).

 

Pour eux, peu importe que de l’autre côté de la frontière, des familles cherchent encore les corps de leurs ancêtres, enterrés à la va-vite dans des fosses communes par les troupes franquistes entre 1936 et 1938. Le putsch organisé par Franco, qui s’est transformé en Guerre d’Espagne, a fait des centaines de milliers de victimes, tuées dans les combats, fusillées, ou victimes de la maladie. Pour accéder au pouvoir, le dictateur avait bénéficié de l’appui militaire des nazis allemands et des fascistes italiens, prenant le pouvoir par la force contre les républicains espagnols (https://www.humanite.fr/politique/fascisme/tentatives-repetees-de-rehabilitation-memorielle-de-lextreme-droite-une-messe-pour-petain-peut-en-cacher-une-autre-pour-franco). Il s'est efforcé de durer… Ce qu'il a assez bien réussi grâce à la période économiquement plus heureuse de l'après-guerre. Il mourut à l'automne 1975, après une longue agonie, et dans l'opprobre de tous les démocrates, tant il lui fallut exécuter d'opposants politiques, par le “garrote vil”, la peine de mort par étranglement (https://www.parisdepeches.fr/16-Politique/128-75_Paris/17663-Franco_aurait_aussi_messe____Paris.html). Comme le dit l’Humanité, «Il est temps que les autels servent à autre chose que rendre hommage aux criminels» (https://www.humanite.fr/politique/fascisme/tentatives-repetees-de-rehabilitation-memorielle-de-lextreme-droite-une-messe-pour-petain-peut-en-cacher-une-autre-pour-franco).

 

Ce jeudi, des messes seront à nouveau célébrées en l'honneur de Franco et de José Antonio Primo de Rivera à Alicante, Ceuta, Cuenca, Las Palmas de Gran Canaria, Grenade, Palencia, Málaga, Huesca, Santander, Séville, Teruel, Tolède, Valence, Valladolid, Zamora et Saragosse alors qu’au niveau institutionnel on célèbre les «50 ans de liberté» et la fin de la dictature, tandis que les victimes du franquisme constatent un recul dans l'application de la loi sur la mémoire démocratique à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort du dictateur, et trouvent scandaleux que l'Église catholique participe à des actes de glorification du franquisme et les encourage (https://www.elsaltodiario.com/valencia/misas-franquistas-todo-territorio-humillan-indignan-victimas-dictadura). Cependant, des groupes antifascistes appellent à un rassemblement lors de la messe qui se tiendra en l'église Santa Marina à León à l'occasion de la mort du dictateur et de Primo de Rivera, qui a reçu l’autorisation implicite de la ville pour qui cela représente une «provocation intolérable» et une apologie du franquisme. Cet événement relance le débat national sur l'application de la loi, qui a favorisé l'exhumation des charniers et les réparations pour les victimes, mais qui se heurte encore à des résistances dans les régions à forte tradition conservatrice. Dans un contexte de polarisation politique croissante, la commémoration à León symbolise les tensions persistantes de la Transition espagnole et rappelle que le combat pour la mémoire historique n'est pas terminé (https://www.diariodeleon.es/leon/251119/2066658/50-anos-franco-homenajes-nueva-polemica-leon-apologia-dictadura-iglesia-capital.html).

 

Devant la bêtise des nostalgiques de Franco, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a célébré les 50 ans de la fin du franquisme dans une tribune publiée par le site eldiario.es. Il a salué le «miracle» de l'Espagne, passée d'une dictature à une démocratie prospère en un demi-siècle, tout en appelant à défendre les acquis démocratiques, car comme il l’avance : «Il reste beaucoup à faire pour forger l'Espagne que nous voulons et pouvons devenir, avec plus d'opportunités, plus de droits et moins d'inégalités. (...) C'est pourquoi, c'est précisément maintenant, lorsque certains idéalisent des régimes autoritaires et s'accrochent à la nostalgie d'un passé qui n'a jamais été, que nous devons faire un pas en avant pour défendre une liberté qui nous a été arrachée pendant tant d'années». Dans un pays qui n'a toujours pas eu de débat apaisé pour s'accorder sur un consensus sur la période franquiste, achevée sur une loi d'amnistie en 1977, de récents sondages ont montré qu'une importante minorité d'Espagnols, notamment chez les plus jeunes, avait une image plutôt favorable de la dictature (https://www.blick.ch/fr/monde/espagne-hommage-de-sanchez-au-miracle-espagnol-id21440190.html).

 

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Publié le 19 Novembre 2025

José Lorenzo nous montre dans religiondigital.org ce mercredi qu’en pleine phase de mise en œuvre du Synode, avec une feuille de route clairement définie d'abord par le pape François puis par le pape Léon XIV jusqu'en 2028, l'enthousiasme suscité par ce mouvement participatif au sein de l'Église universelle est manifeste. À cet égard, l'Amérique latine semble montrer la voie, d'après les déclarations de Nathalie Becquart au site web Katholisch.

 

«Plusieurs régions se distinguent par leur mise en œuvre particulièrement dynamique. L’Amérique latine, avec le processus CELAM pour recevoir le Concile Vatican II, est à bien des égards à l’avant-garde de la synodalité», déclare le sous-secrétaire du Secrétariat général du Synode, qui souligne également que le continent asiatique «a mis en place avec enthousiasme une commission pour la synodalité». Mais parallèlement à ces continents «avancés», la religieuse observe également les réticences d'autres. «La plupart des résistances et des craintes viennent de ceux qui perçoivent la synodalité de l'extérieur. Lorsqu'ils ont l'occasion d'en faire l'expérience et d'en constater les fruits, ils changent. C'est pourquoi nous devons permettre l'expression et la reconnaissance des craintes, et créer des espaces propices à de véritables expériences d'écoute, de dialogue et de discernement partagé», ajoute-t-elle. À ce propos, elle rappelle que le pape Léon XIV lui-même avait abordé de front la question de la résistance au processus synodal, notamment la crainte de certains qu'il s'agisse d'une tentative d'affaiblir l'autorité des évêques. «Il a tout particulièrement invité les prêtres – plus encore que les évêques – à s'ouvrir et à participer à ces processus, soulignant que la résistance découlait souvent de la peur et d'un manque de compréhension», insiste l'une des femmes les plus influentes du Vatican.

 

Pour aplanir ces réserves, mais aussi pour encourager la participation de ceux qui veulent suivre le rythme, le document pour la phase de mise en œuvre invite à l'adoption de pratiques synodales, sous forme de petites «expériences» et, comme le soutient Bequart, «la meilleure approche consiste à avoir des équipes synodales au niveau diocésain ou paroissial qui travaillent de manière créative avec l'évêque ou le curé, en utilisant les directives du document final, pour différencier les priorités et les étapes concrètes». «Cela pourrait signifier, par exemple, introduire le dialogue spirituel au sein du conseil paroissial, organiser des assemblées paroissiales synodales, établir une conférence pastorale diocésaine, impliquer davantage de laïcs – notamment les jeunes et les femmes – dans des rôles de leadership, former les séminaristes et les prêtres au leadership synodal, etc.», ajoute-t-elle.

 

De toute évidence, au Vatican, sous l'égide du pape, on est pleinement conscient que ce processus synodal initié par le pape François requiert des rythmes différents, tenant compte de la culture et des traditions dans lesquelles les Églises s'inscrivent. «Il existe de nombreuses manières d’être Église, et il ne faut pas imposer un modèle unique de vie ecclésiale. Nous mettons l’accent sur l’Église locale, mais nous insistons également sur l’importance de renforcer le dialogue entre les Églises locales, au niveau des provinces ecclésiastiques, des conférences épiscopales et au niveau continental», souligne le sous-secrétaire. Cela se manifeste, par exemple, dans la question du diaconat permanent, dont la signification n'est pas encore pleinement comprise dans certaines régions. «Cela démontre qu'il existe une diversité légitime au sein de l'Église, selon le contexte. Le diaconat permanent a été rétabli lors du concile Vatican II, mais la décision de sa mise en œuvre revenait aux conférences épiscopales et aux évêques. Par conséquent, la plupart des diacres permanents se trouvent en Europe et en Amérique du Nord, seulement quelques-uns en Amérique latine, et presque aucun en Asie et en Afrique; et cela ne pose pas de problème. Nous verrons probablement une diversité de ministères encore plus grande, en fonction des besoins locaux», affirme-t-il.

