Publié le 29 Octobre 2025
Lucas Burel et Camille Vigogne Le Coat nous montrent ce mercredi 29 octobre 2025 dans nouvelobs.com que les éditions Fayard ont organisé une soirée VIP mardi, au Théâtre Marigny, au président du Rassemblement national à l’occasion de la sortie de son deuxième livre. Un ouvrage qui est une compilation de témoignages permettant à l’eurodéputé de vendre le programme du parti d’extrême droite et sa vision désormais libérale de la société française. La publication d’un deuxième livre de Jordan Bardella par la prestigieuse enseigne Fayard entérine sa réorientation vers l’extrême droite. À l’origine, il y a le rachat d’Hachette par Bolloré en 2023 et l’arrivée à la tête des éditions Fayard en 2024 de Lise Boëll, l’éditrice historique d’Eric Zemmour, pour imposer une ligne éditoriale conservatrice, avec une large place aux discours réactionnaires sur l’immigration, l’insécurité, l’anti-«wokisme» et la remise en cause de l’écologie. Fayard, qui était une maison historique de centre gauche plutôt classique, s’est trouvée à éditer du Jordan Bardella, Philippe de Villiers… Toute une série de figures centrales réactionnaires (https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/bollore/cette-maison-dedition-du-finistere-co-edite-le-recueil-deborder-bollore-c98944b2-357f-11f0-bf6c-240af7605eff).
Face à cette mue idéologique, éditeurs, auteurs et libraires cherchent la parade (https://www.la-croix.com/culture/bardella-zemmour-chez-fayard-une-mue-ideologique-qui-inquiete-le-monde-du-livre-20251029), Ainsi, de cette offensive de l’extrême droite dans l’édition est venu le projet de donner la parole à des acteurs et actrices du milieu du livre face au danger qui est dans la libération de la parole d’extrême droite pour montrer qu’il y a en France, une multitude de pratiques, de maisons d’édition, de façons de faire des livre à travers la campagne Désarmer Bolloré, ainsi 128 maisons indépendantes ont ainsi coédité l’ouvrage Déborder Bolloré, qui analyse les conséquences de la concentration éditoriale déjà à l’œuvre : une réduction de la diversité des publications, une marginalisation des voix critiques et une dépendance des maisons d’édition aux logiques de marché (https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/bollore/cette-maison-dedition-du-finistere-co-edite-le-recueil-deborder-bollore-c98944b2-357f-11f0-bf6c-240af7605eff, et https://reporterre.net/Comment-les-auteurs-ecolos-tentent-d-echapper-a-la-bollorisation-de-l-edition). Pour résister, plusieurs stratégies émergent. Le boycott d’abord : en 2024, une centaine de librairies ont cessé de vendre les titres Hachette (Fayard, Stock, Grasset, Le Livre de poche…). Faute de pouvoir totalement boycotter Hachette, les libraires réfléchissent à des stratégies de contournement, plus ou moins applicables en fonction de leurs bassins de population, notamment en favorisant les maisons d’éditions indépendantes. Depuis le 26 août, Les Soulèvements de la Terre ont lancé une campagne d’interpellation «Chèr·e auteur·ice» sur les réseaux sociaux à destination de onze plumes célèbres — Virginie Despentes, Mona Chollet, Gaël Faye, Titiou Lecoq ou Rebeka Warrior — publiées par Hachette, de déserter la maison d’édition, ce qui n’est pas évident. Et faute de pouvoir déserter entièrement, certains penseurs et penseuses, à l’instar d’Emma Bigé, philosophe des écologies queer, naviguent entre grosses structures et éditeurs indépendants (https://reporterre.net/Comment-les-auteurs-ecolos-tentent-d-echapper-a-la-bollorisation-de-l-edition).
Enfin, rue89bordeaux.com (https://rue89bordeaux.com/2025/10/des-militants-chretiens-glissent-des-marque-pages-contre-eric-zemmour-dans-les-librairies-bordelaises/) nous montre qu’à Bordeaux, des militants du collectif Lutte & Contemplation, né durant l’automne 2023 dont la mission est de «Porter une voix chrétienne dans les luttes écologiques et sociales de notre époque» ont glissé un message de tolérance dans le dernier livre d’Éric Zemmour dans un marque-page glissé sur chaque exemplaire. Ils dénoncent la récupération de la foi chrétienne à des fins identitaires avec le message s’ouvrant sur une parole du Christ : «J’étais un étranger et vous m’avez accueilli.» On y lit également : «Nous croyons à la vocation des chrétiens d’accueillir dignement les étrangers et de défendre les opprimés.». Cinq minutes chrono : cette première action de la branche bordelaise du collectif chrétien Lutte & Contemplation, née en septembre dernier, est terminée. Elle a déjà été menée dans 15 villes de France – Paris, Lyon, Nantes, Grenoble, Marseille, mais aussi des villes plus petites comme Mulhouse – avec 2300 marque-pages glissés dans des ouvrages. «Nous avons reçu beaucoup de retours positifs par mail ou WhatsApp, rapporte Joseph. Il y a aussi des messages hostiles, du type : “vous n’avez rien compris…”» Sur son site, le collectif dénonce dans l’ouvrage une vision de «l’Europe judéo-chrétienne, le fantasme d’une identité homogène au service d’un projet politique excluant». Le collectif revendique une posture politique assumée : celle d’une résistance chrétienne au consumérisme et à l’esprit de domination, qu’il estime être à la racine des crises sociales et écologiques.
Et comme nous le montre religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/vaticano/audiencia-antisemitismo-dialogo-religiones-nostra-aetate_0_2829617019.html), cela va dans le sens du pape Léon XIV qui a déclaré mardi que l'Église catholique «rejette toutes les formes de discrimination ou de harcèlement fondées sur la race, la couleur, le statut ou la religion» et «l'antisémitisme», lors d'un événement réunissant des représentants de diverses religions pour marquer le 60e anniversaire de la déclaration «Nostra Aetate» qui a promu le dialogue et le respect entre les religions, «reste d’une grande actualité» et a rappelé qu’il «prend une position ferme contre toutes les formes d’antisémitisme». «Soixante ans plus tard, le message reste plus urgent que jamais», a-t-il souligné lors de la rencontre dans la salle Paul VI au Vatican, et a décrit la publication du document comme «une graine d’espoir pour le dialogue interreligieux». Le pape Léon XIV a rappelé aussi que l’Église catholique promeut l’unité et l’amour entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les nations. S’adressant aux dirigeants et représentants de diverses confessions réunis au Vatican, le pontife a souligné les relations entre les religions durant la maladie et le décès de son prédécesseur, le pape François, et a exprimé sa gratitude pour le lien «profond et stable» qu’il entretient avec les autres chefs religieux. Il a également souligné la responsabilité des dirigeants d'aider leur peuple «à se libérer des chaînes des préjugés, de la colère et de la haine; à surmonter l'égoïsme et la cupidité; et à éveiller en chacun son sens de l'humanité et du sacré».
Merci !
/image%2F0550723%2F20150910%2Fob_d8078e_jesus-001.jpg)