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Publié le 20 Novembre 2016

Le pape François clôt l'Année sainte de la miséricorde

actu.orange.fr nous montre ce dimanche 20 novembre 2016 que le pape François a clôt dimanche son "Année sainte de la miséricorde", leitmotiv qu'il a décliné sans relâche avec des gestes choc, comme le rapatriement de migrants dans son avion ou l'accueil au Vatican de longues processions d'exclus comme les détenus.

 

La "Porte sainte" de la basilique Saint-Pierre a été refermée dimanche en milieu de matinée par le pape, très recueilli en tirant lentement les deux battants de la lourde porte de bronze. Il est resté ensuite immobile en prière la main sur son crucifix, avant de célébrer une messe en plein air devant 70 000 fidèles et tous ses cardinaux, sur une place Saint-Pierre remplie sans être bondée. "Demandons la grâce de ne jamais fermer les portes de la réconciliation et du pardon, mais de savoir dépasser le mal et les divergences", a dit le pape François dans son homélie, avant d'appeler les croyants à "donner leurs chances aux autres".

 

Le pape avait ouvert cette porte sainte le 8 décembre 2015, en présence du pape émérite démissionnaire Benoît XVI, absent dimanche. Selon une tradition datant du Moyen-âge, en passant cette porte, les pèlerins chrétiens ont pu demander le pardon de leurs péchés. Fait inédit, le pontife argentin a souhaité l'ouverture de milliers de portes saintes dans le monde, ouvrant personnellement la première en Afrique, à la cathédrale de Bangui.

 

Les autres portes saintes - refermées une semaine plus tôt - ont essaimé dans des sanctuaires, des camps de réfugiés, des prisons, des centres sociaux... Le pape a répété toute l'année que les hommes doivent ouvrir "les portes de leur cœur" et faire preuve de "tendresse". Il illustre sa recommandation en embrassant des milliers de pèlerins, avec une prédilection pour les sans-abri et les détenus, dont les pèlerinages ont clôturé l'année sainte en novembre.

 

Un vendredi par mois, le pape argentin est aussi allé rencontrer des enfants hospitalisés, d'anciens toxicomanes, des ex-prostituées, des prêtres défroqués pères de famille... Son apparente bonhommie s'accompagne néanmoins de propos parfois cinglants, destinés à interpeller les consciences des hommes, des gouvernements, voire des prélats. Il dénonce souvent "l'indifférence" d'une société de consommation obsédée par l'argent. "Nous sommes tous des migrants !", a lancé dans l'île grecque de Lesbos ce fils d'émigrés italiens né en Argentine, qui avait alors ramené à bord de son avion papal trois familles musulmanes syriennes. En mars, il avait lavé les pieds de onze migrants de confession chrétienne, musulmane et hindoue.

 

Plus de 20 millions de croyants sont venus à Rome spécifiquement pour cette année sainte, selon des estimations du Vatican. Les commerçants ont affiché leur insatisfaction en se souvenant du boom touristique du précédent "Jubilé" en l'an 2000 qui aurait attiré 30 millions de visiteurs. Karin Löbbe, une habitante de Brême, confirmait dimanche cette impression : "la place Saint-Pierre était pleine à craquer en 2000".

 

La faute aux attentats terroristes et à une année sainte décentralisée ? "Jean-Paul II était un pape encore plus charismatique, encore plus spirituel", réplique cette nostalgique du pontife polonais, un peu critique des discours "répétitifs" du pape François. Une jeune novice espagnole de 19 ans, de la  congrégation du "Verbo incarnato", se montrait plus inconditionnelle : "le pape s'intéresse aux pauvres, il est un exemple de charité !".

 

L'Année sainte extraordinaire de la miséricorde célèbre le 50e anniversaire de la fin du Concile Vatican II, qui avait ouvert l'Eglise sur la modernité. Car la miséricorde est synonyme aussi pour le pape d'une poursuite de cette ouverture entamée il y a un demi-siècle, seule solution pour ce réformateur de faire revenir dans le giron de l'Église les croyants tièdes.

 

Certains cercles catholiques conservateurs sont néanmoins las d'entendre parler sans cesse de justice sociale et de paix dans le monde, plutôt que des valeurs traditionnelles de l'Eglise. Quatre cardinaux ont même défié le pape cette semaine sur l'un de ses textes phares apportant une timide ouverture pour les couples divorcés remariés civilement. Ceux qui veulent "fomenter la division avec un mauvais esprit" ne l'empêchent pas de dormir, a assené le pape vendredi dans un entretien.

 

Enfin la meilleure réponse envoyée aux catholiques conservateurs est comme le montre periodistadigital.com, la signature par le pape de la lettre apostolique "Misericordia et misera" (Miséricordieuse et pauvre), qui sera présenté demain à midi et, selon de certaines sources, marque les lignes maîtresses du travail de l'Église catholique durant les années à venir. Bien que de nombreux détails de celle-ci n’ont pas été divulgués, la livraison des premiers exemplaires de la lettre nous donne idée de ce qui sera la préoccupation du pape, et de l'Église, après la fermeture de la Porte Sainte. C’est un appel à "ne jamais fermer la porte de la réconciliation et du pardon".

 

Ainsi, le premier à la recevoir fut le cardinal Tagle, président de Caritas Internationalis, qui représente Manille l'une des grandes métropoles du monde, où il y a de grandes misères et le rejet du monde civilisé; Mgr William Cushley, archevêque d'Edimbourg; deux missionnaires de la miséricorde, de la République démocratique du Congo et du Brésil; un diacre permanent du diocèse de Rome, avec sa famille, deux religieuses du Mexique et de la Corée du Sud, une famille (parents, enfants et grands-parents) des États-Unis; un couple de jeunes fiancés; deux femmes catéchistes; une personne handicapée et une personne malade. Un signe visible de ce que sera la continuation du pontificat.

 

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Publié le 19 Novembre 2016

actu.orange.fr nous montre ce samedi 19 novembre 2016 que dix-sept cardinaux ont été créés samedi par le pape François, qui façonne progressivement un collège de cardinaux à son image, moins européen, engagé dans la paix ou la justice sociale.