 

Enfin, en quittant la résidence de Castel Gandolfo, le pape Léon XIV insiste sur la paix en Ukraine en commençant par un cessez-le-feu afin de dialoguer, évoque le Nigeria, dénonçant les massacres de chrétiens et de musulmans. Il exhorte le gouvernement et la population à promouvoir une véritable liberté religieuse. Concernant les mesures prises contre les migrants aux États-Unis, le pape appelle à traiter chacun avec humanité et dignité, tout en mettant en avant «que chaque pays a le droit de déterminer qui entre sur son territoire, comment et quand.», tout en faisant part de ses doutes à ce propos dénonçant les violences de l’ICE. Il aborde ensuite d'éventuels voyages en Amérique latine l'année prochaine, en commençant par le Pérou, où il a été missionnaire pendant plus de vingt ans, avec  les destinations possibles qu'il a mentionnées pourraient être Fatima, Guadalupe au Mexique, ou encore l'Uruguay, l'Argentine et, «évidemment», le Pérou, et explique comment il occupe ses jours de congé entre lecture et sport. Enfin, à la suite de son audience lundi avec la Conférence épiscopale espagnole, le pape a été interrogé sur l'affaire de l'évêque de Cadix et Ceuta, Mgr Rafael Zornoza, accusé d'abus sexuels dans les années 1990. «Chaque affaire suit un protocole bien établi», a-t-il déclaré. Concernant le cas particulier de Mgr Zornoza, «l'évêque lui-même a dû répondre et clame son innocence. Une enquête a été ouverte et nous devons la laisser suivre son cours; en fonction des conclusions, il y aura des conséquences.» S'adressant aux victimes, le Pape a d'abord exprimé le souhait «qu'elles trouvent un lieu sûr où elles puissent parler, où elles puissent présenter leur version des faits». Par ailleurs, «il est également important de respecter la durée des procédures, mais nous avons déjà évoqué la nécessité de suivre les étapes indiquées par le système judiciaire, en l'occurrence, par l'Église.» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-leon-xiv-castel-gandolfo-journalistes-interview.html).

 

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Publié le 18 Novembre 2025

Mission numérique, rôle des femmes, œcuménisme, polygamie, liturgie, nonces, élection des évêques… Tels ont été les thèmes phares des rapports intermédiaires présentés lors de la double session du Synode sur la synodalité, dont le résultat final sera remis au pape Léon XIV le 31 décembre comme le montre Jesús Bastante dans son article dans religiondigital.org du lundi 17 octobre 2025. Ce groupe est l'un des douze groupes d'étude mis en place pour examiner certaines des questions les plus sensibles soulevées lors de la première assemblée du synode sur la synodalité en 2023 – un rassemblement de catholiques à Rome, de tous horizons et de toutes hiérarchies, afin de réfléchir à la construction d'une Église plus à l'écoute et plus participative. Les groupes d'étude avaient initialement été invités à soumettre leurs conclusions finales avant juin 2025. Suite au décès du pape François le 21 avril et à l'élection du pape Léon XIV le 8 mai, ce dernier a prolongé le délai, demandant que les rapports finaux soient remis «dans la mesure du possible» avant le 31 décembre 2025 (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-study-groups-cite-womens-diaconate-among-priorities-new-synod-reports).

 

Parmi ces sujets, celui concernant le rôle des femmes dans l'Église se distingue. La documentation recueillie par le Groupe 5 du Synode pour l'élaboration du rapport final est «énorme», comme le révèle Vatican News. À tel point que l'«intervention» de femmes impliquées dans la mission et la direction de l'Église a été sollicitée, notamment celles occupant des postes à responsabilité au sein de la Curie. Ces informations figureront dans une annexe finale, qui présentera également les principales conclusions et les points de convergence sur le sujet. Celle-ci abordera notamment les «tensions critiques liées au cléricalisme et au sexisme» ainsi que «les contributions de François et de Léon XIV concernant le rôle des femmes dans l’Église». L'un des enjeux majeurs est l'accès des femmes au diaconat, un sujet relancé par le pape François et repris par le pape Léon XIV. À cet égard, le rapport provisoire souligne que toutes les contributions issues des travaux synodaux et relatives à cette question ont été transmises à cette commission. Les résultats des travaux de la commission seront publiés prochainement. Les expériences d’accompagnement numérique de 1618 missionnaires numériques issus de 67 pays auprès de jeunes et de personnes marginalisées, ou le travail de la Commission pontificale pour la protection des mineurs dans le monde numérique explorés par le groupe d’étude 3, figureront également dans ces rapports, qui aborderont aussi des questions relatives à la liturgie et aux nouvelles conférences épiscopales, dans le cadre des nouveautés apportées par le pape Léon XIV.

 

Les directives universelles pour la formation sacerdotale, selon lesquelles une réécriture complète de la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis, le cadre mondial du Vatican de 2016 pour la formation au séminaire, «ne semble pas appropriée actuellement», ont été jugées, de nombreuses régions finalisant encore leur Ratio Nationalis locale. Le groupe 4 a néanmoins souligné les appels lancés lors des assemblées synodales de 2023 et 2024 à «approfondir l’identité du ministère ordonné dans une perspective relationnelle» et à veiller à ce que la formation soit «enracinée dans l’expérience vécue du Peuple de Dieu, avec ses divers charismes et ministères». Le groupe d’étude a également noté les appels à une «plus grande participation de toutes les composantes du Peuple de Dieu – en particulier les femmes et les familles – à la formation des ministres ordonnés» (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-study-groups-cite-womens-diaconate-among-priorities-new-synod-reports). Quatre femmes et trois hommes, religieux et laïcs, originaires des cinq continents, ont travaillé au sein du Groupe d'étude 2 sur le thème «Écouter le cri des pauvres et de la terre», ainsi que sur la participation des personnes handicapées à la vie de l'Église. Le premier rapport, rédigé par le Groupe d'étude 1, porte sur les relations entre les Églises catholiques orientales et l'Église latine. Un questionnaire de 25 questions, les «propositions et souhaits» formulés par le Conseil des patriarches catholiques du Moyen-Orient, ainsi qu'une consultation sur les «questions d'intérêt commun» ont orienté les travaux de groupe, consacrés exclusivement à la pastorale des fidèles orientaux de la diaspora sans hiérarque. Parmi les thèmes que le Groupe entend développer figure la possible révision des normes du droit canonique oriental (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-11/synode-synodalite-rapports-intermediaires-groupes-de-travail.html). Enfin, un dialogue approfondi est mené sur les questions doctrinales, pastorales et éthiques considérées comme «controversées», voire «émergentes» (la distinction est loin d'être anodine), telles que l'homosexualité, la résolution des conflits et la pratique non violente de l'Évangile, ainsi que les violences faites aux femmes en situation de conflit armé. L'objectif n'est pas de «fournir des solutions universelles, mais d'offrir des pistes de réflexion» dans une perspective pastorale. Car «il n'y a pas de proclamation de l'Évangile de Dieu sans reconnaître et promouvoir la subjectivité de l'autre, l'hospitalité et la responsabilité envers la personne à qui l'on s'adresse».

 

Parallèlement aux rapports, les travaux de la Commission de droit canonique et du SECAM (Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar) sur le défi de la polygamie ont également été présentés, ainsi que, pour la première fois, le rapport du groupe sur la liturgie dans une perspective synodale. Il s'agit de l'un des deux nouveaux groupes que le Pape Léon XIV souhaitait ajouter à la lumière du Document final, qui a commencé à travailler fin juillet 2025. L'autre, cependant, est encore en cours d'établissement et concerne le statut des conférences épiscopales, des assemblées ecclésiales et des conciles particuliers. Un rapport intermédiaire publié par le SECAM, symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar, présente les travaux menés par un groupe d'experts sur les enjeux pastoraux liés à la polygamie, et ce groupe, expressément sollicité par plusieurs membres africains de l'assemblée synodale, a indiqué qu'il s'attachera à identifier des formes d'accompagnement pastoral pour les personnes vivant en union polygame et à développer des initiatives pour soutenir les chrétiens dans leur transition vers le mariage monogame (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-study-groups-cite-womens-diaconate-among-priorities-new-synod-reports), et l'œcuménisme sont également abordés en profondeur.

