Publié le 17 Janvier 2024

africa.la-croix.com nous montre dans son article du mardi 16 janvier 2023 que dans un communiqué, à l’issue de leur Assemblée plénière du 11 au 15 janvier, les évêques d’Afrique du Nord,  à travers le communiqué de la Conférence des évêques d’Afrique du Nord (Cerna), se déclarent ouverts à la bénédiction «des couples irréguliers et ceux de même sexe», puisque « Quand des personnes en situation irrégulière viennent ensemble demander une bénédiction, on pourra la donner à condition que cela n’entraîne pas de confusion pour les intéressés eux-mêmes ou pour d’autres.». Fiducia supplicans selon eux constituait «une compréhension approfondie de la signification des bénédictions dont le rôle n’est ni de ratifier ni de cautionner des situations de fait vécues par des personnes, mais d’implorer l’aide de Dieu sur elles». 

 

La réception du texte du dicastère pour la doctrine de la foi n’est pourtant pas une évidence sur le continent. Ils se dissocient du refus exprimé par l’organisation qui réunit les responsables catholiques du continent, dont la Cerna fait partie. Les différentes Conférences des évêques d’Afrique avaient jusqu’à la deuxième quinzaine de janvier pour s’exprimer et travailler à une réponse commune à la publication de la déclaration du pape. Manifestement, la Sceam n’a pas attendu de recevoir les réflexions de l’Église d’Afrique du Nord. Loin d’une révolution dogmatique, le texte est aux yeux des évêques d’Afrique du Nord une invitation à relire et évaluer la pratique du discernement et à «approfondir les chemins concrets d’une pastorale de la réconciliation et de la communion».

 

La réception positive du texte ne repose pourtant pas sur un contexte plus favorable aux unions homosexuelles dans les pays du Maghreb. «Dans les sociétés d’Afrique du Nord, les unions homosexuelles sont impensables», affirme le père Michel Guillaud, secrétaire général de la Cerna. « La réception positive de Fiducia supplicans est donc davantage théorique que pratique.» «Toute personne mérite un respect inconditionnel en vertu de l’Évangile. Et la juste attitude devant chaque situation particulière doit être celle du discernement qui consiste à accueillir, écouter, prier avec, former et accompagner sur un chemin de croissance et de conversion», déclare aussi la Cerna dans son communiqué. «Devant le risque de positions tranchées et d’instrumentalisation susceptibles de mettre en péril l’unité de l’Église, il nous semble que le sujet mériterait d’être réexaminé de manière apaisée dans le cadre de la dynamique synodale en cours dans l’Église universelle», suggèrent les évêques d’Afrique du Nord.

 

Cet ouverture n’est épousée par l'évêque déchu du diocèse américain de Tyler, Joseph Strickland, a accusé le Vatican de propager des idées schismatiques en raison de la déclaration de bénédiction "Fiducia supplicans". Comme l'a rapporté lundi le portail Internet espagnol "Infovaticana", Strickland s'est adressé au cardinal préfet de la foi Victor Fernandez dans sa propre émission en ligne : "Vous ne me direz pas, en tant qu'évêque, que je dois suivre vos instructions pour bénir le péché". Strickland a en outre souligné qu'il ne bénirait pas les couples homosexuels et était sûr que les évêques africains "qui se sont exprimés si clairement ne le feront pas non plus". Il a salué ce refus et a en outre appelé les évêques et les croyants à rejeter expressément le document de bénédiction. La semaine dernière, l'évêque déchu avait déjà réagi sur la plateforme "X" (anciennement Twitter) au document "Fiducia supplicans" publié par le Dicastère de la Foi en décembre et au communiqué de presse qui a suivi début janvier. Dans son bref commentaire, il a appelé le préfet du culte à ne pas semer davantage de confusion et à "revenir en 2021", lorsque la bénédiction des couples homosexuels était encore expressément interdite (https://www.katholisch.de/artikel/50405-strickland-was-aus-dem-vatikan-kommt-ist-schismatisch).

 

La vision étriquée de cet évêque déchu explique pourquoi le pape a dû sévir contre lui. Heureusement que les évêques d’Afrique du Nord ont été plus ouverts que leurs collègues du continent africain et montre que le conservatisme n’est pas au rendez-vous dans l’Église.

 

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Publié le 16 Janvier 2024

LeParisien.fr avec l’AFP nous montre dans son article du lundi 15 janvier 2024 nous montre que le président de la Conférence des évêques de France (CEF) Éric de Moulins-Beaufort abordant lors de ses vœux «le défi de la discussion du projet de loi sur la fin de vie», a souligné lundi «l’enjeu immense» qu’abordera la loi attendue sur la fin de vie, et «Nous sommes convaincus que notre pays pourrait faire émerger une manière plus humaine, plus fraternelle, que plusieurs de ses voisins, d’accompagner les personnes en fin de vie ou atteintes de maladies incurables, et aider chacune et chacun à garder le goût de vivre plutôt que se laisser attirer pour un certain goût pour la mort», a-t-il ajouté, alors que le pape François vient de fustiger une «culture du rejet» imprégnant «certains choix politiques».