 

Chaque nouveau "prince de l'Église" s'est agenouillé rituellement samedi dans la basilique Saint-Pierre devant le pape pour recevoir sa "barrette" pourpre, une coiffe ecclésiastique en forme de toque quadrangulaire, ainsi que sa bague de cardinal. Seul un évêque du Lesotho, âgé de 87 ans, n'avait pas fait le voyage pour raison de santé. "Aimez, faites du bien, bénissez et priez", leur a recommandé le pape François dans une homélie, en dépeignant un monde rongé par "le virus de la polarisation et de l'exclusion". "Nous voyons comment rapidement celui qui est à côté de nous non seulement possède le statut d'inconnu ou d'immigré ou de réfugié, mais encore devient une menace, acquiert le statut d'ennemi", a-t-il déploré, en notant que "l'inimitié" existait aussi dans les communautés religieuses. "Nous provenons de pays lointains, nous avons des coutumes, des couleurs de peau, des langues et des conditions sociales différents; nous pensons de manières différentes et nous célébrons aussi la foi par des rites différents. Et rien de tout cela ne nous rend ennemis !", a-t-il insisté.

 

Les nouveaux cardinaux ont reçu des accolades des anciens, puis sont partis en autocar voir le pape émérite Benoît XVI, qui n'était pas présent comme lors des deux consistoires précédents. Le nouveau collège se compose de 228 membres susceptibles d'assister le pape dans son activité. Mais seulement 121 d'entre eux (bientôt 120) ont moins de 80 ans et peuvent siéger dans le fameux conclave qui élit un nouveau pape. Et...potentiellement succéder à l'Argentin François. Le pape François (79 ans), qui créait pour la troisième fois des cardinaux depuis son élection en 2013, a personnellement déjà nommé plus d'un tiers des électeurs. Il a expliqué que ses choix reflétaient "l'universalité de l'Église" en opposition avec une tradition jadis davantage centrée sur l'Europe.

 

De fait, 13 hommes de tous les continents sont devenus samedi des cardinaux électeurs: trois Européens, trois Américains, un Mexicain, deux Sud-américains, deux Africains, un Asiatique et un prélat d'Océanie. Quatre cardinaux de plus de 80 ans ont un statut plus honorifique. Tous sont archevêques ou évêques, à l'exception du simple prêtre albanais, Ernest Simoni, 88 ans, persécuté durant la dictature communiste d'Enver Hoxha. Condamné à mort, le père Simoni a purgé 18 ans de travaux forcés, en prison et dans des mines.

 

Choix original, celui d'un "nonce apostolique" (ambassadeur du pape) en Syrie, pays "martyr" sans cesse dans les pensées du pape. Mgr Mario Zenari n'a pas voulu abandonner le poste qu'il occupe depuis huit ans à Damas. Impliqué dans une plateforme interreligieuse pour la paix dans son pays exsangue, l'archevêque de Bangui Mgr Dieudonné Nzapalainga devient le premier cardinal de l'histoire de la Centrafrique. A 49 ans, il est nettement le benjamin des nouveaux. Le pontife argentin soucieux des "périphéries" a créé des cardinaux au Lesotho, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à l'île Maurice, au Bangladesh et en Malaisie, pays qui peuvent aussi s'enorgueillir de leur premier cardinal.

 

Autre fait marquant, le pape, qui a exercé toute sa vie religieuse en Argentine, a sélectionné un seul nom dans les rangs de la curie romaine (gouvernent du Vatican). L'Américain Kevin Farrell arrive toutefois de Dallas et a été nommé en août préfet du nouveau "dicastère" (ministère) de la laïcité, de la famille et de la vie. Deux autres Américains, les archevêques Blase Cupich de Chicago et Joseph Tobin d'Indianapolis, ont été pointés comme des prélats plutôt "progressistes" par la presse spécialisée, défendant notamment la place des femmes dans l'Église ou l'immigration. Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, a pour sa part déjà soulevé la question du maintien du caractère obligatoire du célibat des prêtres.

 

Dans le nouveau conclave, ils seront désormais 45% d'électeurs venus d'Europe (contre 52% lorsque le pape François fût élu en mars 2013), 14% d'Amérique du nord, 12% d'Afrique, 12% d'Asie, 11% d'Amérique du sud, 3% d'Amérique centrale, et 3% d'Océanie. Le rééquilibrage devient plus en phase avec la présence majoritaire de croyants dans l'hémisphère sud de la planète, alors que l'Europe se sécularise.

 

Espérons qu’ils pourront ouvrir l’Église, et comme le pape François l’a déclaré le vendredi 18 novembre l’Église n’exclue personne plus encore ceux qui se considèrent eux-mêmes en dehors de la communauté ecclésiale «en raison de leur échec matrimonial», lors d’une rencontre avec les évêques participant à un cours au Tribunal de la Rote romaine.

 

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Publié le 17 Novembre 2016

Christopher Lamb dans son article pour The Tablet du mercredi 16 novembre nous montre que le pape croit que les questions posées sur les divorcés remariés sont conçues pour le forcer à mettre le débat sur les termes de cardinaux ultra conservateurs. Le pape François refuse donc de tomber dans le «piège» fixé par le cardinal Burke et ses alliés sur des soit disant «erreurs» dans Amoris Laetitia notamment sur la communion des divorcés remariés, c’est pour cela qu’il n’a n'a pas répondu au groupe mené dans lequel se trouve aussi le cardinal Joachim Meisner, archevêque retraité de Cologne, le cardinal Carlo Caffarra, archevêque retraité de Bologne, et le cardinal Walter Brandmüller, ancien responsable du comité des sciences historiques du Vatican.

 

Le pape François estime que leurs questions sont un piège et il a choisi de ne pas participer à un débat qui semble aller sur les termes des cardinaux et conçu pour le faire revenir aux anciennes règles. Il a également définitivement approuvé la position des évêques argentins qui est de donner la communion aux catholiques divorcés remariés dans certains cas, tout en laissant aux évêques de choisir individuellement sur ces cas en général, pour ceux qui feront appel à eux.

 

Pour ces cardinaux ultraconservateurs c'est le nœud du problème. Ce n’est pas tant la «confusion» sur le document, qui leur pose problème mais que le pape s’est prononcé en faveur de la conscience personnelle, du discernement et du pouvoir de décision sur ces sujets pour les églises locales. C'est effrayant pour eux parce que cela signifie qu’ils doivent secouer l'enseignement pontifical clair et sans équivoque.

 

Le pape François sait aussi que la plupart des catholiques sont d' accord sur l’ouverture envers les divorcés remariés et qu’Amoris Laetitia reflète la réalité d’un nombre incalculable de paroisses. Et il est sans doute sceptique quant à l'affirmation selon laquelle les fidèles sont «confus» venant d’un seul groupe de cardinaux qui n’est pas actuellement engagé en première ligne dans la pastorale. Ici le pape François fait le pari que son enseignement sera celui qui résistera à l'épreuve du temps.