 

Dans son mandat, le nouveau groupe d'étude sur la liturgie institué par le pape Léon XIV a soulevé des questions sur la manière dont l'Église pourrait promouvoir une meilleure reconnaissance des femmes dans la vie liturgique, notamment «là où elles continuent de subir des formes de discrimination» (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-study-groups-cite-womens-diaconate-among-priorities-new-synod-reports). Le groupe a également reçu plus de 200 contributions d'instituts religieux féminins et collaboré avec le Bureau du handicap de la Conférence des évêques catholiques d'Australie sur la participation des personnes handicapées à la vie de l'Église. Le rapport final est en cours de rédaction; dans l'intervalle, durant cette phase de retour, chaque membre du Groupe s'engage à aller à la rencontre des personnes ou communautés pauvres ou marginalisées de son continent d'origine (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-11/synode-synodalite-rapports-intermediaires-groupes-de-travail.html). Le groupe d'étude chargé d'examiner les pratiques de l'Église en matière de sélection et de formation des évêques a déclaré reconnaître «l'opportunité de reconsidérer les questionnaires confidentiels actuellement utilisés et de les compléter par des formes de consultation plus souples des membres du Peuple de Dieu». Le groupe a souligné la nécessité de renforcer le rôle de l'Église locale comme «cadre naturel de discernement» lors de l'évaluation des candidats à l'épiscopat et a indiqué vouloir également former des communautés ecclésiales locales afin de mieux accompagner le choix de leur évêque. Il a ajouté que, parmi ses consultations, le groupe d'étude a sollicité l'expertise d'un cabinet de recrutement de cadres pour entreprises internationales «afin de tirer des enseignements utiles des procédures employées dans la société civile» (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-study-groups-cite-womens-diaconate-among-priorities-new-synod-reports).

 

Le cardinal Mario Grech, préfet du Bureau synodal du Vatican, a déclaré que ces textes intermédiaires témoignent de l'état d'avancement des travaux des groupes et visent à accroître la transparence du processus. Plusieurs groupes, a-t-il précisé, sont sur le point d'achever leurs travaux, tandis que d'autres poursuivront leurs réunions jusqu'en 2026 (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-study-groups-cite-womens-diaconate-among-priorities-new-synod-reports) «compte tenu de la richesse et de la complexité de la plupart des sujets qui leur ont été confiés – ont nécessité plus de temps que prévu initialement». «Certains groupes sont sur le point d’achever leurs travaux, tandis que d’autres les poursuivront dans les mois à venir», a-t-il précisé. Les rapports, a ajouté le cardinal, incluent également les travaux préliminaires d’un groupe d’étude sur «la liturgie dans une perspective synodale», qui a débuté ses travaux fin juillet (https://www.americamagazine.org/news/2025/11/17/synod-interim-reports-study-groups/).

 

Mais ce souci de réforme ne semble pas être de l’avis des évêques espagnols comme nous le montre Jesús Bastante sur religiondigital.org ce mardi 18 novembre (https://www.religiondigital.org/espana/Rosalia-Zornoza-Cadiz-Plenaria-arguello-memoria-democratica-franquismo-aborto-catolico_0_2835316463.html). Comme si de rien n'était. Les évêques espagnols se sont réunis à nouveau en Assemblée plénière sans aucune trace du scandale Zornoza, si ce n'est le siège vide que l'évêque de Cadix et de Ceuta avait laissé dans la salle, au grand soulagement de beaucoup, il n’a pas non plus été mentionné dans le discours prononcé par le président de la Conférence épiscopale, Luis Argüello qui n’a abordé la question des abus que dans un seul paragraphe de son discours de 40 pages. Monseigneur Argüello privilégiant ce qui l'arrange et, selon son point de vue idéologique, a effectivement saisi l'occasion pour souligner le soi-disant «tournant catholique», mais un album de Rosalía et un film sur les dimanches n’est pas suffisant pour le prouver, s'insurger contre «l'inhumanité de l'avortement» et les «biais idéologiques des lois de la mémoire historique et démocratique», mais cette prise de position ne présente aucune excuse pour la longue période de complicité de la hiérarchie esapgnole avec le franquisme, ce qui pourrait constituer le geste clair que la société attend en matière de mémoire historique, pour ce qui est une attaque claire contre le gouvernement de  Pedro Sánchez (https://www.religiondigital.org/rumores_de_angeles/Arguello-aprendiz-mago-chistera-ambiguedad-plenaria-discurso-cee-iglesia-espana_7_2835386451.html).

 

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Publié le 17 Novembre 2025

Libération.fr nous montre ce lundi que c’est une messe «clairement révisionniste». Une enquête est ouverte pour contestation de crime contre l’humanité à l’encontre du président de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), à la suite d’une messe dite samedi à Verdun, a annoncé le parquet ce lundi 17 novembre. Les propos révisionnistes sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Ils sont définis comme la négation, la minoration ou la banalisation de façon outrancière d’un crime de génocide, de crime de guerre ou de crime contre l’humanité.

 

La plainte vise notamment le président de l’association, Jacques Boncompain, qui s’était exprimé à la sortie de l’église, estimant que Philippe Pétain avait été «le premier résistant de France». Le préfet de la Meuse avait annoncé samedi qu’il ferait un signalement au procureur à la suite de propos «clairement révisionnistes» prononcés à cette occasion. La préfecture a précisé qu’un aspect de cette procédure était «la perspective éventuelle de la dissolution» de l’ADMP, une décision qui relève du ministère de l’Intérieur. L’enquête est ouverte pour «contestation publique de l’existence de crime contre l’humanité commis durant la Seconde guerre mondiale» ainsi que pour «tenue d’une réunion politique dans un local servant habituellement à l’exercice d’un culte», a précisé Delphine Moncuit, procureure de la République de Verdun. Elle vise aussi le prêtre qui a célébré la messe : Gautier Luquin, 31 ans, est mis en cause pour «provocation par ministre du culte à la résistance à l’exécution des lois ou actes de l’autorité publique». Le maire de Verdun, Samuel Hazard (divers gauche), avait pris un arrêté la semaine dernière pour interdire cet hommage, mais sa décision a été annulée vendredi par le tribunal administratif de Nancy.

 

Jacques Boncompain a réussi son coup. Sur le parvis de la petite église Saint-Jean-Baptiste à Verdun, il y a beaucoup de monde ce samedi 15 novembre. La presse locale et nationale s’est déplacée pour le voir assister à la messe qu’il a organisée en mémoire de Philippe Pétain, chef de l’État du régime de Vichy. Certes, ils ne sont qu’une vingtaine de têtes chenues à se rendre à la cérémonie. Certes, la centaine de contre-manifestants, dont Samuel Hazard le maire de la ville, font beaucoup de bruits pour marquer leur colère. Certes encore, quelques militants des ultranationalistes du Parti de la France sont venus provoquer. Il n’empêche que l’octogénaire a obtenu ce qu’il voulait : une tribune pour exprimer ses idées dans l’espace public. Depuis deux ans, l’homme, ancien cadre de la Sacem, est à la tête de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), qui entend depuis 1951 réhabiliter la mémoire d’un homme qui s’est vautré dans la collaboration avec l’occupant nazi (https://www.liberation.fr/politique/qui-est-lorganisateur-de-la-messe-en-hommage-a-petain-a-verdun-desormais-vise-par-une-enquete-20251117_WBL2XWNJVFHXBMNW2HEZ32KSBI/). Yonathan Arfi, a qualifié samedi cette messe d’«injure à la mémoire des 76 000 déportés juifs de France, que les collaborateurs zélés du régime de Vichy ont livrés aux nazis» (https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/verdun/messe-pour-le-marechal-petain-une-enquete-ouverte-pour-contestation-de-crime-contre-lhumanite-8c215392-c393-11f0-a316-aa52a6afd2bb).

 

Surnommé «vainqueur» de la bataille de Verdun en 1916 contre toute vérité historique puisqu’en décembre 1916, c’est Robert Nivelle qui le remplace en mai 1916 à cause de sa posture timorée, qui est considéré comme le vainqueur de Verdun (https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/histoires-14-18-general-nivelle-1231193.html), et non pas Pétain, ce dernier va profiter de la mort de toute la génération des chefs de 1914-18, qu’ils soient militaires, comme Foch et Joffre, ou civils, comme Clemenceau, ce qui fait qu’à la fin des années 1930, il ne restait plus que lui à incarner la Victoire (https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/guerre-14-18/controverse-sur-petain-il-faut-evacuer-toutes-les-mythologies-qui-encombrent-le-personnage-6055601), tout en oubliant que c’est lui qui réprima les mutineries en 1917 (https://serielimitee.lesechos.fr/culture/livres/petain-du-mythe-a-la-verite-historique-1774580) et qu’il fut jugé timoré, trop pessimiste, et trop défaitiste finissant remplacé comme généralissime des armées alliées par Ferdinand Foch en 1918 (https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/11/2904336-georges-clemenceau-pere-la-victoire.html). Philippe Pétain auréolé du mythe du «Sauveur de Verdun» et du général victorieux prit en 1940 la tête du régime de Vichy qui collabora sciemment avec l’Allemagne nazie. Sous son gouvernement, 76 000 Juifs dont plus de 11 000 enfants auraient été déportés par les nazis avec l’aide de la France, estime le Mémorial de la Shoah (https://www.lavoixdunord.fr/1646952/article/2025-11-17/rehabiliter-un-traitre-la-patrie-apres-la-messe-en-hommage-petain-verdun-la). Il a été frappé d’indignité nationale en 1945 et condamné à mort, une peine commuée en prison à vie.