 

C’est sans doute un appel vain puisque des députés issus de différents groupes politiques de l'Assemblée nationale ont signé un texte intitulé "Légiférons sur la fin de vie" dans l'édition de La Tribune Dimanche publiée le 14 janvier. Dans cette lettre ouverte adressée au Premier ministre, ils demandent que le projet de loi, qui doit être présenté en Conseil des ministres en février, soit transmis dans la foulée au Parlement, afin qu'il puisse être voté "d'ici à fin 2024" (https://www.lcp.fr/actualites/fin-de-vie-des-deputes-demandent-le-vote-d-un-texte-d-ici-fin-2024-251799).  

 

Abordant les violences faites aux femmes et aux enfants, Mgr de Moulins-Beaufort a plaidé pour «l’inscription dans la Constitution d’un engagement de la République à (les) protéger» et «à promouvoir leurs droits fondamentaux», selon lui «plus adéquate et prometteuse que celle d’un droit d’accès à l’avortement» comme l’a promis Emmanuel Macron. Il a aussi plaidé pour «approfondir encore et toujours les liens d’amitié entre juifs, chrétiens, musulmans», et exhorté à «guérir l’âme de notre pays de tout antisémitisme». Après le vote d’une loi durcie sur l’immigration, il a appelé au nom des responsables des cultes  à ce que «les personnes migrantes (…) ne soient pas traitées comme des délinquants ou des criminels».

 

Un peu facile d’y mêler l’avortement, puisque déposé en décembre après des mois d’atermoiements gouvernementaux et une forte pression des féministes, ce texte visant à inscrire «la liberté» de recourir à une IVG dans la Constitution qui sera examiné en commission mercredi 17 janvier entend faire la synthèse entre les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat, car dans la foulée du renversement de l’arrêt Roe v. Wade en juin 2022, qui sécurisait le droit à l’avortement aux États-Unis, six propositions de loi constitutionnelles avaient été déposées pour graver ce droit fondamental dans le marbre constitutionnel, car cette alerte venue d’outre-Atlantique a permis de poser les jalons d’une évolution législative majeure (https://www.liberation.fr/societe/droits-des-femmes/ivg-dans-la-constitution-le-projet-de-loi-examine-par-la-commission-des-lois-20240116_CG5HWANAWRHITA62GEUGYNZOIE/).

 

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Publié le 15 Janvier 2024

Salvatore Cernuzio nous montre dans vaticannews.va que le pape François, interviewé par le journaliste italien Fabio Fazio dans l’émission "Che tempo che fa" sur la chaîne Nove diffusée dimanche soir 14 janvier 2024, revient sur la déclaration doctrinale "Fiducia supplicans" : pour lui, la bénédiction est à tous, même aux couples «irréguliers», est à l'imitation de Dieu qui est «bon» et non «châtieur» et qui «bénit tout le monde», il reconnaît que «parfois les décisions ne sont pas acceptées» mais souvent «c'est parce qu'on ne sait pas» ; puis il a réaffirmé le principe «todos, todos, todos» («tous, tous, tous») déjà exprimé lors des JMJ de Lisbonne, et «Les gens doivent entrer en dialogue avec la bénédiction et voir le chemin que le Seigneur propose», «Mais nous devons les prendre par la main et les aider à parcourir ce chemin, et non pas les condamner dès le début», puisque c'est «le travail pastoral de l'Église» et c'est un travail «très important» pour les confesseurs, auxquels le pape François réitère l'invitation à «tout pardonner» et à traiter les gens «avec une grande bonté» puisque le Seigneur «ne se scandalise pas de nos péchés, car Il est un père qui nous accompagne», observe l’évêque de Rome, avouant qu’il aime à croire que l’enfer est vide.

 

Sur la guerre, une fois encore, comme en ces 100 jours de conflit au Moyen-Orient et en ces presque deux ans d'agression contre l'Ukraine, le pape stigmatise l'horreur de la guerre : «Il est vrai que faire la paix comporte des risques, mais faire la guerre comporte plus de risques», car «Derrière les guerres, insiste-t-il, il y a le commerce des armes. Un économiste m'a dit qu'en ce moment, les investissements qui rapportent le plus d'intérêts, le plus d'argent, concernent l’industrie de l’armement. Investir pour tuer», et le pape confie une crainte personnelle : «J'ai peur de l'escalade belliqueuse», et de la capacité d'«autodestruction» de l'humanité. Au cours de l’entretien, une place a également été accordée au thème des migrants, cher au pape : «Il y a tellement de cruauté dans le traitement de ces migrants, dès le moment où ils quittent leur maison jusqu'à ce qu'ils arrivent ici en Europe», a-t-il déploré, rappelant la situation dramatique de nombreuses personnes dans les camps de réfugiés libyens et la tragédie de février 2022 à Cutro, sur les côtes de Calabre, dans le sud de l’Italie. «C’est vrai que chacun a le droit de rester dans sa propre maison et d'émigrer», a déclaré le Pape, mais «s'il vous plaît, ne fermez pas les portes». Ce qu'il faut, c'est une politique migratoire «bien pensée» qui permette de «prendre en main le problème des migrants» et «d'éliminer toutes ces mafias qui exploitent les migrants».