 

Cela n’empêche pas comme nous le montre periodistadigtal.com le mercredi 16 novembre 2016 que le cardinal Raymond Leo Burke tempête dans une interview à National Catholic Register qu’il met en garde le pape de corriger les «doutes» «clairs» des 4 cardinaux à propos des «confusions» de l’encyclique, sinon  les cardinaux ultraconservateurs feront «un acte formel de corriger une grave erreur.»

 

Une menace qui provoque un certain étonnement au Saint-Siège plutôt que de la peur. Et, comme l’explique des experts de droit canon en  Espagne et à Rome, Mgr Burke s’est jeté dans une piscine sans eau. «Il n’existe pas une tel cas de figure, ou d’autres similaires, en droit canonique. C’est de la folie absolue», dit l'historien Juan Mari Laboa, l'un des plus grands experts sur le sujet. Comme il le montre, le seul qui peut se corriger formellement est le pape, et il pourrait appeler les quatre cardinaux rebelles pour leur retirer leur barrette comme à l’époque de Pie XI.

 

Dans l'entourage du pape, en attendant, ils prennent patience face à l’énième attaque par des cardinaux ultraconservateurs. Le pape lui-même, qui accuse un peu moins Mgr Burke d'être un hérétique, a fait un appel curieux pour «supporter patiemment les gens ennuyeux» lors de l'audience mercredi. Malgré ce que peuvent prétendre les quatre cardinaux opposés au pape, pour l'instant il n'y a pas eu de réaction officielle du Vatican, ni d’attente à ce sujet. Le pape François a rencontré lundi avec les chefs des dicastères de la curie romaine, mais la réunion ne portait pas sur une réponse à la demande de Mgr Burke, Mgr Brandmuller, Mgr Caffarra et Mgr Meisner.

 

La chose la plus proche d'une réponse est celle du cardinal Kevin Farrell, préfet du conseil pontifical pour les laïcs, la famille et la vie, qui, dans une interview à paraître aujourd’hui dans le National Catholic Reporter règle la question, en soulignant qu’«honnêtement, je ne vois pas comment et pourquoi certains évêques semblent penser qu'ils ont à interpréter ce document». Quelques mots similaires à ceux déjà dits par son homologue Blase Cupich. Pendant ce temps, le jésuite Antonio Spadaro a répondu sur son profil Twitter avec les mots qu’utilisait le cardinal Schönborn pour faire la présentation officielle d’Amoris laetitia. «C’est un acte du magistère, ainsi il n’y a pas la même question qui donne la réponse que vous voulez», dit le journaliste italien.

 

Luis Ferrando Lada n’a sans doute pas tort de voir dans periodistadigital.com ces quatre cardinaux comme des scribes et des pharisiens vêtus de pourpre qui sont seulement préoccupé par l'interprétation et l’application stricte de la loi, voulant piéger le pape à travers une lettre. Une telle technique n’est pas digne de ces ecclésiastiques de haut rang. Surtout quand l'intention de ceux-ci se cache dans des prétextes pieux.

 

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Publié le 16 Novembre 2016

Pierre Granier dans cathobel.be nous montre le mardi 15 octobre 2016 que le pape François a transmis un message à Salaheddine Mezouar, ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc et président de la COP 22, qui se déroule à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre. Il y a expliqué que les problèmes liés à la défense de l’environnement soulevaient un défi «éducatif et culturel».

 

Le pape a en effet estimé qu’il n’était pas possible de réduire les solutions «à la seule dimension économique et technologique». Au contraire,  il est essentiel et nécessaire, selon lui, de «prendre aussi attentivement en considération les aspects éthiques et sociaux du nouveau paradigme de développement et de progrès». «Le style de vie fondé sur la culture du rebut est insoutenable et ne doit pas trouver de place dans nos modèles de développement et d’éducation»,  a-t-il confié au président de la COP 22.

 

L’accord de Paris, entré en vigueur le 4 novembre dernier, «encourage la solidarité envers les populations les plus vulnérables», a par ailleurs estimé le pape François. Pour ce dernier, cette nouvelle conférence représente une étape centrale dans le parcours tracé par la COP 21. Le pontife a ainsi encouragé tous les pays participants à la conférence de Marrakech à être animés «du même esprit de collaboration manifesté durant la COP 21».

 

Cette vue du pape François semble épouser parfaitement le nouveau plan stratégique adopté par la Conférence des évêques catholiques  des États-Unis (USCCB) le 15 novembre lors de son assemblée générale d'automne comme le montre NCRonline.org et qui reflète les efforts du pape François pour établir une église plus miséricordieux et d'accompagnement, a déclaré l'archevêque qui a dirigé le processus de planification. Le plan, adopté par un vote de 199 voix contre 4 avec deux abstentions, et les travaux de la conférence et de ses comités se mettront en place à partir de 2017 jusqu'en 2020. Ils prendront effet en janvier.

 

Le plan intègre le thème «Rencontrer la miséricorde du Christ et accompagner son peuple avec joie» et met en avant cinq priorités : l'évangélisation, le mariage et la vie de famille, la vie humaine et la dignité, les vocations, et la liberté religieuse. Au total, les cinq priorités identifient plus de 740 projets individuels à accomplir au cours des quatre prochaines années. Le cardinal Joseph Tobin d'Indianapolis, qui a été récemment été nommé archevêque de Newark, au New Jersey, a demandé ce qui dans le plan pourrait répondre au souci de l'environnement et des personnes qui éprouvent les effets négatifs du changement climatique. L’archevêque de la Nouvelle Orléans Gregory Aymond lui a répondu que les travaux du plan sur l'environnement, le changement climatique et la réponse aux besoins des personnes en marge de la société concernent dans le monde entier dans la priorité à la vie et la dignité de la personne humaine.

 

Dans cette section, l'un des domaines abordés comprend l'enseignement et la défense de ce que le pape a décrit comme l'écologie intégrale, «mettant l'accent sur la dégradation de l'environnement et son impact sur la vie des personnes les plus vulnérables.» Le document de 28 pages offre un aperçu du plan et décrit plusieurs domaines spécifiques pour traiter de chaque priorité. Une grande partie du plan a été élaboré pour aider les personnes de tous âges ainsi que les familles, les gens dans leur vie quotidienne et pour d'encourager les actions qui portent sur ce qui est décrit comme une «disciple missionnaire».

 

Un autre passage dans le plan souligne que l’Église doit être «un chemin d'espoir pour les personnes qui ont besoin d'une étreinte amoureuse quand ils font face aux défis du monde.» En outre, le document indique, «Le plan stratégique de l’USCCB existe pour servir la mission d'évangélisation confiée d'une manière particulière à chaque évêque, c’est l'outil dont comptent les évêques américains pour mettre en avant leurs priorités, organiser, et optimiser les ressources des bonnes œuvres qui permettront à la conférence de remplir sa mission.»

