Publié le 20 Novembre 2025
Maxime Macé, et Pierre Plottu nous montrent dans Libération.fr ce jeudi qu’après Verdun et l’hommage à Pétain, Paris devait accueillir une messe hommage au dictateur espagnol Francisco Franco, ainsi qu’au fondateur de la Phalange, la milice fasciste, José Antonio Primo de Rivera (et fils du dictateur qui a précédé Franco, entre 1923 et 1930), le samedi 29 novembre, dans la chapelle Notre-Dame de Consolation, dans le 8ème arrondissement. Comme par hasard, cette messe devait être célébrée par un abbé intégriste de la Fraternité Saint-Pie X, dont le fondateur et plusieurs membres ont été excommuniés. (https://www.lindependant.fr/2025/11/20/50-ans-de-la-mort-de-franco-une-messe-pour-le-dictateur-espagnol-annoncee-a-paris-13063137.php).
«Cette messe doit être interdite», a réclamé le sénateur et élu parisien communiste Ian Brossat en rendant public l’événement, mardi sur X. Il juge par ailleurs que cette cérémonie, comme celle du 15 novembre en hommage à Pétain, participe à "des tentatives répétées de réhabilitation mémorielle de l’extrême droite" avec un objectif clair : "banaliser et glorifier des régimes autoritaires, fascistes ou criminels". De quoi interpeller également des internautes. "Après Pétain, Franco ! Qu'est ce qui ne tourne pas rond dans ce pays ?", s’interroge l’un d’eux. "Ils utilisent la religion pour rendre leurs hommages nauséabonds à des dictateurs et des traîtres", commente un autre (https://actu.orange.fr/france/a-paris-le-cercle-franco-hispanique-prevoit-une-messe-en-hommage-a-franco-magic-CNT000002lNzDn.html).
Face au tollé, les organisateurs, le Cercle Franco-Hispanique – un cercle ouvertement fasciste – annulent en pleurnichant sur la «répression», comme si célébrer des dictateurs était une tradition menacée. Le mouvement d'extrême droite a été fondé le 20 novembre 1984 (une date sentimentale puisque Franco et Primo de Rivera sont morts un 20 novembre) par Olivier de Grimaldi (ex de l'Action française et d'Ordre nouveau, catholique intégriste) dans le but affiché de "faire connaître l'Espagne nationaliste et la personnalité de Primo de Rivera (et) défendre le phalangisme espagnol". Décédé en 2014, c'est sa femme qui a alors pris les rênes du CFH. Hélène Grimaldi ne ménage d'ailleurs pas ses efforts pour honorer ces morts qui exaltent encore l'internationale fasciste puisqu'elle est aussi à l'initiative du fleurissement de la tombe parisienne de Robert Brasillach, fusillé pour collaboration à cause d'articles fascistes et odieux, signant des brûlots contre les Juifs dans le haineux journal "Je suis partout" (https://www.lindependant.fr/2025/11/20/50-ans-de-la-mort-de-franco-une-messe-pour-le-dictateur-espagnol-annoncee-a-paris-13063137.php).
Pour eux, peu importe que de l’autre côté de la frontière, des familles cherchent encore les corps de leurs ancêtres, enterrés à la va-vite dans des fosses communes par les troupes franquistes entre 1936 et 1938. Le putsch organisé par Franco, qui s’est transformé en Guerre d’Espagne, a fait des centaines de milliers de victimes, tuées dans les combats, fusillées, ou victimes de la maladie. Pour accéder au pouvoir, le dictateur avait bénéficié de l’appui militaire des nazis allemands et des fascistes italiens, prenant le pouvoir par la force contre les républicains espagnols (https://www.humanite.fr/politique/fascisme/tentatives-repetees-de-rehabilitation-memorielle-de-lextreme-droite-une-messe-pour-petain-peut-en-cacher-une-autre-pour-franco). Il s'est efforcé de durer… Ce qu'il a assez bien réussi grâce à la période économiquement plus heureuse de l'après-guerre. Il mourut à l'automne 1975, après une longue agonie, et dans l'opprobre de tous les démocrates, tant il lui fallut exécuter d'opposants politiques, par le “garrote vil”, la peine de mort par étranglement (https://www.parisdepeches.fr/16-Politique/128-75_Paris/17663-Franco_aurait_aussi_messe____Paris.html). Comme le dit l’Humanité, «Il est temps que les autels servent à autre chose que rendre hommage aux criminels» (https://www.humanite.fr/politique/fascisme/tentatives-repetees-de-rehabilitation-memorielle-de-lextreme-droite-une-messe-pour-petain-peut-en-cacher-une-autre-pour-franco).
Ce jeudi, des messes seront à nouveau célébrées en l'honneur de Franco et de José Antonio Primo de Rivera à Alicante, Ceuta, Cuenca, Las Palmas de Gran Canaria, Grenade, Palencia, Málaga, Huesca, Santander, Séville, Teruel, Tolède, Valence, Valladolid, Zamora et Saragosse alors qu’au niveau institutionnel on célèbre les «50 ans de liberté» et la fin de la dictature, tandis que les victimes du franquisme constatent un recul dans l'application de la loi sur la mémoire démocratique à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort du dictateur, et trouvent scandaleux que l'Église catholique participe à des actes de glorification du franquisme et les encourage (https://www.elsaltodiario.com/valencia/misas-franquistas-todo-territorio-humillan-indignan-victimas-dictadura). Cependant, des groupes antifascistes appellent à un rassemblement lors de la messe qui se tiendra en l'église Santa Marina à León à l'occasion de la mort du dictateur et de Primo de Rivera, qui a reçu l’autorisation implicite de la ville pour qui cela représente une «provocation intolérable» et une apologie du franquisme. Cet événement relance le débat national sur l'application de la loi, qui a favorisé l'exhumation des charniers et les réparations pour les victimes, mais qui se heurte encore à des résistances dans les régions à forte tradition conservatrice. Dans un contexte de polarisation politique croissante, la commémoration à León symbolise les tensions persistantes de la Transition espagnole et rappelle que le combat pour la mémoire historique n'est pas terminé (https://www.diariodeleon.es/leon/251119/2066658/50-anos-franco-homenajes-nueva-polemica-leon-apologia-dictadura-iglesia-capital.html).
Devant la bêtise des nostalgiques de Franco, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a célébré les 50 ans de la fin du franquisme dans une tribune publiée par le site eldiario.es. Il a salué le «miracle» de l'Espagne, passée d'une dictature à une démocratie prospère en un demi-siècle, tout en appelant à défendre les acquis démocratiques, car comme il l’avance : «Il reste beaucoup à faire pour forger l'Espagne que nous voulons et pouvons devenir, avec plus d'opportunités, plus de droits et moins d'inégalités. (...) C'est pourquoi, c'est précisément maintenant, lorsque certains idéalisent des régimes autoritaires et s'accrochent à la nostalgie d'un passé qui n'a jamais été, que nous devons faire un pas en avant pour défendre une liberté qui nous a été arrachée pendant tant d'années». Dans un pays qui n'a toujours pas eu de débat apaisé pour s'accorder sur un consensus sur la période franquiste, achevée sur une loi d'amnistie en 1977, de récents sondages ont montré qu'une importante minorité d'Espagnols, notamment chez les plus jeunes, avait une image plutôt favorable de la dictature (https://www.blick.ch/fr/monde/espagne-hommage-de-sanchez-au-miracle-espagnol-id21440190.html).
Merci !
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