 

Le pape parle ensuite des réformes de l'Église. La première d’entre elles à mettre en œuvre est «une réforme des cœurs», dit-il avant celle des structures qui «doivent être préservées, changées, réformées en fonction de leur finalité». Mais la première chose à faire est de «changer le cœur» et de le nettoyer de la méchanceté et de la convoitise, «un vice qui détruit toutes les relations». Il évoque la renonciation : «ce n'est ni une pensée, ni une préoccupation, ni même un désir. C'est une possibilité, ouverte à tous les papes, mais pour le moment elle n'est pas au centre de mes pensées, de mes préoccupations et de mes sentiments».  Pour confirmer son propos, il annonce deux voyages, en Polynésie en août qui serait «un long voyage», et en Argentine en fin d'année, car  «Les gens souffrent beaucoup là-bas. C'est un moment difficile pour le pays. La possibilité d'un voyage dans la seconde moitié de l'année est envisagée, parce que maintenant il y a un changement de gouvernement, il y a de nouvelles choses...» et il a «envie d'y aller. Dix ans, c'est bien, c'est bon, je peux y aller».

 

Enfin, à l'occasion du centenaire de l'institut qui siège à Jérusalem, le pape François ce lundi 15 janvier n’a pas oublié de prier pour la Terre Sainte actuellement déchirée par la guerre, rappelant combien la situation était «très grave», et précisant être au contact quotidien avec la paroisse de Gaza «qui souffre tant de cette situation». «Nous devons prier et agir sans relâche pour que cette tragédie prenne fin» a-t-il  encore exhorté. Une guerre qui invite les Franciscains à «encore plus à approfondir les raisons et la qualité de leur présence» dans ces lieux bibliques.  «Merci pour votre présence en Terre Sainte, a t-il conclu en les invitant à aller de l'avant avec courage» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-01/pape-universite-anniversaire-bible-franciscains.html). 

 

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Publié le 14 Janvier 2024

José Manuel Vidal dans religiondigital.org nous montre ce dimanche 14 janvier 2024 que dans sa catéchèse depuis la chaise de la fenêtre, le pape François explique le sens de «être disciples de Jésus» avec trois verbes : «chercher, vivre et annoncer». Car le Seigneur, selon le pape, «ne veut pas de prosélytes» et la foi «n’est pas une théorie, mais une rencontre». Et il conclut en posant aux fidèles la question suivante : «Sommes-nous toujours des disciples dans l’amour, cherchons-nous le Seigneur ou sommes-nous installés dans une foi faite de coutumes ?»

 

À l'issue de la prière de l'Angélus, le pape a rappelé que «la guerre est un crime contre l'humanité» citant les différentes parties du monde touchées par ce fléau dont l'Ukraine et la Terre Sainte (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-01/angelus-pape-chercher-demeurer-annoncer-disciples.html). Le pape a aussi rappelé qu'en cette fin d'année, nous nous souhaitons tous une nouvelle année de paix, "mais les armes ont continué à tuer et à détruire". Et le pape François a une fois de plus crié «à ceux qui ont le pouvoir sur ces conflits» que «la guerre n’est pas le moyen de les résoudre», car «la guerre est, en elle-même, un crime contre l’humanité». Face à la guerre, le pape a repris les paroles du père Ibrahim Faltas, vicaire de la custodie de Terre Sainte qui évoquait dimanche matin à l'occasion d'une émission religieuse de la télévision publique italienne, la nécessité d'une «éducation à la paix». «Prions toujours pour cette grâce: éduquer pour la paix» a poursuivi l'évêque de Rome (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-01/francois-la-guerre-est-un-crime-contre-l-humanite.html).

 

Enfin, lors d’une rencontre, à huis clos selon la tradition, avec le clergé romain qui s'est tenue ce 13 janvier dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, le pape a répondu aux questions sur la bénédiction des couples de même sexe, affirmant que cela ne changeait rien à la doctrine sur le sacrement du mariage entre un homme et une femme. Les personnes sont bénies, pas le péché. Interrogé par un prêtre africain, il a répondu que la culture africaine n'acceptait pas ces bénédictions en raison de sensibilités différentes et que ce point avait été clarifié avec le cardinal Ambongo. Il a ensuite déclaré que beaucoup ne lisent pas bien les textes de l'Église: il faut une bonne écoute, a-t-il souligné, rappelant que les conflits doivent être gérés, mais pas cachés (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-01/pape-rencontre-pretres-diocese-de-rome-terre-mission.html).

 

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Publié le 12 Janvier 2024

Cristina Cabrejas dans une interview pour  Efe le vendredi 12 janvier 2024 nous montre que le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal argentin Víctor Manuel Fernández, est dans l'œil de l'ouragan pour la bénédiction des couples homosexuels, qui, «Pour de nombreux prêtres en Argentine, au Brésil et dans d’autres pays, il est très courant de donner ces simples bénédictions sans rien exiger, et même aux criminels. Par conséquent, si deux personnes le demandent, cela n’implique pas d’exiger la perfection morale ou canonique pour le donner.» Et «Pour François, il était important que cette possibilité ne soit pas compromise ou soumise à divers contrôles ecclésiastiques.»

 

Pour le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, il ne savait pas à quel point les attaques seraient intenses, notamment «que de nombreux évêques et prêtres que je considérais comme «conservateurs» envoient ou expriment publiquement leur compréhension et leur évaluation positive de ces «bénédictions pastorales» Quant au cardinal Sarah qui considère cela comme une hérésie, il dit qu’«Aujourd'hui, il existe une énorme liberté de dire n'importe quoi, y compris au sein de l'Église.»