 

Mais ce choix de se centrer sur l’environnement et les personnes en marge de la société sera-t-il porteur ? Les évêques américains n’ont pas été connus comme les vibrants défenseurs de ces deux choses. Vatican Insider nous montre que le doute est permis quand on voit  que les évêques des États-Unis ont choisi Daniel DiNardo, archevêque de Galveston-Houston, comme président de la Conférence épiscopale américaine, aura parmi ses principales tâches est de guider les relations entre les dirigeants de l'administration de l'Église et Donald Trump. Di Nardo, est un défenseur de la cause pro-vie, et il a été vice-président de la Conférence épiscopale. Son vice-président tandis l'archevêque de Los Angeles, José Horacio Gómez, né au Mexique et formé dans l'Opus Dei. Deux hommes assez conservateurs peu portés vers le progressisme.

 

Hier, les évêques américains ont approuvé une déclaration dirigée à l'administration entrante du président élu Donald Trump qui dit : «Nous allons travailler à promouvoir des politiques humaines qui protègent la dignité inhérente des réfugiés et des immigrants, gardent les familles ensemble, et honorent et respectent les lois de la nation.» Intéressant, mais Vatican Insider montre que le pape ne veut pas seulement des mots mais des actes venant des évêques américains. «Notre grand défi est de créer une culture de la rencontre, qui encourage à briser les murs et à construire des ponts ... Nous sommes appelés à être porteurs de bonnes nouvelles pour une société en proie à des changements vertigineux et à une polarisation croissante». C’est par ses mots très clairs que le pape François s’est adressé aux évêques américains, réunis à Baltimore.

 

Mais le pape sait sans doute déjà que l’USCCB est déjà hors-jeu et qu’elle fait partie de cette vieille Amérique est qui en train de mourir pendant qu’une autre naît, portée par la montée en puissance des minorités et l’ouverture culturelle de la nouvelle génération, les millennials. Jeune, métissée, progressiste, plus urbaine, plus éduquée (les femmes le sont plus que les hommes), moins religieuse, plus favorable à la légalisation de la marijuana, c’est elle qui a élu Obama, qui a obtenu le doublement du salaire minimum dans plusieurs États, refuse le fracking (pour extraire le pétrole et le gaz de schiste) au motif du développement durable, est pour le développement d'écoles maternelles, du congé parental, d’un contrôle des dérives policières et qui réclame l’instauration d’un système public de santé et la réduction des inégalités. Ce sont ces électeurs qui ont refusés de voter Hillary Clinton et Donald Trump. Espérons qu’en France, la génération portée par Nuit Debout puisse aussi ouvrir la France à autre chose que le défaitisme.

 

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Publié le 15 Novembre 2016

Nicolas Senèze dans on article du lundi 14 novembre 2016 pour la-Croix.com nous montre que les cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner ont rendu publique une lettre adressée au pape, énumérant des dubia (doutes) sur l’exhortation publiée par le pape François après le synode sur la famille.

 

Quatre cardinaux ont rendu publique, lundi 14 novembre, une lettre au pape François dans laquelle ils expriment un certain nombre de doutes (dubia) à propos de l’exhortation apostolique Amoris laetitia. Par ce geste inhabituel, les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner affirment ne pas vouloir s’opposer au pape mais, celui-ci n’ayant pas répondu à leur lettre du 19 septembre, ils interprètent «cette décision souveraine (…) comme une invitation à continuer cette réflexion et cette discussion calme et respectueuse». «Nous voulons espérer que personne n’interprétera cette démarche en fonction du schéma “progressistes-conservateurs”», assurent les quatre cardinaux. Ils représentent néanmoins l’aile plus conservatrice du Sacré Collège mais assurent qu’ils veulent seulement «aider le pape à prévenir des divisions et des oppositions au sein de l’Église, en lui demandant de dissiper toute ambiguïté».

 

Publiées sur le blog du vaticaniste Sandro Magister, les questions des quatre cardinaux portent notamment sur le chapitre 8 d’Amoris laetitia. En particulier sur les paragraphes 300 à 305 sur l’éventuel accès aux sacrements de divorcés remariés. Selon eux, «des théologiens et des chercheurs ont proposé des interprétations non seulement divergentes, mais même contradictoires» et cela provoquerait «de l’incertitude, de la confusion et du désarroi chez un grand nombre de fidèles». Les quatre cardinaux demandent ainsi si «l’expression “dans certains cas” de la note 351 de l’exhortation Amoris lætitia» suggérant la possibilité d’accès aux sacrements de personnes «dans une situation objective de péché», peut «être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre more uxorio (comme des époux)».

 

«L’enseignement de l’encyclique de saint Jean-Paul II Veritatis splendor (…) à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?», interrogent plus largement les quatre cardinaux. Ils demandent s’il est «encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère, se trouve dans une situation objective de péché grave habituel». En langage canonique, les dubia («doutes», en latin) sont des questions formelles posées au Saint-Siège appelant à une réponse «oui» ou «non», sans argumentation théologique.

 

Manifestement, en utilisant cette technique et en continuant à employer des expressions telles que «intrinsèquement mauvais» ou «situation objective de péché grave habituel», les cardinaux ne semblent pas avoir compris ce que le pape explique pourtant clairement au n° 300 d’Amoris laetitia. Il y affirme «qu’on ne devait pas attendre du Synode ou de cette exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas».

 

Mais comme le montre periodistadigital.com, le nouveau cardinal Blase Cupich assure se sentir un peu déçu par ces prélats dissidents qui «ne comprennent pas ce que cela signifie d'être un évêque dans l'Église catholique». Donner une vision plus ecclésiale à ces évêques qui en manquent, est selon lui difficile car ils ne veulent pas suivre le «chemin de conversion» auquel le pape invite toute l'Église.

 

Ce camp conservateur va vite déchanter comme le montre Cameron Doody dans son article du lundi 14 novembre 2016 pour periodistadigital.com où le pape François apprivoise l'archi-conservatrice Académie pontificale pour la Vie. Dans le nouveau statut de l'Académie, publié samedi, disparaît l’invitation aux universitaires de signer l’agressif «Serment des Serviteurs de la vie». À son tour, ils ont proposé un «soin de la dignité de la personne» mesuré à chaque étape de sa vie, tout à fait dans la ligne du dialogue qui distingue le pontificat actuel.