 

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Publié le 16 Novembre 2025

L’AFP nous montre que le pape Léon XIV a dénoncé la pauvreté dimanche à Rome, exhortant les dirigeants mondiaux et les catholiques à tendre la main aux personnes marginalisées à l'occasion d'un "Jubilé des pauvres". Le pape américain a fait de la justice sociale un thème central de son pontificat, qui en est à son sixième mois depuis sa nomination à la tête des catholiques du monde en mai, après le décès du pape François.

 

Lors d’une messe à la basilique Saint-Pierre, Le pape Léon XIV a déclaré que l’Église était "encore marquée par des pauvretés anciennes et nouvelles", mais qu’elle espérait être "mère des pauvres, un lieu d’accueil et de justice". Ce dimanche se tenait un "Jubilé des pauvres", l’un des nombreux événements de ce type organisé pendant l’année sainte, qui attire des pèlerins du monde entier. Il coïncidait avec la Journée mondiale des pauvres, une célébration annuelle instaurée par le pape François en 2017. "J’exhorte donc les chefs d’État et les responsables des nations à écouter le cri des plus pauvres", a déclaré le pape Léon XIV lors de son allocution. "Il ne peut y avoir de paix sans justice, et les pauvres nous le rappellent de multiples façons, par leurs migrations comme par leurs cris, souvent étouffés par le mythe d'un bien-être et d'un progrès qui ne tiennent pas compte de chacun et oublient même nombre d'individus en les abandonnant à leur sort", a-t-il ajouté. Au-delà de la pauvreté matérielle, le pape a évoqué de "nombreuses situations morales et spirituelles" qui entraînent la solitude. Il a exhorté les croyants à être "attentifs à l’autre (...) en devenant témoins de la tendresse de Dieu". Après la messe, le pape a pris part à un grand déjeuner au Vatican avec environ 1300 personnes, des sans-abri, des réfugiés et des personnes en situation de handicap, bénissant le repas tandis que d'autres événements caritatifs se tenaient en même temps dans Rome. Devant la foule rassemblée place Saint-Pierre, le pape a également dénoncé les persécutions des chrétiens à travers le monde, notamment au Bangladesh, au Nigeria, au Mozambique et au Soudan, et a évoqué la recrudescence des violences dans le conflit en cours en République démocratique du Congo. "Je prie avec les familles du Kivu, en République démocratique du Congo, où un massacre de civils a eu lieu ces derniers jours ; au moins 20 personnes ont été victimes d'une attaque terroriste", a-t-il déploré. Samedi, des responsables de la région ont indiqué à l'AFP qu'une attaque des Forces démocratiques alliées (ADF) avait fait au moins 18 morts. Le groupe, fondé par d'anciens rebelles ougandais qui ont prêté allégeance au groupe jihadiste État islamique en 2019, a attaqué un village situé à environ 300 km au nord de Goma dans la nuit de vendredi à samedi. Ils ont tué plus de 190 personnes depuis juillet, selon un décompte de l'AFP.

 

Le pape poursuit son parcours dans la ligne du pape François. Des dizaines d’acteurs et de réalisateurs multirécompensés ont répondu présent, le samedi 15 novembre, à l’invitation du pape Léon XIV. Le pape a loué le cinéma, “un art porteur d’espérance”, et “ les a invités à défendre la créativité authentique et à ne pas craindre les blessures du monde”, détaille quotidien catholique italien L’Avvenire.  Jeudi 13 novembre, le pape Léon XIV avait dévoilé le nom de quelques-uns de ses films préférés. Parmi eux La Mélodie du bonheur (1965) de Robert Wise avec Julie Andrews ou encore Des gens comme les autres (1980) de Robert Redford. Une manière pour le souverain pontife, dont le pontificat a commencé en mai dernier, de renforcer sa stature internationale, selon les connaisseurs du Vatican. Un chantier pris à bras-le-corps par le Vatican qui a organisé une rencontre entre et le tennisman italien Jannik Sinner et le pape Léon XIV moins d’une semaine après l’élection de ce dernier (https://www.courrierinternational.com/video/video-le-pape-leon-xiv-invite-une-brochette-de-stars-d-hollywood-au-vatican_237444). Il a aussi tenu la promesse faite par le pape François de restituer aux communautés autochtones du Canada des artefacts – dont un kayak inuit, des masques, des mocassins et des gravures – conservés par le Vatican depuis plus d'un siècle. Le pape a remis 62 artefacts aux dirigeants de la Conférence des évêques catholiques du Canada le 15 novembre, ont annoncé le Vatican et la Conférence dans un communiqué conjoint. Les évêques «procéderont, dans les plus brefs délais, au transfert de ces artefacts aux organisations nationales autochtones», qui veilleront à ce qu'ils soient «rendus à leurs communautés d'origine», précise un autre communiqué de la Conférence des évêques catholiques du Canada. «Léon souhaite que ce don soit un signe concret de dialogue, de respect et de fraternité», indique le communiqué conjoint. «Il s’agit d’un acte de partage ecclésial par lequel le Successeur de Pierre confie à l’Église du Canada ces artefacts, témoins de l’histoire de la rencontre entre la foi et les cultures des peuples autochtones.» (https://www.ncronline.org/vatican/pope-returns-indigenous-artifacts-vatican-museums-canada).

 

Le pape Léon XIV a également a rappelé le mercredi 13 novembre que «Les phénomènes extraordinaires qui peuvent caractériser l'expérience mystique ne sont pas des conditions indispensables pour reconnaître la sainteté d'un fidèle». S’adressant aux participants à la conférence du dicastère des Causes des Saints sur «La mystique, les phénomènes mystiques et la sainteté», il a invité à «évaluer avec prudence de tels événements, à travers un discernement humble et conforme à l'enseignement de l'Église» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-mystique-dicastere-des-causes-des-saints.html). Et lors d'une autre réunion tenue cette semaine à l'Université pontificale urbanienne, le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, a présenté les normes du dicastère sur le discernement des phénomènes surnaturels, qui ont été approuvées l'année dernière. Le prélat a évoqué la complexité et les défis auxquels l'Église est confrontée pour reconnaître ce type de manifestations. Le cardinal a fait remarquer que, malgré environ 3500 cas de béatification et de canonisation au cours des 50 dernières années, seules trois ou quatre déclarations de phénomènes d'origine surnaturelle ont été émises, soulignant la difficulté d'obtenir une reconnaissance officielle de ce type. «Il est difficile de les reconnaître», a-t-il déclaré, selon Vatican News (https://www.aciafrique.org/news/18105/le-pape-leon-xiv-appelle-a-une-evaluation-prudente-des-phenomenes-surnaturels-afin-deviter-la-superstition).

 

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Publié le 15 Novembre 2025

Jean-Christophe Panek dans france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/meuse/verdun/ ce samedi 15 novembre 2025 nous montre qu’une vingtaine de personnes a assisté ce samedi 15 novembre 2025 à un office religieux controversé en l'honneur du maréchal Pétain dans une église de Verdun. L'hommage "au maréchal Pétain et à ses soldats" s'est tenu dans l'église strictement réservée aux membres de l'association organisatrice ADMP. Ils sont entrés par une porte dérobée à l'arrière de l'édifice. Un filtrage a eu lieu afin de laisser entrer que ses membres. Cette association avait été autorisée par l’archevêque-évêque de Metz, administrateur apostolique de Verdun, à célébrer la messe pour le repos de l’âme du maréchal Pétain et des victimes de toutes les guerres (https://www.20minutes.fr/societe/4185821-20251115-verdun-messe-hommage-petain-cours-eglise-fermee). De ce fait, les portes de l'église sont restées fermées et seules "une quinzaine de personnes" ont pu assister à la messe. Une incompréhension pour un nostalgique du maréchal Pétain, rencontré devant l'église par RTL. "Tous les ans depuis 1951, nous faisons notre messe, c'était accepté par l'évêché", confie-t-il. Lorsque la messe s'est achevée, les participants sont sortis sous les huées des manifestants (https://www.rtl.fr/actu/politique/le-premier-resistant-de-france-une-messe-celebree-en-hommage-a-petain-le-prefet-porte-plainte-pour-des-propos-revisionnistes-7900566798).