 

Comme il l'explique dans l’interview à EFE, une division "transparente" existait déjà dans l'Église et assure avoir anticipé les critiques de ses détracteurs notamment pour le livre 'La Passion mystique', qui traite de l'orgasme, publié en 1998 et qui a été retiré depuis longtemps, qui "attendaient juste la bonne occasion". Comme il le signale «Ce livre attire l'attention car il est issu d'une recherche sur l'orgasme masculin et féminin que j'ai menée auprès d'un groupe de couples mariés.», et que «deux personnes plus grandes et plus sages que moi ont fait quelque chose de similaire : saint Jean-Paul II et la sainte abbesse et docteur de l'Église Hildegarde de Bingen.» Enfin, «la recherche que nous avons menée auprès de ces couples avait pour but de découvrir si ces différences avaient une influence sur leur relation à Dieu.»

 

Pour la suite de ses activités, qu’il «ne pense pas faire la une de l'actualité à l'avenir, car nous n'avons pas prévu de sujets au sein du dicastère qui pourraient être très controversés, comme les précédents. Nous préparons un document très important sur la dignité humaine qui inclut non seulement des questions sociales, mais aussi une critique sévère des questions morales telles que le changement de sexe, la maternité de substitution, les idéologies de genre, etc. En ce sens, les personnes les plus inquiètes pourront se reposer.»

 

Au sujet de ces critiques, il en discuté avec le pape François qui «les considère comme des purifications de Dieu pour nous permettre de mieux et plus humblement accomplir la tâche que le Seigneur nous confie.»

 

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Publié le 11 Janvier 2024

katholisch.de nous montre ce jeudi 11 janvier 2024 que les évêques africains rejettent massivement la bénédiction des couples homosexuels proposée par le Vatican et veulent en même temps maintenir l'unité avec le pape. C'est ce qui ressort d'une déclaration du président du Conseil épiscopal panafricain (SCEAM), le cardinal Fridolin Ambongo Besungu. Cela a été annoncé jeudi à Rome. Ambongo Besungu est archevêque de Kinshasa et également membre du Conseil des cardinaux (C9), qui conseille le pape sur les questions fondamentales.

 

Dans la déclaration, Ambongo résume les résultats d'une enquête menée auprès de toutes les conférences épiscopales d'Afrique et du Madagascar au cours des deux dernières semaines. Il s'agit d'une réaction à la déclaration «Fiducia supplicans» du Dicastère de la Foi du Vatican du 18 décembre 2023. Dans le texte, le Préfet de la Foi, le Cardinal argentin Víctor Fernández, recommandait une bénédiction pour les couples de même sexe et en même temps a souligné qu'il fallait exclure toute confusion avec le sacrement du mariage.

 

Le Cardinal Víctor Fernández a révélé au journal italien La Stampa qu’il a reçu à trois reprises des messages disant 'Nous allons vous détruire' depuis la publication du texte qui rend possible la bénédiction non sacramentelle des couples irréguliers, y compris ceux du même sexe, et qui a été durement critiquée par les secteurs les plus conservateurs de la société et de l'Église, qui l'a accusé, ainsi que le pape, d'être hérétique et blasphémateur et a même lancé des campagnes de collecte de signatures pour demander son annulation, tandis que dans certains diocèses, il a été ouvertement déclaré que les indications sur Fiducia Supplicans qu'il contient seraient ignorées. "Aucun élément ne justifie une telle dureté", a ajouté le préfet d'un dicastère à qui le pape François a expressément demandé de cesser d'être simplement disciplinaire et de se plonger également dans la réflexion théologique et pastorale lorsqu'il a rendu publique sa nomination (https://www.religiondigital.org/vaticano/destruiremos-amenazas-Fernandez-Fiducia-supplicans_0_2632536734.html).

 

Le message d'Ambongo Besungu, qui vient d'être publié, affirme que la déclaration de Rome a provoqué une "onde de choc" et des malentendus au sein de l'Église en Afrique et a provoqué des troubles parmi les croyants et les prêtres. L'enquête lancée ensuite lors des conférences épiscopales a révélé un large consensus sur le thème du mariage et de la famille et une attitude uniforme à l'égard des couples de même sexe. En conclusion, Ambongo Besungu déclare : «Nous, évêques africains, ne considérons pas approprié de bénir les unions homosexuelles ou les couples de même sexe. Parce que dans notre contexte, cela créerait une confusion et serait en contraste direct avec les normes culturelles des sociétés africaines.» Le texte continue : "Le langage de Fiducia supplicans est trop subtil pour que les gens ordinaires puissent le comprendre. De plus, il n'est pas très convaincant que les personnes qui vivent en couple de manière permanente ne puissent prétendre à une légitimité de leur statut."

 

Ambongo Besungu suggère qu'il existe également un point de vue différent dans certains pays africains. Ils voulaient «plus de temps» pour une réflexion plus approfondie. La déclaration souligne également que les prêtres catholiques devraient traiter les «personnes en situation irrégulière» avec bienveillance et soutien et devraient traiter les personnes à orientation homosexuelle avec respect. De plus, chaque évêque reste libre de décider s’il souhaite autoriser de telles bénédictions dans son diocèse. Mais : "Les conférences épiscopales africaines dans leur ensemble préfèrent ne pas offrir de bénédictions aux couples du même sexe".