Le renouvellement de la raison d'être de l'Académie par le pape vient après les changements de personnel, qu’il a entrepris en août, en faveur d’une logique d’ouverte des prélats à travers la miséricorde pastorale, et après avoir remplacé le cardinal Sarah à la cérémonie d'ouverture de l'année académique de l’Institut Jean-Paul II, une organisation à laquelle l'Académie est liée depuis la création du nouveau ministère pour les laïcs et la vie de famille. Les trois ordres spécifiques de l'Académie restent les mêmes qu'en 2004, même si ces statuts subissent une dernière modification. Sont alors  à étudier les questions liées à la promotion et à la défense de la vie, à la formation à la «culture de la vie» et un rapport sur les résultats de leurs investigations.

 

Ce qui est nouveau, en revanche, est le paragraphe suivant, absent dans la rédaction des statuts 2004. Selon l'Académie : « ... L'étude des différents aspects liés à la prise en charge de la dignité de la personne humaine à différents âges de l'existence, le respect mutuel entre les sexes et les générations, la défense de la dignité de tout être humain, la promotion de la qualité la vie humaine qui intègre la valeur matérielle et spirituelle, avec la perspective d'une authentique «écologie humaine» pour aider à rétablir l'équilibre originel de la création entre la personne humaine et l'univers entier.»

 

Il disparaît dans la nouvelle constitution, à son tour, toute référence à l'article 5 du combatif «Serment des serveurs de la vie», écrit par le premier président de l'Académie, Jérôme Lejeune en 1994. Le serment se lit, en partie : «Dès le moment de la conception la personne est inaliénable. Pour les ovules fertilisés, les embryons, les fœtus, les nouveau-nés fécondés, on ne peut pas se débarrasser d'eux ou les vendre. Personne ne peut les soumettre à quelconque expérience.» «La Nouvelle Académie s'engage à promouvoir et défendre les principes relatifs à la valeur de la vie et à la dignité de la personne humaine». Cette clause est ce qui reste dans la nouvelle formulation de l'ancien serment, qui annonce que le pape veut une défense de la culture de la vie plus calme, paisible et respectueuse de la culture d’aujourd'hui.

 

Les deux modifications, en combinaison avec l'abolition de l'adhésion à vie à l'Académie, et du lien de l'Académie avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, permettent ainsi au pape François de remodeler la composition et la mission de cette Académie dans son approche d’une unité de soins intensifs d'un «hôpital de campagne» que serait l’Église. Pas sûr que cette vision plaise à nos quatre cardinaux renégats.

 

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Publié le 12 Novembre 2016

Marie Malzac dans son article pour la-Croix.com du jeudi 10 novembre 2016 nous montre que une interview à Antonio Spadaro, publiée dans le nouvel ouvrage du directeur de La Civiltà cattolica, présenté jeudi 10 novembre à Rome, le pape soutient que, dans le domaine liturgique, «parler de réforme de la réforme est une erreur».

 

Interrogé sur l’attachement d’une partie des catholiques à certains aspects liturgiques traditionnels, le pape François répond que «Benoît XVI a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité de certains groupes et personnes qui ressentaient de la nostalgie et s’éloignaient. Mais c’est une exception. C’est pour cela que l’on parle de rite ‘extraordinaire’».

 

Le pape contrairement au cardinal Robert Sarah ne vaut pas d’un retour en arrière. «Vatican II et la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium doivent continuer d’être appliqués tels qu’ils sont. Parler de ‘réforme de la réforme’ est une erreur», poursuit le pape, désavouant ainsi des propos tenus récemment par le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

 

«J’essaie de comprendre ce qu’il y a derrière des personnes qui sont trop jeunes pour avoir vécu la liturgie préconciliaire mais qui la veulent quand même», se questionne le pape dans son entretien avec le P. Spadaro. «Parfois, je me trouve face à des personnes très rigides, face à une attitude de rigidité». «Et je me demande : pourquoi tant de rigidité ?», poursuit-il, indiquant que celle-ci cachait «toujours quelque chose : de l’insécurité, ou même autre chose». Et d’ajouter : «La rigidité est défensive. Le véritable amour ne l’est pas». Pour le pape François, le «traditionalisme rigide n’est pas bon». Au contraire, «la tradition fleurit», si elle se fonde sur la «fidélité».

 

Le pape fait une mise au point salutaire et montre à ceux qui croient que la Tradition est un bloc monolithique, mais qu’elle a source dans la passé, le présent et l’avenir. La Tradition n’est pas immuable, elle est en mouvement. Après tout si l’on croit le pape François : «L’homélie est toujours politique, car vous la faites au milieu de la Polis, au milieu du peuple».

 

Nicolas Senèze nous montre dans la-Croix.com nous montre aussi que dans le cadre des «vendredis de la miséricorde», le pape François s’est rendu dans l’après-midi du vendredi 11 novembre dans le quartier de Ponte di Nona, à l’extrême est de Rome où il a rencontré, dans un appartement, sept familles toutes fondées par d’anciens prêtres ayant quitté le sacerdoce. Un vendredi par mois, depuis le début du Jubilé, le pape part rendre discrètement visite à des personnes défavorisées ou marginalisées pour illustrer les œuvres de miséricorde.

 

«Le Saint-Père a voulu offrir un signe de proximité et d’affection à ces jeunes qui ont fait un choix pas toujours accepté par leurs frères prêtres et la famille», note le Vatican dans un communiqué. «Après plusieurs années consacrées au ministère sacerdotal en paroisse, il est apparu que la solitude, l’incompréhension, la fatigue causée le grand effort de responsabilité pastorale ont mis en crise leur choix initial de la prêtrise, continue la Salle de presse du Saint-Siège. Des mois et des années d’incertitude et de doute les ont souvent conduits à croire qu’il avait fait, avec le sacerdoce, le mauvais choix. D’où leur décision de quitter la prêtrise et de fonder une famille.»

 

Quatre des jeunes pères de famille rencontrés par le pape étaient d’anciens curés du diocèse de Rome, dont le pape est l’évêque, les autres venants de Madrid (Espagne), d’Amérique latine et de Sicile. Selon le Vatican, l’arrivée du pape dans l’appartement «a été marquée par un grand enthousiasme», les enfants se rassemblant autour de François pour l’embrasser tandis que les parents «ne retenaient pas leur émotion».