 

À l’extérieur, un photographe de l’AFP a dénombré une vingtaine de policiers et gendarmes, tandis qu’une centaine de manifestants protestaient dans le calme, entonnant la Marseillaise. «J’ai mis en place un dispositif visant à éviter les contacts» entre les manifestants et les personnes venues assister à la messe, a indiqué le préfet. Plusieurs élus étaient présents à la manifestation avec leur écharpe tricolore. «Je suis profondément heurté, parce que je pense à toutes les victimes de la barbarie nazie et de la révolution nationale, l’idéologie du maréchal Pétain», a déclaré à la presse Samuel Hazard (divers gauche). Il était aussi rassuré de cette prise de conscience collective. "C'est un combat pour défendre le pacte républicain et que des citoyennes et des citoyens pacifiquement soient présents pour protester contre une célébration religieuse en hommage à celui qui est l'antithèse de l'humanité. Ça me conforte dans l'idée qu'il ne faut rien céder", déclare-t-il (https://www.rtl.fr/actu/politique/le-premier-resistant-de-france-une-messe-celebree-en-hommage-a-petain-le-prefet-porte-plainte-pour-des-propos-revisionnistes-7900566798). «Ce n’est pas possible qu’on dérive comme cela», a déclaré une paroissienne, Mariette Descamps, portant une pancarte où l’on pouvait lire «Catho pas facho». «Je suis désolée de ce qui se passe aujourd’hui», a-t-elle dit (https://www.sudouest.fr/societe/je-suis-desolee-de-ce-qui-se-passe-aujourd-hui-la-messe-en-hommage-a-petain-a-bien-debute-malgre-les-contestations-26730474.php). Cette messe, «c’est salir tous les justes dans notre pays. L’extrême droite se délecte», abonde à ses côtés sa fille Élise, une militante CFDT (https://www.rtl.fr/actu/politique/le-premier-resistant-de-france-une-messe-celebree-en-hommage-a-petain-le-prefet-porte-plainte-pour-des-propos-revisionnistes-7900566798).

 

Le préfet de la Meuse va porter plainte pour "propos révisionnistes", en marge de l'hommage. "Le sujet, ce n'est pas la messe" a déclaré le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, présent, "cette association se réunit régulièrement pour des messes privées, ça ne regarde qu'eux. Là, il y a une volonté de médiatiser les choses et d'en faire le vecteur d'une revendication politique, la réhabilitation du maréchal Pétain, condamné à mort en 1945 pour les crimes que l'on connaît." À la sortie de l'office religieux, qui s'est déroulé dans une ambiance tendue, un membre de l'Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), Jacques Boncompain, a déclaré devant des journalistes que le chef du régime de Vichy, condamné à mort et déchu de ses distinctions militaires en 1945, avait été "le premier résistant de France". « Vous n’avez pas peur des poursuites », lui a lancé une manifestante, alors que des policiers surveillaient la conversation (https://www.huffingtonpost.fr/france/video/messe-d-hommage-a-petain-apres-des-propos-revisionnistes-le-prefet-de-la-meuse-porte-plainte_257178.html). Le procès de Philippe Pétain "ne répondait pas aux critères d'équité", a également estimé Jacques Boncompain à la sortie de l'office, alors qu'une personne le traitait de "révisionniste". Sous les huées, un autre militant d'extrême droite, Pierre-Nicolas Nups, ancien candidat aux législatives de 2024 en Meurthe-et-Moselle sous la bannière du Parti de la France, a interprété Maréchal nous voilà, le chant à la gloire du chef du régime de Vichy. Le préfet a dit envisager également une plainte contre "deux individus" liés au Parti de la France "qui n'ont pas cessé de harceler les forces de l'ordre" (https://www.franceinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/messe-a-verdun-en-hommage-a-petain-le-prefet-va-porter-plainte-pour-des-propos-revisionnistes-tenus-en-marge-de-l-evenement_7618121.html).

 

"C'est clairement du révisionnisme et je le condamne", déclare, samedi 15 novembre, sur franceinfo Jérôme Dumont, président du Conseil départemental de la Meuse et président du Mémorial de Verdun, après des propos révisionnistes tenus à la sortie d'une messe en hommage à Philippe Pétain, samedi, à Verdun. "J'espère que ces propos seront condamnés", poursuit Jérôme Dumont. Le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, a annoncé samedi qu'il porterait plainte sur la base de l'article 40 du Code pénal, qui oblige tout fonctionnaire ayant connaissance d'un crime ou d'un délit à saisir le procureur de la République. "Pétain a été jugé coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison", rappelle Jérôme Dumont. "Il a été condamné à mort, à l'indignité nationale et surtout il est responsable de la mort de milliers de juifs, donc on ne peut pas accepter qu'une messe lui rende hommage", poursuit-il. "C'est contre les valeurs de la République". Pour l'élu, également professeur d'histoire, "face aux instrumentalisations, aux falsifications diffusées sur les réseaux sociaux, au repli ou la perte de repère, il est urgent de redonner une place centrale à l'histoire dans notre société", insiste-t-il. "L'histoire est un bien commun, un outil d'intelligence et de liberté", "elle éclaire notre présent, nourrit notre esprit critique et fonde notre citoyenneté", ajoute-t-il. Le président du Conseil départemental de la Meuse propose d'ailleurs "qu'il y ait une semaine nationale dédiée à cette pratique vivante". "L'histoire permet la transmission des valeurs de la République, dont nous avons bien besoin, pour le vivre-ensemble et pour faire nation" dit-il (https://www.franceinfo.fr/politique/emmanuel-macron/polemique-sur-l-hommage-a-petain/messe-en-hommage-a-petain-c-est-clairement-du-revisionnisme-et-je-le-condamne-declare-le-president-du-conseil-departemental-de-la-meuse_7618277.html).  

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Publié le 14 Novembre 2025

domradio.de nous montre dans son article du jeudi 3 novembre 2025 que le nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, Paul Stagg Coakley, a réfuté l'impression d'une Conférence épiscopale divisée, insistant sur l'unité des évêques lors de sa première interview après son élection, accordée au portail OSV News. «Je pense qu'il existe entre nous une bien meilleure compréhension mutuelle, un soutien plus profond et une amitié sincère.» Les évêques américains, a poursuivi Coakley, sont «bien plus unis pastoralement et fraternellement que ne le laissent entendre de nombreux médias et que ne le laisse penser beaucoup de gens».

 

L’élection de Coakley montre le contraire. Après trois tours de scrutin, les évêques présents ont élu Coakley. Coakley et Mgr Daniel Flores, évêque de Brownsville (Texas), se sont distingués comme les deux principaux candidats, mais aucun n'a obtenu la majorité absolue des voix, comme l'exigent les statuts de la conférence. Le second tour n'ayant pas permis de dégager de vainqueur clair, Coakley a finalement été élu au troisième tour avec 128 voix, contre 109 pour Flores (https://www.ncronline.org/news/bishops-elect-new-president-stress-need-support-immigrants-first-day-meeting). Coakley et Flores incarnaient des cultures différentes au sein du catholicisme américain, difficiles à concilier. La division est réelle entre une aile conservatrice qui a par le passé manifesté du scepticisme à l'égard du pape François, et une aile ayant une approche plus progressiste, sociale et qui s'engage particulièrement auprès des migrants.

 

Concernant les questions politiques telles que l'immigration, l'archevêque d'Oklahoma a souligné la responsabilité de l'Église envers le bien commun. Cependant, ce n’est pas un libéral, car «Parallèlement, a-t-il ajouté, il existe également une responsabilité envers son propre pays : Par conséquent, en tant que nation, nous avons la responsabilité de protéger nos frontières et de permettre l’accès légal à notre pays. Une réforme de notre politique d’immigration serait extrêmement bénéfique pour tous les citoyens de ce pays»

 

Dans cette interview, il a également évoqué ses relations avec le pape Léon XIV se permettant de lui dire : «Je souhaite qu'il comprenne la réalité vécue par l'Église catholique aux États-Unis, ainsi que notre amour et notre soutien pour lui et ses prédécesseurs.» Historiquement, les catholiques américains ont apporté un soutien financier et spirituel considérable à Rome et à la papauté. Il souhaite témoigner de ce même «amour pour la papauté» au pape Léon XIV.