 

Ces réactions hostiles à la décision du pape s'inscrivent dans un continent où l'homosexualité est souvent réprimée. Sur 69 pays dans le monde réprimant l’homosexualité, 32 sont situés en Afrique, selon l'observatoire des inégalités. L’Église catholique en Afrique est extrêmement conservatrice sur le plan de mœurs. Cette hostilité de certains prélats africains à la bénédiction de couples homosexuels n'est donc pas surprenante (https://information.tv5monde.com/afrique/benediction-des-couples-homosexuels-pourquoi-des-eveques-africains-contestent-ils-la).

 

Mais pour Fiducia Supplicans, ajoute Tucho Fernández au journal italien La Stampa, «ne provoque pas de divisions, mais les fait remonter à la surface», et justifie la validité d'un texte qui cherche «à découvrir une autre manière d'être prêtre au-delà des rites liturgiques», à travers l'introduction de bénédictions «pastorales», une question sur laquelle il a été contraint d'insister à nouveau dans un vaste communiqué de presse rendu public le 4 janvier, qui comprenait même un exemple de ce type de bénédiction et réitérait qu'en aucun cas cela ne signifiait une égalité avec le mariage, mais pas même «une approbation» pour la situation des personnes qui l'ont demandé. «La Déclaration dit qu'outre les bénédictions liturgiques, qui suivent un rite formel et nécessitent plusieurs conditions pour ne pas aller à l'encontre de la volonté de Dieu, il existe également un autre type de bénédiction que nous appelons spontanée ou pastorale, qui est donnée uniquement car Les personnes qui s'approchent demandent la force de Dieu pour continuer à avancer dans la vie. Ce type de bénédiction, de l'avis du Pape, n'exige pas que quiconque soit parfait», a souligné le cardinal (https://www.religiondigital.org/vaticano/destruiremos-amenazas-Fernandez-Fiducia-supplicans_0_2632536734.html).

 

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Publié le 10 Janvier 2024

francetvinfo.fr nous montre que dans un communiqué envoyé mercredi 10 janvier 2024, la Conférence des évêques de France (CEF) réagit à l'autorisation par le pape de la bénédiction des couples "irréguliers" aux yeux de l’Église, incluant les couples de même sexe. Les évêques de France encouragent la bénédiction des "personnes", mais ne mentionnent pas la bénédiction des couples.

 

Le conseil permanent de la CEF évoque le "sujet sensible" que cette déclaration du Vatican soulève. Il dit recevoir cette déclaration "comme un encouragement aux pasteurs à bénir généreusement les personnes qui s’adressent à eux en demandant humblement l’aide de Dieu". "Ils les accompagnent ainsi sur leur chemin de foi pour qu’elles découvrent l’appel de Dieu dans leur propre existence et y répondent concrètement", écrit la CEF.  En revanche, il n'est pas mentionné un encouragement explicite à bénir les couples. Le Conseil permanent de la CEF souligne, comme le pape, que ces bénédictions de couples irréguliers doivent se faire "hors de tout signe susceptible d'assimilation à la célébration du mariage", qui reste une "union exclusive, stable et indissoluble, entre un homme et une femme". Mais "c'est en particulier à travers des prières de bénédiction" que les prêtres pourront manifester l'"accueil large et inconditionnel" prôné par l’Évangile, ajoute le communiqué (https://information.tv5monde.com/international/benediction-des-couples-de-meme-sexe-en-france-les-eveques-defendent-un-accueil-large).

 

 Le 5 janvier, les neuf évêques ayant autorité sur les régions Bretagne et Pays de Loire avaient appelé à bénir "individuellement" chacune des personnes formant le couple, pour de "ne pas contribuer à créer de la confusion" avec le sacrement du mariage. Ils avaient en outre estimé que ces bénédictions étaient une possibilité et non une obligation. L'évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, connu pour ses positions conservatrices, s'est aussi prononcé en faveur de bénédictions individuelles dans une note publiée le 23 décembre (https://information.tv5monde.com/international/benediction-des-couples-de-meme-sexe-en-france-les-eveques-defendent-un-accueil-large).

 

Dans un document publié le 18 décembre et approuvé par le pape François, le puissant dicastère (ministère) pour la Doctrine de la foi avait autorisé la bénédiction des couples "irréguliers" aux yeux de l'Église, incluant les couples remariés et les couples de même sexe, à condition qu'elle soit effectuée en dehors des rituels liturgiques. Intitulée "Fiducia supplicans" ("La confiance suppliante"), cette note, considérée comme un changement doctrinal de premier plan, a provoqué une levée de boucliers de nombreux évêques, notamment en Afrique. Depuis la publication de "Fiducia supplicans", le Vatican s'est défendu de tout errement doctrinal, tout en reconnaissant son application "imprudente" dans certains pays (https://information.tv5monde.com/international/benediction-des-couples-de-meme-sexe-en-france-les-eveques-defendent-un-accueil-large).