 

«La visite du Saint-Père a été très appréciée par toutes les personnes présentes qui n’ont pas ressenti pas le jugement du pape sur leur choix, mais sa proximité et l’affection de sa présence», précise le Saint-Siège selon qui le pape a écouté les anciens prêtres et s’est tenu au courant des procédures canoniques en cours. «Sa parole paternelle a rassuré tout le monde sur son amitié et la certitude de son intérêt personnel», conclu le Vatican selon qui François a une nouvelle fois «voulu donner un signe de la miséricorde à ceux qui vivent une situation de détresse spirituelle et matérielle, et que personne ne doit se sentir éloigné de l’amour et de la solidarité des pasteurs».

 

Cette visite s’est terminée vers 17 h 20 après quoi le pape est rentré au Vatican. Il s’agissait du dernier «vendredi de la miséricorde» de l’année jubilaire. Une miséricorde dont aurait aussi besoin des catholiques de Coire qui souhaitent que le pape ne nomme pas tout de suite un nouvel évêque après le départ à la retraite du contesté Vitus Huonder comme le montre tdg.ch le vendredi 11 novembre 2016.

 

Le pape doit surseoir à la nomination d'un nouvel évêque de Coire et nommer un administrateur apostolique le temps d'apaiser la situation dans le diocèse. C'est ce que demande une pétition lancée vendredi par l'alliance «Es reicht!» («Ça suffit!»). L'alliance regroupe une douzaine d'associations catholiques. Sa pétition reprend une demande déjà formulée lors d'une réunion en 2014 à St-Gall: elle exige que l'évêque Vitus Huonder ne soit pas remplacé après son départ à la retraite l'an prochain, peut-on lire dans le texte de la pétition présentée vendredi à Coire. À la place d'un nouvel évêque, le Vatican est appelé à désigner un administrateur apostolique qui soit rassembleur et qui représente une Église proche des hommes et des réalités de la vie, écrit l'alliance.

 

La pétition en ligne peut être signée jusqu'à la fin de l'année. Elle sera ensuite envoyée au nonce apostolique en Suisse, qui la transmettra ensuite au pape à Rome et à la Conférence des évêques suisses. Le diocèse de Coire couvre les cantons de Zurich, Schwyz, Nidwald, Obwald, Uri, Glaris et des Grisons. Martin Kopp, vicaire général de Suisse centrale (UR, SZ, NW et OW), a lui aussi appelé à nommer un administrateur apostolique. Dans un entretien accordé au Tages-Anzeiger et au Bund en novembre, il a déclaré qu'il est «clair que le diocèse ne peut plus continuer à fonctionner comme maintenant», car sa gestion ne correspond pas à la vision des fidèles de la région.

 

Pour le vicaire, si le successeur poursuit la politique actuelle, «l'évêché est mort». Zurich, Uri, Schwyz, Obwald et Nidwald se sépareront de l'évêché de Coire. L'idée d'un nouveau départ est «largement partagée», a-t-il ajouté. Espérons que cette idée soit aussi partagée par le pape François pour permettre à l’évêché de Coire de se rassembler pour mettre en avant des jours nouveaux.

 

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Publié le 7 Novembre 2016

Bernadette Sauvaget, envoyée spéciale à Lourdes, nous montre aujourd’hui sur Libération.fr que pressés de tourner la page, les évêques catholiques font repentance à Lourdes sur les questions de pédophilie. Et discutent politique : déjà, en octobre, ils s'étaient fait remarquer avec la publication d’un texte prenant clairement ses distances avec les thèmes identitaires de la droite décomplexée.

 

Un lundi long comme un jour sans pain. Empêtré dans les scandales de pédophilie depuis l’automne dernier, l’épiscopat français, réunis à Lourdes, se prépare à jeûner, ce 7 novembre, pour faire repentance. La centaine d’évêques en activité, présents pour cette assemblée plénière d’automne, va surtout tirer le bilan du dispositif mis en place, il y a six mois. Même si la vague de révélations n’atteint pas (pour le moment) le niveau de celles qui ont eu lieu dans le courant des années 2000 en Irlande ou aux États-Unis, plusieurs affaires emblématiques comme celle de l’abbé P. à Lyon ont mis au jour le silence qui régnait sur des cas anciens. Sous la pression d’associations de victimes, comme la Parole Libérée à Lyon, les responsables catholiques tentent d’apurer ce passé.

 

Ce lundi, les évêques vont aussi parler politique à la suite de la publication, en octobre, d’un texte remarqué, prenant ses distances avec les thèmes identitaires de la droite décomplexée. «Il était temps que les évêques s’expriment», remarque Marc Leboucher, éditeur et écrivain catholique. Pour la frange ouverte et proche du pape François, c’est une sorte de soulagement. «L’enjeu désormais est que le texte soit partagé par tous les évêques», souligne un responsable religieux. De fait, les thèmes développés prennent à rebrousse-poil l’aile conservatrice et très active, tel Mgr Dominique Rey à Toulon qui avait reçu Marion Maréchal-Le Pen, fin août 2015, lors de son colloque annuel.

 

En fait, une période de transition est en train de s’ouvrir. Pour l’épiscopat français, la grande affaire des prochains mois sera la succession du cardinal André Vingt-Trois à la tête de l’archevêché de Paris, un poste stratégique. Sans être évoqué publiquement à Lourdes, le dossier est dans toutes les têtes. Les évêques partent théoriquement à la retraite à 75 ans. Mais pour les sièges épiscopaux très importants comme celui de Paris, il est de coutume que le mandat soit prolongé de quelques années. Fatigué de sa charge, Vingt-Trois, atteint par la limite d’âge à l’automne prochain, a fait savoir urbi et orbi, qu’il ne ferait pas «un jour de plus». Le petit monde catholique français bruisse de rumeurs, établit ses pronostics. Parmi les favoris, il y aurait l’un des poulains de l’archevêque de Paris, Michel Aupetit, en charge du diocèse de Nanterre, démographiquement l’un des plus importants en France.

 

De l’avis des spécialistes, le dossier de Paris est déjà sur le bureau du pape. «Le choix du successeur sera celui de François lui-même», pointe l’écrivaine et journaliste Christine Pedotti. En 2005, le cardinal Lustiger avait imposé à un Jean-Paul II quasiment à l’agonie le nom d’André Vingt-Trois. Il est peu vraisemblable que ce scénario se reproduise. Pour le moment, le pape François n’a guère imprimé sa marque sur l’épiscopat français. Avec la nomination de l’archevêque de Paris, c’est l’occasion. À un Aupetit, spécialiste des questions bioéthiques, le pape pourrait préférer un profil plus social (comme l’évêque du Havre Jean-Luc Brunin, bon connaisseur aussi des relations islamo-chrétiennes et bête noire de La Manif pour tous) ou un homme de confiance choisi chez les jésuites, l’ordre religieux dont il est issu. «L’épiscopat français s’est assagi depuis de nombreuses années, analyse le politologue Gaël Brustier. C’est l’aile conservatrice qui se fait bruyamment entendre. Quant la gauche catholique, elle n’est pas organisée.» L’assemblée de Lourdes va permettre à chacun d’évaluer les équilibres. En attendant d’autres changements.