 

Pour son amour pour la papauté, le doute est permis, car en 2018, l’archevêque d’Oklahoma a en outre exprimé son soutien à Carlo Maria Viganò, après que l’ancien nonce aux États-Unis ait accusé le pape François d’avoir couvert des abus sexuels et appelé à sa démission. Le Vatican a, par la suite, publié un document démontrant que les allégations de Carlo Viganò étaient infondées. L’ancien nonce a depuis été excommunié, sans que Mgr Coakley ne revienne sur sa déclaration dans laquelle il exprimait son «profond respect» pour «l’intégrité personnelle» de Carlo Vigano (https://www.cath.ch/newsf/le-conservateur-mgr-coakley-elu-president-des-eveques-americains/).

 

Pour le pape Léon XIV, il semble que Coakley attend beaucoup d’un recentrage de l’Église dans ce pontificat, mais il sera vite déçu, car comme le montre Andrea Tornielli dans vaticannews.va (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/six-mois-avec-leon-xiv-eglise-unie-et-ouverte-signe-de-paix.html) : «Il y a un fil rouge qui traverse le magistère du nouveau Pape, qui proposé un modèle de communauté chrétienne où l'on vit la communion, missionnaire et donc capable de servir tout le monde, à commencer par les plus démunis, engagée à favoriser le dialogue et la paix. Une Église qui ne «s'appuie» pas sur les puissants et ne confond pas la mission avec le marketing religieux, mais qui sait être un levain parce qu'elle reflète la lumière d'un Autre». Il est prudent, mais pleinement dans la ligne du pape François.

 

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Publié le 13 Novembre 2025

huffingtonpost.fr  avec l’AFP nous montrent ce jeudi que les cloches de Notre-Dame de Paris et des églises de la capitale sonneront ce jeudi dans la soirée en hommage aux victimes des attentats du 13-Novembre, a annoncé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich dans un message aux Parisiens.

 

«Il y a dix ans, notre ville était brutalement endeuillée par la mort de 130 innocents. Pour beaucoup d’entre nous, le souvenir du 13 novembre 2015 est, encore aujourd’hui, celui d’une longue nuit d’angoisse» et «de notre sidération face à l’intensité du mal», affirme Mgr Ulrich dans ce message. «Dix ans plus tard, nous continuons inlassablement de porter dans notre prière au Seigneur ceux qui ont quitté cette vie le 13 novembre 2015, ainsi que leurs proches, ceux qui ont survécu à cette nuit et qui demeurent blessés, marqués, meurtris», ajoute-t-il. L’archevêque de Paris affirme que «ce soir, les cloches de toutes les églises de Paris sonneront pour nous inviter à nous unir, tous ensemble, dans cette même prière». Concrètement, «le bourdon de toutes les églises doit sonner entre 17H57 et 18H02», a-t-on précisé au diocèse de Paris. Ensuite les églises les plus proches de la place Saint-Gervais où aura lieu l’hommage en soirée «ne sonneront plus jusqu’à 20H00» pour ne pas perturber la cérémonie, a-t-on ajouté de même source. Mgr Ulrich précise que «des messes, des veillées, ont lieu dans plusieurs paroisses». «Ceux d’entre vous qui le souhaitent peuvent manifester leur communion et leur prière en allumant une bougie à leur fenêtre», ajoute-t-il.

 

Une journée d’hommages aux victimes est organisée jeudi à Paris et au stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dix ans après les attentats jihadistes du 13-Novembre, qui ont durablement marqué le pays et fait 132 morts et plus de 350 blessés. Des hommages ont commencé dès mercredi. La tour Eiffel s'est parée de bleu, blanc et de rouge dès mercredi soir. Et devant le Bataclan, des anonymes ont commencé à déposer des fleurs et des bougies. Des gerbes ont notamment été déposées devant le bar Le Carillon et le restaurant Le Petit Cambodge ou encore les établissements La Bonne Bière, Le Comptoir Voltaire et La Belle Equipe, puis enfin, devant le Bataclan (https://www.franceinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/direct-commemorations-du-13-novembre-dix-ans-apres-suivez-les-ceremonies-d-hommage-aux-victimes-des-attentats_7601558.html). Ce jeudi 13 novembre, les cérémonies d’hommage aux victimes du terrorisme se sont enchaînées dans les différents lieux meurtris par les attaques jihadistes. Avec, derrière les officiels, des rescapés, des proches de victimes ou de simples riverains qui ont vécu dans leur chair l’horreur de ce soir-là (https://www.liberation.fr/societe/police-justice/dix-ans-apres-les-attentats-a-saint-denis-sur-les-terrasses-ou-au-bataclan-le-devoir-de-memoire-est-essentiel-20251113_ZOINNR3O4BDHZL2MLB6WSVNDFQ/).

 

En fin de journée, à partir de 18 heures, a été inauguré en plein cœur de Paris le jardin du 13-Novembre-2015, lors d’une cérémonie «dédiée aux 132 morts, aux survivants, aux familles et à tous ceux qui se sont tenus à leurs côtés», selon les mots de la mairie de la capitale (https://www.liberation.fr/societe/police-justice/en-direct-10-ans-du-13-novembre-suivez-la-journee-de-commemorations-en-hommage-aux-victimes-des-attentats-20251113_DW6ORPH3KJCLFELAEGY4SXJKQE/). Emmanuel Macron a affirmé dans son discours d’inauguration du nouveau jardin mémoriel que la Nation se portait «garante» que «tout sera fait pour empêcher toute nouvelle attaque» (https://www.la-croix.com/societe/direct-attentats-du-13-novembre-hommage-discours-de-macron-suivez-la-journee-de-commemoration-20251113). Notre-Dame de Paris, les églises parisiennes et la Basilique Saint-Denis ont fait sonner leurs cloches pendant plusieurs minutes en ouverture de la cérémonie d'inauguration du Jardin du souvenir (https://www.franceinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/13-novembre-dix-ans-apres/videos-requiem-cloches-de-notre-dame-emotion-des-survivants-dix-moments-a-retenir-des-ceremonies-d-hommage-du-13-novembre-dix-ans-apres-les-attentats_7614002.html).

 

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Publié le 13 Novembre 2025

Tiffany Stanley dans apnews.com nous montre dans son article du jeudi 13 novembre 2025 que les évêques catholiques américains ont voté mercredi pour officialiser l'interdiction des soins d'affirmation de genre pour les personnes transgenres dans les hôpitaux catholiques. Cette décision officialise un processus entamé il y a plusieurs années par l'Église américaine concernant la prise en charge médicale des personnes transgenres. Dans une salle de bal d'un hôtel de Baltimore, les évêques ont donc approuvé à une très large majorité les révisions de leurs directives éthiques et religieuses qui guident les milliers d'établissements et de prestataires de soins de santé catholiques du pays. D'après l'Association catholique de la santé, plus d'un patient sur sept aux États-Unis est soigné chaque jour dans un hôpital catholique. Dans certaines localités, ces hôpitaux sont le seul centre médical. Les principaux groupes médicaux et organisations de santé soutiennent les soins d'affirmation de genre pour les patients transgenres. La plupart des établissements de santé catholiques ont adopté une approche conservatrice et n'ont pas proposé de soins d'affirmation de genre, pouvant inclure des traitements hormonaux, psychologiques et chirurgicaux. Les nouvelles directives officialiseront cette position. Les évêques auront la latitude de les transposer en droit canonique dans leurs diocèses. L’Association catholique de la santé a remercié les évêques d’avoir largement intégré ses observations dans les directives. Les nouvelles directives intègrent des documents antérieurs sur l'identité de genre émanant du Vatican en 2024 et des évêques américains en 2023.

 

L'Église catholique n'est pas monolithique sur la question des droits des personnes transgenres. Certaines paroisses et certains prêtres accueillent les catholiques transgenres en leur sein, tandis que d'autres sont moins tolérants. «L’enseignement catholique défend la dignité inestimable de chaque vie humaine, et pour de nombreuses personnes transgenres, les soins d’affirmation de genre sont ce qui rend la vie vivable», a déclaré Michael Sennett, un homme transgenre actif dans sa paroisse du Massachusetts. Sennett siège au conseil d'administration de New Ways Ministry, une organisation qui milite pour l'inclusion des personnes LGBTQ+ au sein de l'Église catholique. En 2024, le groupe a organisé une rencontre avec le pape François afin d'évoquer la nécessité de soins adaptés aux personnes transgenres. Francis DeBernardo, directeur exécutif de New Ways Ministry, a déclaré que pour de nombreux catholiques transgenres qu'il connaît, «le processus de transition n'était pas seulement une nécessité biologique, mais un impératif spirituel. S'ils voulaient vivre en tant que personnes authentiques, telles qu'ils croient que Dieu les a créées, alors la transition devenait nécessaire.» Le jour même où les évêques catholiques américains débattaient de l'identité de genre, les chefs de plusieurs grandes confessions religieuses progressistes publiaient une déclaration en soutien aux personnes transgenres, intersexuées et non binaires, à un moment où de nombreuses législatures d'État et l'administration Trump restreignaient leurs droits. Parmi les 10 signataires figuraient les dirigeants de l'Association unitarienne universaliste, de l'Église épiscopalienne, de l'Union pour le judaïsme réformé et de l'Église presbytérienne (États-Unis). «Alors que notre pays met leur vie en danger de plus en plus gravement, il existe une idée fausse et honteuse selon laquelle tous les croyants n’affirment pas la pleine reconnaissance de la diversité des genres – or, nous sommes très nombreux à le faire. Qu’il soit bien clair que nos êtres chers sont créés à l’image de Dieu – saints et entiers», ont déclaré les chefs religieux dans un communiqué.