 

Cependant, depuis son élection en 2013, le pape François insiste sur l'importance d'une Église ouverte à tous et notamment aux fidèles LGBT+, mais ses efforts rencontrent une forte résistance chez sa frange traditionnelle et conservatrice, qui s’en prend aussi au cardinal Fernandez, chargé de fixer la doctrine au Vatican, est vivement critiqué pour son ouvrage publié il y a 25 ans, intitulé La pasion mistica : espiritualidad y sensualidad (La passion mystique : spiritualité et sensualité en français), y fait le parallèle entre l’amour charnel et l’amour mystique, et fait largement référence, entre autres, aux orgasmes masculins et féminins, notamment à travers des sites à tendance conservatrice au sein de l’Église qui ont ressorti les extraits. Le cardinal argentin, proche du pape, affirme qu’il n’écrirait certainement pas ce livre aujourd’hui (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/vatican-le-cardinal-fernandez-sous-le-feu-des-critiques-pour-des-ecrits-a-connotation-erotique_6294663.html).

 

Enfin, la Conférence épiscopale portugaise (CEP) a exprimé ce mardi 9 janvier sa «pleine communion» avec le pape François, suite à la déclaration «Fiducia supplicans», publiée en décembre dernier, sur les bénédictions pour les couples en situation irrégulière (https://www.religiondigital.org/mundo/Portugal-Conferencia-Episcopal-Francisco-declaracion_0_2632236759.html).

 

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Publié le 9 Janvier 2024

francetvinfo.fr nous montre que lors d'une cérémonie de vœux aux autorités religieuses lundi 8 janvier, Emmanuel Macron a précisé aux responsables de culte qu'il y aura deux projets de lois distincts sur le sujet de la fin de vie en janvier et au printemps, a appris mardi 9 janvier 2024 franceinfo auprès de plusieurs participants, confirmant une information de La Croix [article payant].

 

Le chef de l'État prévoit ainsi un texte portant "sur le développement d'une culture de soins palliatifs" pour le mois de janvier et un autre texte "au printemps, sur l'aide active à mourir pour des situations très précises", affirme l'un des participants, confirmant ainsi ce qu’Emmanuel Macron avait lui-même envisagé fin décembre. Une réponse à une demande portée conjointement par les responsables chrétiens et juifs. Par ailleurs, le chef de l’État leur a promis de les écouter jusqu’au bout sur ce texte phare de son second quinquennat. «Il va organiser un dîner pour nous entendre, avec d’autres», a ajouté la source citée plus haut à cet égard, alors qu’un autre participant a confirmé que le chef de l’État «veut (les) consulter», sans toutefois donner de date pour ces discussions (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/sur-la-fin-de-vie-macron-fait-une-concession-aux-cultes-avec-deux-textes-separes-pour-le-prix-d-un_228067.html).

 

Lors de ses vœux aux autorités religieuses, balayant les sujets d’actualité dans un discours d’une trentaine de minutes, le président a aussi défini la laïcité «non pas comme un texte d’effacement des religions, mais de liberté», selon un participant. En une période marquée par plusieurs conflits, notamment au Proche-Orient, «il a salué combien les religions pouvaient participer à l’apaisement des esprits» et « il a mentionné la nécessité d’aller vers la jeunesse», a ajouté un autre participant (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/sur-la-fin-de-vie-macron-fait-une-concession-aux-cultes-avec-deux-textes-separes-pour-le-prix-d-un_228067.html).

 

Dans son rapport final, publié début avril 2023 après trois mois de débats, la Convention citoyenne sur la fin de vie s'était prononcée pour une aide active à mourir, mais sous conditions. En août, Agnès Firmin Le Bodo, à l'époque ministre déléguée chargée de l'Organisation territoriale et des Professions de santé, avait confirmé sur franceinfo la volonté du gouvernement "d'ouvrir l'aide active à mourir", évoquant "trois volets" à savoir "les soins palliatifs, le droit des personnes, et l'aide active à mourir".

 

Le gouvernement avait initialement annoncé une loi unique pour la fin de l'été 2023, avant de la reporter à plusieurs reprises. Lors d'une interview sur France 5, le 20 décembre, Emmanuel Macron assumait "de prendre le temps" sur ce sujet sensible avant de présenter son projet de loi sur la fin de vie, promis de longue date, plusieurs fois évoqué et désormais attendu pour le courant du mois de février. Avec une nouvelle équipe gouvernementale donc, après la démission d’Élisabeth Borne (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/sur-la-fin-de-vie-macron-fait-une-concession-aux-cultes-avec-deux-textes-separes-pour-le-prix-d-un_228067.html).

 

Dans C à vous, le chef de l’État avait précisé que ce texte aussi attendu que sensible ne serait désormais présenté qu’après le déploiement, «en janvier», d’un plan décennal sur les soins palliatifs. «La première chose qu’on doit faire, c’est parachever le modèle français des soins palliatifs, en continuant à investir, en corrigeant les inégalités qui existent dans nos territoires», avait expliqué Emmanuel Macron dans un souci, déjà, de rassurer notamment les cultes (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/sur-la-fin-de-vie-macron-fait-une-concession-aux-cultes-avec-deux-textes-separes-pour-le-prix-d-un_228067.html).