 

la-Croix.com nous montre enfin que les évêques ont célébré une messe «pour le pardon des péchés» commis par les membres du clergé, dans un geste très fort à l’issue de cette année de la miséricorde. Ils ont reconnu avoir «failli» dans leur mission en restant parfois silencieux, et se sont engagés à «déraciner l’arbre du mal» de la pédophilie dans l’Église, ainsi qu’à mieux écouter les victimes, à travers l’homélie de Mgr Luc Crepy, évêque du Puy. Ce dernier a  aussi mis en cause la volonté de «sauvegarder l’image de respectabilité de l’Église», «la peur du scandale».

 

Mais dans LeMonde.fr et franceinfo.fr l’association La Parole libérée, à l’origine de l’affaire lyonnaise, reste perplexe. «Le temps de prière de lundi, les cellules d’écoute sont potentiellement une bonne chose, mais s’il n’y a pas de volonté de l’Église derrière, c’est insuffisant», estime son président, François Devaux. Au-delà des mesures prises et de la messe prévue aujourd'hui, il est important «d'envoyer un signal fort et de l'y associer avec des paroles fortes, comme la tolérance zéro, des actes clairs et nets qui sont un peu tardifs à venir.»

 

Tourner la page est-elle possible quand on voit que les évêques conservateurs veulent mettre les problèmes sous le tapis. Il est sans doute temps de changer une bonne partie de la hiérarchie qui ne s’est pas montré ouverte à l’écoute des victimes des prêtres pédophiles pour partir sous un jour nouveau. Pour que cela soit possible, l’Église de France doit profondément réformer son fonctionnement et son positionnement moral pour retrouver la confiance des fidèles. Cela sera difficile, et espérons que Jean-Luc Brunin soit le prochain archevêque de Paris plutôt que Michel Aupetit.

 

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Publié le 5 Novembre 2016

LaDepeche.fr nous montre ce samedi 5 octobre que depuis hier et jusqu'à mercredi, Lourdes accueille l'assemblée plénière des évêques, au Sanctuaire. Une occasion pour eux de s'interroger sur la baisse de l'engagement religieux.

 

«Il ne faut pas laisser planer le nuage toxique de l'angoisse vocationnelle», commence Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. Par sa casquette de président du conseil épiscopal pour la pastorale des enfants et des jeunes, il a participé au Congrès international des vocations à Rome. Pendant deux jours, avec les évêques présents à Lourdes, ils vont travailler sur la façon de relancer la vocation chez les jeunes. «On demande à des prêtres de moins en moins nombreux d'être tout aussi présents. Nous sommes condamnés à n'être plus nulle part, commence l'évêque de Pamiers, Mgr Jean-Marc Eychenne, il faut vivre le non-cumul des mandats pour s'investir totalement.»

 

Tous s'accordent pour dire que les jeunes doivent être accompagnés, guidés, pour pouvoir se lancer. Mgr Dominique Rey, l'évêque de Toulon, a demandé à des futurs prêtres diocésains les raisons de leur engagement. L'utilité, le service des autres, le chemin le plus court vers la sainteté les encouragent. Pourtant, des peurs persistent, comme la durée des études, le célibat, la surcharge de responsabilités. Mgr Laurent Ulrich, évêque de Lille, demande aux paroisses de «développer la dimension intergénérationnelle des activités», pour toucher le plus de jeunes. «Le sujet des vocations ne doit plus être tabou dans les communautés ou dans les familles.» Le sujet continue d'animer la séance plénière ce matin, mais comme le montre la-Croix.com leurs échanges se sont engagés dans un début de réflexion sur les laïcs en mission ecclésiale, qui se poursuivra au printemps. Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard a invité ses confrères à engager un travail sur la notion de «sacerdoce commun». Ce souhait, repris notamment par Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, a illustré la volonté d’une majorité d’évêques d’envisager l’appel au sacerdoce d’une manière globale et d’y associer l’ensemble de la communauté chrétienne.

 

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a toutefois mis en garde l’assemblée contre l’idéalisation de la figure du prêtre. «Il est illusoire de vouloir mettre en place les conditions d’une vie sans épreuve, ce qui vaut d’ailleurs pour le mariage. Il faut que les candidats à la prêtrise, comme les couples qui se destinent au mariage, soient préparés aux épreuves qu’ils devront traverser. Ce discours de vérité est essentiel sinon nous sommes coupables de raconter des calembredaines alors que nous savons très bien que le sacerdoce, comme le mariage, est constitué d’épreuves à surmonter.»

 

Cette inclinaison pour un discours de vérité s’est retrouvée dans de nombreuses interventions, dont les auteurs avaient le souci manifeste de ne pas rabaisser l’exigence de l’appel au sacerdoce, ce qui peut être tentant quand les volontaires se font plus rares «Un prêtre diocésain n’est pas un prêtre au rabais. Il ne doit pas devenir un prestataire de services mais accompagner dans la progression de la foi des fidèles qu’il n’a pas choisis. Il y a aussi une radicalité dans le choix de devenir prêtre diocésain», a insisté Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre.

 

C’est bien à une réflexion sur la vocation au sens large qu’ont voulu s’atteler les évêques, conscients que la baisse du nombre de prêtres et l’appel de l’Église à des laïcs en mission ecclésiale conduit à une «transformation de la structure ministérielle », c’est-à-dire à repenser la mission profonde des uns et des autres.

 

Il n’est donc pas anodin que le thème des laïcs en mission ecclésiale – ils sont actuellement 9000 en France, pour environ 5 000 prêtres de moins de 75 ans et 2 000 prêtres «venus d’ailleurs» – ait immédiatement suivi l’échange des évêques sur les vocations sacerdotales. Au cœur de cette réflexion, introduite par le père Christian Delarbre, vicaire général du diocèse d’Agen : les laïcs doivent-ils remplir une fonction ou une mission ? «La question de leur enracinement spirituel et ecclésial est essentielle», a-t-il esquissé, ouvrant un champ large de discussions aux évêques, pour un débat qu’ils reprendront lors de leur assemblée de printemps.