 

Les évêques catholiques, réunis à Baltimore pour clore leur conférence, ont approuvé à une très large majorité, mercredi, un «message spécial» sur l'immigration. De telles déclarations pastorales sont rares; la dernière remonte à 2013, en réaction à l'obligation, imposée par l'administration Obama, pour les assureurs de prendre en charge la contraception. Des responsables catholiques ont critiqué individuellement la politique d'immigration restrictive de l'administration Trump. La crainte de contrôles d'immigration a entraîné une baisse de la fréquentation des messes dans certaines paroisses. Des religieux locaux se battent pour pouvoir administrer les sacrements aux immigrants détenus. En signe d'unité, plusieurs évêques se sont levés pour prendre la parole en faveur de la déclaration lors de la discussion finale de l'après-midi, notamment l'archevêque d'Oklahoma City, Paul Coakley, le nouveau président élu de la conférence. «Je soutiens fermement cette mesure pour le bien de nos frères et sœurs immigrants, mais aussi pour trouver un juste équilibre», a déclaré Coakley, soulignant qu'ils appellent «nos législateurs et notre administration à nous proposer une véritable voie de réforme de notre système d'immigration». Le cardinal de Chicago, Blase Cupich, s'est avancé au micro pour recommander un langage plus ferme concernant les expulsions massives. «Il semble que ce soit le problème central auquel nous sommes confrontés avec notre population actuellement», a-t-il déclaré. Ses confrères évêques ont approuvé. Le texte mis à jour stipule désormais que les évêques catholiques américains «s’opposent à la déportation massive et indiscriminée de personnes».

 

Avec l'élection récente de Paul Coakley, archevêque de l'Oklahoma et dirigeant lié à l'influent NAPA (Mouvement apostolique catholique national), à la présidence de la Conférence épiscopale américaine, l'épiscopat américain a lancé un défi ouvert et direct au premier pape américain, Léon XIV, et à son pontificat nouvellement inauguré, caractérisé par l'équilibre et le dialogue. Cette élection, perçue comme une véritable gifle, révèle une rébellion officieuse mais manifeste contre le pape Robert Prévost. Le choix d'un vice-président comme Daniel Flores, évêque de Brownsville (Texas), plus conciliant et centriste, apparaît davantage comme un palliatif incongru que comme un véritable signe d'unité. Ce geste est doublement significatif car il intervient à un moment historique où, selon d'importants sondages, au début du pontificat du pape François, 90 % des catholiques américains se définissaient comme progressistes et franciscains, un pourcentage qui a lentement diminué tout au long de son pontificat, sans jamais toutefois tomber en dessous de 75 %. Avec l'élection du premier pape américain, ces chiffres auraient vraisemblablement dû augmenter, consolidant ainsi un modèle ecclésial qui place la synodalité, la miséricorde et un engagement social renouvelé au centre de ses préoccupations. Mais il semble que les évêques vivent dans une autre réalité : celle d’une hiérarchie de plus en plus éloignée de la base et en rébellion ouverte contre la papauté et la ligne officielle romaine. Ce qui est clair, c'est que cette élection constitue une déclaration d'intention sans équivoque : l'épiscopat américain se déclare en rébellion, publiquement et notoirement, non seulement contre Rome, mais aussi contre son propre peuple (https://www.religiondigital.org/opinion/episcopado-EEUU-Papa-Prevost-progresista-USA-obispos-NAPA_0_2833816619.html).

 

En réalité, beaucoup n’attendaient rien des évêques américains. Aux États-Unis même, on attend toujours en vain des déclarations claires et unifiées de l'Église. L'élection du nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis est d'autant plus alarmante. Si l'archevêque Paul Stagg Coakley a critiqué les expulsions massives ordonnées par Trump sur certains points précis – après tout, nombre de ses paroissiens sont des migrants –, il n'est généralement pas considéré comme un critique majeur de Trump. Bien au contraire. La position de Coakley symbolise bien davantage l'union des catholiques conservateurs et du gouvernement américain populiste. Au  sein du Napa Institute, dont l'archevêque est le conseiller, des groupes de réflexion et des réseaux se mettent en place pour renforcer l'influence de l'Église sur l'État et la société, tout en légitimant l'action gouvernementale par des moyens ecclésiastiques. Les discussions portent sur des sujets que les deux camps considèrent comme essentiels : par exemple, la protection de la vie ou la défense du modèle familial traditionnel face à la diversité de genre et sexuelle. Quiconque consulte le programme et les conférences annuelles de l'Institut Napa peut constater que les participants s'intéressent moins à la doctrine sociale de l'Église et à ses principes de dignité humaine et de solidarité qu'au capitalisme et à la maximisation des profits. L'action auprès des plus démunis, préconisée par le prédécesseur du pape Léon XIV, François, prend ici une tout autre dimension. Il reste à voir si le nouvel adjoint de Coakley, l'évêque Daniel Flores, pourra jouer un rôle de médiateur et enrayer la division croissante des États-Unis. Les espoirs sont toutefois minimes. Il y a plutôt lieu de craindre que Trump ne poursuive la transformation des États-Unis en un État où le pouvoir est plus concentré et où la tolérance et la justice sont moindres. Or, ces évêques américains sont soit incapables, soit peu disposés à s'opposer à lui (https://www.katholisch.de/artikel/65640-diese-us-bischoefe-wollen-trump-nicht-die-stirn-bieten).

 

Si on veut une Église qui sent l’odeur de ses «brebis», il faut diriger son regard en Allemagne comme le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org, où les évêques allemands ont obtenus gain de cause (https://www.religiondigital.org/ecos_del_mundo/Santa-Sede-acuerda-creacion-Conferencia-conferencia-sinodal-alemania_0_2833816622.html).Lors de leur quatrième réunion, les représentants de la Curie romaine et de la Conférence des évêques allemands ont convenu de créer un «organe synodal de l'Église en Allemagne», appelé «Conférence synodale», dont les statuts, la nature, la composition et les pouvoirs sont actuellement examinés par les deux parties. Comme le souligne la déclaration conjointe, «le dialogue s’est une fois de plus déroulé dans un climat sincère, ouvert et constructif», prolongeant les accords conclus après la visite ad limina au pape François en novembre 2022, et approfondis en juillet 2023, puis en mars et juin de l’année dernière. Désormais, sous le pontificat de Prévost, ce dialogue continue de prendre de l’ampleur. L'importance de cette rencontre réside précisément dans cette continuité, ainsi que dans certains détails concernant les participants. La Curie romaine était représentée par les cardinaux Víctor Fernández, Kurt Koch, Pietro Parolin et Arthur Roche, ainsi que par l'archevêque Filippo Iannone O.Carm, tandis que l'Église allemande était représentée par les évêques Stephan Ackermann, Georg Bätzing, Bertram Meier et Franz-Josef Overbeck, ainsi que par la secrétaire générale du Chemin synodal, Beate Gilles, et le porte-parole des évêques allemands, Matthias Kopp. L'un des plus fervents critiques du processus synodal, l'évêque Stefan Oster, était présent en tant qu'invité.