 

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Publié le 9 Janvier 2024

RTL.fr nous montre que le pape François a demandé le lundi 8 janvier à la communauté internationale de s'engager contre la GPA, la gestation pour autrui. Le souverain pontife dénonce une "commercialisation" du corps humain. "Le chemin de la paix exige le respect de la vie, de chaque vie humaine, à commencer par celle de l'enfant à naître dans le ventre de la mère, qui ne peut être supprimé ou devenir un objet de commercialisation", a-t-il déclaré lors de ses vœux au corps diplomatique au Vatican. "À cet égard, je considère que la pratique de la gestation pour autrui est regrettable, car elle porte gravement atteinte à la dignité des femmes et des enfants", a-t-il ajouté. "Je souhaite donc que la communauté internationale s'engage à interdire universellement cette pratique". En juin 2022, le jésuite argentin avait déjà qualifié la GPA de "pratique inhumaine".

 

En novembre 2023, le Vatican avait indiqué que les enfants de couples de même sexe, qu'ils soient adoptés ou nés par gestation pour autrui, pouvaient être baptisés. L’Église catholique est opposée à la GPA, technique de procréation médicalement assistée consistant à implanter un embryon dans l’utérus d’une mère porteuse, qui remet le bébé à un couple demandeur à sa naissance (https://www.20minutes.fr/actu-generale/4069455-20240108-pape-francois-appelle-communaute-internationale-interdire-gpa). Cependant, la majeure partie des pays européens interdisent la GPA. Le recours aux mères porteuses est parfois autorisé ou toléré tant qu'il n'est pas rémunéré (Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Canada, Brésil, Colombie). La maternité de substitution commerciale, donc la gestion pour autrui rémunérée, est autorisée dans certains États américains (https://www.tf1info.fr/international/eglise-catholique-le-pape-francois-appelle-la-communaute-internationale-a-interdire-la-gpa-2281916.html).

 

Il a également qualifié la «théorie du genre» de très dangereuse «parce qu’elle efface les différences avec sa prétention de rendre tout le monde égal». Cela entraîne des blessures et des divisions entre les États (https://www.katholisch.de/artikel/50158-papst-verurteilt-terrorangriff-auf-israel-und-leihmutterschaften). Le pape se trompe, car parler d’idéologie pour qualifier les gender studies traduit une mauvaise connaissance du sujet. L’appellation «théorie du genre» est utilisée par les catholiques conservateurs et elle est erronée, car à Paris VII, on parle de sociologie du genre, d’histoire du genre. Le terme "théorie" sert à montrer qu’il ne s’agit pas de science mais d’une «idéologie.» Les gender studies expliquent simplement que le sexe biologique n’a pas forcément d’influence sur la sexualité des êtres humains, mais l’Église malgré les progrès depuis le Concile Vatican II en terme d’égalité entre les hommes et les femmes dans l’Église réduit trop souvent  l’identité sexuelle au sexe biologique et continue à assigner aux hommes et aux femmes des rôles et des qualités bien distincts, cette différenciation entre le rôle des hommes et les femmes dans l’Église se fait même dès le plus jeune âge. L’Église se trompe aussi, car selon les études de genre l’identité sexuelle n’est pas réductible au sexe biologique, mais dépend aussi d’une construction sociale. En les étudiants sérieusement, elle pourrait prôner réellement l’égalité entre hommes et femmes dans les faits plutôt que de le faire simplement en parole (https://www.slate.fr/story/43707/catholique-genre).

 

Cependant, comme nous le montre katholisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/50158-papst-verurteilt-terrorangriff-auf-israel-und-leihmutterschaften) le pape en dehors de cette critique,  dans son discours de Nouvel An devant les diplomates du Vatican, a analysé la situation politique dans le monde entier. Une fois de plus, il condamne la guerre et la terreur, en dénonçant à nouveau l'attentat terroriste perpétré le 7 octobre contre la population israélienne, et  sans nommer le Hamas, il a critiqué toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme. L’attaque du 7 octobre a provoqué une «forte réponse militaire d’Israël dans la bande de Gaza», qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de Palestiniens. Le pape a de nouveau appelé à un cessez-le-feu, à la libération immédiate des otages, à une aide humanitaire à la population palestinienne et à une solution à deux États. Plus tard dans son discours, il a souligné la proportionnalité qui doit être maintenue même dans l'exercice du droit de légitime défense.

 

Le pape a cité d’autres guerres et conflits en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Il a appelé à des négociations sur la guerre en Ukraine, à une politique internationale de désarmement et à la reprise de l'accord nucléaire avec l'Iran. Le pape François a salué le document final de la dernière conférence des Nations Unies sur le climat à Dubaï et a rappelé le sort des migrants et des réfugiés dans le monde. Dans ce contexte, il a salué les efforts de l'UE pour trouver des solutions communes. Cependant, le nouveau pacte sur la migration et l’asile comporte un risque de privation arbitraire de liberté.

 

Enfin, le pape François a également exprimé son inquiétude face à l'augmentation des actes antisémites et à la persécution des chrétiens dans le monde. Il a cité l’intelligence artificielle comme l’un des plus grands défis actuels, qui doit être développé de manière éthique et responsable.

 

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Publié le 7 Janvier 2024

cath.ch nous apprend ce dimanche 7 janvier 2024 que selon le Sonntagsblick du 6 janvier 2024, le cardinal Parolin a exclu l’accès aux archives de la nonciature en Suisse aux chercheuses du projet pilote de l’Université de Zurich sur les abus dans l’Église. «En vertu de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, les archives sont inviolables. Par conséquent, nous ne pouvons pas ouvrir les archives de la nonciature», a déclaré le cardinal Pietro Parolin au Sonntagsblick. Le secrétaire d’État du Vatican a toutefois ajouté que les chercheuses pouvaient utiliser les archives des diocèses. Le cardinal a également expliqué que les cas d’abus en Suisse étaient documentés au dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF). Il a assuré que l’accès aux dossiers pouvaient y être demandé de façon ponctuelle.

