Publié le 5 Juin 2023
Christine Ravier dans france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/ ce lundi 5 juin 2023 que des catholiques ne se reconnaissent plus dans l'Église, notamment à Toulouse (Haute-Garonne), et organisent des messes à domicile accueillant chez eux, dans leur maison, des prêtres qui donnent des messes pour des petits groupes. Ces catholiques ne se reconnaissent plus dans l'Église. Une manière de "protester" suite aux abus sexuels dans l'Église systémiques dans l'institution qu'a mis en lumière la commission Sauvé notamment et surtout de reconquérir un espace d'échange et de paroles. C'est aussi pour eux une manière de renouer avec le partage et la liberté de s'exprimer.
Depuis 3 ans, Annie Dreuille accueille chez elle, dans sa maison, trois fois par mois un prêtre qui officie chez elle. Ces messes à domicile pratiquées en Haute-Garonne, mais ailleurs en France également, constituent un mouvement nouveau en forme de contestation. Aujourd'hui, ils sont dix-sept. La célébration a lieu dans la pièce à vivre. Le prêtre qui officie, Jean-Marie Miquel, se dit très content : "je n'oppose pas les deux (la messe à l'église et la messe à domicile). C'est la même eucharistie, c'est toujours le Seigneur ressuscité qui nous appelle à sa table.).Cette forme, parce qu'on n'est pas nombreux, permet le partage". La propriétaire des lieux abonde dans ce sens. Annie Dreuille trouve les dernières années austères et n'était pas satisfaite de la vie de sa paroisse qu'elle a, comme beaucoup dit-elle, abandonnée. "Moi, je ne pouvais plus supporter", affirme-t-elle. "On ne vous demande pas votre avis, on vous dit ce qu'il faut penser. Or l'Évangile pour moi c'est la découverte de la liberté. On peut interpréter, en parler et écouter. Ce qu'il faut, c'est partager et écouter. Le partage, c'est l'enrichissement."
La cause de cette désaffection des paroisses est claire selon Annie Dreuille, qui regrette l'élan de liberté donné par Vatican II à la fin des années 50. "On a vu arriver des générations de clercs qui ont tout coupé, regrette-t-elle. Leur formation est beaucoup plus rigoriste et on a une église traditionnelle, une église institution, une église qui gouverne, qui a le pouvoir et qui ne donne pas la parole". Ces croyants ont déserté leurs paroisses regrettant l'élan de liberté donné par Vatican II à la fin des années 50. Même constat pour les autres participants. "Quand j'ai vu nos églises se vider, quand j'ai senti qu'il n'y avait pas de liens entre la vie de semaine et l'heure que l'on passait à la messe, quand nous avons senti que nos enfants prenaient la fuite par rapport aux assemblées paroissiales, quand on a commencé à se plaindre du fait que tout était en train de se refermer, on nous a dit qu'on pouvait partir" constate Frédérique Pasturel, l'une des pratiquantes.
Inquiétude pour l'avenir "Il faut faire quelque chose, poursuit-elle, pour redonner espoir à toutes les personnes qui se sont senties ostracisées parce qu'homosexuels, parce que divorcées remariées, parce que dans une famille qui avait accès à la PMA, qui ont été comme moi absolument ulcérées par un cléricalisme infantilisant pour les laïcs et pour les femmes... On s'est dit qu'il fallait vraiment faire quelque chose." Frédérique comme Annie témoignent d'une grande inquiétude pour l'avenir de leur église. Mais cette pratique des messes en petits groupes qui remonte aux origines du christianisme, peut signifier un renouveau. Elle réunit actuellement une cinquantaine de personnes à Toulouse et tend à se développer, à s'ouvrir...
Enfin, on apprend aussi plus de 300 catholiques des Pyrénées-Atlantiques se disent inquiets pour l'avenir du diocèse apprenant lors d'une réunion à la mi-mars, qu'une congrégation de chanoines de tendance traditionnaliste – les chanoines de Lagrasse – va s'installer à Pau dans les nouveaux locaux du futur centre diocésain du Béarn, rue Montpensier, dans d'anciens locaux jésuites. Ils ont entamé une démarche pour se faire entendre, et demandent une médiation avec Mgr Aillet, l'évêque de Bayonne, Lescar et Oloron. Ils pointent aussi du doigt une décision prise sans concertation et qui pour eux est un mauvais signal alors que l'Église est engagée sous la houlette du pape François dans une démarche qui vise à donner plus de places aux laïcs. Cet épisode, c'est la goutte qui fait déborder le vase pour ces frondeurs. Depuis des années déjà, certaines prises de positions et décisions de l'évêque suscitent l'incompréhension et surtout fracturent la communauté catholique du département. Beaucoup estiment que sa gouvernance ne tient pas compte des orientations de Vatican II qui en 1962 ont permis à l'Église de s'ouvrir au monde moderne, et favorise les courants conservateurs. Un collectif de fidèles a été mis en place et une médiation, ou rencontre avec observateur, avec l'évêque devrait être organisée rapidement (https://www.francebleu.fr/infos/societe/malaise-chez-les-catholiques-des-pyrenees-atlantiques-une-demande-de-mediation-avec-l-eveque-4283765).
Merci !
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