 

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Publié le 12 Novembre 2025

Brian Fraga nous montre sur NCRonline.org dans son article du mardi 11 novembre 2025, que lors de l'assemblée plénière d'automne de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, les évêques catholiques américains ont élu Mgr Paul Coakley, archevêque d'Oklahoma City, à la présidence de cette conférence. Ce vote révèle les priorités des évêques. L'élection de Coakley n'était cependant pas une surprise totale. Secrétaire sortant de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), Coakley, âgé de 70 ans était considéré comme l'un des favoris pour la présidence (https://katholisch.de/artikel/65623-konservativer-trump-kritiker-der-neue-vorsitzende-der-us-bischoefe). Mgr Coakley et Mgr Daniel Flores, évêque de Brownsville (Texas), étaient les deux candidats en tête, mais aucun n'a obtenu la majorité absolue des voix, comme l'exigent les statuts de la conférence. Après un second tour de scrutin infructueux, Mgr Coakley a été élu au troisième tour avec 128 voix, contre 109 pour Mgr Flores. Flores a été élu vice-président parmi les neuf candidats restants, dont l'évêque Robert Barron de Winona-Rochester (Minnesota), fondateur du ministère médiatique Word on Fire, qui a obtenu le troisième plus grand nombre de voix au premier tour avec 26 suffrages. Coakley est archevêque d'Oklahoma City depuis 2010. Il a auparavant été évêque de Salina (Kansas) de 2004 à 2010. Coakley a également présidé Catholic Relief Services et siégé à plusieurs comités de conférences épiscopales. Aux États-Unis, l'élection de Coakley à la tête de la Conférence des évêques catholiques est perçue comme un virage à droite (https://katholisch.de/artikel/65623-konservativer-trump-kritiker-der-neue-vorsitzende-der-us-bischoefe).

 

Coakley est considéré comme un archevêque issu des milieux conservateurs, défenseur de la préservation des enseignements catholiques traditionnels sur la sexualité et la famille comme le montre une lettre pastorale de 2023, où il exprimait son inquiétude face à la montée de la dysphorie de genre et à la propagation de «l'idéologie du genre» au sein de la société américaine. Cependant, son parcours révèle également des positions plus nuancées : par exemple, Coakley s'est prononcé contre la peine de mort en Oklahoma, et en février dernier, il a souligné que les expulsions engendrent «la peur, voire le désespoir, parmi nos voisins issus de l'immigration, parmi les migrants et les réfugiés venus chercher les mêmes rêves que nombre de nos ancêtres en une autre époque.» Dans la même déclaration, il a également affirmé : «L’immigration clandestine est inacceptable et il convient de redoubler d’efforts pour protéger les frontières de notre pays.» Il a exprimé ses inquiétudes concernant le trafic d’êtres humains et de stupéfiants, mais a souligné que la majorité des personnes entrant illégalement dans le pays étaient «des membres respectés de nos communautés et de nos églises, et non des criminels violents» (https://katholisch.de/artikel/65623-konservativer-trump-kritiker-der-neue-vorsitzende-der-us-bischoefe). Dans une déclaration publiée sur X quelques minutes après son élection, Coakley s'est dit «profondément touché par la confiance que mes confrères évêques m'ont témoignée en me choisissant pour présider notre conférence épiscopale». Il a fait référence à sa devise épiscopale, «Duc in altum», qui signifie en latin «Avancer en eaux profondes». «Une fois de plus, le Seigneur m'invite à prendre le large en m'appelant à accepter aujourd'hui ce service et cette responsabilité», a déclaré Coakley. «Je l’accepte avec foi et une grande espérance. Je demande les prières de tout le clergé, des religieux et religieuses et des fidèles de l’archidiocèse d’Oklahoma City.»

 

Outre ses fonctions diocésaines, Mgr Coakley est également conseiller ecclésiastique du Napa Institute, une organisation à tendance conservatrice qui, lors de ses conférences estivales annuelles, mêle souvent piété et idées politiques de droite. Dans une publication sur la page Facebook du Napa Institute, Timothy Busch, cofondateur de l'institut, a décrit l'élection de Coakley comme un «puissant témoignage de sa foi et de son leadership». «En tant que président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, il renforcera l'Église aux États-Unis, tout comme il a contribué à renforcer le Napa Institute», a déclaré Busch. En 2018, Coakley figurait parmi les évêques américains ayant apporté leur soutien à l'archevêque Carlo Maria Viganò après que l'ancien nonce apostolique aux États-Unis eut accusé le pape François de dissimuler des abus sexuels de l'ancien cardinal Theodore McCarrick et appelé à sa démission. Viganò a depuis été excommunié. Coakley n'a pas retiré sa déclaration dans laquelle il exprimait son «plus profond respect» pour «l'intégrité personnelle» de Viganò. Dans cette déclaration, Coakley a également appelé à une enquête et à une «purification» de l'Église. Faire preuve d'irrespect et donner du crédit à des accusations manifestement mensongères en est une autre. Il est choquant que Coakley n'ait jamais retiré cette déclaration de soutien, même après l'excommunication de Viganò. Ce choix signifie également que l'influence néfaste de Timothy Busch et de son Napa Institute se fera davantage sentir au sein de la conférence des évêques. Coakley est le «conseiller ecclésiastique» de cet institut. Busch fait des courbettes à Donald Trump, et on se demande si le nouveau président de la conférence épiscopale aura droit à un petit bureau dans l'aile ouest de la Maison-Blanche. Le message que les évêques américains ont adressé au Saint-Père juste avant l'élection de Coakley défendait fermement les immigrants, mais leur vote a sapé cet engagement (https://www.ncronline.org/opinion/depressing-result-us-bishops-conference-presidential-election).

 

Le Réseau des survivants d'abus commis par des prêtres (SNAP), une association de défense des victimes d'abus sexuels commis par des membres du clergé, a également publié un communiqué suite à l'élection de Coakley, l'accusant de mauvaise gestion des cas d'abus sexuels commis par des membres du clergé dans son archidiocèse. Selon la SNAP, il a permis à au moins deux prêtres, identifiés plus tard comme «accusés de manière crédible» par l'archidiocèse, d'exercer leur ministère dans des paroisses sans aucune restriction apparente (https://www.snapnetwork.org/u_s_bishops_elect_archbishop_paul_coakley_a_known_enabler_of_abusive_priests_as_president). Le SNAP a déclaré : «S'il n'est pas surprenant que la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) ait une fois de plus choisi un dirigeant qui a maintenu des agresseurs notoires en poste et induit en erreur les familles catholiques, les victimes sont furieuses que les évêques américains acceptent les directives d'un homme connu pour minimiser les agressions sexuelles et mettre en danger la population.» Pour la SNAP, la seule solution est «la dénonciation publique et l’action de la société civile contraindront les évêques américains à destituer les agresseurs et à révéler l’important volume de preuves de viol et d’agression sexuelle en leur possession.» (https://www.snapnetwork.org/u_s_bishops_elect_archbishop_paul_coakley_a_known_enabler_of_abusive_priests_as_president).

 

Massimo Faggioli, historien de l'Église et professeur d'ecclésiologie au Trinity College de Dublin, a déclaré au National Catholic Reporter que le vote des évêques à Baltimore était «l'élection la plus importante à une fonction ecclésiastique de direction» depuis l'élection du pape Léon XIV par le conclave en mai. «L'élection de Coakley à la présidence de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) semble confirmer l'existence d'une certaine fracture, voire d'une certaine distance, entre Rome et l'USCCB, et cette distance n'est pas imputable au pape François», a affirmé Faggioli, spécialiste de la hiérarchie américaine. Le mandat de trois ans de Coakley à la tête de l'USCCB débute au moment où l'administration Trump poursuit ses politiques d'immigration et sociales, avec des répercussions importantes pour les membres de l'Église. Coakley a annoncé un style de leadership mesuré, visant à assurer la continuité de la doctrine tout en répondant aux besoins pastoraux des communautés particulièrement touchées par les mesures nouvelles ou renforcées. L'évolution des relations entre les évêques américains et le pape Léon XIV au cours des trois prochaines années reste à observer (https://katholisch.de/artikel/65623-konservativer-trump-kritiker-der-neue-vorsitzende-der-us-bischoefe).

 

Le choix de Coakley risque d'attiser les tensions avec le pape Léon XIV, a déclaré Steven Millies, professeur de théologie publique à l'Union théologique catholique de Chicago. «Dans le long conflit qui oppose de nombreux évêques américains à François et dont hérite Léon, il ne s'agit pas d'un pas vers la désescalade», a-t-il déclaré. La moitié des dix candidats en lice appartenaient à l'aile conservatrice de la conférence. La différence tient davantage à la forme qu'au fond. La plupart des évêques catholiques américains sont résolument conservateurs sur les questions de société, mais certains, comme Coakley, insistent davantage sur leur opposition à l'avortement et aux droits des personnes LGBTQ+ (https://abc7chicago.com/post/us-catholic-bishops-select-conservative-culture-warrior-oc-archbishop-paul-coakley-lead-during-trumps-second-term/18146883/).

 

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