 

L’accès aux archives de la nonciature est l’une des revendications de l’équipe du projet pilote de l’Université de Zurich, mandaté par l’Église en Suisse pour effectuer des recherches sur les cas d’abus sexuels. Le premier rapport du groupe, publié le 12 septembre 2023, a relevé plus de 1000 cas et plus de 500 abuseurs dans un contexte ecclésial en Suisse, sur les 70 dernières années. Les archives de la nonciature, qui appartiennent au Saint-Siège et donc à un État indépendant, sont régies par la Convention de Vienne de 1961, un traité de droit international qui régit les relations diplomatiques entre États. Selon ce texte, les archives des ambassades sont «inviolables en tout temps, où qu’elles se trouvent». L’accès aux archives du DDF est, lui, ouvert aux personnes possédant un statut académique suffisant.

 

Les expertes se disent déçues, mais comptent réitérer leur demande. «Pour la recherche historique, les archives de la nonciature et du Vatican seraient très importantes. Nous ferons une nouvelle demande dans les semaines à venir», ont-elles assuré. «Il est essentiel de suivre la correspondance entre la Suisse, la nonciature à Berne et Rome afin de découvrir quels cas ont été effectivement signalés et comment les procédures se sont déroulées.» Les chercheuses ont souligné qu’un examen purement ponctuel des dossiers serait insatisfaisant. «Les comparaisons systématiques à un niveau international ne sont possibles qu’avec un accès intégral aux archives.»

 

Il est plutôt désolant de voir que le pape et son entourage ne comptent pas faciliter le travail aux chercheuses de l’Université de Zurich qui enquêtent sur les abus sexuels dans l’Église catholique suisse. Une situation qui frustre Monika Dommann et Marietta Meier. Les chercheuses comptent à ce titre déposer prochainement une nouvelle demande d’accès aux archives (https://www.20min.ch/fr/story/abus-sexuel-en-suisse-le-vatican-refuse-douvrir-ses-archives-377726610432).

 

Et The Tablet (https://www.thetablet.co.uk/news/18108/spanish-bishops-publish-revised-abuse-study-after-lawyers-report) nous apprend que les évêques espagnols ont contesté les conclusions d'un rapport qu'ils ont commandé il y a près de deux ans sur les abus sexuels dans l'Église espagnole. Les critiques des évêques à l'égard de l'étude Cremades – du nom de Javier Cremades, l'associé du cabinet d'avocats Sotelo qui a dirigé l'enquête – ont semé la confusion quant à leur position sur les cas d'abus. Le rapport des évêques, intitulé Para Dar Luz («Faire la lumière»), est nettement plus favorable à l'Église que le rapport Cremades. Le rapport des évêques donne le chiffre de 806 cas et s'oppose à la méthode de l'étude Cremades.

 

Les abus sexuels dans l'Église ont attiré l'attention du public en Espagne en octobre, après que le médiateur national a produit un rapport, commandé par le Parlement espagnol en mars 2022, qui suggérait que 1,13 % des Espagnols avaient subi des abus sexuels dans les sphères de l'Église. Le nombre précis de cas est incertain. L'étude Cremades donne un chiffre de 1383, alors qu'une base de données tenue par le quotidien El País évalue le nombre de cas en septembre 2023 à 1021.

 

L'un des principaux arguments du rapport des évêques est que l'Église n'est pas le principal lieu d'abus sexuels sur les enfants. Para Dar Luz consacre 35 pages à une histoire de la pédérastie dans la société de la Grèce antique à nos jours. Alors que l'étude Cremades indique que le nombre de cas d'abus est probablement beaucoup plus élevé que les 1383 atteints, le rapport des évêques maintient qu'un double comptage signifierait que le nombre réel serait inférieur.

 

Consternant, car l’audit Cremades sur les abus s’est attaqué aux  évêques du fait que «Les victimes ne se sentent pas entendues», et le rapport d’étude, sévère envers l'Église, préconise la création d'un fonds de 50 millions d'euros pour indemniser les sinistrés, ce qui équivaut à "plusieurs milliers", mais la Conférence épiscopale ignore le document et publie le sien dans lequel elle ne fait pas d'autocritique (https://elpais.com/sociedad/2023-12-22/la-auditoria-de-cremades-sobre-los-abusos-golpea-a-los-obispos-las-victimas-no-se-sienten-escuchadas.html). Ignorer les survivants de la pédophilie cléricale, soutenir de manière plus ou moins énigmatique les thèses des «fausses plaintes» et cacher les données par commodité, n'est pas une bonne carte de visite pour l'avenir. Comme on peut le voir, l’Église espagnole est continue de s'imposer comme l'une des Églises (hiérarchiques) les moins perméables au changement (https://www.religiondigital.org/el_baron_rampante/Conferencia-Episcopal-2024-espana-obispos-papa-francisco-enemigos-sinodo_7_2631406837.html). Les victimes d'abus n'attendent plus rien de l'institution.

 

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