 

Intéressante réflexion que celle de la crise du sacerdoce et du rôle des laïcs, mais le sacerdoce pour la jeunesse est une vie difficile à laquelle on peut rajouter la mauvaise image de l’Église actuelle qui ne rend pas plus engageante cette vocation. Malheureusement, la mission profonde des laïcs dans l’Église n’est pas encore repensée.

 

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Publié le 4 Novembre 2016

LeParisien.fr nous montre que les quelques 120 évêques catholiques de France sont réunis depuis ce vendredi 4 novembre 2016 à Lourdes pour une assemblée de six jours dont le temps fort, lundi, sera une journée "de prière et de pénitence" inédite pour les victimes de pédophilie, après des mois de scandales. Cette assemblée plénière d'automne, plus étoffée que celle qui se tient au printemps, se déroule en l'absence du président de la Conférence des évêques de France (CEF) et archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, 73 ans, au repos après un malaise le 17 octobre.

 

En amont de cette session, le numéro 2 du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, a adressé aux évêques français un message au nom du pape François. "Dans un contexte encore marqué par les attentats qui ont meurtri votre pays et dans la perspective d'échéances électorales importantes, le Saint-Père vous encourage à aider les habitants de France à affermir leur espérance et à contribuer à la recherche du bien commun", est-il indiqué dans cette lettre transmise à l'AFP. Le conseil permanent de la CEF avait publié il y a trois semaines une lettre "aux habitants de France" inquiète sur l'état de la société française.

 

Lundi, les évêques vivront dans le sanctuaire marial un "temps de prière et de pénitence consacré aux victimes de la pédophilie", après des mois de révélations d'abus sexuels dans plusieurs diocèses, dont celui de Lyon. Ils en profiteront pour faire un "point d'étape" sur les mesures renforcées de prévention et de lutte contre la pédophilie annoncées en avril dernier.

 

L'assemblée consacrera en outre de longs débats à la question des vocations sacerdotales, cruciale dans un pays où le nombre de prêtres catholiques a presque été divisé par deux en vingt ans. Le pape a souhaité que ces échanges puissent "manifester" la "sollicitude pastorale" des évêques envers les jeunes.

 

 

L'assemblée traitera aussi de l'évangélisation dans les quartiers populaires - à l'occasion du 60e anniversaire de la Mission ouvrière - et dans un monde rural en mutation : des "périphéries" qui doivent être le cadre d'"un nouvel élan pour la mission de l'Église en France", a souligné le Vatican. Les évêques écouteront également, à huis clos, le cardinal Jean-Louis Tauran, l'un des piliers de la curie romaine, qui viendra leur parler du dialogue avec les musulmans, difficile dans les milieux catholiques les plus conservateurs.

 

La Conférence des évêques à Lourdes devra comme le montre Radio Vatican discuter sur des sujets comme les vocations sacerdotales diocésaines, la situation politique et religieuse de la France, le dialogue avec les musulmans, mais aussi les implications pastorales d’Amoris laetitia, ainsi que la pastorale en monde ouvrier et populaire et en monde rural et la lutte contre la pédophilie.

 

Pour le pape la CEF devra s’y mettre sérieusement pour «avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de l’Évangile, sera, à n’en pas douter, l’occasion d’un nouvel élan pour la mission de l’Église en France» et «ouvrir des chemins nouveaux pour que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu». Il faut dire que certains évêques ne sont pas en phase avec cet idéal, il faudra qu'ils forcent leur nature.

 

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Publié le 1 Novembre 2016

Le pape François exhorte les catholiques suédois au dialogue œcuménique

Nicolas Senèze (à Malmö) nous montre dans son article pour la-Croix.com que le pape François a célébré, mardi 1er novembre au stade Swedbank de Malmö (sud de la Suède), la messe de la Toussaint pour la petite communauté catholique suédoise. À l’origine, le pape François ne devait venir en Suède que pour la seule commémoration des 500 ans de la Réforme luthérienne.

 

Ainsi que le pape l’a lui-même révélé dans un entretien à revue jésuite italienne La Civiltà cattolica, la messe qu’il a célébrée lundi 1er novembre pour les catholiques suédois n’était pas prévue à l’origine dans son programme. Le pape François ne voulait pas que ce rendez-vous, devant 15 000 fidèles, interfère avec l’événement œcuménique de la veille dans la petite cathédrale luthérienne de Lund.

 

Le pape François a néanmoins cédé aux instances des catholiques suédois qui souhaitaient que le pape profite de son passage en Suède pour visiter leur petite Église de 115 000 âmes, dont beaucoup, encore blessés par les persécutions anticatholiques des siècles passés, voyaient d’ailleurs d’un mauvais œil le rapprochement avec les luthériens, but originel de ce voyage.

 

«Bienheureux ceux qui supportent avec foi les maux que d’autres leur infligent et pardonnent du fond du cœur», a d’ailleurs relevé, dans son homélie, le pape François qui prêchait sur les Béatitudes, le texte du jour, qu’il a une nouvelle fois décrites comme «la carte d’identité du chrétien, qui l’identifie comme disciple de Jésus».

 

«Nous sommes appelés à être des bienheureux, des disciples de Jésus, en affrontant les souffrances et les angoisses de notre époque avec l’esprit et l’amour de Jésus », a-t-il expliqué avant d’indiquer «de nouvelles situations» pour vivre les «avec l’esprit renouvelé et toujours actuel».

 

«Bienheureux ceux qui regardent dans les yeux les rejetés et les marginalisés en leur manifestant de la proximité, a ainsi lancé le pape. Bienheureux ceux qui reconnaissent Dieu dans chaque personne et luttent pour que d’autres le découvrent aussi. Bienheureux ceux qui protègent et sauvegardent la maison commune. Bienheureux ceux qui renoncent à leur propre bien-être pour le bien d’autrui. Bienheureux ceux qui prient et travaillent pour la pleine communion des chrétiens… ils sont tous porteurs de la miséricorde et de la tendresse de Dieu, et ils recevront certainement de lui la récompense méritée.»

 

À ces catholiques suédois minoritaires (1,15 % de la population) et rétifs au dialogue œcuménique, le pape a alors assuré que «l’appel à la sainteté est pour tous» et qu’«il faut le recevoir du Seigneur avec un esprit de foi». «Nous avons besoin les uns des autres pour nous sanctifier, a-t-il ajouté. Ensemble, demandons la grâce d’accueillir avec joie cet appel et de travailler unis pour la mener à la plénitude.»

 

Le pape a appelé les catholiques suédois à ne plus être rétifs à l’œcuménisme et à renouveler leur esprit aux souffrances de notre époque. Aller vers les rejetés et les marginaux, voilà la solution.

 

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